Renseignement : 06 09 98 22 21 

 

Dico PSY

 

dico psy

Les quelques définitions ci-après sont extraites d'une partie de l'ouvrage d' Eric Ruffiat,
Nouveau Dictionnaire de la Culture Psy, Nîmes, Editions Œdipia

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    Abandon

    La peur de l’abandon trouve son origine dans la relation à la mère et/ou au père, soit parce que la figure de l’attachement n’a pas pu se faire de façon correcte, la sécurité affective en est ainsi compromise, soit parce que l’individu reste fixé de manière infantile et pathologique à sa mère dans une relation fusionnelle. L’enfant, puis plus tard l’adulte, ne fera qu’un dans son imaginaire avec l’Autre.
    La peur d’être abandonné ne vient pas nécessairement d’un abandon réel de même que certains enfants abandonnés dans la réalité ne sont pas des abandonniques. Cette peur est comme une incapacité à se détacher pour devenir autre, autonome et individué.
    La pathologie se manifestera de plusieurs façons, soit par un asservissement à l’Autre, un dévouement excessif niant jusqu’à soi-même, soit par une fuite éperdue.
    De l’anxiété de séparation à l’angoisse de séparation, la peur de l’abandon peut invalider toute une vie.

    Abandonnique

    Comme ce terme l’indique, la caractérologie du sujet présente un fort sentiment d’abandon*. Mais il n’est pas nécessaire d’être abandonné pour manifester cette névrose.
    Pour comprendre, il nous faut remonter à la petite enfance, et au premier attachement à la mère. Nous traversons tous cette étape fusionnelle première dans laquelle nous ressentons la mère et notre être comme un tout. Cette dyade vécue alors comme une plénitude parce que nous nous sentons complets, ne nous facilite pas toujours la tâche pour accepter le manque. 
    Aussi certaines personnes s’accrochent elles au paradis perdu en restant fixées à ce mode d’attachement. L’absence de l’être aimé est en conséquence vécue plus dramatiquement, c’est-à-dire comme un abandon réel.
    Cette dépendance affective, réalisée par la fixation à un mode d’attachement infantile, s’exprime alors par un besoin d’amour sans limite et un fort sentiment d’insécurité. On peut dire qu’elle conditionne la vie future du sujet dans son mode relationnel. 
    L’abandonnique réagit toujours fortement au manque (réel ou vécu comme tel) sous forme d’angoisse*, de dépréciation de lui-même ou d’agressivité. Cette adresse de reproches à l’encontre de l’objet* d’amour ou envers lui-même, ne permet pas l’épanouissement et la satisfaction des relations amoureuses.
    Si la symptomatologie de l’abandonnique s’apparente à celle des autres névroses, elle ne s’origine pas dans des conflits œdipiens (le ça* opposé au surmoi*). L’introduction du tiers propre à la trilogie de l’Œdipe* n’est pas possible en raison d’un moi* faible, non différencié de l’Autre auquel il est attaché.
    Ce syndrome d’abandon se positionne donc avant la phase œdipienne.

    Abraham (Karl)

    Né en 1877 à Brême, Karl Abraham, après des études de médecine, s’intéresse à l’œuvre de Freud et choisit la voie de la psychanalyse. Il rencontre Freud en 1907, date à partir de laquelle il ne cessa de soutenir l’homme autant que son œuvre. Karl Abraham comprit et défendit au mieux, toute sa vie, les théories freudiennes.De 1910 à 1925, année de sa mort, il préside l’association psychanalytique de Berlin dont il fut l’un des fondateurs. Il fut également président de l’Association psychanalytique internationale de 1924 à 1925. Parmi ses divers écrits et travaux, on retiendra tout particulièrement ceux distinguant, dans le stade* oral ainsi que dans le stade anal, deux étapes d’évolution telles que le stade sadique-oral dont l’idée fut approfondie par Mélanie Klein*.

    Abstinence (voir aussi : Règle d’abstinence)

    Action d’exclure volontairement et durablement la consommation d’un produit ou d’un acte et, de fait, de renoncer au plaisir qu’il procure.
    Autrefois, le terme d’abstinence concernait essentiellement les plaisirs sexuels, par abstinence on entendait chasteté.
    Depuis, d’autres plaisirs sont pris en compte et l’abstinence concerne aussi le fait de se priver de la consommation d’un produit dont on pourrait être dépendant, que ce choix soit motivé par des raisons médicales, religieuses ou philosophiques.

    Actif-passif

    Notion fondamentale de la vie psychique qui détermine des buts pulsionnels opposés. Selon Freud, la pulsion* est forcément active et ce n’est donc que son but qui peut être passif.
    Il pense également que le couple d’opposés actif-passif est à l’origine de tous les autres couples d’opposés tels que phallique-châtré et masculin-féminin.
    L’exemple type observé par les psychanalystes est celui du couple sado-masochique où l’activité et la passivité s’expriment autant dans le comportement des sujets que dans leurs fantasmes.

    Activité/Passivité

    Voir : Passivité

    Addiction - le comportement addictif (voir aussi : Alexithymie)

    L’addiction, terme d’origine anglaise signifiant un attachement excessif à quelque chose, désigne une relation de forte dépendance psychique à l’égard d’un produit dont la consommation excessive entraîne des troubles physiques et psychiques importants. L’addiction autrefois représentait un asservissement au seigneur du fait de dettes impayées.
    Cet état d’esclavage, où le « self devient serf », est en fait une conduite de fuite dans laquelle le corps est soumis à une contrainte irrésistible. Une telle conduite devient pathologique lorsqu’elle représente le seul refuge vers lequel le sujet se précipite avidement au point de s’y abîmer, afin de surseoir à une souffrance psychique.
    Le terme d’addiction, auparavant équivalent de l’assuétude qui définissait l’état de dépendance caractéristique du drogué, a aujourd’hui une acception beaucoup plus étendue. Ainsi, l’alcool, le tabac, les produits pharmaceutiques lourds (anxiolytiques, antidépresseurs) représentent des produits dont l’accoutumance et l’emploi abusif dénotent un comportement addictif de la part de l’usager. De même, le type de dépendance à des produits psychotropes se retrouve dans des comportements alimentaires compulsifs et répétitifs comme l’anorexie* et la boulimie*, ainsi que dans des « toxicomanies sans drogue ».
    D’autre part, de nombreuses autres addictions sont apparues du fait de l’extraordinaire développement d’outils technologiques dans nos sociétés modernes : telle la dépendance excessive des adolescents aux jeux vidéo, ou à la télévision, celle des adultes aux jeux d’argent, l’immense attraction que produit la connexion au réseau Internet (dont les plus fervents utilisateurs passent parfois des nuits entières à naviguer à la recherche finalement d’eux-mêmes ou d’un autre soi-même…), l’accoutumance à l’utilisation des téléphones portables en tous lieux.
    La liste des addictions n’est pas exhaustive et dérive de comportements sociaux hérités de normes culturelles médiatisées qui offrent une image standardisée de l’homme moderne exaltant le corps : ainsi, l’accoutumance des sportifs à l’exercice physique intense et permanent, celle des femmes aux achats compulsifs (produits cosmétiques, amincissants, vêtements à la mode…) ou à des pratiques répétitives (salons d’esthétique, de remise en forme, de rayons ultra-violets, chirurgie esthétique…), celle des hommes ayant des relations sexuelles avec des prostituées, ou aux rapports fréquents et répétés, et même celle des véritables bourreaux de travail, descendants de l’ère stakhanoviste, nouveaux esclaves volontaires d’une activité professionnelle non-stop, parfois désintéressée d’ailleurs (voir : le phénomène social des workaholics américains, ou des bénévoles d’associations).
    L’on peut donc affirmer que la dépendance s’installe chaque fois que le sujet s’adonne à une pratique, un objet, une situation dont la répétition compulsive se réalise « à corps perdu ». Enfin, il n’est pas rare que le patient, dont la structure addictive est caractérisée, passe volontiers d’une addiction à une autre en croyant se guérir : c’est ainsi qu’un alcoolique peut devenir toxicomane ou inversement, puis être un joueur invétéré et pathologique, ensuite avoir une relation amoureuse aliénante, et ainsi de suite…
    En fait, l’importance de l’addiction est fonction du degré de surinvestissement que la personne place dans l’objet. Le concept d’addiction serait en fait une régression à des stades infantiles, le plus souvent le stade oral, et serait aussi déterminé par une structure addictive que certains rapprochent de la conduite compulsive. Comme le définit son origine latine, ce terme qualifiant celui qui est dépendant de dettes impayées, il pourrait désigner la dépendance physique qu’un sujet s’inflige afin de répondre aux engagements qui n’ont pas été tenus dans le passé et qu’il faut à tout prix compenser aujourd’hui.
    Cette « contrainte par corps » est une autre forme du dédommagement corporel, du prix que le corps doit payer pour réparer une carence affective que le sujet aurait subie de façon ambiguë. Le recours fréquent à la conduite addictive équivaudrait à un comportement d’évitement de situations anxiogènes afin de se dérober à l’affrontement de circonstances pénibles engendrant des états d’angoisse, ce qui rappelle l’utilisation des mécanismes de défense*. La structure addictive proviendrait d’une défaillance initiale de la formation du moi*, le sujet s’étant identifié à une autre image que la sienne dans le stade du miroir*, et sombrerait plus tard dans une accoutumance pathologique (alcool, tabac, drogues, médicaments, anorexie, boulimie…) pour compenser le manque de représentation intériorisée de la « bonne mère. » D’autre part, le processus d’introjection n’ayant pas été suffisamment mis en place, le sujet le remplace alors par un fantasme d’incorporation qu’il applique à la réalité concrète. Ce désir d’incorporation effrénée de substances nocives, véritable substitut de la relation objectale, efface momentanément l’angoisse d’un morcellement de la personnalité.
    Selon Lacan, la représentation du manque étant impossible, il énonçait l’apparition de l’angoisse chez le sujet dès que le manque lui faisait défaut et qu’il était remplacé par autre chose. En outre, il reconnaissait que la structure addictive pouvait revêtir un aspect tout à fait banal, puisque nous sommes tous régis par le principe de plaisir et qu’il nous arrive d’entretenir un rapport démesuré et outrancier à un objet, dont la dépendance n’est pas obliga-toirement nocive ( chocolat, lecture, thé, moto…). Lacan pense que le sujet addictif transgresse moins qu’il ne recherche à aller toujours au-delà, à repousser ses limites, en subjuguant son corps tout en éprouvant une insupportable tension provenant d’un manque inexprimable.
    L’addiction à la drogue ou à l’alcool comble le vide laissé par le manque, la souffrance de « l’être en manque », cette mise en danger permanente du toxicomane ou de l’alcoolique, fait paradoxalement partie de la recherche d’un manque que la drogue ou l’alcool vient remplir. Ce manque soudainement promu comme nouvel objet de désir entraîne une souffrance qui représente pour la personne dépendante une preuve de son existence, au prix d’une déchéance volontaire.
    Freud n’aborde pas de front le problème de la toxicomanie mais a établi la source de toute dépendance dans le stade oral* où le nourrisson est en état de fusion avec la mère. De même, en postulant que le nouveau-né est déjà mû par une énergie libidinale et régi par le souverain principe de plaisir*, il affecte à la satisfaction des pulsions sexuelles* un rôle primordial, les futures autres appétences* (alcool, drogue, jeu…) étant secondaires pour lui et ne constituant que des substituts. Ainsi, la masturbation (ursucht) représente pour lui une addiction originelle, les autres désirs ne constituant que des jouissances substitutives.
    Freud évoque aussi le phénomène de l’addiction (qu’il ne nomme pas de la sorte puisque ce néologisme est d’apparition récente) quand il analyse l’abstinence volontaire et répétée des hystériques ou son opposé, l’ivresse sentimentale et les débordements amoureux, et lorsqu’il étudie les ravages du jeu pathologique chez Dostoïevski. Finalement, en vertu du principe de constance* qui vise l’homéostasie régulatrice de chacun, Freud, en tant que grand consommateur de cigares et cocaïnomane notoire, a lui-même analysé cette recherche de la jouissance immédiate qui aide l’homme à réduire les tensions et fuir le déplaisir*. Ceci l’a amené à considérer les produits sédatifs indispensables pour parvenir à relativiser la misérable condition humaine.
    Stanton Peele dès 1975 affirmait que les personnes deviennent dépendantes non d’une substance, mais d’une expérience qui leur permet ainsi de fuir une réalité anxiogène, tendant à soutenir l’idée d’addictions comportementales. Quant à Otto Fenichel, psychanalyste américain, il décrivait déjà en 1945 l’existence de « toxicomanies sans drogue » et fut à l’origine de la classification des « troubles du contrôle des impulsions » au sein du manuel des critères diagnostiques des maladies mentales de l’association des psychiatres américains, le D.S.M.
    La structure addictive correspond à une aliénation volontaire du sujet à des objets extérieurs contraignant le corps à une action compulsive, d’où le rapport avec autrui est banni, à moins que l’autre ne représente véritablement un alter ego, son semblable. Cependant, des alternatives originales comme les groupes de parole et d’entraide à vocation thérapeutique du style des « Alcooliques Anonymes » se sont développées et ont contribué à aider les personnes dépendantes à se débarrasser de leur addiction en dialoguant avec des ex-alcooliques, ou des ex-toxicomanes guéris, devenus les nouveaux militants d’une lutte anti-addiction.
    Lacan reconnaissait l’effet anti-anxiogène de la drogue, et aussi sa capacité à « rompre le mariage » avec le pénis, la différence apparaissant intolérable chez l’autre. Il semblerait que, de nos jours, le sujet, écrasé par une société matérialiste valorisant l’emploi d’objets de plus en plus sophistiqués, ne s’éloigne de l’autre comme sujet désirant et s’asservisse encore plus à l’objet au lieu de s’en libérer. La consommation effrénée et l’utilisation immodérée d’objets aliénants dans nos sociétés technologiques envahies par une cybernétique mondialisée ne contribue-t-elle pas à augmenter le nombre des personnes sujettes à de multiples addictions ?

    Adolescence

    Elle signe à la fois la fin de l’enfance et l’entrée dans le monde des adultes. Elle succède à la période de latence, durant laquelle une certaine sérénité s’était installée : une sorte de mer calme que vient déchaîner la tempête de l’adolescence.
    Il s’agit d’une période de révolution corporelle et psychosexuelle, durant laquelle font surface les tous premiers conflits infantiles qui s’étaient comme endormis jusque là.
    Des désirs sexuels s’expriment violemment dans un corps en pleine mouvance, un corps qui échappe à l’adolescent qui devient, par la force des choses, définitivement fille ou garçon, c’est-à-dire femme ou homme.
    Il doit donc choisir son appartenance sexuelle, tandis que des désirs sexuels antagonistes à la fois masculins et féminins ou contraires à sa morale, bousculent son psychisme de façon plus ou moins consciente. En outre, l’adolescent doit renoncer à son univers infantile, rattrapé par une réalité que lui impose son nouveau statut : de nouvelles responsabilités, une orientation professionnelle, des rencontres amoureuses…
    C’est pour l’ensemble de ces raisons que l’adolescence se présente sous forme d’une crise plus ou moins aiguë. Mais c’est aussi parce que si le jeune individu veut devenir adulte et clame sa liberté, il résiste parallèlement à la perte de son statut d’enfant protégé.
    L’agressivité* est très marquée à cette époque, et ce sont souvent les parents qui en font les frais en premier lieu, parce qu’une volonté quasi désespérée de se détacher d’eux ne trouve d’autre moyen de se manifester. Ceux-ci représentent la tendre enfance que l’adolescent s’efforce justement de quitter pour devenir autonome.
    Ce n’est que lorsque cette autonomie s’acquiert que les parents peuvent être réhabilités dans leur rôle, sans danger de se perdre dans un amour infantilisant.

    Agoraphobie (voir aussi : Phobie)

    Forme de phobie dans laquelle le sujet éprouve une forte angoisse*, ou peur* panique, en présence de grands espaces libres.
    Comme toutes les phobies, l’agoraphobie trouve son origine dans des conflits* infantiles refoulés d’ordre psychosexuel (voir : Refoulement).

    Alcoolémie

    C’est la présence d’alcool dans le sang. Les chiffres sont donnés en grammes par litre. Après consommation d’alcool le taux d’alcoolémie monte jusqu’à un maximum environ en une heure puis décroît lentement.

    Pour calculer le taux d’alcoolémie :
    Quantité d’alcool pur (en g) divisé par poids de la personne multiplié par le coefficient de diffusion soit 0,7 chez l’homme et O,6 chez la femme.
    Exemple : 5 bières chez une personne pesant 70 kg. Un verre = 10 g d’alcool.
    (5x10)/(70x0,7) = 1 g/litre
    Dans cet exemple, l’alcoolémie est de 1 g par litre.

    En général au comptoir, le serveur rempli 10 g d’alcool par verre que ce soit un verre de bière, de vin, de champagne, à apéritif, ou à digestif.
    Cette quantité est souvent doublée à la maison.

    Si l’agressivité est une composante naturelle du comportement humain, elle n’en est pas moins la marque d’une tendance sadique alliant les pulsions libidinales aux pulsions de destruction. Néanmoins, l’union des pulsions sexuelles et agressives peut s’exprimer dans une « pulsion d’exploration », comme la curiosité épistémologique, qui réalise alors une « sublimation complète de l’instinct agressif » chez l’être humain.

    Alcoolisme (voir aussi : Addiction)

    Le terme alcoolisme correspond à des troubles donnés par la consommation d’alcool. Ces troubles peuvent avoir des répercussions physiques, psychologiques ou sociales, voire les trois.

    Alcoolisme (voir aussi : Addiction)

    Le terme alcoolisme correspond à des troubles donnés par la consommation d’alcool. Ces troubles peuvent avoir des répercussions physiques, psychologiques ou sociales, voire les trois.

     

    Alcoologie

    Terme introduit par Fouquet en 1966 pour désigner une discipline ayant pour objectif l’ensemble des connaissances sur le produit alcool.

    Ambivalence

    C’est la capacité à ressentir envers un même objet, des sentiments totalement opposés : par exemple, l’amour et la haine s’adressant à une même personne. Cette ambivalence s’acquiert dans un second temps du développement psychique du nourrisson ; en premier lieu, celui-ci divise le monde en deux parties : les bons objets, gratifiants, générateurs de plaisir, donc aimables, et les mauvais objets, ceux qui sont frustrants, dangereux, et donc haïssables.
    Autrement dit, le nourrisson aime tout ce qui lui fait du bien, et nourrit de la haine pour tout ce qui le contrarie dans ses désirs. Or, il va devoir peu à peu constater que le monde n’est pas aussi simple, et que parfois, un même objet, une même personne, peut être à la fois gratifiant et frustrant.
    Par exemple, la mère, qui nourrit, soigne, procure de l’amour, peut aussi se montrer extrêmement contrariante, puisqu’elle ne répond pas toujours aux désirs immédiats de l’enfant.
    En effet, celle-ci le laisse attendre parfois la tétée malgré les pleurs, se met en colère, peut même refuser de le prendre dans ses bras, le réprimander ou s’occuper d’un autre enfant. Force est de constater donc, qu’il ne s’agit pas là d’une mauvaise mère venue remplacer la bonne, mais bel et bien d’une seule et même personne, se montrant tantôt aimable, tantôt haïssable.
    Cette ambivalence acquise sera dès lors le prototype de toute relation postérieure à l’autre. Ainsi, l’amour peut masquer de la haine et inversement, l’ambivalence est un processus normal et constructif, à condition de ne pas provoquer une confusion pathologique et destructrice, c’est-à-dire tant que prédomine, dans une relation, le sentiment d’amour.

    Amour maternel

    L’amour maternel est décisif pour la construction de la personnalité et c’est encore par amour que la mère acceptera l’être que devient son enfant, elle aimera l’individu qu’elle va découvrir en lui qui lui fera oublier celui qu’elle avait imaginé dans son désir d’être mère. Cet amour est un lieu rassurant pour l’enfant en même temps qu’un lieu de désir, lieu d’ouverture sur le monde et c’est parce qu’elle est un être de désir que l’enfant va, par identification, désirer ailleurs à son tour (au départ cet Autre sera le père en l’occurrence.)
    Dans un premier temps, il y a une indifférenciation totale pour l’enfant entre sa mère et lui. Tous deux vivent sur un même rythme (par exemple, les cris du bébé vont faciliter la montée de lait chez la mère qui se règlera rapidement au besoin de l’enfant.) L’époque d’avant le sevrage est une époque de contact, vitale pour l’enfant sur un plan physiologique comme sur un plan libidinal, en effet, la mère le nourrit mais c’est aussi au travers des soins qu’il reçoit qu’il va découvrir les premières sensations physiques de plaisir et c’est parce qu’il sent que c’est réciproque, que sa mère a besoin de lui et qu’il est désiré, qu’il pressent son existence.
    C’est aussi parce qu’il est très attaché à sa mère et que celle-ci va lui manquer par son absence, qu’il va parvenir à la relation objectale, c’est-à-dire prendre conscience qu’il ne fait pas corps avec sa mère. La mère, pour le bébé doit tout d’abord être lieu de désir. De la qualité de l’amour que donne la mère va essentiellement dépendre la construction psychique de l’enfant.
    L’amour maternel ne doit donc pas envelopper de façon étouffante, il doit être le qualificatif d’un amour qui sait donner en évitant de s’approprier, c’est assurément un amour généreux. C’est en constatant les conséquences psychiques qu’entraîne chez l’enfant le manque d’amour maternel que l’on peut mesurer l’importance vitale de cet amour.

    Analysant

    Personne qui se soumet volontairement au cadre de l’analyse et en accepte les règles fondamentales par curiosité intellectuelle ou par besoin d’alléger ses souffrances, l’analyse étant destinée principalement au traitement des névroses et non à celui des psychoses.
    Il est à noter qu’ici l’emploi du participe présent indique que l’analysant est celui qui fournit le travail, la cure n’étant pas seulement un lieu de décharge mais aussi celui où un véritable travail se fait.

    Analyse transactionnelle

    L’analyse transactionnelle est une méthode crée par Eric Berne (1910-1970). Ce psychiatre américain s’intéresse à la psychanalyse puis il met au point une pratique personnelle à partir de l’étude du moi dans ses rapports à l’autre. Par cette approche, il définit une méthode qu’il applique aux thérapies de groupe : il rétablit ainsi un dialogue dans le couple, entre les membres d’une famille ou ceux d’un groupe. L’analyse transactionnelle se pratique le plus souvent en groupe mais aussi en thérapie individuelle.
    Pour Berne l’individu, dans sa relation avec l’autre, opère à l’aide de jeux inconscients et manipulateurs qui lui permettent de fuir ses réelles difficultés personnelles. L’ensemble de ces jeux forme un scénario qui est issu de la relation que le sujet enfant a connu avec ses parents (au travers de leurs directives par exemple). L’analyse transactionnelle permet au sujet de prendre conscience de ces différents scénarios qui gênent son épanouissement.
    L’approche structurale de Berne tient compte de trois systèmes nommés les « états du moi ». Ce sont successivement : l’état Parent, l’état Adulte et l’état Enfant.
    L’analyse transactionnelle utilise cette classification afin de repérer quel état est utilisé par le sujet lors d’un échange donné. Un même sujet peut, selon la relation qui se joue, s’exprimer indifféremment par l’un ou l’autre des trois états qui le structurent. Ces états, observables chez les individus au cours d’échanges donnés, sont définis pour permettre la mise à jour des conflits et l’analyse des difficultés relationnelles

    Anamnèse

    C’est le retour à la conscience d’un souvenir.
    C’est donc l’ensemble des informations, des précisions et des éclaircissements donné ou révélé par le patient, questionné sur son historicité et/ou sa pathologie.

    Angoisse de séparation (voir aussi : Angoisse)

    Montée de tension désagréable que nous avons tous expérimenté au moment d’une séparation. On sait ce que l’on quitte, une situation heureuse, et l’inconnu fait peur.
    Cette crainte s’origine dans la petite enfance, lors de la mise en place de la relation objectale : l’enfant prend peu à peu conscience que la mère est une personne différente de lui, et s’angoisse donc à l’idée de la perdre. On peut dire que cette expérience vécue constitue le prototype des séparations futures.

    Animus (voir aussi : Bisexualité)

    Représentation psychique inconsciente masculine chez la femme qui, d’après Jung, serait constituée d’opinions diverses préconçues que l’on pourrait qualifier de raisonnables que la femme aurait emprunté à diverses autorités masculines tout au long de sa construction psychique et faite siennes inconsciemment (ex : La pensée, l’action.) Comme pour l’anima, l’animus dépend essentiellement de la relation aux parents. Dans le cadre de sa relation avec sa mère, la fillette utilise sa féminité pour s’identifier à cette dernière et sa masculinité ou animus pour sa relation avec l’Autre ; L’animus est, dans l’inconscient féminin, la part sexuelle masculine complémentaire.

    Anorexie

    Selon l’étymologie, ce terme évoque « l’absence d’appétit ». Il s’agit en fait d’un trouble du comportement* alimentaire qui se caractérise par des privations volontaires de nourriture pour répondre à des conflits d’origine psychique. Le symptôme* de restriction alimentaire apparaît essentiellement chez des adolescentes ou de jeunes femmes, le prétexte de départ étant des motivations d’ordre esthétique afin d’obtenir un corps idéal (cas fréquent dans les métiers de la danse, de la gymnastique, de la mode, ou les professions médicales et para-médicales).
    Ainsi, l’anorexie, comme Freud le soutenait, doit être rapprochée de l’hystérie*. En effet, la hantise de grossir ainsi que le désir de devenir maigre à l’extrême rendent la jeune femme totalement indifférente aux signaux d’alarme déclenchés par son entourage concernant les possibles conséquences funestes de son comportement (dénutrition, déshydratation, crise cardiaque, voire mort).
    L’amaigrissement progressif et important de l’anorexique (il peut atteindre 25% du poids initial, voire davantage) lui procure une silhouette squelettique, un teint d’une blancheur cadavérique, et elle présente fréquemment une aménorrhée : néanmoins, tous ces signes ne paraissent pas l’inquiéter outre mesure. Au contraire, l’anorexique semble baigner dans un bonheur euphorique de pouvoir exercer une maîtrise totale sur son corps en réduisant son poids ad libitum (à sa guise) et de repousser les limites de la fatigue physique en s’imposant des exercices violents.
    D’autre part, toute l’énergie de l’anorexique semble se concentrer sur un refus d’identification sexuelle et une auto-interdiction de la relation sexuelle. Il semble qu’à l’origine, le jeune enfant ait déjà refusé la nourriture maternelle à cause d’une mère qui avait tendance à trop vouloir nourrir sa progéniture au détriment de lui avoir témoigné de l’amour.
    Malgré un fort dégoût pour la nourriture, l’anorexique éprouve souvent des accès de boulimie*, effacés immédiatement par des vomissements ultérieurs. Cette affirmation de la toute puissance dans le refus de s’alimenter et le plaisir masochique de provoquer l’émaciation du corps participent d’un réel déni de désirs boulimiques refoulés. La boulimie apparaît donc comme la face cachée de l’anorexie, car le corps étant vécu comme un objet extérieur menaçant, l’anorexique se laisse aller à des épisodes boulimiques afin de mieux afficher son emprise sur des besoins physiologiques fondamentaux. D’autres symptômes* tels que les phobies* d’avalement, d’étouffement ou d’empoisonnement, les conduites addictives (alcoolisme, toxicomanie…), les états dépressifs, peuvent y être associés.
    Les mesures thérapeutiques varient selon la problématique présentée mais en général, l’hospitalisation demeure la règle, incluant une réalimentation progressive afin de parvenir à réaliser l’objectif d’un protocole basé sur un poids minimal à atteindre avant toute sortie définitive. Une psychothérapie* familiale peut être envisagée pour tenter de résoudre les conflits entre l’adolescente et son entourage. D’autres préfèrent isoler complètement l’adolescente de son cadre familial, pour l’aider par des actions psychothérapeutiques à modifier le type de rapport conflictuel qu’elle entretient avec sa famille.

    Anxiolytiques

    Voir : Tranquillisants

    Archétype

    Terme créé par Jung* en 1919 pour désigner des images anciennes et universelles qui constituent un patrimoine permanent dans l’histoire de l’humanité (par exemple : les mythes, les symboles…) L’archétype est d’après Jung une forme innée représentant des images ancestrales ou archaïques, capable de structurer notre vie psychique. Les instincts humains ainsi que les images archétypales fondent selon lui un inconscient collectif auquel tout individu est lié et qui permet de réaliser un véritable équilibre homéostatique du psychisme.
    Le recours à l’archétype est utilisé dans l’analyse junguienne comme un moyen d’accéder à la guérison et considéré comme un puissant révélateur des potentialités humaines. L’archétype a constitué une des fondements de la psychologie analytique* créée par Jung. Plus récemment, James Hillman a institué une nouvelle école : la psychologie archétypale qui développe davantage les apports junguiens. De récents travaux en neuropsychiatrie tendent à démontrer la validité de l’archétype en tant que structure humaine innée.

     

    Art-thérapie

    Méthode basée sur la stimulation des capacités créatrices de l’individu employées comme un langage* afin de lui permettre d’exprimer ses problèmes inconscients, le support peut être la peinture, l’écriture, la danse, le théâtre, mais aussi le collage, le modelage, la photo ou la marionnette.
    Cette méthode a été récemment introduite dans le milieu psychia-trique et utilisée pour des pathologies sévères telle que l’autisme*.

    Autisme

    L’autisme est à envisager sous deux angles principaux pour la majorité des auteurs. C’est d’une part une pathologie spécifique de psychose* infantile et d’autre part un stade précoce du développement de la vie psychique de l’individu.
    Les recherches psychanalytiques ont abouti à cette distinction car l’autisme est caractérisé par une incapacité à communiquer et à entrer en relation avec le monde extérieur et cela dès le début du développement psychoaffectif de l’enfant mais aussi par un repliement sur soi (introversion selon Jung) de manière excessive.
    L’autiste se coupe en fait de la réalité extérieure au profit de son propre univers, un monde intérieur impénétrable, fait de ses désirs ou angoisses, de ses propres repères et de sa vie fantasmatique. C’est ce monde-là (c’est-à-dire lui-même) qui devient alors sa réalité, son seul moyen d’échange (même si le monde extérieur n’est pas nié) est cet isolement, ce retrait extrême conduit donc à une indifférence totale vis-à-vis du monde extérieur. De nombreux troubles sont associés à ce syndrome. On observe des troubles du langage voire un mutisme et des conduites tournées vers soi (balancements stéréotypés, répétitions inlassables…) mais aussi un besoin d’activités ritualisées et immuables, de repères précis comme une résistance à tout changement.
    C’est en 1911 que Bleuler donne une approche de l’autisme. Il crée ce terme par opposition à la théorie freudienne de la libido et de l’auto-érotisme. Conservant la racine grecque « auto » signifiant « soi-même », il contracte le mot « autoérotisme » pour créer le mot « autisme ». Bleuler qui étudie la schizophrénie, considère alors l’autisme comme un aboutissement de celle-ci.
    Mais c’est plus précisément à Léo Kanner en 1942 que l’on doit la nosographie de ce syndrome clinique. Il reprend le terme d’autisme pour décrire l’autisme infantile précoce et il se soucie alors de le distinguer de la schizophrénie. Mais envisageant diverses perspectives quant à l’origine de l’autisme, il va finalement s’orienter radicalement vers une cause biologique et organique, autrement dit héréditaire, qu’il nomme « incapacité innée ». Cette orientation génétique va alors alimenter la polémique, surtout avec B. Bettelheim, et isoler Kanner de ceux qui privilégient l’investigation psychanalytique basée sur les aspects relationnels et affectifs.
    Bruno Bettelheim*, directeur de l’école orthogénique de Chicago, en fait partie. Il décrit trois cas d’autisme dans son ouvrage La forteresse vide. Considérant l’autisme comme une défense contre un environnement destructeur, il mettra alors en place un traitement novateur : créer autour de l’enfant psychotique un environnement favorable particulier au plus proche de ses plaintes et lui permettant ainsi de renoncer à ses symptômes.
    Margaret Malher se penchera plutôt sur la relation mère-enfant, en apportant le terme de « psychose symbiotique » pour définir une incapacité relationnelle d’individuation, de séparation, sous-tendue par une fusion mère-moi de l’enfant.
    Winnicott* situera aussi la source de l’autisme au niveau maternel dans le rôle des soins correcteurs et protecteurs d’angoisses. L’autisme apparaît alors déjà comme une défense contre l’incapacité à établir une relation d’objet.
    Enfin c’est Frances Tustin qui, dans les années 70, apportera un nouveau regard sur l’autisme. Elle mettra l’accent notamment sur une divergence, en ne considérant plus l’autisme comme un stade précoce du développement mais bien comme une défense, une protection face à une réelle terreur, à une carence affective précoce et au sentiment d’arrachement éprouvé par l’enfant lors de sa séparation de son objet-mère (essentiellement dans la rupture de continuité bouche/langue/mamelon/sein). Elle distinguera trois formes d’autisme :
    - L’autisme primaire anormal : il est lié chez le nourrisson à une carence affective au niveau des premiers soins, alors même que l’enfant est caractérisé par une incapacité à différencier son corps du monde extérieur (notamment celui de sa mère) et par l’importance des sensations et des stimulations dans son fonctionnement mental.
    - L’autisme secondaire à carapace : il est proche de la définition de Kanner. L’autisme (à fonction de carapace) est là pour protéger l’enfant du monde extérieur.
    - L’autisme secondaire régressif : c’est une sorte de schizophrénie infantile. L’autisme apparaît secondairement (après un début normal d’évolution de l’enfant) progressivement sur le mode de la régression comme moyen de défense. C’est un retrait au profit de la sensorialité de l’enfant, utilisée alors comme garde fou.

    Autodestruction (voir aussi : Introjection ; Pulsion)

    C’est l’une des conséquences possibles de la pulsion de mort*, celle-ci est alors dirigée contre le sujet lui-même. Cette pulsion se traduit par l’autodestruction suite à une mauvaise image de soi, un sentiment d’inutilité voire de nuisance ou part le désir de détruire en soi une personne mauvaise introjectée à laquelle le sujet s’est identifié (la mauvaise mère par exemple). L’autodestruction peut revêtir différentes formes, allant du suicide social et/ou professionnel (isolement, incapacité d’obtenir ou garder amis, emploi…) jusqu’au suicide lui-même en passant par le tabagisme, l’obésité, l’alcoolisme, la toxicomanie et toutes formes d’addictions*.

    Abréaction

    Il s’agit de la libération d’affects liés à un traumatisme*. Ces affects ont été refoulés dans l’inconscient* et se libèrent au moment de la remémoration du traumatisme lors de la cure
    analytique*. Dans les premières années de sa pratique Sigmund Freud utilisa souvent l’hypnose* pour provoquer cette abréaction. Il s’agissait de séparer l’affect du souvenir en laissant
    enfin se libérer les émotions non exprimées ou insuffisamment lors du traumatisme.
    À l’heure actuelle la plupart des psychanalystes ont renoncé à provoquer l’abréaction sous hypnose mais celle-ci peut toujours survenir au décours de la cure, c’est alors un moment chargé
    d’émotions fortes, affectant l’analyste comme son analysant.

    Acte manqué (voir aussi : Lapsus)

    L’acte manqué est à classer parmi les mecanismes automatiques de l’inconscient (Rêves*, lapsus*, actes manqués*, somatisations*) qui ont pour but de permettre une décharge pulsionnelle,
    nécessaire à la libération d’une trop grande tension psychique.
    Il est à noter que Sigmund Freud, dans sa Psychopathologie de la vie quotidienne, regroupe sous le terme d’acte manqué ces phénomènes inconscients qui ne relèvent pas de la pathologie mais
    qui procèdent de la même façon que les symptômes névrotiques. Ces actes sont donc compatibles avec un bon équilibre psychique, ils soulignent la réalité d’une vie psychique inconsciente.
    Ce sont des échecs, des intentions non abouties concernant des actes effectués d’habitude sans aucune difficulté, que l’on va attribuer à de l’inattention ou encore au hasard. La fatigue
    peut favoriser la survenue d’un acte manqué mais elle ne l’explique pas. C’est un acte psychique complet, révélateur du compromis existant entre deux intentions différentes, souvent
    opposées, l’une étant l’intention volontaire du sujet, l’autre relevant du fait d’un désir refoulé qui trouve là le moyen de s’exprimer.
    S’il est consciemment vécu comme un échec, l’acte manqué n’en est pas moins un acte réussi inconsciemment. En effet, par ce moyen, les pulsions refoulées peuvent s’exprimer sans engendrer
    un sentiment de culpabilité chez le sujet qui ne se sent pas responsable de l’insuccès qu’a rencontré son action.

    Actif-passif

    Notion fondamentale de la vie psychique qui détermine des buts pulsionnels opposés. Selon Freud, la pulsion* est forcément active et ce n’est donc que son but qui peut être passif.
    Il pense également que le couple d’opposés actif-passif est à l’origine de tous les autres couples d’opposés tels que phallique-châtré et masculin-féminin.
    L’exemple type observé par les psychanalystes est celui du couple sado-masochique où l’activité et la passivité s’expriment autant dans le comportement des sujets que dans leurs fantasmes.

    Acting-out

    Acte effectué de façon inconsciente par l’analysant*, que ce soit lors d’une séance ou hors des séances et qui, généralement, est à décrypter par le psychanalyste* car cet acte isolé, qui
    n’est pas en corrélation avec les actions habituelles du sujet, remplace la verbalisation* et le souvenir*. L’acting-out signifie donc agir hors de ses habitudes à la place de se souvenir
    et parler.
    C’est toujours un acte impulsif, en opposition aux motivations habituelles du sujet, qui peut aller jusqu’au meurtre ou jusqu’à l’agression sexuelle, par exemple.
    Cependant, l’acting-out est à différencier du passage à l’acte* en cela qu’il ne démontre pas de signification, qu’il est isolé et non-interprétable par l’analyste ; il exprime néanmoins
    le retour de l’élément refoulé*.
    Le rôle de l’analyste quand il y a acting-out, est d’aider le patient dans l’incapacité où il se trouve de verbaliser et de réintégrer le discours.
    L’analyste pourra se servir de sa position transférentielle pour y parvenir car l’acting-out signifie que la cure n’emprunte pas la voie qu’il faudrait, qu’elle est en demande de
    symbolisation*.
    Il est à noter que la psychanalyse anglaise différencie l’acting-out de l’acting-in :
    Selon elle, l’acting-in représente tout acte qui, lors d’une séance, s’exprimerait à la place de la verbalisation (ce peut être un déplacement du corps par exemple) ; tandis que l’acting-
    out désigne le même comportement substitutif mais en dehors des séances.
    Lacan, quant à lui, distingue l’acting-out du passage à l’acte et de l’acte seul :
    1- L’acte est empli de signification et permet à l’analysant d’évoluer grâce au phénomène de l’après-coup*.
    2- L’acting-out n’est pas, d’après lui, un acte mais bien plutôt une demande de symbolisation qui démontre les lacunes du psychanalyste mais que le praticien qu’il est peut modifier s’il
    se sert alors des sentiments du transfert* de son patient.
    3- Le passage à l’acte est un acte inconscient, impossible à symboliser.
    Enfin, pour éviter l’écueil que constitue l’acting-out, Freud conseille de demander aux patients de façon générale d’éviter de prendre de grandes décisions durant toute la durée de la cure
    (que ce soit pour leur vie privée, mariage, divorce, ou professionnelle et sociale). L’idéal étant que l’analysant exprime sa réaction uniquement à travers le transfert.

    Addiction (le trait de personnalité)

    L’idée du concept d’addiction ou mieux de conduite addictive, ramène le sujet au centre de l’action, et non dans une passivité de dépendance. Parler de maladie alcoolique c’est mettre le
    produit au centre de la maladie, parler d’addiction c’est remettre le patient au centre de sa problématique addictive. Le concept permet une idée, une abstraction, un objet conçu de
    l’esprit ou acquis par lui, permettant d’organiser les perceptions et les connaissances.
    La dépendance appartenait à la pensée psychiatrique du XIXè siècle et renvoyait à un dérèglement des passions en se référant à la bonne morale.
    Les produits sont à l’extérieur du sujet dans un premier temps. « Les gens mettent en jeu leur santé à cause de leurs désirs » disait Démocrite (-460 à -370 av. JC).
    Le concept d’addiction a permis d’intégrer des comportements répétitifs auto-entretenus en dehors du simple effet renforçateur positif ou négatif du produit. Ce décollage du produit a
    permis de mieux cerner l’existence du manque avant la phase initiatique. Ce manque est indépendant du produit ou du comportement et répondrait à un trait de personnalité.

    Le trait de personnalité
    Deux origines :
    • Innée et/ou neurobiologique ;
    • Acquise comportementaliste et/ou cognitive.
    Dépendance et stimulation dopaminergique : tous les agents connus pour induire une dépendance psychique ont en commun d’accroître notablement la concentration extra-cellulaire de dopa-mine
    dans le noyau accumbens.
    Schématiquement il existe deux manières d’activer la voie dopaminergique (Adès 1997, Kreeck 1997, Tassin 1997) :
    - Directe par des substances agissant en augmentant la libération de dopamine (amphétamines, alcool, nicotine) ou en inhibant sa recapture (cocaïne, métamphétamine, méthyl
    métamphétamine, ecstasy).
    - Indirecte par la levée de l’inhibition de la voie mésocortico-limbique au niveau des neurones dopaminergiques (héroïne, opioïdes) conduisant dans tous les cas à une concentration plus
    importante de dopamine dans le noyau accumbens.

    Au niveau génétique :
    Il a été retrouvé dans plusieurs études une prévalence importante de l’allèle A 1 du DRD2 en corrélation avec la sévérité de l’addiction, beaucoup plus de cocaïnomanes et de sujets
    dépendants à l’alcool avec souvent des ATCD familiaux d’alcoolisme et de conduites antisociales précoces.
    D’autre part il a été aussi démontré que le stress (système corticotrope) majorait la vulnérabilité du sujet.
    En gros nous pouvons dire que la vulnérabilité et la résistance sont dopaminergiques et soumises à un processus d’ajustement ou coping (Le Moal, Bordeaux). La vulnérabilité et les
    modalités de consommations ont aussi une composante génétique (P. Gorwood, Paris).

    Acquisition d’un trait de personnalité propice aux conduites addictives : la notion de seuil du système dopaminergique est une des données les plus récentes, il serait, nous l’avons vu,
    dépendant des facteurs génétiques et se modulerait dans les premières années de vie. L’acquisition du trait de personnalité est soumise à ce qui se passe dans la rencontre avec le produit.

    Addiction à la dépendance
    Le concept d’addiction renvoie à une phase initiatique et à une répétition active de cette phase. Les concepts antérieurement utilisés étaient ceux de com-plusion (lutte contre le
    comportement) ou d’implusion (absence de contrôle et prise de conscience après geste) traduisant également certains différences cliniques des comportements d’addiction. Ces deux termes
    sont plus proches de la réalité de l’agir que le terme dépendance, beaucoup plus passif.
    Ils renvoient à la notion de poussée, de force à laquelle le sujet peut difficilement résister : désir et/ou besoin.

    Les critères d’addiction de Goodman 1990 :
    A : Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser ce type de comportement ;
    B : Sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement ;
    C : Plaisir ou soulagement pendant sa durée ;
    D : Sensation de perte de contrôle pendant le comportement ;
    E : Présence d’au moins 5 des 9 critères suivants :
    1. préoccupation fréquente au sujet du comportement ou de sa préparation ;
    2. intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine ;
    3. tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement ;
    4. temps important consacré à réparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre ;
    5. survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiales ou sociales ;
    6. activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures, sacrifiées du fait du comportement ;
    7. perpétuation du comportement bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou physique ;
    8. tolérance marquée : besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité ;
    9. agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

    F : Certains éléments du syndrome ont duré plus d’un mois ou se sont répétés pendant une période plus longue.

    Le champ des addictions :
    Dans un premier temps la toxicomanie, l’alcoolisme, le tabagisme, la boulimie, le jeu pathologique.
    Dans un deuxième temps le champ s’est élargi aux tentatives de suicide à répétition, aux achats compulsifs, aux conduites à risques, à l’anorexie, aux addictions sexuelles, aux excès de
    dépenses physiques ou de travail et dernièrement aux excès d’utilisation de la cybernétique.
    Nous resterons sur les addictions aux produits psychoactifs.

    Les critères d’usage, d’abus et de dépendance :
    - L’usage : consommation de substances psychoactives n’entraînant ni complication somatique, ni dommage.
    - L’usage risqué :
    - Usage de stupéfiant entraînant une incarcération.
    - Usage de substances psychotropes et conduite auto-mobile ou lors de taches nécessitant une coordination psychomotrice.
    - Usage lors de la grossesse.
    - Le mésusage (Société Française d’alcoologie, SFA)
    Le risque est consommé, c’est l’usage nocif. Il y a répétition de la consommation malgré la constatation de dommages entraînés par celle-ci. Ces dommages peuvent être de l’ordre du
    somatique, du psychoaffectif ou du social. Les dommages peuvent concerner le sujet abusant ou l’entourage ou la société.
    - Usage avec dépendance :
    Il existe une impossibilité de s’abstenir de consommer. Les dépendances, psychique et physique, sont difficilement séparables.
    Notion de craving pour la dépendance psychique qui peut renvoyer aux symptômes de manque.
    Par définition, la dépendance physique comprend le manque et la tolérance.

    Les critères du DSM IV :
    - Dépendance à une substance : Mode d’utilisation inadapté d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou une souffrance cliniquement significative, ce mode d’utilisation
    ina-dapté est caractérisé par la présence de trois (ou plus) des manifestations suivantes, à un moment quelconque d’une période continue de 12 mois :

    a) Tolérance définie par l’un des symptômes suivant :
    - besoin de quantités notablement plus fortes de la substance pour obtenir une intoxication ou l’effet désiré.
    - effet notablement diminué en cas d’utilisation continue d’une même quantité de substance.

    b) Sevrage caractérisé par l’une ou l’autre des manifestations suivantes :
    - syndrome de sevrage caractéristique de la substance spécifique.
    - sa substance ou une substance très proche est prise pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.
    - la substance est souvent prise en quantité plus importante ou pendant une période plus prolongée que prévu.
    - il y a un désir persistant, ou des efforts infructueux, pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance.
    - beaucoup de temps est passé à des activités nécessaires pour obtenir la substance (ex : consultation de nombreux médecins ou déplacement sur de longues distances), à utiliser le produit
    (fumer sans discontinuer) ou à récupérer de ses effets.
    - des activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes sont abandonnées ou réduites à cause de l’utilisation de la substance,
    - l’utilisation de la substance est poursuivie bien que la personne sache avoir un problème psychologique ou physique persistant ou récurrent susceptible d’avoir été causé ou exacerbé par
    la substance (par exemple, poursuite de la prise de cocaïne bien que la personne admette une dépression liée à la cocaïne, ou poursuite de la prise de boissons alcoolisées bien que le
    sujet reconnaisse l’aggravation d’un ulcère du fait de la consommation d’alcool). Il sera spécifié si la dépendance est psychologique ou physique (items 1 et 2 positifs).

    - Abus d’une substance :

    a) Mode d’utilisation inadéquat d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou à une souffrance cliniquement significative, caractérisée par la présence d’au moins une
    des manifestations suivantes au cours d’une période de 12 mois :
    - utilisation répétée d’une substance conduisant à l’incapacité de remplir des obligations majeures, au travail, à l’école, ou à la maison (par exemple absences répétées ou mauvaises
    performances au travail du fait de l’utilisation de la substance, absence, exclusions temporaires ou définitives de l’école, négligence des enfants ou des tâches ménagères).
    - utilisation répétée d’une substance dans des situations où cela peut être physiquement dangereux (par exemple lors de la conduite automobile ou en faisant fonctionner une machine alors
    qu’on est sous l’influence d’une substance).
    - problèmes judiciaires répétés liés à l’utilisation de la substance (par exemple, arrestation pour comportement anormal en rapport avec l’utilisation de la substance).
    - utilisation de la substance malgré des problèmes interpersonnels ou sociaux, persistants ou récurrents, causés ou exacerbés par les effets de la substance (par exemple, disputes avec le
    conjoint à propos des conséquences de l’intoxication, bagarres, etc.)

    b) Les symptômes n’ont jamais atteint, pour cette substance, les critères de dépendance à une substance.

    Les usages : Les usages représentent tous les autres cas de figure d’utilisation d’une substance ne correspondant pas aux critères d’abus et de dépendance.
    Cela permettra de faire passer des messages de prévention adaptés à chaque individu en fonction de chaque produit.

    Adler Alfred (1870-1937)

    Médecin autrichien fondateur du courant de la « psychologie individuelle ».
    Ses préoccupations sociales l’amenèrent à dénoncer les misérables conditions de vie de son époque qui entraînaient souvent des maladies liées à des travaux pénibles. Il épousa une
    intellectuelle d’origine russe qui lui fit connaître le révolutionnaire Léon Trotski avec qui il sympathisa. Juif et Viennois, Alfred Adler s’intéressa aussi très tôt aux travaux de Freud
    qu’il connut dès 1902, et participa dès lors très activement aux réunions de la Société Psychologique du Mercredi* ; de plus, il devint l’ami de Stekel avec qui il rédigea un périodique
    psychanalytique. Il contribua fortement au développement du premier cercle freudien en présentant plusieurs communications ainsi que des cas cliniques sur les névroses*. Cependant Freud
    critiqua les conceptions d’Adler, qui reliait trop l’apparition des névroses à des processus biologiques ou à la différence voire au conflit entre les sexes, tout en surestimant le
    sentiment d’infériorité prédisposant à la névrose.
    À cause de divergences théoriques fondamentales, notamment sur le concept de libido* qu’il ne reconnaissait pas, Adler rompit avec Freud et la psychanalyse* pour fonder sa propre doctrine,
    la psychologie individuelle, avec l’aide de ses partisans. Après la première guerre mondiale, il manifesta son intérêt pour la pédagogie en intervenant auprès de l’Institut Pédagogique de
    Vienne afin de contribuer à la formation les maîtres de son pays. En outre, il créa à Vienne en 1929 le premier institut médical dans lequel il mit en pratique sa méthode de psychologie
    individuelle. Ses travaux connurent beaucoup de succès aux États-Unis au cours d’une tournée de conférences qu’il effectua dans ce pays. En 1933, il fut nommé professeur de psychologie
    médicale dans une université de médecine à New-York et décida de s’installer dès 1935 dans le seul pays qui avait reconnu sa théorie, pressentant déjà les effets néfastes de l’idéologie
    nazie dans la communauté juive. Il mourut en 1937 lors d’un cycle de conférences en Grande-Bretagne.
    La théorie adlérienne reposait en fait sur une psychologie de l’individu qui intégrait des aspects sociaux et biologiques au détriment de la primauté de l’inconscient* et de la sexualité.
    La psychologie individuelle était essentiellement centrée sur une conception du Moi* et son corollaire l’adaptation à une réalité sociale ; d’autre part, elle instituait le sentiment
    d’infériorité prévalent chez l’enfant, comme le principal élément déterminant la future vie psychique et physiologique de l’individu, qu’il était censé compenser par une volonté de
    puissance. Si Adler fut à l’origine d’une des premières scissions dans le mouvement psychanalytique, il influença néanmoins par la suite nombre de courants psycho-thérapeutiques comme la
    néopsychanalyse de Schultz-Hencke, la psychologie humaniste, ainsi que les théoriciens américains du mouvement « gender ».

    Adolescence (sociologie)

    L’adolescence peut être définie comme étant une phase du développement humain qui se caractérise par une maturité à la fois physique, sexuelle et psychologique.
    Lendemain de la puberté, elle représente une sorte un passage initiatique à la vie adulte. Dans le langage courant, traiter quelqu’un d’adolescent a une connotation plutôt péjorative. Cela
    sous-entend que cette personne est en crise.
    Le terme de crise est à prendre ici dans un sens positif. L’adolescence est une période jalonnée de déstructurations, de restructurations et de développements psycho/morphologiques avec
    son lot d’incertitudes, mais aussi de créativité, de renouveau et de curiosité. La crise, au même titre que le deuil, passe par des étapes de souffrance, de désinvestissement et s’achève
    par le réinvestissement. Elle est donc salutaire. L’éviter, c’est prendre le risque de laisser s’accumuler les souffrances latentes prêtes à exploser lors de moments de vulnérabilité et de
    passivité.
    S’intéresser à l’adolescence, c’est poser la question de l’appartenance ; appartenance à la fois socioculturelle, économique et politique. C’est aussi s’interroger sur le devenir
    générationnel d’un groupe d’individus dans un espace-temps donné. Les adolescents de l’après-guerre, ceux de mai 1968, n’ont que peu de choses à voir avec la génération sida. À l’ère du
    post-tout, post-moderne, post-industriel, post-capitaliste, la génération actuelle cherche son salut dans la mobilité. Ses atouts sont l’adaptation, la flexibilité, la capacité de
    communiquer en groupe et de faire partie de réseaux à tous les niveaux.
    L’adolescent d’aujourd’hui vit dans l’intergénérationnel, dans l’interculturel. Il évolue au sein d’un champ social traversé par des valeurs ambivalentes, antagonistes, voire
    contradictoires. De plus, avec un psychique en développement, il doit faire avec les besoins d’un corps adulte et une liberté sexuelle accrue.
    Dans cette période d’effervescence, l’adolescent a besoin d’un cadre dans lequel il peut se mouvoir ; un cadre suffisamment présent mais non coercitif. Le fait est que dans la société
    actuelle, ce cadre est frappant par son absence de permanence.
    Il faut rappeler que cette période d’adolescence n’est pas vécue de la même manière chez le garçon et la fille. Si pour le garçon, le choix, c’est d’être professionnellement actif, la
    fille, quant à elle, doit concilier ou faire le choix entre travail et vie de famille d’autant plus que l’horloge biologique est là pour le lui rappeler.
    L’observation de la société actuelle laisse paraître un prolongement de la période de jeunesse associé à une solidarité familiale devant les difficultés de l’emploi et une proximité
    idéologique entre parents et enfants. Ceci ne signifie pas l’absence d’une problématique propre à l’adolescence dont les conduites à risques en sont l’exemple et le révélateur.
    De tout temps, l’adolescent était en quête d’identité. Celle-ci s’inscrit dans la confrontation à l’autre, mais aussi à soi. Tout est à jouer, à rejouer. Peut-être est-ce les adultes qui
    éprouvent des difficultés à assumer, à assurer la résistance, la confrontation nécessaires permettant le passage à l’âge adulte.

    Alcool (ou éthanol)

    Abréviation : OH - Molécule chimique : CH3 CH2 OH.
    L’alcool est désinhibiteur, anxiolytique, antidépresseur, anesthésique, hypnotique, euphorisant et antalgique. L’alcool est une molécule soluble dans l’eau, inflammable, agressive, de
    faible poids moléculaire (PM=46), consommé dilué, sous forme de boisson alcoolique.
    Une boisson alcoolique est définie par son degré alcoolique (pourcentage en volume OH).

    Le % Vol = degré = cl
    Exemple : 1 litre de bière à 5° = 5% d’alcool pur = 5 cl,
    1 cl = 10 grammes d’alcool.

    La quantité en gramme d’alcool pur contenue dans un litre de boisson alcoolisée degré x 10 g par verre/comptoir.
    Exemple :
    1 litre de vin à 12° (soit 10 verres) = 120 g soit 12 g/verre
    1 litre de Pastis à 45° (soit 50 verres) = 450 g soit 9 g /verre
    1 litre de Cognac à 40° (soit 40 verres) = 400 g soit 10 g/ verre
    1 litre de bière à 5° (soit 5 verres) = 50 g soit 10 g/verre
    On retiendra : 1 verre = 10 grammes d’alcool pur.

    Alcoolisme aigu

    5,00 g ~ mort par asphyxie.
    4,00 g ~ coma.
    3,00 g ~ phase d’apathie : < ivre mort > , troubles de la coordination motrice, altération du jugement (délit).
    2,00 g ~ ivresse, euphorie, langage incompréhensible.
    1,50 g ~ ébriété, excitation, yeux rouges et larmoyants, volubilité.
    1,00 g ~ baisse de l’acuité visuelle, rétrécissement du champ de vision, réflexes diminués.
    0,50 g –1 : seuil de l’intoxication alcoolique, taux au-delà duquel on est répréhensible par la loi.
    0,30 g ~ pas de troubles apparents, mais diminution du temps de réaction, de l’esprit de synthèse, de précision.

    Alcoolopathie

    L’alcoolopathie désigne les maladies données par la consommation d’alcool. Elles vont toucher le système neurologique, hépato digestif, métabolique endocrinien, cardiovasculaire et elles
    vont être source de cancer touchant les voies ORL et digestives.

    Amnésie de défense

    C’est un terme générique pour désigner un processus naturel de décharge et donc d’évacuation des tensions accumulées menaçant alors le psychisme, lors du refoulement dans l’inconscient,
    des pulsions indésirables car génératrices de souffrance. On regroupe notamment sous ce terme les lapsus linguae (lapsus oral) et calami (lapsus écrit), les actes manqués, les trous de
    mémoire.
    Les amnésies de défense étant directement liées au refoulement, on comprendra alors qu’elles ne sont pas le fait du hasard et qu’elles répondent à une détermination inconsciente, une
    défense contre l’angoisse ou une réalité pénible, et que de ce fait, appartenant à un processus dynamique, elles peuvent être ramenées à la conscience dans le cadre d’une thérapie.
    On peut alors citer d’autre part comme exemple, l’amnésie infantile et l’amnésie hystérique qui ont en commun d’être en rapport direct avec le refoulement. Elles sont aussi étroitement
    liées puisque l’amnésie infantile (concernant la période antérieure à la période de latence et due aux refoulements liés à la sexualité infantile et à différents événements de cette
    période) serait le point de départ des refoulements ultérieurs conduisant à l’amnésie hystérique.

    Analité (voir aussi : Stade ; Rétention)

    Au cours de son développement psychosexuel*, l’organisation de la libido* d’un individu passera par différents stades sous le primat des zones érogènes : oral, anal, phallique et génital.
    L’analité d’un individu correspond aux traits dominants de sa personnalité* comme valeurs symboliques qui correspondent à la maîtrise musculaire des sphincters* lors de la défécation* : on
    citera par exemple l’entêtement, la tendance à la rétention, à l’ordre, etc.

    Analyse didactique

    L’analyse didactique est une cure psychanalytique personnelle que tout élève aspirant à devenir psychanalyste se doit de suivre auprès d’un analyste confirmé. C’est donc l’analyse
    incontournable pour celui qui se destine à la profession de psychanalyste, afin de maîtriser au mieux ses sentiments de contre-transfert*. Freud, intimement persuadé que l’accession à la
    pratique de la psychanalyse ne pouvait se réaliser sans parvenir à comprendre son propre inconscient, innova en expérimentant sur lui-même une méthode introspective appelée l’auto-
    analyse*, qui est à l’origine de la découverte de la psychanalyse par son auteur. Mais, constatant les limites de l’analyse appliquée à soi-même basée sur l’interprétation* de ses propres
    rêves, Freud préconisa, sous l’impulsion de l’école de Zurich et de l’Institut de Berlin, que tout futur analyste suive une analyse didactique chez un psychanalyste qualifié. En effet, il
    constate rapidement que l’on ne peut pratiquer l’analyse sur d’autres personnes qu’après avoir accéder à l’investigation de son propre inconscient, et que pour ce faire, l’auto-analyse* si
    elle est indispensable, n’est pas suffisante et que seule une analyse didactique est réellement formatrice.
    Ferenczi est le premier à adhérer fermement à cette règle qui devient pour lui la deuxième règle essentielle de la pratique psychanalytique : il est persuadé qu’une analyse didactique doit
    être plus approfondie qu’une analyse clinique tant la responsabilité est grande de gérer les souffrances d’autrui.
    Cette nouvelle méthode, différente de l’analyse thérapeutique destinée aux patients, avait pour but de mettre l’élève analyste en relation avec ses processus internes inconscients.
    Ferenczi pensait que l’analyse didactique constituait la seconde règle fondamentale* de la psychanalyse, car pour mieux maîtriser le contre-transfert* relatif à ses futurs patients,
    l’analyste doit se connaître parfaitement. De plus, Freud insista aussi sur le fait qu’un analyste authentique devait subir une analyse en continu (l’analyse interminable) et accepter de
    se soumettre tous les cinq ans à une nouvelle tranche d’analyse pour approfondir son travail personnel.
    Quant à Lacan, il fut mis au ban de l’Association Psychanalytique Mondiale car l’extrême brièveté de certaines séances et les liens qu’il entretenait avec certains patients étaient
    incompatibles avec la déontologie de l’analyste didacticien. De nos jours, toute la communauté psychanalytique freudienne s’accorde à reconnaître que l’analyse didactique est un préalable
    obligatoire à l’exercice de la psychanalyse, même si des critiques provenant de dissidents lacaniens et d’ autres scissionnistes remettent en cause la nécessité de l’analyse didactique.

    Analyste

    Voir : Psychanalyste

    Angoisse

    État d’affect survenant automatiquement, et pouvant aussi bien envahir le psychisme que le corps du sujet. Ce ressenti très déplaisant est provoqué par l’augmentation brutale de sommes
    d’excitations, créant un excès de tension que l’on ne peut contrôler (= décharger).
    Pourquoi et par quoi s’angoisse t-on ?
    Ce sentiment d’angoisse peut surgir quand on ne se sent pas bien et que l’on ne comprend pas son état, ou encore, quand on doit affronter une situation nouvelle et que l’on n’est pas sûr
    de réussir… Les occasions sont nombreuses face à l’inconnu. Toutes les situations que l’on ne maîtrise pas à priori, vont générer une certaine angoisse.
    Cette réaction psychique/physiologique interne n’est pas pathologique en soit tant qu’elle reste dans des limites tolérables et tant qu’elle n’invalide pas la vie du sujet. Dans ce cas,
    elle s’apparente au mécanisme de stress qui peut être bénéfique – s’il est bien dosé –pour garantir l’adaptation* du sujet face aux événements à vivre. Cette angoisse est par conséquent
    positive et nécessaire pour maintenir l’individu en alerte.
    Mais il existe d’autres formes d’angoisse plus problématiques pour la vie du sujet : angoisse de séparation*, angoisse de castration*, angoisse diffuse, angoisse devant un danger réel et
    enfin angoisse devant la mort.
    Nous avons tous fait l’expérience d’être angoissé. Pour Freud, la manifestation d’angoisse serait la réplique de l’état de détresse que nous avons ressenti, tout petit enfant, face au
    manque biologique (faim, soins) et traduit psychiquement. Cet état de malaise psychique s’est alors affirmé en angoisse de séparation face à la peur de perdre l’objet maternant et de ne
    pouvoir y survivre. L’angoisse de castration participe du même registre : vécue comme la peur devant un danger réel ; c’est la menace de perdre le pénis* (chez le garçon) ou de perdre
    l’amour (chez la fille).
    En tant qu’êtres pulsionnels, nous portons aussi des désirs inconscients (sexuels) qui ne peuvent pas toujours trouver la voie de la satisfaction et cette accumulation de tension (voir :
    Libido*) va être ressentie sous forme d’angoisse : c’est ce que l’on nomme la névrose d’angoisse* quand cette énergie est non liée. L’angoisse se manifeste de façon diffuse sans que la
    personne ne puisse l’expliquer. Elle ne peut être déplacée sur un objet comme dans la phobie*.
    Lorsque ces formes d’angoisse aux allures névrotiques commencent à générer une souffrance et à désorganiser la vie des personnes, il est souhaitable d’envisager un suivi thérapeutique.

    Anima (voir aussi : Bisexualité)

    C’est ainsi que l’on désigne la représentation psychique inconsciente féminine chez l’homme. D’après Carl Gustav Jung* à qui nous devons l’emploi de ce terme, l’homme attribue,
    inconsciemment et l’on pourrait dire d’emblée à une femme, un ensemble de qualités féminines qu’elle ne possède pas à priori mais qui sont bien propres à lui-même (ex : Le sentiment,
    l’intuition, l’émotivité.) Dans la relation du petit garçon avec son père l’enfant utilise sa masculinité pour s’identifier et sa féminité ou anima pour son rapport à l’Autre. La nature
    de l’anima qui naîtra chez l’enfant dépendra donc essentiellement de la relation aux parents ; L’anima est, dans l’inconscient masculin, la part sexuelle féminine complémentaire.

    Annulation (voir aussi : Pensée magique)

    L’annulation (ou annulation rétroactive) est un mécanisme de défense* du moi qui se met en place lorsque les processus de désinvestissement ou de contre-investissement ne suffisent plus.
    C’est un moyen d’éliminer magiquement par la pensée des actes, paroles ou pensées insupportables pour la conscience (jugés répréhensibles par l’individu) grâce à un comportement qui permet
    de les inverser et donc de les annuler.
    Fondée sur le processus normal d’ambivalence des affects de l’individu, elle peut cependant devenir pathologique : elle caractérise alors la névrose obsessionnelle dans laquelle les
    pulsions contradictoires (ambivalentes) sont si intenses (extrêmes et opposées) qu’elles privilégient ce moyen pour se décharger.
    Ce processus agit en deux temps avec plusieurs formes. Un comportement ou une parole vont être suivis immédiatement d’un autre comportement ou d’une autre parole (donc différents), qui
    effacent alors psychiquement les premiers. Ou encore, un acte (réel ou pensé mais allant en sens contraire) a le pouvoir magique (magie négative) d’en compenser un autre et d’effacer
    l’objet du litige (même dans le passé).
    Cela peut s’illustrer notamment par toutes sortes d’actes expia-toires comme les châtiments, les pratiques magiques…
    Pour Freud, qui utilise ce terme ponctuellement mais plus précisément dans « L’Homme aux rats » c’est aussi un moyen de pouvoir exprimer à la suite deux pulsions opposées qu’il nomme «
    double sentiment ».
    Enfin pour Bergeret, ce mécanisme ramène au sentiment de toute puissance de l’enfant (je pense « sein », donc il arrive), qui donne à l’annulation rétroactive un fort caractère régressif ;
    et qui de ce fait visant la réalité elle-même, provoque une altération de la temporalité.

    Anxiété

    Dans la phase d’épuisement du stress*, aux crises d’angoisse ou de panique peut succéder un état chronique diffus d’anxiété.
    Dans la pathologie, on parle d’anxiété pour décrire un état d’épuisement du système nerveux. Aux manifestations des inquiétudes psychiques, s’ajoutent le cortège des sensations
    corporelles, terrain d’un dérèglement de l’organisme (boule à la gorge, palpitations, vertiges, pleurs etc.)
    L’anxiété peut être primaire, ou secondaire à d’autres symptômes suite à des états dépressifs, névrotiques ou psychotiques.
    Elle peut être libre comme une angoisse diffuse ou chercher un mécanisme de défense en se fixant sur un objet : peur de prendre l’avion, le train, peur des araignées, des ascenseurs, peur
    des lieux clos (Claustrophobie*) ou de la foule (Agoraphobie*). L’anxieux peut aussi lutter contre l’angoisse par des mécanismes obsessionnels tels que : vérifier dix fois la fermeture de
    la porte, du gaz, se laver les mains sans cesse etc. Ces rituels obsessionnels tentent d’apaiser l’angoisse (Troubles du comportement*).
    Cette peur sans objet, cette angoisse diffuse est en réalité une boule d’énergie bloquée dans notre psychisme, créant un état de tension terrible qui ne trouve pas de voie de libération,
    de décharge, par la satisfaction.
    Cela peut être aussi la peur d’un danger inconscient.
    Chez le nouveau-né : peur d’être séparé de sa mère, peur d’être abandonné, peur d’être rejeté… Toutes ces peurs étant liées à la peur de l’anéantissement, peur de la mort.

    Archaïsme

    Référence à quelque chose d’ancien, d’originaire. En psychanalyse cette notion d’archaïsme est fondamentale pour décrire l’élaboration de nos processus profonds, nos origines et nos
    mécanismes de défense*. L’inconscient* ne connaît pas le temps et le passé parle toujours en nous sous forme de représentations imaginaires, sous forme d’interdits universels et d’héritage
    transgénérationnel.
    Ce sont par exemple des idées innées, des rêves*, des impressions anciennes liées non seulement à l’histoire de l’individu mais aussi à celle de l’espèce.
    Même si le monde change (technologie, valeurs morales, vie en société ou organisation familiale) nous sommes toujours imprégnés de l’histoire humaine, ses mythes, ses peurs, et principes
    existentiels.
    Nos vies s’inscrivent dans le patrimoine de l’humanité. Elles sont le prolongement de schémas anciens, prédéterminés.

    Aromacologie ou aromachologie

    Étude entre la psychologie et la technologie des fragrances utilisées pour induire divers sentiments, émotions spécifiques : relaxation, gaîté, sensualité…

    Association libre

    Voir : Libre association

    Auto-analyse

    Méthode de psychothérapie qui vise l’élucidation de ses propres mécanismes inconscients sans la présence d’un psychanalyste, mais en usant des mêmes techniques (analyse des rêves,
    associations libres, etc.).
    L’auto-analyse de Freud, notamment par l’étude de ses propres rêves, est extraordinaire en ce sens qu’elle l’a conduit à la découverte de la psychanalyse.
    Si l’auto-analyse est souhaitable chez tout un chacun, elle est souvent perçue comme un moyen d’éviter la cure et par là l’expérience du transfert.
    Elle ne saurait en aucun cas se substituer à une véritable psychanalyse, qui seule, est à même de révéler et d’interpréter objectivement ses résistances et sa propre personnalité.
    L’auto-analyse est conseillée à quiconque est désireux de devenir psychanalyste, même et surtout lorsque sa propre cure est terminée ainsi que tout au long de l’exercice de sa profession
    «… S’il en était incapable mieux vaudrait qu’il renonce à analyser des malades… » (Sigmund Freud, « Die zukünftigen Chancen der psychoanalytischen Therapie », in Alain Delrieu, Sigmund
    Freud Index thématique, Paris, éd. Anthropos, 1997, p.76.)

    Autoérotisme (voir aussi : Étayage)

    Une activité autoérotique a le plaisir pour but et soi-même pour objet. Lorsqu’un petit enfant suce son pouce on peut parler d’acte auto-érotique. Par cet acte, l’enfant recherche un
    plaisir similaire à celui éprouvé lors de la tétée. Mais le but de la tétée : assouvir la faim et son objet : le sein maternel (ou son substitut) laissent place dans cet exemple de la
    succion du pouce au seul but : recherche de plaisir et au seul objet : soi-même (le pouce en l’occurrence).
    L’amour de lui-même et le besoin d’être satisfait par sa mère expliquent, chez le petit enfant, une tendance relationnelle autoérotique qui l’entraînera vers le narcissisme et enfin à
    l’amour d’objet. Donc, dès qu’intervient un choix d’objet autre que soi-même, l’acte ayant le plaisir pour but ne peut plus être qualifié d’autoérotique.

    Agressivité

    Terme désignant un ensemble de tendances humaines visant à détruire par la force si besoin est, toute entrave à la satisfaction* du sujet. Le comportement agressif est souvent assimilé à tort à une attitude violente alors que ses manifestations peuvent se traduire par un regard, une grimace, une parole blessante, un geste menaçant ou provocateur, inducteurs de réactions en chaîne qui peuvent dégénérer dans des actes d’agression, tels que les coups, le viol, la torture, le crime, etc.
    En psychologie, l’agressivité correspondrait à l’expression d’un instinct d’agression propre à tout être humain selon des degrés variables d’un individu à l’autre. Leur évaluation reste toutefois difficile bien que certains facteurs prédisposant, comme des violences subies dans l’enfance ou une irritabilité caractérielle voire une intolérance à la frustration*, indiquent l’apparition certaine de futures conduites agressives.
    D’après les biologistes, des études neurophysiologiques ont établi que le déroulement de manifestations agressives était lié à un déficit de sérotonine dans les neurones. Cependant la découverte par les généticiens d’un chromosome supplémentaire chez certains criminels ne doit pas être considérée comme le seul élément explicatif de leur agressivité, mais doit prendre en compte d’autres critères d’ordre psychopathologique.
    À ce titre, la psychanalyse a fourni une interprétation de l’agressivité qui semble la plus cohérente. En effet, grâce à sa théorie des pulsions*, Freud a relié l’agressivité à un double aspect de la sexualité*. Il présuppose l’existence d’une pulsion de mort* qui est soit tournée vers l’extérieur, représentant les tendances sadiques, soit dirigée vers l’intérieur, révélant le masochisme* du sujet. La pulsion d’agression d’autrui comme celle visant à sa propre destruction n’est concevable que dans une union avec la sexualité. À ce propos, dès le stade sadique-oral* et au cours du stade sadique-anal*, les tendances agressives du nourrisson s’organisent avec sa libido* pour occasionner « une explosion du plaisir d’agression ». Cette nouvelle conception freudienne des pulsions de vie* et de mort peut correspondre globalement mais de façon incomplète au dualisme entre la sexualité et l’agressivité. Toutefois, il faut reconnaître que la notion d’agressivité élargit de ce fait davantage son champ d’action, s’appliquant aux conflits intrapsychiques entre le moi* et le surmoi*, et ouvrant sur les couples d’opposés union-désunion et Eros*-Thanatos* : la désunion consacre alors la puissance de Thanatos qui active la pulsion de destruction d’Eros, source de vie. Mélanie Klein* a d’ailleurs mis en évidence la pulsion agressive dans les premiers mois de l’enfant en proie aux fantasmes* d’autodestruction* et d’engloutissement, qui est fondamentale pour la structuration du sujet.
    En clinique*, l’agressivité est importante dans la névrose obsessionnelle*, se traduisant par des tocs ou des accès colériques. Par contre, chez l’hystérique, le comportement agressif peut se révéler par la fugue (chez les adolescents), une crise de nerfs, des éclats de voix, ou toute attitude tendant à manipuler autrui, dont la tentative de suicide avortée en est une illustration patente. Dans les psychoses*, le passage à l’acte*, mise en acte de la pulsion de destruction, intervient soudainement, de façon impulsive, et prend des proportions démesurées comme dans les cas de bouffées délirantes aiguës, chez les patients atteints de schizophrénie* ou de paranoïa*, qui peuvent se terminer en massacres accompagnés de tortures, mutilations, dépeçages et autres actes barbares. Quant à la dépression*, la pulsion d’autodestruction conduit peu à peu le sujet vers le suicide* : d’ailleurs, il n’est pas rare que chez les adolescents les conduites agressives répétitives soient le signe d’un état dépressif inexprimé.

b

    Balint (Michael) (voir aussi : Groupe Balint)

    Psychanalyste hongrois (1896-1970), docteur en médecine (Budapest), docteur en science (Berlin), il se tourne vers la psychanalyse en 1924. Dans ses travaux, Balint va se référer à la fois à Freud* et à Ferenczi* avec lequel il sera en analyse.
    Ses travaux : Analyse de caractère et renouveau, Le Médecin, son malade et la maladie, Les Voies de la régression mais aussi Le Défaut fondamental dont le titre original était Le Patient régressé et son analyste et dans lequel Balint fait référence à l’amour primaire qui constitue la première relation d’objet*.

    Béhaviorisme

    Dérivé du mot américain behavior signifiant « comportement »,  le béhaviorisme se veut être la science du comportement.
    C’est John Broadus Watson, psychologue américain qui mit au point cette théorie en 1913, sur la base expérimentale des travaux de Pavlov avec l’animal (apprentissage par le conditionnement notamment), qu’il appliqua aux humains.
    Ainsi ce nouveau courant psychologique opposé à l’introspection (mais aussi à la conscience, aux prédispositions physiologiques, au libre arbitre…), avait pour but d’analyser l’individu dans son environnement (donc en situation) sur la base du schéma stimulus-réponse afin de pouvoir à terme contrôler l’activité humaine (jusqu’à établir des lois) : c’est-à-dire prévoir la réponse connaissant le stimulus (et inversement connaissant la réponse d’en déduire le stimulus) et donc de pouvoir réagir en conséquence. 
    Cela mettait l’accent sur l’importance de l’environnement social qui en quelque sorte prédéterminerait l’individu et sur la prévalence des comportements acquis plutôt qu’innés. Ainsi toute conduite pathologique s’avérait la conséquence d’un conditionnement inapproprié, et la thérapie consistait en un déconditionnement. Aucune place n’était donc laissée à la spécificité de chacun et aux observations subjectives. Cette psychologie expérimentale était au profit d’une objectivité scientifique : plusieurs expériences concordantes et reproductibles suffisaient à confirmer la règle, la maladie se présentait alors telle un tableau plutôt qu’un ensemble structuré et dynamique basé sur les  conflits psychiques.
    Ce mouvement très réducteur pour l’espèce humaine sera grandement critiqué, notamment par Freud ou encore Janet et Piaget. Aussi lui succèdera ensuite la psychologie néo-béhavioriste toujours basée sur l’objectivité et l’importance du milieu mais avec une réintroduction de concepts proscrits par Watson amenant une part de subjectivité.

    Bénéfice primaire

    Le bénéfice primaire de la maladie est lié à la satisfaction que le sujet éprouve dans l’apparition et le développement des symptômes d’une névrose*. Freud définit le bénéfice primaire comme « la solution la plus commode en cas de conflit psychique » dans la mesure où elle « épargne un effort ».
    La modification des relations de l’entourage du patient à son avantage peut aussi être considérée comme un bénéfice primaire de la maladie. Par le mécanisme de la fuite dans la maladie, le sujet se réfugie dans des symptômes douloureux pour éviter d’autres conflits beaucoup plus insupportables.
    Ainsi le symptôme* névrotique permet-il une réelle réduction des tensions. Le patient retire donc bien un bénéfice primaire, voire plusieurs, de sa névrose.

    Bénéfice secondaire

    Le bénéfice secondaire survient après coup* comme un gain supplémentaire retiré d’une maladie déjà installée et concerne des satisfactions davantage narcissiques que libidinales. Le moi* doit alors livrer un combat défensif secondaire face au(x) symptôme(s) et pactiser avec lui (eux) pour tenter d’en recueillir un avantage secondaire.

    Besoin primaire (voir aussi : Pulsion du moi)

    Freud définit deux besoins fondamentaux de l’espèce humaine : il s’agit de la faim et de la sexualité.
    L’enfant, en raison de sa prématuration biologique, est soumis à des tensions qu’il ne peut décharger physiquement de par son incapacité à marcher, courir, etc.
    À partir de cette réalité, il est en proie à des tensions endogènes* permanentes. Par la satisfaction* de la faim, besoin* vital, l’expérience du plaisir* lui permettra de projeter sur le sein* : sa pulsion de vie et sa pulsion de mort seront investies dans l’objet partiel qu’est le sein. Le plaisir que l’enfant prend à téter, à se sentir repu, le réflexe de la succion constituent donc ses premières expériences de plaisir : celles-ci seront l’origine du besoin sexuel. Ainsi, à partir du besoin primaire qu’est la faim, le besoin primaire de la sexualité se rajoute. Cette recherche de plaisir, de satisfaction, de bonheur intérieur est la conséquence de l’état de tension qui envahit le nourrisson.
    C’est donc à partir de la pulsion d’autoconservation que la pulsion sexuelle* émerge en effet, cette dernière s’appuie sur la pulsion d’autoconservation par étayage*.
    En réponse au manque, à l’absence ou à la trop grande frustration, l’enfant fantasmera qu’il possède le sein hallucinatoire : dans une situation biologique insatisfaisante, la pulsion sexuelle permettra de calmer temporairement le manque. Le besoin primaire est donc caractérisé par le fait d’une nécessité interne qui trouve donc son origine dans le biologique par la pré maturation et le besoin vital d’être nourri.

    Besoins

    Les besoins sont une tendance naturelle chez les êtres humains vers des actes considérés comme nécessaires.
    Dès la naissance, l’être humain est mis naturellement face à autrui. Aussi, il convient de s’interroger sur les conditions qui permettent l’existence des besoins ainsi que les moyens de les satisfaire.
    Les enquêtes sociologiques sur les phénomènes de consommation ont montré que les besoins dépassaient la simple dimension matérielle des objets que l’on cherche à acquérir. Des notions de prestige, de statut sous-tendent des stratégies mises en place par les acteurs. Lesdites stratégies sont souvent fonction de la classe sociale d’appartenance et des moyens dont elle dispose.
    La question des moyens de réalisation des besoins soulève la question de leur hiérarchisation. Est-il possible et en fonction de quels critères peut-on parler de besoins fondamentaux et de besoins secondaires ?
    Il nous semble qu’au-delà des besoins vitaux, indispensables à la survie de l’être, tout besoin apparaît comme besoin fondamental dès lors qu’il est considéré comme tel par le sujet. Cette considération implique néanmoins deux principes : la conscience et la réalité.
    Du point de vue psychanalytique, le besoin serait ontogénétique. Il est au fondement même de l’être. La faim et la sexualité apparaissent comme des besoins fondamentaux, idéal-typiques.
    La succion du sein de la mère comme fondement de la vie sexuelle du petit d’homme constitue un schème de référence de tout besoin, de toute privation.

     

    Bettelheim (Bruno)

    Psychanalyste américain d’origine juive autrichienne, Bruno Bettelheim est né en 1903 à Vienne et mort en 1990 à Silver Spring (États-Unis).
    Si son œuvre, particulièrement inspirée de la pensée freudienne, est aussi populaire, et a connu immédiatement un franc succès, c’est sans doute notamment en raison de la clarté et de la simplicité avec laquelle il parvient à s’exprimer sur des sujets pourtant complexes.
    C’est durant plus de dix mois que Bruno Bettelheim, déporté à Dachau puis à Buchenwald (1938) alors qu’il avait entamé un analyse, se livre à une observation approfondie du monde qui l’entoure au sein de cet univers étroit, aux frontières de la mort. Il publiera une étude sur Le Comportement des individus et des masses dans les situations extrêmes (1943).
    Par la suite, Bruno Bettelheim va s’attarder sur l’univers de la psychose, et de l’autisme particulièrement « La forteresse vide » (1967). Il conçoit de nouveaux aménagements dans le traitement des psychoses chez l’enfant, influents dans le milieu psychiatrique. Il s’agit de lieux où l’enfant est considéré dans sa totalité, il y est soigné mais aussi éduqué, dans un univers favorable qui souvent jusqu’ici lui fait défaut. Cette unité thérapeutique vise l’aptitude à une vie sociale normale.
    De nombreux écrits traitent de l’enfance et de l’éducation, dont Les Blessures symboliques (1954), Évadés de la vie (1955), Dialogue avec les mères (1962), Les Enfants du rêve (1969), Psychanalyse des contes de fée (1976), Pour être des parents acceptables (1987).
    Malade et dépressif depuis la mort de sa deuxième épouse en 1984, il se suicide dans la maison de retraite où il séjournait depuis quelques semaines.

    Bion (Wilfred) (voir aussi : Fonction alpha/Fonction Bêta)

    Wilfred Bion (1897-1979) fut un élève de Mélanie Klein et de l’analyste de Samuel Becket. Il suivit des études d’histoire avant de se tourner vers la médecine et la psychiatrie.
    Bion a proposé une véritable théorie de la pensée mais aussi une théorie des groupes qui fait encore référence aujourd’hui. Il a fait avancer la connaissance des mécanismes de la psychose en analysant les troubles de la pensée dans les psychoses.

    Bipolaire

    Terme caractérisant la psychose maniaco-dépressive* dans ses deux aspects appelés pôles, l’un dominé par un état d’excitation fort (pôle maniaque), l’autre constitué par un état dépressif (pôle mélancolique). La psychose maniaco-dépressive peut revêtir une forme unipolaire (ou monopolaire) où un seul pôle se développe : soit l’aspect maniaque est prédominant soit l’aspect dépressif est prévalent, ce dernier cas étant le plus fréquent. Quant à la psychose maniaco-dépressive à forme bipolaire, elle présente une alternance des deux accès, tantôt maniaque, tantôt dépressif, dont les périodes de rémission s’étalent de quelques semaines à plusieurs années.
    On s’accorde actuellement à considérer que le terme de maladie bipolaire convient bien à représenter la psychose maniaco-dépressive, la psychose monopolaire étant seulement caractérisée par des épisodes dépressifs.

    Bon sein/Mauvais sein

    Mode de perception clivé, pendant les trois premiers mois du bébé, au cours de la période kleinienne appelée position schizo-paranoïde*.
    Le sein en tant qu’objet partiel* est aimé quand il véhicule une gratification, comme l’assouvissement de la faim du bébé ; il est alors, selon M. Klein, qualifié de « bon sein ». Mais s’il est vécu comme une source de frustrations*, comme la privation d’un apport nutritionnel, il est alors haï et immédiatement perçu comme « mauvais sein ».
    Ce clivage de l’objet* à la fois bon et mauvais accentue l’instabilité du nouveau-né dans cette position. En effet, le « mauvais sein » peut provoquer des conséquences désastreuses chez le nourrisson : son introjection* entraîne de sérieux risques de destruction interne. Grâce à l’introjection, le bon et le mauvais sein constituent déjà un noyau du surmoi dans le psychisme du bébé.

    Borderline

    Voir : Cas limite

    Boulimie

    Trouble du comportement* alimentaire caractérisé d’abord par une envie inextinguible d’ingestion d’aliments accompagné d’une absorption massive de nourriture, suivies par des vomissements, un assoupissement profond ainsi qu’une grande fatigue générale. Cette conduite boulimique est fréquente dans les pays riches occidentaux chez les adolescentes et les jeunes femmes exerçant des professions ou des activités qui valorisent le corps et son esthétique (danseuses, mannequins, athlètes, vedettes du show-business…) Cette consommation solitaire et excessive d’aliments riches en calories (leur absorption peut parfois atteindre les 10 000 calories !) de façon impulsive et rapide est souvent associée à son contraire, l’anorexie mentale*. L’alternance d’épisodes boulimiques et anorexiques est dénommée « boulimiarexia ».
    Les troubles psychologiques dont souffre la personne boulimique sont en général l’anxiété*, la dépression*, la peur* de la solitude et elle éprouve une certaine hostilité face aux frustrations*. Il n’est pas rare que l’état dépressif du boulimique conduise à des tentatives de suicide*. Parfois aussi, ces personnalités boulimiques qualifiées d’impulsives et d’excessives rappellent celles des états limites (borderline*) et peuvent avoir recours à des addictions (alcool, drogue, anti-antidépresseurs…) pour calmer leur angoisse.
    La dépendance du boulimique avec son entourage est essentielle car elle met en relief l’échec d’intériorisation des relations qu’entretenait l’enfant avec sa mère et son entourage dans les premières années de sa vie. Si tout traitement thérapeutique semble long et difficile, il doit être adapté selon la personnalité du patient (hospitalisation, psychothérapie, chimiothérapie antidépressive) et son succès dépend aussi de la nécessaire collaboration du patient. Néanmoins la thérapie de groupe* ainsi qu’un ré-apprentissage de la diététique apparaissent indispensables dans tous les cas.

    Breuer Joseph (voir aussi : Anna O./le cas)

    Médecin autrichien (1842-1925), savant reconnu à Vienne pour ses travaux sur la physiologie de la respiration. Il rencontre Freud en 1880 (de quatorze ans son cadet) et devient son mentor. Il partage avec lui ses conceptions thérapeutiques comme le traitement de l’hystérie par l’hypnose.
    Breuer s’intéressa particulièrement au cas d’hystérie* d’Anna O., dont l’étude fut rapportée en 1895 dans les Études sur l’hystérie. Cette patiente, de son vrai nom Bertha Pappeiheim, présente de nombreux symptômes* invalidants. Breuer eut l’idée de faire parler Bertha sur ses relations avec son père, qu’il soupçonnait d’être à l’origine de sa maladie : la guérison par le verbe était née.

    But

    En psychanalyse, le but est l’un des trois éléments qui structurent la pulsion* (les deux autres étant la source* et l’objet*) Le but est indispensable à la pulsion, celle-ci dirige sa force vers un seul but afin de se satisfaire et redonner ainsi à l’appareil psychique un état de sérénité, sans tension. Cet état est appelé : principe de constance*.

     

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    Ça

    Dans la théorie freudienne, le ça est l’une des trois instances constituant la seconde topique (ça – moi – surmoi). 
    Georges Groddeck fut le premier à consacrer un important travail sur la présence d’un ça. Freud le critiqua dans un premier temps, puis finit par intégrer à son tour la notion de ça dans sa théorie sur les topiques.
    Le ça est l’élément fondateur de l’appareil psychique au début de la vie. Il s’agit de l’ensembles des pulsions, désirs, innés. C’est la partie instinctuelle, la plus primitive, de l’homme. Le ça est totalement inconscient, même s’il ne représente pas tout l’inconscient. Il est régi par le principe de plaisir, et ne tient pas compte de la réalité, mais il assure l’instinct de survie de l’espèce humaine : en ce sens, puisqu’il est à la fois le garant du vivant et le lieu du désir, il constitue le moteur de la vie. Les désirs issus du ça ne sont cependant pas toujours réalisables, acceptables par la morale ou par la loi, et il ne tolère pas l’insatisfaction. 
    Le ça a également pour rôle la récupération du matériel (souvenirs, émotions…) refoulés, refusés par le moi sous l’influence du surmoi.
    La psychanalyse s’intéresse particulièrement au ça, puisqu’il est l’instance inconsciente détentrice de l’histoire originelle du sujet, de ses désirs contrariés, de ses conflits internes. 
    Le ça, le moi et le surmoi sont en conflit permanent. La conscientisation des conflits en question, lorsqu’ils sont pathogènes, est libératrice.

    Cadre

    Le cadre analytique est l’ensemble des règles de la pratique analytique auxquelles doivent se soumettre l’analysant et l’analyste dans le seul but de l’efficacité thérapeutique et qui comprennent un certain nombre de techniques incontournables telles que par exemple :
    - la libre-association
    - la règle de non-omission
    - la règle d’abstinence
    - le paiement en espèces
    - la position allongée sur le divan, tournant le dos à l’analyste
    - la durée d’une séance (45/50 minutes en général)
    - la régularité
    - la durée dans le temps etc.
    Ce sont autant de lois qui régissent et constituent le cadre analytique tel que Freud l’a conçu.

    Castration

    La castration physique, ou ablation des organes génitaux, prive définitivement l’humain de toute activité reproductrice. Son pendant moral, qui peut revêtir diverses formes comme la frustration, l’abandon, la privation, la séparation et à la fin la mort, relèvent toutes d’une angoisse majeure, plus définitive que l’émasculation, qui est au fond la peur de mourir.
    La castration et son corollaire plus puissant que constitue la menace même de la castration représente peut être le fantasme* maximal que l’enfant puisse éprouver lorsqu’il affronte la loi paternelle. L’angoisse* qui en découle a été caractérisée par Freud dans sa théorie sexuelle infantile sur le complexe de castration* en corrélation avec le complexe d’Œdipe*. D’après lui, la castration est essentiellement un élément réaliste, même si elle participe d’un fantasme qui s’ancre dans une réalité sexuelle angoissante. Pour Lacan, au contraire, la castration a une valeur symbolique éminemment subjective qui implique le renoncement non seulement à être mais aussi à avoir le phallus* . De ce fait, la perte de l’objet partiel issue de la castration produit un nouveau fantasme qui initie le désir : Lacan confère donc à la castration le pouvoir exceptionnel de considérer l’autre comme un objet phallique.

    Catharsis (voir aussi : Méthode cathartique)

    Pour la philosophie grecque, la catharsis est l’effet de purgation/ purification, d’élimination des passions, repris par la psychanalyse pour désigner une réaction de libération (effet thérapeutique purgatif), une décharge* d’affects refoulés et pathogènes, souvent responsables d’un traumatisme psychique et donc de symptômes. Elle est la conséquence de l’abréaction (ou décharge émotionnelle) et n’est pas sans risque pour la personne qui peut être alors submergée par un quantum d’affect* ou être conduite à réaliser des actes non maîtrisables.
    C’est en étudiant l’hystérie* que Joseph Breuer* va élaborer sa théorie de la catharsis, qui sera reprise et complétée par Freud. Puis ce dernier va se dégager notamment de l’hypnose* pour aboutir à la méthode psychanalytique pure basée sur la libre association* et la parole, sans laquelle la catharsis seule n’a pas d’effet durable dans la thérapie.

    Censure

    Le processus de censure est bien connu de tout un chacun lorsqu’il s’agit d’une amputation d’un ou plusieurs paragraphes de texte, par exemple, jugés irrecevables.
    En psychanalyse, la censure, terme freudien, agit de la même sorte, comme un filtre qui empêche les désirs inconscients d’accéder au stade du préconscient ou de se frayer un chemin entre le préconscient et la conscience.
    La censure est différente du surmoi en ce sens qu’elle en est la résultante. C’est parce qu’il y a eu à la source formation d’un surmoi que la censure agira, en permanence.
    Elle peut laisser de fait paraître des éléments restants inintelligibles et son but est atteint.
    On retrouve ce phénomène également souvent dans les rêves comme avec la condensation et le déplacement, de sorte que l’interprétation en devient difficile, voire inaccessible (thème développé par Freud en 1900 dans L’Interprétation des rêves).
    Enfin, les désirs inconscients inassouvis et inacceptables ainsi censurés sont à l’origine du mécanisme du refoulement.

    Charcot (Jean-Martin)

    Jean-Martin Charcot est un médecin français né à Paris en 1825 et mort à l’âge de 68 ans en 1893 d’une crise cardiaque. C’est un neurologue de renom qui marquera les esprits par son observation clinique minutieuse sur les symptômes neurologiques, classification toujours d’actualité et servant encore de référence de nos jours.
    Mais son nom est avant tout associé à l’hystérie*, l’hypnose* et la genèse de la psychanalyse. En effet, si c’est un éminent médecin qui acquiert par ses compétences à trente-sept ans un service à l’hôpital de la Salpetrière à Paris, il n’en est pas moins distingué par ses spectaculaires « leçons publiques » où il expose et tente le premier de comprendre les femmes hystériques de l’époque, et l’origine de leurs dramatiques symptômes.
    Il s’appliquera en particulier à démontrer que les crises nerveuses, paralysies et autres insensibilisations de ses patientes qualifiées de « folles », n’avaient en réalité d’autre source qu’un traumatisme originel subit dans l’enfance et refoulé, comme un abus sexuel ou un viol.
    Charcot corrobore ainsi la théorie selon laquelle l’hystérie n’a pas pour origine une spécificité anatomique mais bien plutôt un caractère névrotique. Grâce à la technique de l’hypnose, il prouve à ses contemporains que l’ablation des ovaires, non seulement n’est pas un traitement efficace mais que l’hystérie si elle est la résultante d’un événement traumatique, peut être masculine.
    C’est un grand pas vers la psychopathologie que vient d’accomplir Jean-Martin Charcot et Sigmund Freud ne s’y trompera pas en prolongeant, fasciné par l’homme qu’il vient de rencontrer, son séjour dans l’hiver 1885/86 à Paris. Freud profitera de son enseignement alors qu’il est élève-stagiaire du grand maître à la Salpetrière. Charcot influence fortement dès lors le développement de la pensée du jeune Freud qui lui demandera rapidement l’autorisation de traduire dans sa langue maternelle, l’Allemand, ses célèbres leçons cliniques du mardi, qui l’engageront irréversiblement vers la voie qui est désormais la sienne et qu’il ne lâchera plus, celle de la psychologie. Charcot encouragera d’ailleurs vivement Freud à poursuivre le chemin qu’il a choisi dès la première publication de ses écrits dans les fameuses Revues françaises.
    Sa transmission intellectuelle est également assurée par le choix en la personne de Pierre Janet, un autre fidèle élève de Charcot, à qui il confiera la direction de son laboratoire de psychologie dès sa création en 1890. Charcot est alors âgé de soixante-cinq ans.

    Claustrophobie

    Issu du latin « claustare » qui signifie cloître et de la phobie qui est une peur incontrôlable, c’est la peur d’être enfermé dans un lieu clos ; de manière plus générale, c’est une crainte des espaces et son opposé est l’agoraphobie.
    Une personne atteinte de claustrophobie peut préférer à l’as-censeur l’action de monter sept étages d’un immeuble en prétextant les bienfaits du sport sur le corps, ne pourra s’empêcher d’ouvrir fenêtres et portes même en hiver et choisira de rater son train plutôt que de se sentir engloutie par la foule aux heures de pointe. Ces exemples peuvent paraître extrêmes mais ils sont le lot quotidien des phobiques. Leur crainte d’étouffer cependant ne s’arrête pas aux seuls faits concrets et situations externes mais peut être représentée également par des sensations internes de suffocation ressenties lors d’un engagement dans une union durable par exemple.
    La claustrophobie fait partie des phobies les moins graves et pourtant des plus communes. Dans de nombreux cas, on trouve à la source de ce symptôme une culpabilité éprouvée dans la petite enfance face au besoin masturbatoire.

    Clinique

    Initialement, c’est l’observation directe au lit du malade et par extension à la psychologie clinique, c’est l’ensemble des études de tous les comportements humains, sans discours directif, à la manière d’un psychanalyste, sans en adopter obligatoirement toutes les règles.

    Clivage (voir aussi : Objet)

    Si l’action de cliver renvoie aux notions de fendre un corps, de dissocier ou encore séparer, dédoubler, diviser, la notion de clivage de l’esprit s’inscrit directement en ces termes.
    Les premières observations psychiatriques cliniques du clivage d’ailleurs, le définissaient en termes de dédoublement de la personnalité.
    En psychanalyse, il s’agit d’un mécanisme de défense opérant en réaction à un conflit générant une profonde angoisse. Il a lieu soit au niveau du moi (clivage du moi) soit au niveau des divers objets liés au moi (clivage de l’objet) mais l’interdépendance des deux formes reste évidente.
    Le clivage de l’objet est un mécanisme qui a été décrit par Mélanie Klein* chez le nourrisson, comme un processus normal dans son développement psychoaffectif et particulièrement au cours de la position schizo-paranoïde* : C’est une réponse défensive primitive du moi contre l’angoisse*.
    Il apparaît lorsque dans la notion de plaisir* et de déplaisir* (suite à la frustration*, à l’absence du sein nourricier), le bébé associe (tout en les séparant) celles de bon sein* et de mauvais sein (perception fantasmatique d’objets partiels), sein, qui est alors soit totalement aimé, soit totalement haï (satisfaisant ainsi ses pulsions de vie et de mort).
    Puis l’évolution se poursuit pendant la position dépressive* : l’enfant perçoit de mieux en mieux la réalité et donc l’objet dans son unicité, et le clivage se fait désormais sur l’objet total. L’introjection* des objets externes et la projection* joueront un rôle essentiel dans l’évolution du processus de clivage.
    C’est donc une phase de l’enfance qui devra par la suite être dépassée (étayage du moi sur le bon objet et réparation du mauvais objet détruit), mais cela sera d’autant plus difficile que l’objet clivé est confiné dans ses extrêmes c’est-à-dire comme très mauvais et comme très bon objet (autrement dit idéalisé).
    On parle aussi de clivage du moi lorsque deux attitudes distinctes (c’est-à-dire qui s’ignorent) et opposées coexistent au niveau du moi.
    Le clivage est alors en liaison directe avec le refoulement (puisqu’il y a conflit entre pulsions inconciliables) et se différencie de la notion d’ambivalence. En effet dans le clivage une seule face de la personnalité ou de la conscience apparaît alternativement (l’autre étant refoulée car affectivement trop pénible elle est déniée) dans un objet partiel alors que dans l’ambivalence, les deux faces apparaissent dans un objet total.
    Freud* et Breuer* montreront ce phénomène de dédoublement de la personnalité à propos de l’hystérie (l’hypnose dévoilant alors une tout autre personnalité ignorée de l’individu, par rapport à celle de la réalité extérieure). Jacques Lacan* introduira la notion de forclusion* pour parler du rejet par le moi de l’individu d’un événement (ou représentation, sensation…) et du sentiment qui lui est lié.
    Au niveau des manifestations cliniques donc, l’hallucination serait le moyen d’expression dans la réalité d’un refoulé forclos.
    Le clivage se retrouve aussi associé au déni* dans certains mécanismes psychotiques. C’est le cas du fétichisme pour la perversion*, de la schizophrénie, de l’autisme pour les psychoses*. La conception freudienne du clivage dans la structure même de l’individu a donc été étendue avec Jacques Lacan et Mélanie Klein aux rapports avec le monde extérieur.
    Si on se place d’un point de vue vertical, on retrouve finalement différents degrés au clivage du psychisme. En premier lieu il y a clivage comme dissociation au niveau du moi (voir : Schizophrénie). À un degré supérieur, s’ajoute le déni. Le moi retrouve ainsi une certaine unicité englobant deux parties opposées qui s’ignorent (voir : Fétichisme). Mais le clivage fait aussi partie du processus de pensée : le moi est pour ainsi dire clivé sur lui-même (c’est en quelque sorte penser en se regardant penser). À un degré ultime, le clivage serait dans le cadre analytique le moyen pour le moi de former son identité sur trois parties distinctes : ce moi qui se regarde en train de penser et de ressentir (deux parties) et une partie identifiée au psychanalyste qui se pose des questions.

    Freud utilisera aussi ce terme à un niveau spatial pour désigner la séparation des différentes instances ou systèmes de l’appareil psychique* ; mais on peut aussi envisager le clivage au niveau temporel.

    Code de déontologie

    Ensemble de règles qui définissent le cadre d’une profession, qu’il convient de respecter dans le seul but de l’efficacité thérapeutique et du respect du patient. (voir aussi : Cadre et : Règle fondamentale)

    Compensation

    C’est un mécanisme qui permet rétablir un équilibre. C’est ainsi que l’on peut voir des personnes souffrant d’un handicap compenser celui-ci par l’acquisition ou le perfectionnement d’autres qualités (une personne atteinte de cécité qui entend mieux que les autres par exemple). En psychanalyse, on observe surtout ce mécanisme chez les personnes qui souffrent d’un complexe* d’infériorité ou d’un manque : par exemple, une personne com-plexée par sa petite taille s’efforcera de devenir quelqu’un d’influent, un meneur ou encore celle qui ressent un manque d’affection ou de reconnaissance cherchera à avoir le plus d’amis possible ou s’investira dans les actions sociales etc.

    Complexe

    En psychanalyse, le terme complexe est utilisé pour désigner ainsi que montrer les effets d’un mélange inextricable d’éléments inconscients tels que des souvenirs ou représentations de personnes, d’idées etc., constituant un groupe chargé d’affect. Complexe renvoie-là au refoulé*, la méthode de la libre association* permet de découvrir les éléments refoulés du complexe.
    Chez l’adulte le complexe qui n’aura pas été résolu, parce qu’il est enraciné dans la personnalité profonde du sujet et qu’il s’origine dans ses expériences relationnelles affectives d’enfant, va façonner sa structure psychique. Ainsi, face à certaines situations qu’il va connaître et qui le ramèneront régulièrement et inconsciemment à des situations analogues de son enfance, l’adulte adoptera un comportement toujours similaire. C’est ce comportement particulier qui permet de dévoiler l’existence du complexe (voir aussi : Complexe d’Œdipe et : Complexe de castration.)

    Complexe de castration (voir aussi : Complexe ; Complexe d’Œdipe)

    Le complexe de castration fut découvert par S. Freud. Dans sa théorie sexuelle infantile, le principe posé d’un pénis attribué à tous les êtres humains amène l’enfant à expliquer la différence anatomique des sexes par la castration. De la crainte inconsciente qu’il éprouve alors qu’il découvre cette différence naît le complexe de castration qui va se traduire en représentations inconscientes chargées d’affect.
    Après la phase phallique* naît une angoisse de castration chez le petit garçon parce qu’il imagine que son désir pour sa mère risque d’entraîner la perte du pénis suite à la menace de castration de la part du rival (le père). Cette crainte de la castration imaginaire met fin au complexe d’Œdipe du garçon.
    Si la menace du père est, pour le garçon, à l’origine de l’angoisse de castration, il n’en est pas de même pour la fille qui ne se vit pas comme un être châtré par le père mais qui éprouve plutôt de la rancune pour sa mère qui l’a privée du pénis. Ainsi, le complexe de castration met fin à l’Œdipe du garçon alors qu’il marque le début de celui de la fille avec le désir du pénis paternel puis celui d’un enfant qu’il lui ferait (équivalent symbolique du pénis.)
    Dans la théorie fondamentale de l’Œdipe, le complexe de castration est une étape nécessaire à la structuration psychique de l’individu, il indique l’interdiction de la jouissance qui satisfait au principe même de la Loi.

    Complexe d’Œdipe

    Le complexe d’Œdipe est un concept clé de la psychanalyse. En effet, il signe l’apogée de toute une évolution psychosexuelle très déterminante quant à l’équilibre du futur adulte. L’Œdipe débute vers trois ans, pour le garçon comme pour la fille, même si les deux le vivent différemment. À ce moment là, le petit garçon se montre irrésistiblement attiré vers sa mère : il souhaite ne l’avoir que pour lui, pour son plaisir tout entier. Or, se présente à lui un rival imposant, qui n’est autre que le père, et que semble bien apprécier cette mère tant désirée.
    Dans un premier temps, le garçon nourrit une hostilité mêlée de crainte envers ce père qui lui « vole » sa mère. Mais, au bout d’un certain temps, tant par amour pour le père que par crainte de lui, le petit garçon va renoncer à son désir exclusif pour la mère, admettant qu’elle ne peut lui appartenir. Il va alors préférer s’identifier à ce père désormais aimable, puisque aimé par la mère. Cet aboutissement de l’Œdipe se fait vers cinq/six ans.
    Pour la petite fille, un processus semblable de désir pour le père se met en place, c’est une époque où on peut souvent l’entendre clamer qu’elle veut se marier avec papa. Ainsi, elle souhaite pouvoir aimer librement ce père désiré, et se pare de toute sa féminité pour lui plaire, comme maman.
    La mère est par ailleurs fort gênante dans cette opération, car il semble bien que le père porte de l’amour à cette femme bien plus grande qu’elle. Des sentiments hostiles, confusément mêlés d’amour, apparaissent donc, mais peu à peu, de même que le petit garçon, elle va renoncer à son désir, car elle aime sa mère et la réalité du couple père/mère, lui montre qu’elle ne peut se transformer en couple père/fille.
    La petite fille choisit alors de s’identifier pleinement à la mère et de cultiver cette ressemblance.
    Il est donc essentiel, pour que se résolve l’Œdipe, que les parents se présentent à l’enfant comme un couple avant tout, et qu’en aucun cas l’enfant ne peut prendre la place de l’un des deux adultes. C’est ce qui va lui permettre de réorienter ses désirs, et de devenir lui-même un adulte.
    Bien des comportements pathologiques, comme les échecs amoureux à répétition par exemple, sont dus à une mauvaise résolution de l’Œdipe.
    Dans tous les cas, le complexe d’Œdipe reste le fantasme d’un seul individu. Il ne saurait être question de complexe d’Œdipe familial ou sociétal.

    Compromis

    Dans le langage courant, le terme de compromis qualifie l’accord trouvé, entre deux parties initialement en conflit, après que celles-ci aient fait des concessions réciproques. Il en est de même en psychanalyse où les mécanismes de régulation de l’inconscient (la somatisation*, le rêve*, l’acte manqué*, le lapsus*), interviennent en tant que compromis permettant aux pulsions de s’exprimer sous forme symbolique.
    Pour comprendre l’utilité de ce phénomène qui consiste à faire appel au compromis il faut tenir compte du conflit existant entre les motivations refoulées et les exigences du moi.
    Le conflit oppose d’une part ? l’activité des désirs inconscients qui n’ont de cesse d’essayer de s’exprimer et d’accéder au conscient et d’autre part ? les exigences du moi qui ne peut accepter cette expression inconsciente. D’où la nécessité pour ces deux parties de trouver un accord respectant leurs exigences mutuelles dans un compromis qui permettra de préserver l’équilibre psychique de l’individu.
    Lorsque, par exemple, le désir inconscient parvient à s’exprimer de façon symbolique en utilisant la voie du rêve, ce dernier représente le compromis qui permet au refoulé de se révéler au conscient mais ce de façon déguisée donc dans le respect des exigences conscientes

    Compulsion de répétition

    Il s’agit d’une tendance à répéter la même situation à l’infini, le plus souvent à la recherche de la résolution d’un conflit* ou d’un traumatisme* ancien et refoulé (voir : Refoulement). Le sujet revit alors la même situation, à quelques variantes près, espérant inconsciemment trouver la solution ou provoquer une abréaction* qui le libèrera. C’est le cas de certaines personnes qui, on pourrait dire systématiquement, ont des relations amoureuses avec d’autres qui ne cessent de profiter d’elles ou sont alcooliques, toxicomanes, violentes, perverses etc. C’est un symptôme* complexe qui s’observe dans diverses pathologies, il fait partie du rituel de la névrose obsessionnelle* par exemple. Il se manifeste souvent dans les rêves, ceux-ci ne sont pas toujours semblables (bien qu’il existe des rêves récurrents) mais l’affect provoqué, les éléments marquants, ont une similarité qui apparaît après leur analyse.

    Condensation (voir aussi : Rêve ; Déplacement)

    La condensation caractérise particulièrement le fonctionnement des processus inconscients (voir : Processus primaire). C’est l’un des mécanismes utilisés lors du travail du rêve afin que le désir refoulé qui s’exprime alors soit méconnaissable.
    Le rêve est donc rendu incompréhensible par certains processus, parmi eux celui de la condensation qui consiste à associer des images et/ou des mots (dont les contradictions éventuelles ne gênent en rien) pour n’en donner qu’une seule représentation psychique. Ainsi, le processus de condensation peut, par exemple, composer un seul personnage à partir de différents éléments empruntés à plusieurs personnes. La logique de la pensée vigile n’existe pas dans la pensée onirique permettant cette condensation d’éléments hétéroclites et contradictoires. La condensation est une étape utile à l’élaboration du rêve mais on la retrouve également dans le symptôme*.

     

    Conflit

    Le conflit psychique résulte de la présence, chez l’individu, de deux besoins de sens contraires. Par exemple, le désir de manger un gâteau contrarié par l’interdit médical de le faire.
    Mais parfois, le conflit est plus complexe car il est inconscient, par exemple le désir inavoué d’avoir une relation amoureuse avec une personne mariée. En tant que forces contradictoires égales, ces deux exigences créent une tension d’où naît le conflit.
    S’il n’y a pas résolution du conflit, les éléments conflictuels sont renvoyés dans l’inconscient et vont réapparaître sous forme d’un symptôme.
    Le conflit peut aussi se résoudre de façon satisfaisante, c’est-à-dire trouver un moyen, détourné mais épanouissant, de s’exprimer. Dans notre dernier exemple, ce pourrait être : tomber amoureux d’une personne ayant les mêmes qualités que l’être inaccessible désiré préalablement. De cette façon, la frustration est évitée et l’angoisse atténuée ou disparue. Le symptôme sera là le compromis inconscient, seule échappatoire possible pour préserver l’équilibre psychique du sujet.
    Ainsi, des désirs opposés de même force créent un conflit qui n’a d’issue que le compromis. On peut donc dire que le conflit est à l’origine de la névrose, mais celle-ci ne sera reconnue comme telle que dans la mesure où les symptômes qui la caractérisent seront mis en évidence.
    Cependant, en tant que réaction contre, il permet aussi l’évolution car un choix, un compromis psychique va naître, on peut dire que le conflit a un effet dynamique.
    Il est, en quelque sorte un mode d’expression original, particulier à chaque individu. L’aptitude et la manière dont le compromis sera mis en place varient d’une personne à l’autre.
    Avec l’inconscient, le refoulement, le transfert, le fantasme et l’identification, le conflit fait partie des découvertes principales de S. Freud.

    Conscience (voir aussi : Perception-Conscience)

    Pour la Sophrologie la conscience humaine est considérée comme une forme intégrant tous les éléments et toutes les structures physiques et psychiques de l’existence, la force qui anime la personne humaine : une énergie, un éclairement, un flux. Elle est à la fois universelle car elle permet à l’homme par la démarche phénoménologique d’atteindre les structures et essences universelles. Et individuelle, car elle tient compte des contenus différents de chaque être humain, ce qui l’individualise.
    L’homme étant le seul être qui a conscience de son existence, peut donc intégrer ses structures profondes voilées et découvrir les valeurs fondamentales de l’existence.

    Conscient (voir aussi : Appareil Psychique ; Topique)

    Freud élabore une première topique en 1900, nommant et situant les différentes instances qui constituent l’appareil psychique, le conscient en est la partie qui, située en périphérie, perçoit directement les excitations provenant du monde extérieur. Un phénomène appelé pare excitation protège toutefois le conscient, il joue le rôle d’un filtre protecteur face à des excitations extérieures trop violentes. Ce phénomène rappelle la nature subjective de la perception consciente.
    Le conscient est donc le lieu de la perception, les éléments extérieurs reçus y seront interprétés et traduits en pensées, le conscient recouvre tout ce qui est, à l’instant, présent à notre esprit. Il dispose d’une énergie libre permettant raisonnement et réflexion et offrant la capacité de concentration utile au mécanisme de l’attention.

    Constance

    Voir : Principe de constance

    Contenu latent (voir aussi : Contenu manifeste)

    La notion de contenu latent, dans la théorie freudienne, est souvent associée au rêve* : elle s’oppose au contenu manifeste, et comprend l’ensemble des représentations inconscientes sous-jacentes au récit manifeste du rêveur. Le contenu latent du rêve est donc le sens symbolique du récit. De même, toute production de l’inconscient possède un sens caché, c’est le contenu latent.

    Contenu manifeste

    Dans le rêve, le contenu manifeste est l’ensemble des éléments rapportés par le rêveur, au travers de son récit. Le psychanalyste a pour tâche d’écouter le contenu manifeste pour mieux en comprendre le contenu latent.
    On parlera de contenu manifeste pour toute production consciente et verbalisée.

    Contre-transfert

    Il comprend l’ensemble des productions psychiques émotionnelles et inconscientes que va susciter le discours de l’analysant* chez l’analyste*.
    Le contre-transfert va agir en fonction de la nature et de l’intensité du transfert qui lie l’analysant à l’analyste, mais aussi de l’histoire personnelle de chacun des deux.
    Il est donc essentiel pour l’analyste de ne pas se trouver submergé par ses propres émotions. Gérer le contre-transfert est rendu possible par l’aboutissement de la propre cure analytique de l’analyste, car celle-ci aura permis de mettre à jour ses résistances et conflits inconscients.
    Des réactions contre-transférentielles intempestives de l’analyste perturberaient la neutralité du cadre analytique et la qualité du transfert.
    Lorsqu’elle est au contraire surmontée, la position contre-transférentielle peut aussi être envisagée comme un outil permettant l’écoute et l’empathie*.

    Conversion

    Processus d’apparition de symptômes physiques tout particu-lièrement relatif à ce qu’il convient d’appeler l’hystérie de conversion*. Ces manifestations somatiques tentent d’exprimer tant un conflit inconscient qu’une recherche de dépassement de celui-ci. L’énergie correspondante au conflit se détache et se transforme en symboles somatiques.
    L’anxiété n’est pas le symptôme de l’hystérique comme dans la phobie, par exemple, car ce qui traduit chez elle l’existence de la névrose, c’est sans doute aucun, sa conversion.
    Le patient, dans la conversion, possède une réelle capacité à manifester ses désirs inconscients et refoulés en extériorisant des symptômes physiques pouvant aller de la simple contracture musculaire jusqu’à la paralysie partielle ou totale d’un ou de plusieurs membres, à la perte de l’usage de la vue en tentant ainsi de se faire passer pour un véritable malade.

    Couple

    Le terme couple désigne communément deux êtres unis par un sentiment d’amour et d’intérêt. Parmi les grandes décisions de la vie choisir la personne, avec laquelle on désire s’unir en couple, s’avère souvent essentiel. Le fait de se plaire l’un à l’autre ne suffit pas, il est nécessaire d’apprécier, de comprendre et de respecter les besoins et les différences de l’Autre.
    La société a un rôle régulateur dans ce rapport très intime que crée le couple.
    Importance et influence du poids social : on peut dire que l’attitude religieuse (s’unir avec une personne de la même communauté), les attitudes idéologiques ou morales ou encore l’intérêt intellectuel ne sont pas négligeables dans la recherche d’un conjoint. Mais, même si des centres communs d’intérêts sont partagés, cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de difficulté dans la relation conjugale. En effet, des malaises psychiques non résolus (issus du passé propre à chaque partenaire), sont souvent à l’origine d’un mal-être dans le couple.
    Lorsque le couple en difficulté consulte un thérapeute, il n’est pas rare que se mette en évidence la nécessité d’une thérapie individuelle. Toutefois, la thérapie de couple s’avère efficace dans les cas de problèmes plus actuels que celui-ci peut rencontrer.
    Il est à noter ici que les premières identifications de l’enfant se font en grande partie sur le couple que forment ses parents ou éducateurs.
    Si le mariage concrétise généralement ce contrat entre deux personnes formant un couple, il existe, à l’heure actuelle, d’autres formes de contrat reconnaissant la vie à deux tel que le concubinage ou encore le PACS.

    Crise d’adolescence

    Voir : Adolescence

    Culpabilité

    C’est une notion clé de la métapsychologie*, car c’est sur celle-ci que reposent de nombreux processus psychiques, comme la mise en place de différents mécanismes de défense, de symptômes, ou encore de pathologies. Culpabilité et surmoi* sont indissociables, car c’est bien sous l’influence du surmoi que la culpabilité se fait sentir, c’est-à-dire que toute pulsion, désir ou pensée éprouvés, même de façon inconsciente, rencontre le surmoi qui juge parfois cette pulsion, désir ou pensée comme intolérable.
    Même si la pulsion est alors secondairement refoulée, elle n’en produit pas moins un sentiment de culpabilité, du simple fait d’avoir existé, et de poursuivre son chemin de manière inconsciente.
    Ce sentiment de culpabilité peut être conscient ou pas, et trouver sa source très en amont dans l’histoire du sujet (pulsions sexuelles ou agressives ayant été vécues comme intolérables durant l’enfance par exemple), et c’est précisément la culpabilité inconsciente qui va agir de manière sous-jacente, et amener le sujet à s’en défendre par des processus inadaptés, pathologiques, et souvent auto-punitifs (comme les échecs à répétition, des somatisations, des choix de vie plus subis que désirés, etc.)
    Selon les auteurs, la culpabilité est un sentiment plus ou moins archaïque : pour Freud, le surmoi étant « l’héritier du complexe d’Œdipe* », c’est essentiellement durant la phase œdipienne que se fixe la culpabilité, du fait de la force des sentiments incestueux confrontés à la mise en place du surmoi.
    D’un point de vue kleinien, (voir : Mélanie Klein), il existe un surmoi précoce, bien plus primitif, duquel découlerait donc un sentiment de culpabilité quasi-inné : le petit enfant frustré par la mère se sent persécuté par elle, et ressent envers elle des sentiments agressifs, bien qu’il l’aime profondément. Cette ambivalence* le culpabilise, et il s’ensuivra par ailleurs un désir de réparation, manifesté par l’amour et le désir de faire plaisir. De cette façon, le sujet est acquitté de sa culpabilité, il en est libéré, il s’agit dans ce cas un compromis salvateur, laissant place à l’épanouissement.
    Nous voyons donc que les comportements adultes, familiaux ou sociaux, parfois symptomatiques, (altruisme sur-développé, de type sacrificiel par exemple), sont en partie guidés par des conflits inconscients infantiles. C’est donc bien la culpabilité inconsciente, en psychanalyse, qui nous intéressera, la culpabilité consciente constituant bien souvent l’outil de la culpabilité inconsciente.
    Enfin, Freud s’est particulièrement intéressé à l’importance de la culture et de ses incidences sur la culpabilité : ce qui lui confère cette dimension universelle et intemporelle, c’est aussi et sans doute son héritage collectif. Si le christianisme parle de péché originel (l’homme est en faute depuis son commencement), Freud s’est orienté, dans Totem et Tabou, vers la transgression collective primitive, perpétrée par les premiers hommes à travers le meurtre du père.
    Nous porterions donc tous, aujourd’hui encore, le sentiment de culpabilité transmis par les générations antérieures.

    Culture (anthropologie)

    Le mot culture est aussi un concept d’origine romaine (colere), qui signifie cultiver, prendre soin, demeurer, et rappelle une posture de « tendre souci ». Dans La Crise de la culture, Hannah Arendt écrit que le sens romain du terme culture renvoie « primitivement au commerce de l’homme avec la nature, au sens de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. » (H. Arendt, La Crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, p.271) Le mot culture est solidaire de la nature dans la vision romaine, justement parce que la terre et l’agriculture sont hautement considérées à Rome.
    Les Romains ont adopté la version agricole en écho à un mode de vie agricole, et à une mentalité de souci et de conservation du monde. « Le grand art et la grande poésie romains sont nés sous l’impact de l’héritage grec que les Romains, mais jamais les Grecs, surent soigner et préserver » (H. Arendt, La Crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, p.271).
    Si les Grecs considéraient le travail de la terre comme une simple technique de fabrication, un simple artifice ingénieux qui ne pouvait en aucun cas atteindre le niveau des arts, les Romains voyaient dans l’art une simple espèce d’agriculture, une culture de la terre. Tandis que la culture chez les Grecs est avant tout un travail de l’esprit sur la terre et sur les différents éléments qui la composent, les Romains considèrent que la vraie création est celle qui vient naturellement de l’alliance et du souci d’entretenir la terre. Deux matrices qui vont marquer les différentes approches du concept de culture.
    La version agricole romaine du concept reste d’usage jusqu’au milieu du XVIè siècle, où elle commence à signifier une faculté à améliorer, en se rapprochant ainsi de la version intellectuelle grecque. Un décrochage s’opère entre la culture et la terre pour, d’une part, désigner les choses de l’esprit, et d’autre part introduire des compléments d’objet : « On parlera ainsi de la « culture des arts », de la « culture des lettres », de la « culture des sciences », comme s’il était nécessaire que soit précisée la chose cultivée » (D. Cuche, La Notion de culture dans les sciences sociales, Paris, La Découverte, 2001, p.8).
    L’usage du mot culture au singulier s’imposera progressivement aux XVIIIè et XIXè siècles avec l’apparition de l’anthropologie, qui propose d’étudier l’homme « âme et corps ». En réaction aux définitions qui présentaient les cultures non occidentales comme des non-cultures, les anthropologues, considèrent la culture comme un bien universel, inventé par chaque groupe humain pour reproduire le genre humain : entrer en échange avec la nature, inventer des explications pour la comprendre, ériger des dieux et des croyances, inventer des codes sociaux pour garantir un vivre-ensemble, sont autant de signes d’appartenance des hommes au genre humain. Ainsi Edward Burnett Taylor (1832-1917) a-t-il donné une définition du mot culture qui reste incontournable. La culture, écrit cet anthropologue britannique, est un « ensemble complexe incluant les savoirs, les croyances, l’art, les mœurs, le droit, les coutumes, ainsi que toute disposition ou usage acquis par l’homme vivant en société » (P. Bonte et M. Izard, Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Paris, PUF, 1991).
    Aujourd’hui, quel que soit le type de société considéré, il est question de comprendre le lien entre les particularismes locaux et l’unité du genre humain. Les sciences sociales, y compris l’anthropologie sont victimes d’un découpage en rondelles et chacune aborde la culture selon une lecture qui cherche à valoriser son domaine. Un émiettement généralisé pose des obstacles devant la définition du concept de culture, car chaque science le réduit à ce qu’elle veut lui attribuer comme sens pour légitimer son point de vue. D’où la nécessité de rappeler que la culture est le fait de l’homme, et qu’elle le précède comme un alphabet, comme des parents, elle est déjà-là avant qu’il soit né, elle est le déjà-là.
    La culture c’est l’ensemble des conditions qui permettent à l’homme de féconder de l’humain. Dans la culture, il est question de fécondation humaine. Une fécondation qui est déjà-là dans le theros, le sperme du andro, l’homme guerrier qui, une fois initié grâce à la culture, commence à voir l’humanité des autres, l’humanité de son espèce. Ainsi l’histoire de chacun peut devenir une histoire commune, une histoire culturelle de tous.

    Cure psychanalytique

    Mise au point par Freud, c’est une méthode d’investigation de l’inconscient*, à partir de la règle de la libre association*. Les associations amenées par l’analysant*, une fois interprétées par l’analyste*, permettent au fil des séances de conscientiser les différents conflits* psychiques jusque là inconscients, et par conséquence de désamorcer les mécanismes douloureux qui bien souvent les accompagnent. Il s’agit donc bien d’amoindrir, ou de faire disparaître, une souffrance psychique plus ou moins diffuse.
    Mais c’est aussi une meilleure connaissance de soi, par la mise à jour de ses propres mécanismes, par la verbalisation de sa propre histoire.
    La cure analytique fonctionne sous la condition du transfert*, c’est-à-dire que le personnage de l’analyste est investi par l’analysant comme réceptacle de tous les fantasmes, de tous les affects, qui ont jalonné son histoire. Ce processus amène l’analysant à revivre émotionnellement son passé, sa relation à l’autre, de façon à dépasser les représentations conflictuelles qui s’y rapportent, et qui généraient jusque là un comportement symptomatique, une gêne, une souffrance.
    Il existe différents courants psychanalytiques, consécutifs à Freud, pouvant présenter quelques divergences, mais la plupart posent un cadre analytique plus ou moins strict comprenant les éléments suivants :
    - rythme et régularité des séances
    - libre association
    - position allongée de l’analysant
    - condition et modalités de paiement des séances
    L’aboutissement de la cure analytique demande du temps, mais contrairement aux idées reçues, pas obligatoirement de nombreuses années. Elle est profondément singulière, unique et propre à chaque sujet, fondamentalement différente d’une histoire à l’autre. Mais dans tous les cas elle tend à rendre le sujet plus libre, plus autonome, plus conscient de lui-même, en d’autres termes, plus individualisé.

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    Décharge

    Au sens psychanalytique, le terme de décharge est issu de la théorie freudienne des pulsions*, et s’explique d’un point de vue économique*. Freud considère que la pulsion, aussi longtemps qu’elle n’est pas assouvie, est toujours grandissante : elle crée un état de tension, également grandissant, obligeant le sujet à trouver un moyen d’abaisser cet état de tension qui finirait par devenir insupportable. Ce moyen est un processus de décharge. Celle-ci peut se faire par la satisfaction directe de la pulsion ou, lorsque celle-ci est impossible, par un moyen détourné, plus ou moins adapté : processus de sublimation*, mécanismes de régulation de l’inconscient ou encore des mécanismes de défense* inadaptés conduisant parfois à des symptômes* ou des pathologies*.
    La décharge peut être seulement partielle, mais dans tous les cas, moins la décharge est satisfaisante, plus le sujet va être contraint de mettre en place des stratagèmes inconscients visant à abaisser le niveau de tension : ce sont des mécanismes de défense, comme le refoulement par exemple. Étant donné que tous les désirs ne sont pas immédiatement réalisables, ni même parfois concevables (parce qu’en désaccord avec la morale, avec la loi…), nombre d’entre eux seront amenés à être déchargés de la manière la plus épanouissante possible, à savoir la sublimation. La cure psychanalytique* a pour tâche, entre autres choses, d’amener le sujet à explorer les différentes voies qui peuvent le mener à décharger les tensions par la sublimation.

    Défense

    Voir : Mécanismes de défense

    Dénégation

    Mécanisme de défense* qui consiste à désavouer, à démentir, ou à nier un sentiment ou un désir que le sujet a verbalisé et dont il préfère se démarquer. Il y a dénégation lorsque le sujet refuse de reconnaître la paternité de pensées ou de désirs qu’il a déjà formulés et qui portent la marque d’un conflit* inconscient*.
    Ce procédé, aussi appelé « négation » et codifié par Laplanche et Pontalis sous le vocable « (dé)négation », a été à l’origine identifié par Freud chez certains patients hystériques. Il est le signe patent d’une réelle résistance* à l’analyste dans la cure. En effet, le sujet qui y a recours démontre que le moi* se défend en niant soudain ce qu’il a confié à l’analyste ou ce que ce dernier a révélé au patient par une interprétation déstabilisante. L’emploi de la dénégation est donc la marque évidente qu’une pensée ou un désir inconscients ont été exprimés de façon (dé)négative.
    En déclarant que « la dénégation est un moyen de prendre connaissance du refoulé* », Freud attribue à cette verbalisation négative de désirs inconscients dont le sujet se défend d’éprouver, une valeur de toute première importance : la dénégation, comme son équivalent la négation, permet d’énoncer un élément refoulé et de le proscrire aussitôt, car il est vecteur de conflit. La dénégation est l’indice premier de la levée d’un refoulement* partiel. D’autre part, le mécanisme de la dénégation est souvent associé au procédé de la projection*.
    En effet, Freud considère que la (dé)négation est un « renvoi, par projection, d’une idée incidente qui vient juste d’émerger » chez un sujet. Ainsi, la personne se disculpe en rejetant sur autrui la responsabilité d’un sentiment ou d’une pensée qu’il a pourtant évoqué. Ce phénomène, fréquent chez les patientes hystériques de Freud, se traduisait chez ces personnes par des remarques du type : « je viens d’avoir une idée, mais c’est certainement vous qui me l’avez suggérée » ou « je sais bien quelle réponse vous voulez obtenir » (de moi) ou encore : « vous croyez sûrement que j’ai pensé à cela… ».
    La dénégation est un mécanisme de défense aussi fréquent chez les hystériques que chez les patients ayant une névrose obsessionnelle*. Elle trahit en partie des pensées refoulées liées à un conflit inconscient, que son détenteur exprime librement, en prend donc conscience, puis récuse rapidement pour s’ en déculpabiliser ou bien les attribue à autrui.

    Déni (voir aussi : Scotomisation)

    Freud emploie le terme de déni pour qualifier le rejet du sujet de reconnaître la différence anatomique des sexes lorsqu’il constate que la femme ne possède pas de pénis*. Ce rejet de la reconnaissance de l’absence de pénis chez la femme pose les bases d’un rejet de la réalité extérieure. Le sujet est alors dans le fantasme*, fantasme de la toute puissance* phallique, il fonctionne sur un mode hallucinatoire. Le déni est un mécanisme de défense* de type psychotique. Le déni est corollaire du clivage* du moi* où vision du sexe châtré et non reconnaissance de celui-ci sont clivés.
    Au-delà du champ de la psychose*, Freud voit également, dans le déni, le noyau de la perversion*. Par exemple, le fétichiste vit dans le déni et il est dans la perversion. Par angoisse de la castration*, le fétichiste se prémunira de celle-ci en choisissant l’objet fétiche. Il sait que la femme ne possède pas de pénis mais il choisit le déni. Le fait qu’il se prémunisse de la castration grâce à l’objet phallique prouve la connaissance de l’absence de pénis.
    Dans le comportement du fétichiste, on remarque donc le clivage de la connaissance et du refus de reconnaître. Ce refus se caractérise par un choix d’objet pour se prémunir : la castration est refusée.
    L’enfant, au cours de son développement psychosexuel* traverse une période de déni dite « normale ». Cette période doit laisser la place au principe de réalité* : celui-ci permet la reconnaissance de la différence anatomique des sexes et son acceptation. Si le déni persiste totalement et définitivement à l’âge adulte, c’est un signe de psychose.

    Dépendance alcoolique

    Perte de la liberté de s’abstenir de la consommation d’alcool selon Fouquet. Un individu est dit dans la dépendance alcoolique lorsqu’il n’est plus en mesure de décider d’arrêter sa consommation d’alcool.

    Déplacement

    En psychanalyse le déplacement est traité d’un point de vue économique* pour désigner le mouvement (transfert total ou primaire /transfert partiel ou secondaire) de l’énergie psychique* (par le biais d’une chaîne associative), depuis la représentation fortement investie (dont elle se détache) jusqu’à une nouvelle représentation (moins investie auparavant). L’exemple du cas de la phobie* du petit Hans, en est l’illustration concrète : l’affect lié au père va se déplacer sur le cheval par échec du refoulement*.
    Ce processus de libre déplacement est d’ailleurs fondamental et caractéristique du fonctionnement inconscient de l’appareil psychique.
    Si bien que l’on retrouve aussi le déplacement dans le rêve*. Freud en analysant celui-ci, découvrira le rôle du déplacement pour échapper à la censure dans l’élaboration du rêve.
    Mais ce processus primaire* est également présent dans le transfert et dans la pathologie névrotique en ce qui concerne la fabrication des symptômes. Plus particulièrement dans l’hystérie*, les représentations sexuelles refoulées réapparaissent symboliquement sous une autre forme, notamment dans l’expression exacerbée d’affects et à travers les symptômes.

    Déplaisir (voir aussi : Plaisir ; Principe de plaisir)

    Terme souvent utilisé par S. Freud en référence à la sensation physique désagréable provoquée par une augmentation de tension sous l’influence de la vie pulsionnelle.
    La sensation de faim par exemple, va générer un accroissement de l’excitation interne provoquant ainsi le sentiment de déplaisir. L’acte de manger constitue le but c’est-à-dire la satisfaction qui supprimera l’état d’excitation à la source de la pulsion, et rétablira ainsi le plaisir (l’apaisement du besoin).
    C’est en s’appuyant sur un modèle physiologique que Freud a conçu ce principe régulateur du fonctionnement mental nommé principe de plaisir*. Si notre vie est bien menée par la recherche du plaisir, ce principe s’attache avant tout à nous éviter le déplaisir.
    Mais si ce premier grand principe (le second étant appelé principe de réalité*), régissant le fonctionnement de l’appareil psychique, s’applique bien à la satisfaction des besoins vitaux (voir aussi : Pulsions d’autoconservation), il en va autrement pour l’accom-plissement d’un désir inconscient.

    Dépression

    La dépression est en général une modification intense de l’humeur qui implique des états de souffrance morale, de profonde tristesse* et de mélancolie*. En psychanalyse, l’état dépressif est bien recouvert par la notion de mélancolie, dénommée psychose maniaco-dépressive*, qui consiste en un désinvestissement total du moi*. Par contre, l’épisode dépressif, moins grave et plus réduit dans le temps, n’est pas rare dans certaines névroses et peut être accompagné d’anxiété*, d’asthénie*, et de sentiment d’échec. Le point commun de tous ces états de dépression semble être le temps qui ne représente plus de valeur car il est vécu dans la monotonie, l’ennui et peut parfois aboutir à des conduites suicidaires (voir aussi : Suicide). D’autre part, le patient dépressif peut aussi avoir des troubles de conduite alimentaire telle que l’anorexie* ou l’hyperphagie, et présenter des symptômes d’insomnie ou d’hypersomnie.
    D’après le DSM IV, qui répertorie les différentes catégories diagnostiques des troubles mentaux, ainsi que dans la CIM-10, qui établit une nomenclature internationale des maladies, les états dépressifs sont classés dans un même chapitre et leur distinction est fonction de leur intensité et de leur durée ; ainsi, l’épisode dépressif majeur est considéré comme un épisode thymique alors que les troubles dépressifs majeurs récurrents ou non et les troubles disthymiques font partie de troubles de l’humeur beaucoup plus profonds dont certains peuvent présenter des caractéristiques psychotiques voire inclus dans des troubles bipolaires*.
    Selon Freud, dans la dépression le moi s’identifie à l’objet perdu* tout en éprouvant des sentiments ambivalents d’amour et de haine vis-à-vis de cet objet. Le patient dépressif affronte donc une perte imaginaire et s’accuse des griefs destinés logiquement à l’objet perdu. Ainsi, il devient incapable d’effectuer le deuil* de l’objet auquel il s’est trop identifié, ce qui le plonge dans la mélancolie. Si la plupart du temps le dépressif a recours à des antidépresseurs, ceux-ci ne sont que des palliatifs temporaires à son angoisse*. Néanmoins, dans certains cas, une psychothérapie peut lui permettre de conscientiser les mécanismes psychiques à l’origine des crises d’angoisse et de remédier à leur réapparition.

    Désinvestissement

    Action de retirer la quantité d’affects qui nous liait à un objet précédemment. C’est aussi l’état dans lequel se retrouve le sujet après cette récupération d’énergie qui n’est de fait plus investie et peut être à nouveau utilisée.
    Freud attribue ce retrait d’affects au fait du refoulement*.

    Désir/Désirance

    Le désir représente en général le penchant qu’éprouve l’humain envers l’objet, qu’il soit réel ou fantasmé. Synonyme tantôt d’aspiration, de souhait, tantôt d’envie et de convoitise, le désir exprime toujours une volonté du sujet d’être satisfait.
    Le terme Wunsch employé par Freud désigne simplement un souhait, un vœu, en allemand, alors qu’en français la notion de désir a une connotation sexuelle et libidinale. Il serait donc plus approprié de traduire ce terme dans notre langue par l’expression « désirance », comme cela semble être la tendance actuelle des écrits psychanalytiques et des dernières traductions françaises de l’œuvre de Freud. Néanmoins, dans un souci pratique nous conserverons le terme de désir originellement employé dans l’approche d’une définition de ce concept.
    Dans la théorie freudienne, le désir occupe une place importante dans l’inconscient du sujet, participe du processus primaire* et il est étroitement lié aux premières expériences de satisfaction. En effet, le désir représente toujours une trace laissée par un vécu du plaisir, et il réapparaît pour rétablir/reproduire/ une situation de satisfaction initiale, associée à l’image mnésique de la perception de l’objet. C’est dans L’Interprétation des rêves que Freud a établi la définition du rêve comme « un accomplissement du désir » inconscient, affectant à cette motion psychique du désir « un investissement hallucinatoire du souvenir de la satisfaction ». Désirer est l’unique investissement du moi plaisir* qui recherche avidement la satisfaction et évite le déplaisir.
    À la différence du besoin qui intervient davantage comme une nécessité initiale parfois vitale, comme la faim est satisfaite par la nourriture, le désir cherche à faire resurgir cette énergie psychique propre à réinvestir l’objet perdu, grâce à une représentation inconsciente qui est de nouveau sollicitée. Dans la pathologie hystérique, Freud avait remarqué que deux accomplissements de désirs opposés subsistaient, l’un résidant dans l’inconscient*, lié à des réminiscences infantiles, l’autre se situant dans le préconscient*, le tout créant un compromis névrotique.
    En outre, il existe tant chez le bébé, dans les rêves, que chez des patients atteints de psychose*, une « satisfaction hallucinatoire du désir » dont l’échec ou l’impossibilité de la réalisation semble avoir conduit l’être humain vers l’instauration d’un principe de réalité* qui annonce l’avènement de la pensée.
    Enfin, la notion de libido d’objet* extérieur reste très proche de celle du désir sexuel, dans la mesure où elles recherchent toutes les deux la satisfaction de la pulsion, ce au détriment de la libido du moi*. S’ils ne sont pas satisfaits, les désirs libidinaux ont recours à la sublimation et s’expriment dans des activités artistiques, sportives ou associatives.
    Lacan* s’est ingénié à faire de la notion de désir une pièce maîtresse de sa théorie psychanalytique. Selon lui, il faudrait avant tout différencier le besoin, qui recherche un objet réel dont il retire une satisfaction, et la demande, qui s’adresse à quelqu’un d’autre afin d’en retirer de l’amour. Or, le désir naîtrait de l’écart qui existe entre le besoin et la demande, car le besoin vise non pas un objet réel mais fantasmatique, et la demande exige non pas l’amour d’autrui mais que l’autre le reconnaisse à part entière. Le désir étant intrinsèquement lié à une représentation inconsciente, à un signifiant*, il exprime toujours le « désir de l’Autre », voire d’autres désirs, et son éternelle incomplétude est à l’image même de la condition humaine.

    Déterminisme (freudien)

    C’est à Kant que l’on doit l’apparition de ce terme pour la pre-mière fois dans son ouvrage La religion dans les limites de la seule raison. Dans un sens général, le terme fait appel à la règle des sciences expérimentales selon laquelle les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.
    Chez Freud, l’ensemble des phénomènes et productions psychiques n’échapperait pas à ce principe fondamental
    Tout élément produit reposant sur une explication causale simple du complexe, il ne serait donc jamais neutre ou anodin.

    Deuil

    C’est une réaction à la perte d’une personne aimée. Freud le compare à la mélancolie* où la douleur est accompagnée d’une perte d’intérêt pour le monde extérieur. Dans un premier temps, l’individu se sent absorbé par la perte de l’être cher. Le moi* se trouve donc, au travers de tous les souvenirs qui se rattachent au disparu, absorbé par cette absence. Plus l’investissement affectif a été puissant, plus le détachement sera long et difficile.
    Faire le deuil c’est parvenir à séparer le vivant du mort pour permettre à l’individu de continuer la vie.
    Mais l’expression « faire le deuil » s’emploie également pour exprimer une obligation de détachement suite à divers événements pénibles de l’existence. Par exemple la perte d’un emploi, d’un statut, d’une amitié etc.

    Deutsch (Helen)

    Psychanalyste et militante politique luttant pour la reconnaissance des droits des femmes et de leur émancipation, Helen Deutsch (1884-1982) fut une grande théoricienne de la sexualité féminine. Elle appartient à la génération des pionniers de la psychanalyse et a été la première psychiatre analysée par Freud. Issue d’une famille juive polonaise, fille d’un avocat défenseur des plus démunis, Helen était en perpétuelle opposition avec sa mère qui refusait qu’elle entreprît des études supérieures. Cependant, elle s’inscrivit à la faculté de médecine et épousa un médecin, Felix Deutsch, qui devint plus tard psychanalyste et médecin personnel de Freud. Helen abandonna vite sa spécialisation en psychiatrie lorsqu’elle rencontra Freud en 1918 et devint membre de la Société Psychologique du Mercredi*.
    En outre, elle entreprit une analyse didactique pendant une année avec Freud qui lui adressa comme patient un jeune et brillant psychiatre, Victor Tausk*, qu’il avait en cure. Mais comme Freud supervisait le travail d’Helen Deutsch, Tausk comprit qu’il était indirectement contrôlé et dès l’annonce de l’interruption de sa cure par Helen, il se sentit trahi par Freud, et mit brutalement fin à ses jours. Helen suivit ensuite une autre analyse avec Karl Abraham* et se lia d’amitié avec Anna Freud*. En 1924, elle fonda à Vienne un Institut de psychanalyse sur le modèle de celui que Freud avait créé à Berlin, où elle enseigna et démontra son intérêt envers la psychologie féminine. Puis, face à la montée du nazisme, elle émigra aux États-Unis en 1935 où elle devint professeur d’université à Boston et exerça la psychiatrie à l’hôpital du Massachusetts pendant plus de trente ans, elle meurt à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans.
    Toute l’œuvre d’Helen Deutsch est empreinte de préoccupations sur la féminité, en restant néanmoins fidèle aux conceptions freudiennes. En 1930, elle publia La Psychanalyse des névroses, où elle mit en évidence la relation prégénitale à la mère dans l’apparition des phobies. Elle fit en outre de nombreuses communications spécifiquement féminines concernant la ménopause, la frigidité, la maternité et l’anorexie qui furent regroupées dans son ouvrage majeur en deux tomes La psychologie des femmes, publié en 1944 et 1945 aux États-Unis.
    La contribution personnelle d’Helen Deutsch à la théorie freudienne réside d’abord dans la création d’une phase post-phallique, creuset de la castration féminine, du changement de l’objet d’amour (mère/père) ainsi que des nouveaux fantasmes de viol. En effet, elle soutient que la féminité provient d’un fantasme masochiste de type œdipien qui propulse la fille vers le père. D’autre part, elle se démarqua de Freud quant à l’homosexualité féminine dont elle situe l’origine dans la relation prégénitale à la mère, organisée en un retour à une fixation primitive après l’échec de l’appel paternel, et vécue telle une régression sur un mode de rapport mère-fille.
    Enfin, Helen Deutsch est renommée pour sa découverte concernant la personnalité* « as if*» (comme si), décrivant des patients dénués d’authenticité.
    Ses principaux ouvrages : Psychanalyse des fonctions sexuelles de la femme (1925), Psychologie des femmes (1944-1945), Problèmes de l'adolescence (1967), Autobiographie (1973).

    Développement psychosexuel (voir aussi : Complexe d’Œdipe ; Stade)

    L’une des révélations essentielles de la psychanalyse est incontestablement la théorie d’une sexualité infantile. Nous la devons à Freud qui, pour la première fois, accordait à l’enfant une sexualité. Elle est composée de différents stades (oral, anal, phallique, suivis du complexe d’Œdipe), l’un prenant le relais de l’autre, jusqu’à la maturité génitale adulte.
    Les pulsions sexuelles liées à ces stades sont dans un premier temps partielles (la pulsion* orale correspond au plaisir de la zone érogène buccale par exemple) et c’est en ce sens que la sexualité infantile se différencie de la sexualité adulte : c’est bien l’intégration et l’intrication entre elles de toutes ces pulsions partielles (orales, anales, phalliques), qui aboutissent à la sexualité vécue sur un mode génital adulte.
    Le développement psychosexuel de l’enfant se forge notamment au moment de l’Œdipe (premiers désirs amoureux sur un mode mimant l’amour adulte), et se renforce essentiellement à l’adolescence* où se fixe généralement l’identité sexuelle, où ont lieu les premières expériences sexuelles, etc.
    Il peut y avoir des blocages* ou ralentissement au cours du développement psychosexuel de l’enfant, dus à des fixations à l’un des stades d’évolution : on retrouve toujours, à l’âge adulte, les traces de ces fixations, dans des formes plus ou moins symptomatiques, plus ou moins pathologiques, influentes sur la sexualité du sujet.
    Ces fixations peuvent être dues à des traumatismes* ou être favorisées par l’environnement, et sont bien souvent le résultat d’une corrélation entre les deux.
    Pour Freud, c’est sur le modèle du développement psychosexuel de l’enfant que s’organise la vie sexuelle et affective de l’adulte.

    Dialectique

    Processus de développement de la pensée de l’ordre de la déduction, qui permet de concevoir une chose ou une idée dans l’étendue de son contraire.
    La psychanalyse est bien l’une des rares sciences qui s’est édifiée sur ce système de pensée : c’est en partant de l’observation des fonctionnements pathologiques issue de la psychiatrie, que l’on a déduit une théorie du fonctionnement normal.
    Le langage de la psychanalyse emprunte très souvent ce cheminement de pensée pour définir ces concepts.

    Dissociation

    Situation dans laquelle deux mécanismes mentaux au minimum cohabitent sans jamais se rencontrer.
    Cet état résulte en grande partie d’une dislocation de la conscience.
    C’est un terme plutôt psychiatrique, utilisé principalement dans la description des psychoses.
    Proche de la dissociation est le terme de clivage, néanmoins ce dernier s’attache davantage à l’aspect structural que descriptif ; on parle alors de clivage du moi.

    Dolto (Françoise)

    Médecin psychiatre et psychanalyste française (1908-1988).
    Issue d’une grande famille bourgeoise de Paris, elle reçut une éducation pieuse et grandit aux côtés d’une mère dévouée et dépressive. Il ne fut pas facile de vivre durant cette époque ravagée par la guerre, ni de partager les idées racistes et antisémites de son milieu.
    Contre sa famille, elle a d’abord étudié la médecine comme son frère. Et en 1934, elle entreprit sa propre analyse avec René Laforgue, en droite ligne de la pensée freudienne. Ce travail sur elle-même la libéra incroyablement de sa névrose et des préjugés familiaux. Dans ce même temps, elle prit conscience de son désir : devenir « médecin d’éducation » pour enseigner aux parents et aux éducateurs, et préserver ainsi les générations futures des traumatismes de l’enfance.
    Elle initia à cette époque une écoute toute nouvelle auprès des enfants, et intitula sa thèse Psychanalyse et pédiatrie (1938), largement étayée sur la théorie freudienne. Le contexte après-guerre s’est aussi prêté à cette voie encore inexplorée.
    Son destin (sa pratique) se scelle alors à d’autres rencontres et lieux d’exercice : le service psychiatrique de Georges Heuyer en 1938 ; la Société Française de psychanalyse (SFP) avec Daniel Lagache en 1953, au sein de laquelle elle forma de nombreux élèves ; son amitié avec Jacques Lacan, et en collaboration duquel elle prit part à la création de l’Ecole Freudienne de Paris (EFP) en 1964.
    Sa détermination l’entraîna dans la création de la première « maison verte » à Paris en 1979, lieu permettant aux enfants, accompagnés de leurs parents, de s’épanouir avant l’entrée à l’école.
    Ce qu’il faut retenir de Dolto, c’est la femme libérale, la femme de la communication, qui s’est construit intuitivement un langage auprès des enfants, et une pratique de prévention éducative destinée au plus grand nombre : enseignants, éducateurs, parents.
    Souvent décriée par ses pairs, accusée même de « porter le divan dans la rue », elle n’a jamais renoncé à ses idées. Son personnage médiatique révélé par ses émissions de radio lui importa peu, pourvu qu’un public toujours plus large prît la mesure des questions de l’enfance.
    Toute sa vie fut consacrée à la « cause des enfants », qu’elle reprendra ainsi intitulé dans un livre écrit à la fin de son œuvre.

    Don

    Le don implique l’acceptation de céder quelque chose venant de soi à l’autre. Le premier don, chez l’enfant, se manifeste lors de la phase anale : c’est l’apprentissage de la propreté, aux alentours de la deuxième année. Les excréments, issus de son corps propre, vont être offerts ou au contraire retenus pour soi. Le don et la rétention*, lors de cet apprentissage, expriment fort bien la symbolique des représentations inconscientes auxquels ils se rattachent : « j’accepte de donner pour faire plaisir », ou bien « je retiens pour marquer mon opposition, et l’intégrité de ma personne ».
    Par la suite, nous retrouverons le prototype des modes privilégiés d’expression anale, dans la caractérologie de l’adulte : la relation à l’argent en est une représentation essentielle (dilapidation/rétention ou accumulation), le rapport à l’autre également (échange, sacrifice, don de soi, retenue, individualisme, etc.) L’acceptation du passage de la retenue à la libération chez l’enfant, marque le passage d’une activité auto-érotique narcissique au rapport à l’autre à travers l’échange.

    Dora (Le cas)

    Jeune fille originaire de Vienne (1882-1945) et connue maintenant sous le nom d’Ida Bauer. Elle est devenue célèbre par la publication de sa cure par Freud sous le titre « Fragment d’une analyse d’hystérie », une des Cinq psychanalyses.
    Dans cette étude de cas d’hystérie, Freud introduit la théorie du refoulement* pour expliquer l’apparition des symptômes. Les rapports sexuels y sont franchement discutés. Étant donné le contexte de l’époque, on comprend que Freud se soit entouré de toutes les précautions à la pratique comme à la publication de ce cas clinique !
    Dora est âgée de 18 ans quand elle commence sa cure avec Freud, en fin 1889, à la demande de son père. Depuis l’enfance elle a toujours été nerveuse et délicate, victime de difficultés respiratoires. À son arrivée, elle présente divers symptômes invalidants : toux convulsive, migraine, aphonie, troubles de l’humeur et dépression. Elle venait aussi d’avouer à ses parents, une scène de séduction que lui avait faite un ami du père, lui disant que sa femme n’était rien pour lui et elle s’en était défendue en le giflant.
    Le père qui avait été satisfait des soins demandés au docteur Freud pour lui-même quelques années auparavant, espérait bien qu’il remettrait sa fille dans le droit chemin en mettant fin à ses fantasmes sexuels. Freud, en écoutant le récit de sa patiente, comprend vite que Dora est victime de l’histoire familiale et ne se conforme pas au désir du père de Dora.
    L’histoire peut être résumée ainsi : Dora, jeune fille, est proche de son père Philipp Bauer, attirée par sa personnalité dominante, c’est un grand industriel accompli et issu d’une famille bourgeoise juive aisée.
    La mère de Dora est une femme effacée et peu instruite. Délaissée par son mari, elle s’investie dans les tâches ménagères de façon obsessionnelle ne s’intéressant pas plus à ses deux enfants. En 1888, la tuberculose du père nécessite le déplacement de la famille à Merano, au Tyrol. Au cours de ce séjour, il rencontre le couple Zellenka (nommé M. K et Mme K.) qui sympathise avec la famille Bauer. La liaison cachée du père avec Mme K, belle femme italienne, entraîne aussi la jeune fille à fréquenter le couple K. et leurs enfants pendant plusieurs années. La proximité de vie avec ce couple oriente dès lors les identifications et la vie fantasmatique de Dora.
    Mais depuis le jour où elle a giflé M.K., lors d’une promenade, en réponse à ses avances, et l’aveu fait à ses parents une quinzaine de jours plus tard, elle subit l’affront des adultes et passe pour une affabulatrice ayant imaginé la scène de séduction. Ce drame aurait été atténué dans un contexte normal, mais Dora,É éprouvée à la fois par ses désirs inconscients et les désaveux de son père, de Mr et Mme K., qui tous se protègent, s’exprime par les symptômes d’une « petite hystérie ».
    Au cours du traitement, Freud met à jour les émois inconscients de sa patiente à partir de l’étude de deux rêves, révélant ainsi un amour œdipien et un fort désir pour Mr K. Mais à l’issue de cette analyse, que la jeune fille n’était pas prête à entendre, Freud déplore ne pas avoir tenu compte de son contre-transfert* encore incompris à ce moment de la cure. Il n’a pas saisi à temps que Dora lui rejouait sa vengeance à l’encontre du père ou de Mr K. en arrêtant le traitement au bout de trois mois.
    Dans cette étude de cas d’hystérie très détaillée, Freud met en pratique ses premières vues théoriques sur la Science des rêves et sur la technique de l’association libre*.

    Double contrainte ou Double lien

    On trouve fréquemment cette expression dans l’étiologie des psychoses, notamment de la schizophrénie* : l’enfant reçoit des informations contraires, paradoxales, provenant de l’objet aimé (habituellement la mère). Il tente donc une adaptation permanente mais impossible, et fonctionne de ce fait lui-même de manière totalement paradoxale, parallèlement à cette double contrainte qui l’unit à l’objet d’amour premier. L’incohérence abaisse ou supprime toute possibilité d’unité du sujet, et peut donner lieu à des phénomène de dissociation menant à la schizophrénie.

    Doudou

    Nom usuel et tendre pour désigner l’objet transitionnel. C’est le jouet, la peluche, ou encore la couverture préférée du petit enfant, indispensable à ses côtés pour le rassurer et créer le lien entre son monde intérieur et le monde extérieur. Les qualités sensorielles de l’objet (couleur, son, odeur…) favorisent l’attachement* au doudou.
    L’enfant s’appuie sur cet objet transitionnel pour atténuer la dissociation entre le dedans* et le dehors* et pour maintenir ainsi son équilibre et son développement.
    La demande du doudou est complètement normale à cet âge et facilement observable à l’heure du coucher, de la sieste et d’autres moments sensibles de la séparation*.
    Si cet objet représente le lien à la mère, il va aussi permettre à l’enfant de s’en détacher progressivement. C’est la première possession « non-moi » du sujet.

    Dynamique

    Angle de la métapsychologie qui explique les mécanismes des comportements et des conduites qui sont le produit de toutes les réactions et des forces antagonistes.

    Didactique

    Voir : Analyse didactique

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    Échec (voir aussi : Névrose d’échec)

    On parle habituellement de névrose d’échec : il s’agit d’une attitude compulsive menant l’individu à vivre irrémédiablement en situation d’échec. Le sujet s’interdit tout succès pour des motifs inconscients : ainsi, il peut donner l’impression d’avoir réellement envie de réussir, mais que des éléments indépendants de sa volonté se révèlent systématiquement contre lui. Ce peut être dans un domaine particulier (vie amoureuse, professionnelle…) ou de façon très générale.
    La mise à jour des conflits sous-jacents menant à ce processus peuvent permettre au sujet de ne plus être menés par eux.

    Économique

    Dans la métapsychologie freudienne, la valeur économique se rapporte à l’ensemble des mouvements de l’énergie pulsionnelle ainsi que sa localisation et sa qualification, ces mouvements étant perpétuellement en activité.

    Effet placebo

    Le placebo est une substance neutre donc inoffensive et sans effet qui se présente sous toutes les formes que peut prendre un médicament actif.
    Il est utilisée en médecine, lors d’essais thérapeutiques d’un médicament, dans le cadre d’une méthode comparative qui consiste à traiter dans un même temps : par un médicament actif des personnes malades et par un placebo d’autres personnes atteintes d’une même affection. Chez certains malades sous « effet placebo », une amélioration a parfois été constatée. Une telle expérience permet alors de distinguer l’action psychothérapique de l’action physique du médicament.

    Élaboration secondaire

    Chaque individu rêve et les productions oniriques sont la plupart du temps confuses, inintelligibles quand elles ne sont pas éloignées de la réalité.
    Alors pour redonner forme au rêve, le rendre cohérent et narratif, se produit un deuxième temps du travail du rêve* que l’on nomme élaboration secondaire.
    C’est le remaniement partiel ou total des éléments du rêve interprété aussi comme un effet de la censure*. Ce processus survenant sur les pensées déjà condensées, déplacées (voir aussi : Condensation et : Déplacement), dirige et sélectionne en quelque sorte le rêve final.
    Cette intellectualisation des matériaux du rêve, en un enchaînement apparent, ne facilite généralement pas son interprétation car elle masque par là l’implication affective. On pourrait dire que l’élaboration secondaire assure au rêve son rôle de gardien du sommeil en lui donnant l’apparence d’un fantasme ou d’une rêverie diurne.

    Empathie

    C’est la capacité à pouvoir se représenter concrètement l’état psychique et émotionnel d’autrui, en conservant intactes la conscience de soi-même et celle de la réalité. Elle rappelle l’identification projective dans sa forme d’assimilation à l’autre mais elle se distingue nettement de sa forme pathologique où il n’y a plus de limite entre soi et l’objet et donc aucune neutralisation des affects (par exemple : but de nuire, de contrôler ou d’agresser l’objet investi).
    Elle a un rôle essentiel dans la pratique psychanalytique pour comprendre l’autre, le respecter et communiquer avec lui, mais aussi dans la gestion du contre-transfert.

    Énergie psychique

    Ce terme appartient au concept de l’appareil psychique* qui sous-tend toute la métapsychologie* conçue par Freud.
    Ainsi, l’énergie psychique de la pensée, qui peut se traduire par l’intérêt pour un objet ou une activité, réside dans l’appareil psychique. Cette énergie peut s’écouler librement et tendre vers une décharge* immédiate et complète si elle provient du ça* (selon un processus inconscient ou primaire, non structuré) là l’investissement est mobile ; si cette énergie est canalisée par le moi* (processus secondaire en partie structuré) elle sera dite liée, la décharge motrice sera endiguée par la pensée pour se concentrer plus intensément sur l’investissement*.
    Pour Freud, la cure psychanalytique est un combat d’énergie ; le rêve*, le lieu de conflits entre énergie libre et énergie liée.

    Enfance (voir aussi : Développement psychosexuel)

    C’est dans les six premières années de la vie, à travers l’évolution psychosexuelle de l’enfant, que nous assistons à la naissance d’une personnalité adulte.
    Les premières années de l’enfant seront déterminantes pour sa vie future, ce sont des années où l’enfant passe d’une dépendance totale à l’Autre, à un apprentissage de l’autonomie par l’acquisition de la propreté, de la parole, de la marche etc.
    Chacun des stades du développement de l’enfant laisse derrière lui des traces qui s’organisent en strates successives, comme des couches géologiques dans l’inconscient.
    À l’âge de six ans environ, les structures essentielles de la personnalité de l’enfant sont formées. Cette personnalité, il la portera en lui toute sa vie.
    Les cinq ou six premières années de la vie sont celles du développement émotionnel, affectif, sexuel et intellectuel de l’enfant, c’est bien pourquoi elles laisseront des traces si déterminantes et parfois si invalidantes.

    Engloutissement (voir aussi : Fantasme)

    Durant la période archaïque de sa construction, l’enfant élabore tout une série de fantasmes lui permettant de mieux gérer les différents états émotifs générés par l’interaction avec le monde extérieur. Il vit donc sur un monde fantasmatique ce qu’il ne comprend pas. La mère est généralement le premier objet* non moi reconnu par l’enfant : dès lors qu’il la dissocie de lui même, il va procéder à tout un maniement fantasmatique jusqu’à ce qu’il soit suffisamment rassuré. Ainsi, s’exprime le fantasme d’engloutissement sous forme d’angoisse* : c’est l’angoisse plus ou moins forte d’être englouti par une mère considérée comme toute puissante et agressive. Progressivement, ce fantasme disparaît au profit de la réalité : l’enfant retient de la mère la sécurité affective qu’elle lui apporte. Mais parfois, lorsqu’il y a omniprésence et omnipotence réelles et prolongées de la mère, ou encore chez les enfants ayant une structure psychique de type psychotique, ce fantasme perdure et se traduit ensuite chez l’adulte par une forte angoisse due au sentiment permanent que la relation à l’autre peut mener à une destruction partielle ou totale de l’identité, en étant dévoré par lui.

    Érogène (voir aussi : Perversion)

    Est érogène tout ce qui procure une excitation sexuelle. Ainsi, certaines parties du corps sont particulièrement érogènes. Ce sont les zones somatiques représentatives d’un investissement libidinal, sur un mode auto-érotique dans un premier temps, et suivant normalement une certaine chronologie : la zone orale, stimulée par la tétée (bouche, lèvres, langue…), puis anale (anus, sphincters…), puis génitale (pénis, clitoris…).
    Mais en fonction de l’expérience de chacun, la zone érogène peut s’étendre à n’importe quelle partie du corps, de la peau, dans la mesure où celle-ci a été, à un moment donné, appréhendée sur un mode érotisé : caresse, massage, soins du corps…
    C’est durant l’enfance que le sujet découvre les zones érogènes de son corps, qui, s’il n’y a pas fixation*, vont amener à une sexualité de type génitale une fois adulte (voir aussi : Génitalité), c’est-à-dire où sont intriquées entre elles les différentes pulsions rattachées à toutes les parties érogènes du corps. Il peut y avoir des préférences pour certaines zones érogènes chez chacun, mais s’il y a fixation à un seule d’entre elles, la sexualité est vécue sur un mode pervers : sodomie, exhibitionnisme, voyeurisme, fétichisme, sadisme, masochisme…

    Eros (voir aussi : Pulsion de vie)

    En psychanalyse Eros désigne les pulsions de vie par opposition à Thanatos qui désigne les pulsions de mort*.
    À propos de la théorie des pulsions Freud utilise ce terme grec signifiant amour (Eros étant le dieu de l’amour). Eros comprend cependant l’ensemble des pulsions de vie, c’est-à-dire les pulsions d’autoconservation (ou pulsions du moi) comme les pulsions sexuelles.
    La compréhension du rôle d’Eros et de Thanatos demande une aptitude à l’acceptation du paradoxe, pour lequel l’univers inconscient n’est d’aucune réticence : si les deux types de pulsions sont en conflit, ils entretiennent également des relations très intimes, très intriquées.
    Les pulsions de morts, bien que contraires à la vie, lui sont inhérentes car avant la vie, était la mort (au sens de l’inorganique). Ainsi, Eros tend à unifier, dans le sens de la vie, de la construction, tandis que Thanatos détruit, réduit à néant le vivant. Pourtant, en un sens, l’un comme l’autre participent à la vie car les pulsions agressives, une fois socialisées, sont indispensables à la combativité, à l’activité, etc.
    Eros et Thanatos sont, en définitive et malgré leur opposition, des forces créatrices (car c’est de la dualité conflictuelle que naît la créativité) à condition que Thanatos ne soit pas prédominant, enfermant le sujet dans un processus morbide.
    Le lien entre les deux est quelquefois pratiquement inextricable, s’utilisant mutuellement pour mieux parvenir à leurs fins : le plaisir habituellement attribué à Eros s’obtient parfois à travers l’expression de Thanatos (agressivité jouissive perverse), tandis que Thanatos s’exprime parfois dans le sens de la vie : agressivité nécessaire à la survie en situation de danger par exemple.
    Il importe que prévale Eros sur Thanatos de façon générale, afin que soit préservée la vie. La cure analytique* axe une partie essentielle du travail sur l’approche de ces deux types de pulsions, car Eros contrarié dans ses désirs ( pulsions sexuelles inassouvissables interdites par exemple) ou Thanatos trop puissant (agressivité morbide, destruction ou autodestruction), sont à l’origine de symptômes ou pathologies névrotiques, voire dépressifs graves.

    Érotisme (oral, anal, urétral, phallique)

    Sigmund Freud ne traite de l’érotisme qu’en rapport aux différents stades de développement psychosexuel*. C’est ainsi qu’il évoque successivement un érotisme oral, un érotisme anal et un érotisme urétral. Pendant le stade oral*, au cours de son alimentation au sein ou au biberon, le nourrisson éprouve un plaisir d’ordre sexuel directement issu de l’excitation de la bouche et des lèvres : c’est l’érotisme oral. Les phénomènes de succion ou de suçotement sont donc considérés comme de réelles activités sexuelles, la cavité buccale constituant la zone érogène*. En outre, Freud lui associe un mode de relation objectal dont le but sexuel est l’incorporation* de l’objet.
    L’érotisme anal se développe au cours du stade anal* : c’est un plaisir sexuel dont la zone érogène est représentée par le sphincter anal, et dont la relation d’objet repose sur la défécation. Selon Freud, l’érotisme anal est lié seulement à une pulsion partielle passive dont la source est la muqueuse anale. Mais d’après K.Abraham, la première phase du stade sadique-anal* contient un érotisme anal lié à l’évacuation des fèces, alors que dans la deuxième phase, c’est leur rétention qui représente l’érotisme anal, la pulsion sadique visant la destruction de l’objet. L’opposition de ces deux pulsions, l’une sadique, l’autre masochique, qui se révèlent complémentaires par ailleurs, déterminent déjà l’avènement du sadomasochisme*.
    L’érotisme urétral, ou urinaire, est un plaisir sexuel lié à la miction et se développe au cours du stade urétral combiné avec le stade phallique*. D’après Freud, l’énurésie infantile est équivalent à une satisfaction masturbatoire, et l’érotisme qui en découle (sic), se situe plutôt pendant la phase phallique. D’autre part, K. Abraham* associa au plaisir urinaire un fantasme d’omnipotence infantile. De même Mélanie Klein* insista sur le « sadisme urétral » chez l’enfant qui investit l’urine d’un pouvoir maléfique, et qu ‘elle retrouva chez des adultes en analyse qui verbalisaient la puissance de l’urine, vécue comme un agent de destruction, un poison insidieux…
    Quant à l’érotisme génital, il s’inscrit dans la phase d’organisation de la libido, au cours du stade génital* de l’adulte, dont la pulsion de vie, l’Eros, en constitue le point central. Ainsi, ce n’est que sous le primat de la génitalité* que s’effectue la symbiose des pulsions sexuelles et des élans amoureux pour réaliser un véritable développement libidinal de type adulte.

    Espace transitionnel

    Voir : Transitionnel

    Étayage (voir aussi : Pulsion ; Auto érotisme)

    « Au début, la satisfaction de la zone érogène était sans doute associée à la satisfaction du besoin alimentaire. L’activité sexuelle s’étaye tout d’abord sur une des fonctions servant à la conservation de la vie et ne s’en affranchit que plus tard » (S. Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle).
    La notion d’étayage fut utilisée par S. Freud pour définir la façon dont la pulsion sexuelle émerge des pulsions d’autoconservation à la période où apparaît l’auto érotisme*.
    Lors de la tétée l’enfant répond au besoin impérieux (pulsion d’autoconservation) de se nourrir et ce faisant il obtient en parallèle un bénéfice, le plaisir, qui va devenir par la suite un but recherché pour lui-même. Une satisfaction autre que celle des fonctions vitales apparaît qui est une première satisfaction sexuelle. Dans l’exemple de la tétée, la zone labiale est sollicitée, elle va devenir une zone érogène pour l’enfant qui par la suite, dans un acte auto-érotique comme celui de la succion du pouce, va satisfaire une pulsion sexuelle.
    Le terme d’étayage est également employé à propos du choix d’objet* pour exprimer le processus qui amène l’enfant de la vision de l’objet partiel (ex : le sein) qui assure la satisfaction instinctuelle (le besoin), à la reconnaissance de l’objet total (personne reconnue en tant que telle) par étayage.

    Étiologie

    Terme appartenant au domaine médical. Il est utilisé pour désigner l’étude, la recherche des causes des maladies.
    Au XXè siècle, observations et descriptions cliniques se multiplient afin d’identifier les différentes maladies mentales. Charcot cherche (pour expliquer l’hystérie) à localiser des lésions du cerveau ou une faiblesse des structures nerveuses. Il est suivi par Janet (son élève et fondateur de la psychopathologie), qui pour expliquer cette maladie, accorde une grande importance aux événements passés (chocs émotionnels, souvenirs traumatiques notamment). Deux grandes catégories de pathologies naîtront de l’évolution de toutes ces observations, interprétations et expériences cliniques : les névroses et les psychoses.
    Freud, considérant que les causes de toute maladie mentale sont d’origine psychologique, va différencier plusieurs types de névroses. La psychopathologie va tenter alors jusqu’à aujourd’hui d’expliquer et d’interpréter ces phénomènes pathologiques. Les explications seront diverses et variées tout comme les méthodes thérapeutiques. Néanmoins les thérapies qui en découleront, auront d’autant plus de succès qu’elles agiront sur la cause et non pas sur les symptômes.
    Toutefois en psychopathologie, l’étiologie est rendue difficile voire impossible, dans la mesure où l’origine des troubles est subjective et variable d’un individu à un autre : il y a en effet une réelle inégalité et relativité individuelle dans la façon de gérer conflits et traumatismes. À cela s’ajoute le contexte social et culturel qui est aussi un facteur non négligeable. Si bien que l’interprétation psychologique des phénomènes pathologiques est gênée par un déterminisme complexe, sans cesse remis en question puisqu’il dépend aussi de l’histoire de l’individu. Toute classification rigoureuse devient alors impossible sans être source d’erreur.

    Exhibitionnisme

    Il s’agit d’une perversion* sexuelle qui conduit le sujet à montrer ses parties génitales en public, voire à se masturber. L’exhibitionniste, le plus souvent un homme, éprouve une excitation sexuelle en montrant son pénis (parfois se sont les fesses qui sont exhibées) à ses victimes, principalement femmes et enfants. Il cherche à attirer l’attention sur son sexe et à provoquer une réaction. Il peut être à la recherche d’une sensation de puissance, en provoquant une réaction horrifiée, ou bien de la confirmation que son pénis est normal voire admirable. Il est cependant rare, mais pas impossible, que l’exhibitionnisme conduise à la concrétisation de l’acte sexuel par le viol.
    Il existe également une forme d’exhibition qui consiste à proférer des paroles lubriques ou encore à faire des dessins obscènes dans des lieux publics.
    Pour la psychanalyse, cette perversion peut témoigner d’une régression* sexuelle à un stade* infantile comme d’une réelle occultation du complexe de castration*.
    L’exhibitionnisme est illégal, il s’agit d’un attentat à la pudeur classifié comme agression sexuelle. Il existe cependant pour certains des moyens de vivre son exhibitionnisme dans la légalité, en étant acteur de films pornographiques par exemple.

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    Fantasme

    Il existe le fantasme conscient* tel que le rêve diurne, le scénario que le sujet s’invente et dans lequel il se projette ou encore celui caractérisant certains modes de création littéraire.
    Il y a le fantasme inconscient* caractérisé par excellence par celui de l’hystérique* qui est convaincue d’avoir été séduite alors que ce n’est autre que son propre fantasme, issu du complexe d’Œdipe*, il s’agit ici d’un fantasme originaire.
    Le fantasme originaire est lié au passé fantasmatique qui caractérise tout individu (la scène primitive* ou originaire, le roman familial*, la castration*, la séduction*), il est une activité psychique qui s’organise avec, pour base, un mode de satisfaction libidinale que le sujet a vécu dans sa réalité personnelle et ne s’appuie pas réellement sur un fait authentique. Cela n’en diminue pas moins le champ du fantasme originaire qui est une réalité psychique.
    Dans le processus du rêve*, on remarque la présence de fantasmes conscients et inconscients : le rêve est rendu possible grâce aux fantasmes inconscients (réalisation de souhaits, de désirs) et le fantasme conscient transforme le contenu latent* en contenu manifeste*.
    Dans le symptôme* également, le fantasme est présent. En effet, un symptôme est la résultante d’un conflit* où désir sexuel et interdit sont en discordance : le désir sexuel, refusé et refoulé*, trouve son origine dans le fantasme.
    Certains auteurs notent phantasme et non fantasme afin de distinguer le fantasme conscient du phantasme inconscient.

    Ferenczi (Sándor)

    Médecin neurologue hongrois et psychanalyste (1873-1908), il est ami de Freud dès 1908. Ils échangeront une correspondance importante pour l’évolution de la psychanalyse.
    Ferenczi sera l’analyste de Mélanie Klein* dont la contribution à la psychanalyse pour enfants restera une référence. Il a apporté à la psychanalyse la notion d’introjection*, une première approche de la relation d’objet.
    Ferenczi va appliquer au contre-transfert* une technique active mais, en même temps, cette technique activera son contre-transfert à son insu.

    Fétichisme/Fétiche

    C’est une déviation sexuelle qui érotise un objet ou une partie du corps dont la fonction première n’est pas sexuelle. Cela peut aller jusqu’à la perversion* sexuelle si l’excitation ou l’accomplissement de l’acte ne peut passer que par le biais du fétiche.
    Le fétiche symbolise le phallus* de la femme (initialement la mère) dont le fétichiste nie la castration*. S’il n’existe pas d’être castré le fétichiste ne peut l’être lui-même, il lutte ainsi contre l’angoisse de castration.
    Pour Freud le fétichiste souffre du complexe de castration* qui s’origine dans la phase phallique.

    Fixation

    La fixation est un type de liaison exercé par la libido* envers des objets, des images, voire des satisfactions libidinales qui sont restés attachés à l’un des stades prégénitaux. Dès 1895, dans ses Études sur l’hystérie, Freud découvre que le départ des névroses traumatiques est associé à une fixation au traumatisme subi par le patient. Plus tard, en 1905, dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle il établit un lien entre la névrose* et la fixation* à un stade libidinal* (oral, anal, ou phallique). Par un mouvement de retour en arrière appelé régression*, il parvient à retrouver la fixation originelle du patient qui avait été refoulée, mais avait donné lieu à l’apparition de symptômes.
    Ce processus éclaire l’analyste sur le mode de fonctionnement psychique du patient par rapport aux gratifications qu’il a reçues et qu’il continue à rechercher en ce qui concerne un objet ancien ou disparu. Ainsi le patient qui développe une névrose obsessionnelle* a généralement une fixation au stade anal.

    Fliess (Wilhelm)

    Ce médecin allemand (1858-1928), oto-rhino-laryngologiste se lie d’amitié avec S. Freud* dès 1887. Durant une quinzaine d’années, ils vont échanger une importante correspondance mais certaines accusations de Fliess contre Freud vont amener la rupture définitive de leur amitié.
    Il sera à l’origine d’une théorie sur la névrose* nasale (déplacement du bas vers le haut des organes génitaux vers le nez). Il s’intéresse également à la bisexualité et à la périodicité des cycles masculins (23 jours) et féminins (28 jours).

    Fonction alpha/Fonction bêta (voir aussi : Bon sein/mauvais sein)

    Pour Bion*, le nourrisson vient au monde déjà préparé, par l’éthique fœtale, à trouver quelque chose de pleinement gratifiant : le sein.
    Le sein va fournir le lait, mais aussi des sentiments de sécurité, d’amour.
    De la rencontre entre l’éthique fœtale et la réalisation de cette rencontre surgit la conception du sein : présent, manquant, bon, mauvais.
    Selon le degré de tolérance à la frustration* et en fonction de la qualité opérante contenant-contenu* (interaction mère/enfant), les impressions des sens et des émotions* peuvent :
    • Soit rester dans leur état originel, Bion les nommera éléments bêta (objets bizarres – choses-en-soi), un univers brut de contenu qui n’a pas trouvé de contenant, source d’une terreur sans nom.
    • Soit subir une transformation : la mère, par sa capacité de rêverie, va accueillir les projections du nourrisson, bonnes ou mauvaises, les interpréter et permettre ainsi au nourrisson de les réintrojecter, débarrassées de leur angoisse*.
    La capacité d’interprétation de la mère et le degré de tolérance à la frustration du nourrisson vont permettre à ce dernier de développer la trame de l’appareil psychique : Bion la nommera « la fonction alpha » ou pensées représentant « la chose-en-soi ».
    Forclusion
    Ce terme est issu du vocabulaire juridique où il désigne « la déchéance d’un droit non exercé dans les délais prescrits ». D’après Littré, le sens du verbe forclore est « exclure ».
    Le psychanalyste et le grammairien Édouard Pichon et Jacques Damourette définissent le forclusif comme une modalité grammaticale de la négation dans la langue française.
    Exemple de négation forclusive dans l’extrait de l’article « Esterhazy est mort » de J. Marsillac (paru dans le Journal du 18 août 1923) : « L’affaire Dreyfus, c’est pour moi un livre qui est désormais clos. Il dut se repentir de ne l’avoir jamais ouvert ». Le mot jamais qui souligne le désir de scotomisation* est une négation forclusive.
    Laforgue va définir la scotomisation comme un désir non refoulé de ne pas reconnaître le monde extérieur, ce à quoi s’oppose Freud en proposant les concepts de déni* et de refoulement*.
    Pour Leclaire, la forclusion est un refoulement abyssal alors que pour Bergeret, elle serait un mécanisme de défense « plus efficace mais plus redoutable que le refoulement car ce qui aurait dû être symbolisé ne l’est plus » (Jean Bergeret, La dépression des états limites, Paris, Payot, 1974)
    Pour André Green, « la forclusion serait une modalité du refoulement propre à la structure du psychotique » (André Green, La Folie privée, Paris, Gallimard, 1991)
    Pour Lacan*, la psychose est déterminée par la forclusion du Nom du Père*.

    Formation réactionnelle/substitutive

    C’est un mécanisme de défense* qui permet au sujet de maintenir refoulé un désir archaïque inacceptable en adoptant l’attitude psychologique exagérée de la tendance inverse. L’énergie psychique utilisée par la formation réactionnelle montre, en terme économique*, une intensité d’investissement de l’élément conscient à la fois opposée et égale à celle de l’élément inconscient.
    S. Freud remarque rapidement la présence de ce mécanisme dans la névrose obsessionnelle* où il est amplement utilisé par le sujet jusqu’à en transformer la structure de sa personnalité. Ainsi et pour exemple, la formation réactionnelle protège de façon constante le sujet contre ses tendances scatologiques en attribuant à sa personnalité une attitude permanente d’extrême propreté toutefois, plus cette attitude est remarquable (dans sa force de contre-investissement), plus elle désigne, en elle-même, la pulsion à laquelle elle s’oppose.
    La formation réactionnelle apparaît aussi, à un certain moment, comme un mécanisme utile au bon déroulement de la construction psychique de l’individu.
    Ainsi, S. Freud émet-il dans Trois Essais sur la théorie sexuelle une hypothèse sur le mécanisme de la sublimation* qui « détourne » l’énergie des motions sexuelles infantiles : « Les motions sexuelles de ces années d’enfance seraient (…) perverses en soi (…) et portées par des pulsions qui, (…) ne pourraient susciter que des sensations de déplaisir. Elles éveillent ainsi des contre-forces psychiques (motions réactionnelles) qui, afin de réprimer efficacement ce déplaisir, édifient les digues psychiques (…) : dégoût, pudeur et morale. »

    Fort-Da (voir aussi : Nom du père ; Angoisse de séparation)

    Le Fort-Da (ou Jeu de la bobine) est le nom donné par S. Freud à un jeu dont il observa la pratique chez son petit-fils âgé d’un an et demi. Alors que l’enfant jouait avec une bobine attachée à une ficelle, il la faisait disparaître en prononçant « ooo ! » (pour Fort qui, en allemand, signifie « partie ») et la faisait réapparaître en prononçant « ha ! » (pour Da qui signifie « voilà ») Parce que la disparition-réapparition de la bobine était cadencée par ce « partie-voilà ! », Freud comprit que ce jeu permettait à l’enfant de mettre en scène le départ de la mère et sa réapparition. L’enfant, par son accession au monde du langage, était en train d’apprendre à renoncer à la présence de sa mère en la remplaçant par un signifiant, le Fort-Da en l’occurrence.
    Le nourrisson, alors qu’aucune symbolique ne lui est encore possible, est marqué par l’absence de sa mère, cette absence ne pourra être signifiée qu’au moment de l’acquisition du langage. D’après Freud, le langage est un symptôme de l’absence ressentie par l’enfant lors de la séparation d’avec sa mère avec qui il connaissait un état fusionnel. Par le jeu du Fort-Da, l’enfant signifie donc la marque qu’a laissé chez lui le manque dû à l’absence, dans un même temps il montre qu’il ne subit plus en prenant la maîtrise des absences/présences de sa mère par cette mise en scène symbolique.

    Freud (Anna)

    1895-1982. Dernière enfant de Sigmund Freud*, elle commença par être institutrice puis devint psychanalyste en 1922 après avoir été analysée par son père. Elle fut l’une des pionnières de la psychanalyse d’enfants.
    Elle estime notamment qu’il ne peut y avoir de transfert* de la part d’un enfant et mise donc sur l’observation directe différenciant ainsi l’analyse des enfants de celle des adultes. Cette théorie la met en conflit avec Mélanie Klein*, une autre pionnière de l’analyse d’enfants et sa contemporaine, qui estime qu’une analyse d’enfant peut se conduire comme une analyse d’adulte, la libre association* étant remplacée par le jeu*.
    Anna Freud semble avoir été marquée par une forte identification* à son père et a reçu le soutien de celui-ci lors de son affrontement avec Mélanie Klein.

    Freud (Sigmund)

    Sigmund Freud (1856-1939) répond à l’injonction platonicienne du « connais-toi toi-même » prononcée par Socrate. À l’orée du vingtième siècle, le jeune médecin viennois changera de façon irréversible la vision mondiale de l’esprit humain. En s’appuyant sur son expérience scientifique du début de ses études, Freud offrira au monde l’histoire intellectuelle la plus aboutie.
    C’est en libérant la parole, sans censure ni retenue, en prêtant son oreille à tout ce qui est réprimé chez l’individu qu’il en viendra à faire des incohérences, de l’absurde et de l’innommable, une œuvre sans laquelle nous serions incapables, de nos jours, d’alléger la souffrance psychique.
    À partir de sa propre vie, entre ses ancêtres religieux et la culture des écrivains, Freud, s’attachant aux détails de sa vie quotidienne, commencera son auto-analyse, allant chercher dans sa mémoire tout ce que lui-même avait refoulé, examinant à la loupe ses propres mécanismes. Il eut le courage de ne pas se soustraire à ses résistances et de faire une véritable œuvre des choses banales de la vie.
    Il cherchait dans la science, dit-il, la satisfaction qu’offre l’effort de la recherche. Dans son journal, il dit avoir détruit ses notes et manuscrits, ne voulant rien laisser à ses biographes que leur libre arbitre pour leur propre interprétation de l’évolution de la pensée. On peut, à travers ces affirmations, noter à quel point Freud fut visionnaire quant à l’héritage qu’il laisserait au monde dans le domaine des sciences humaines.

    Freud, le juif laïque, sa jeunesse, ses études :
    Sigmund (à l’origine Sigismund) Freud naît un 6 mai 1856 à Freiberg en Moravie. Il est l’aîné d’un troisième mariage, ses parents sont commerçants. Son père, Jacob, s’était éloigné du judaïsme traditionnel mais il parlait le Yiddish et l’Hébreu. Freud portera également le prénom juif de son grand-père, Schlomo, et aura toujours le sentiment d’être investi d’une mission de transmission familiale. La connaissance et le savoir comptent énormément dans l’esprit de Jacob Freud, Sigmund répondra au souhait paternel sous une forme laïque, non religieuse.
    Sa mère Amalia est de vingt ans la cadette de Jacob. Belle, intelligente, elle sera à l’origine de la découverte de son fils concernant les sentiments ambivalents : jalousie et haine envers le père et amour pour la mère.
    La famille Freud, touchée par la crise économique, déménage pour Vienne en 1860.
    Alors que Sigmund atteint sa septième année, Jacob lui ouvre la bible familiale. Cette bible, toute en images et gravures deviendra pour Freud un texte fondamental. Cette approche des textes sacrés et les figures s’y rapportant alimentera son imaginaire.
    Des hommes tels qu’Alexandre, Hannibal ou encore l’homme Moïse jalonneront sa vie et réapparaîtront dans ses rêves. Freud y fera souvent référence dans ses écrits, il trouvera dans cette bible un foisonnement d’informations concernant les aspects de la vie. L’enseignement de la bible, cher à Jacob Freud, ne relève pas d’un fanatisme religieux, Sigmund l’intègrera comme un trésor culturel.
    C’est un enfant doué, curieux, ambitieux. Ses parents, dès leur arrivée à Vienne ont des attentions particulières pour cet enfant qu’Amalia, sa mère, appelle « meine goldener Sigi » (mon Sigi en or). Son éducation devient la priorité familiale. Chez les Freud, tout semble aménagé et subordonné au confort de Sigmund (chambre individuelle, école privée etc.)
    Son père n’est pas rigide comme nombre de pères juifs mais s’il reconnaît en son fils une intelligence exceptionnelle, il n’en tolère pas moins aucune rébellion. Anna, la sœur de Sigmund, connaît une certaine amertume face aux égards dont bénéficie son frère. Elle le décrira autoritaire, tyrannique parfois, ne voulant en aucun cas concéder à ses sœurs les privilèges qui étaient les siens, il entendait rester le fils préféré.
    Il fallut bien satisfaire les espoirs parentaux, Freud analysera par la suite qu’être l’enfant préféré c’est en même temps entrer dans le désir parental donc ne jamais déchoir et favoriser alors l’installation de facteurs d’angoisse. Mais cette injonction tacite et silencieuse faite à Freud allait lui conférer un destin hors normes.
    Freud aimait se décrire comme étant un juif athée, très éloigné de la mystique juive. Il fut entouré, parmi les disciples du premier cercle, par des sionistes convaincus avec qui il se reconnaissait une parité intellectuelle mais par la suite il aura le souhait de ne pas faire de la psychanalyse une science juive. Il avait conscience de la difficulté pour les juifs à être intégrés sauf à renier leur culture.
    Après son inscription à l’Université de médecine de Vienne, Freud adhère à une association nationale libérale d’étudiants, regroupant l’ « élite de demain ». Il ne tardera pas à comprendre que le mouvement à la gloire de la culture allemande allait s’allier à l’antisémitisme.
    C’est en 1881 qu’il devient docteur en médecine. Par la suite, il est chargé de cours de neuropathologie à l’Université de Vienne. Il travaille alors dans le laboratoire du professeur Ernst Brücke. C’est là qu’il rencontre Joseph Breuer* qui deviendra l’ami et le collaborateur précieux lors de l’élaboration de la psychanalyse. En 1885, Freud part pour Paris assister aux cours donnés à la Salpêtrière par le célèbre neurologue Jean-Martin Charcot* qui étudie, sur ses patientes hypnotisées, les symptômes de l’hystérie*. Freud s’interroge sur ces puissants mécanismes mentaux inconscients. Lorsqu’il revient à Vienne, il expose ses conclusions à ses collègues et tente vainement de les rallier à sa cause. Mais lorsqu’il affirme que la sexualité infantile a un rôle majeur dans l’étiologie des névroses, il est moqué voire rejeté.
    En collaboration avec Breuer, Freud écrit Études sur l’hystérie, qui paraîtra en 1895. La méthode cathartique*, initiée par Breuer dix ans auparavant, y est exposée.
    À partir de ses études sur l’hystérie, de ses travaux et de ses découvertes, Freud dut se battre pendant des années pour imposer son idée qu’il existe, dans l’espace conscient de tout homme normal, un champ encore inexploré et soustrait à la conscience qu’il nommera l’inconscient*. Ce réservoir étant le réceptacle de tous les souvenirs pénibles, des désirs insatisfaits, des traumatismes…
    Les associations libres* spontanées qui surviennent à la conscience ne sont pas, pour Freud, le seul outil technique utile à l’analyse. Pour sonder l’inconscient, il analyse ses rêves puis un autre procédé viendra compléter la science des rêves, il consistera en l’analyse des lapsus et actes manqués et donnera naissance à un ouvrage fondateur : Psychopathologie de la vie quotidienne.
    L’Interprétation des rêves, paru en 1900, fut accueilli avec beaucoup de scepticisme, peu d’exemplaires furent alors vendus. Freud dira pourtant de cet ouvrage qu’il s’agissait de sa plus grande découverte. Il savait que sa science des rêves serait comparée aux ouvrages de vulgarisation populaire. Pour lui, les croyances ancestrales sur la signification des rêves détenaient un fond de vérité par le seul fait de transmissions intergénérationnelles. Il hésita donc avant de livrer ses recherches au public par crainte de la confusion que pouvait induire son ouvrage sur un esprit non averti.
    En 1884, il découvre les effets dopants de la cocaïne. Il écrit alors un essai sur les pouvoirs anesthésiants de cette substance, pensant qu’elle n’était pas addictive, en consommant lui-même, il louait alors ses effets merveilleux et stimulants. Ce fut un épisode déplorable et peu glorieux pour Freud qui fut l’objet de critiques véhémentes.
    C’est en 1886, à Vienne, qu’il épouse Martha Bernays à qui il est fiancé depuis quatre ans. Ils auront six enfants. Freud est alors un médecin reconnu mais il n’a pas encore mis au monde l’œuvre qui fera de lui un homme pour la postérité. Son rêve de grandeur est mis à mal, sa frustration est grande quant à la réalisation d’une découverte, fruit d’une recherche théorique.
    Dès 1887, Freud entame une correspondance avec le biologiste Wilhelm Fliess*, oto-rhino-laryngologiste berlinois. Tous les biographes s’accordent à dire que l’auto-analyse* de Freud commence à partir de ces échanges épistolaires avec Fliess. Anna Freud dira plus tard que son père ne connut aucune autre amitié comparable. Le trésor irremplaçable que représentent ces lettres fut racheté par Marie Bonaparte* en 1936 et restitué à Freud qui désirait alors les brûler. Marie obtiendra qu’elles soient déposées dans un coffre.
    De cette correspondance avec Fliess, Freud dégagera la notion de transfert* car sur ce conseiller, cet ami, s’inscriront les figures aimées de l’enfance freudienne. Freud rencontre la part homosexuelle de sa personne dans les sentiments ambivalents qu’il éprouve pour Fliess et dans l’analyse qu’il fait de ce transfert.
    Leur séparation et la rupture de leur amitié sera consommée après une discussion violente dans laquelle Freud récusera l’esprit mystique de Fliess comme une incompatibilité absolue avec ses propres convictions. Cette discussion eut lieu en août 1900, ils ne se reverront jamais. Quant à leur correspondance, elle durera jusqu’en 1902.
    Depuis 1896, le terme psychanalyse (psycho-analyse) apparaît dans le langage courant. Il remplace la méthode cathartique et marque la naissance de la libre-association. Dès 1902, les « disciples » du premier cercle se réunissent tous les mercredis chez Freud, 19 rue Berggasse à Vienne. C’est la fondation de la première association psychanalytique de Vienne, La Société Psychologique du Mercredi. Stekel fut l’instigateur de ce mouvement, Kahane, Reitler, Adler en formèrent le premier noyau en 1906. Ce groupe s’organisa autour d’Otto Rank qui en devint le secrétaire (en avril de cette même année, Salzbourg organise le premier Congrès Psychanalytique International).
    Certains des membres de la Société du mercredi tels qu’Adler, Stekel, Jung ou encore Rank s’étaient ralliés à la pensée freudienne en comprenant à quel point L’interprétation des rêves allait révolutionner l’histoire de la psychanalyse. Ils s’opposèrent toutefois sur un point, celui de l’interprétation de la libido*. Le fait de désexualiser le concept qui se trouvait être le fondement même de l’édifice théorique freudien fût l’élément déclencheur de discussions au sein du groupe. Celles-ci étaient houleuses voire orageuses. Otto Rank prenait des notes. Les écrivains et leurs œuvres étaient des sujets de discussion, on abordait également des comptes rendus médicaux. Chacun, au sein du groupe, pouvait parler de soi, des patients, des difficultés personnelles. Les soirées rituelles du mercredi étaient des moments passionnants autour de Freud. Ce mouvement, de l’extérieur, fut stigmatisé comme étant religieusement sectaire et Freud perçu comme un gourou, Ernest Jones eut l’occasion de démentir ce fait par la suite.
    En 1908, le mouvement s’étiole. Rebaptisé Société Psychanalytique de Vienne, quelques nouveaux arrivants allaient lui redonner du souffle : S. Ferenczi* de Budapest, le juriste V. Tausk*, H. Sacks de Zurich, M. Ellington, C. Jung*, L. Biswanger, K. Abraham*, E. Jones* à Londres… Ce groupe portera les couleurs de la psycha-nalyse sur la scène internationale d’une manière indéfectible.
    L’homme Freud n’était pas qu’un scientifique, un chercheur, s’il passait les trois quarts de son temps entre ses patients et ses écrits, il aimait côtoyer le monde des écrivains, des artistes. Vienne était au XIXè siècle le creuset de grands esprits et la vie semblait sereine.
    Pourtant des hommes tels que Freud, Zweig et bien d’autres n’ont pas été dupes. Ils savaient que cette époque se défendait avec entêtement contre ce que Zweig appelait ‘’les forces instinctives de l’âme’’. Cette tranquillité cachait sous le vernis l’hypocrisie ambiante et Freud fut admirable de courage, il analysa les comportements psychologiques de cette génération.
    Les intellectuels viennois, dans leurs certitudes, pensaient qu’ils vivaient dans le meilleur des mondes pourtant Freud comme Zweig sentaient à quel point cette tranquillité relative esquivait tout ce qui dérangeait, entre autres, tout ce qui touchait à la sexualité. On verra par la suite que Freud, par son travail, bousculera les esprits et les croyances quand il abordera l’étiologie des névroses et le rôle de la sexualité dans l’hystérie. Les deux hommes pressentaient, avec la guerre, la fin d’un monde.
    Malgré l’époque, la lenteur des transports, Freud fut un grand voyageur et un amoureux inconditionnel de l’Italie. Ses voyages se terminaient toujours à Rome. Son cabinet faisait penser à un petit musée, il y collectionnait des figurines égyptiennes, grecques, romaines et chinoises entre les livres de ses auteurs préférés comme Gœthe, Schiller, Shakespeare, Dostoïevski, Mark Twain et des ouvrages d’art et d’archéologie. Freud a toujours relié l’art à la psychologie des profondeurs et pensait que comprendre l’histoire de ses patients et leur inconscient ressemblait à un réel travail de fouille tant il fallait faire remonter, des tranches de vie les plus enfouies dans les profondeurs, les souvenirs les plus archaïques. Il dira avoir lu plus d’ouvrages d’archéologie que de psychologie.
    Sigmund Freud a souvent été surpris lui-même de ses propres découvertes mais jamais il ne refusa d’aller au-delà, il voulait s’engager jusqu’au bout de ses recherches sur la compréhension de la condition humaine. Ses connaissances lui permettaient de fournir une base au fonctionnement psychologique de l’individu.
    Il écrivit beaucoup, autant sur des sujets techniques que personnels. Certains de ses écrits lui ont été inspirés par ses voyages et nombreux sont les essais sur les méthodes psychanalytiques. Il interpréta également des œuvres d’art de Léonard de Vinci et le Moïse de Michel Ange. Pour lui, les artistes reflétaient, malgré eux, les mécanismes de l’esprit qu’ils ignoraient eux-mêmes mais qu’ils reproduisaient intimement. Quant aux thèmes bibliques, ils sont récurrents dans sa vie, particulièrement lors de son auto-analyse.
    Freud fit également des conférences à Vienne par exemple mais aussi aux États-Unis en 1909 où il donna les fameuses « Cinq Conférences » à l’Université Clark à Worcester dans le Massachusetts.
    En 1924, ses œuvres complètes sont publiées et il reçoit le prix Gœthe en août 1930 mais en 1933, c’est l’autodafé de ses œuvres, de celles de Stefan Sweig, son ami ainsi que de celles d’autres écrivains. Les livres sont brûlés à Berlin en public.
    Freud émigre à Londres en 1938, aidé par Marie Bonaparte. Il souffre depuis de longues années d’un cancer à la mâchoire pour lequel il aura été opéré 17 fois !
    La souffrance est telle qu’il demande à son médecin de l’aider à partir. Il meurt à Londres auprès des siens le 23 septembre 1939.

    Frigidité

    Une femme frigide est communément définie comme telle lorsqu’elle n’éprouve aucun plaisir lors du rapport sexuel ou bien encore lorsque la relation sexuelle, bien qu’assez satisfaisante, n’amène pas à l’orgasme. Les plaintes qu’elle formule concernent donc une insensibilité organique et/ou sensuelle ainsi qu’une difficulté (voire une incapacité) à atteindre l’orgasme.
    La frigidité traduit un conflit* intérieur qui entrave l’épanouis-sement de la femme et la vie sexuelle du couple. Ce trouble peut avoir des causes organiques : résultat d’un accouchement difficile, d’un traumatisme corporel, d’une mutilation des organes sexuels, etc. Mais les causes psychologiques en sont plus fréquemment responsables. Par exemple un traumatisme* grave, suite à un abus sexuel, dont la femme aurait été victime ou encore une mauvaise expérience, lors des premiers rapports sexuels, qui va lui faire appréhender les suivants… La frigidité peut aussi résulter d’une éducation* trop rigide ayant entraîné une forte culpabilité, un état conflictuel, etc.
    Cette difficulté à éprouver du plaisir peut également apparaître à la suite de problèmes conjugaux ou même dépendre complètement du partenaire.
    Dans ces cas de frigidité issue de traumatismes psychiques, la psychanalyse œuvrera comme elle le fait pour toute autre névrose*.
    Frustration
    L’état de frustration est l’état qu’un individu connaît lorsqu’il ne peut obtenir une satisfaction* pulsionnelle soit parce qu’il se la refuse lui-même soit parce qu’une cause, extérieure à lui, l’en empêche. Il y a également frustration lorsqu’une pulsion* est satisfaite par le biais d’un autre objet* que l’objet souhaité.
    L’interdiction est externe (réalité du monde extérieur) ou interne (surmoi* et moi*), et elle empêche la réalisation, la décharge*. Cette interdiction pose la privation qui induit ensuite la frustration.
    Pour Mélanie Klein*, la frustration marque l’apparition du principe de réalité* pour le nourrisson : maman n’est pas toujours disponible au moment exact où j’ai besoin d’elle, quand j’attends la tétée, je suis obligé d’attendre qu’elle me donne le sein, je dois donc m’adapter à une autre réalité que mon principe de plaisir*, selon le principe de réalité.
    La frustration, comme son contraire la gratification, est corollaire de l’idéalisation de l’objet, mécanisme propre à l’oralité*. Ce seront les premières frustrations, celles du stade oral*, qui poseront la capacité ultérieure d’adaptation à la réalité*, de dépassement de la frustration, de capacité à la sublimation*.
    Pour Jacques Lacan*, sa définition de la frustration rejoint la théorie kleinienne : la frustration trouve son origine dans l’imaginaire*, ce qui induit inévitablement le sujet, quelle que soit sa demande, à être en situation de manque. Ce manque est la privation et devient la castration* : celle-ci donnera à la frustration une autre dimension, porteuse de loi et annonçant une autre valeur : la réalité*.
    La frustration est inhérente à la construction du moi mais la psychanalyse la considère comme symptomatique passé un certain seuil.

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    Gestalt-therapie

    C’est après une pratique de plus de vingt ans en tant que psychanalyste que Friedrich (Fritz) Perls met au point, dans les années 60, la Gestalt-therapie c’est-à-dire la « thérapie de la forme ». Le terme Gestalt ne peut pas réellement être traduit. Il peut toutefois être compris au travers de l’affirmation suivante « le tout est différent de la somme des parties qui le composent. » Cette théorie, née d’expériences et d’observations cliniques, propose une approche globale de l’être humain. Elle part du principe que non seulement le corps et l’esprit ne font qu’un, mais qu’il est impossible de dissocier l’homme de sa relation aux autres et des éléments de son environnement.
    L’étude du comportement doit donc tenir compte des facteurs physiologiques, psychologiques, de la relation au milieu qui se modifie sans cesse et auquel l’homme doit s’adapter pour maintenir son équilibre.
    La Gestalt-thérapie propose de traiter l’être humain dans sa globalité, de prendre en compte la relation qu’il établit avec les autres et son environnement. L’interaction réciproque du sujet et de son milieu est un élément central. Le sujet ne peut survivre et satisfaire ses besoins sans relation à son environnement et aux autres. Perls nous parle de « contact » et de « frontière-contact » dans sa théorie. Il met en évidence quatre mécanismes de résistance impliqués dans la névrose lors du contact : l’introjection, la projection, la confluence et la rétroflexion. Pour le névrosé, établir un contact (former une Gestalt) et se retirer (clore une Gestalt), est source de problème.
    La Gestalt-thérapie met aussi l’accent sur ce que son fondateur appelle la Gestalt inachevée, c’est-à-dire le phénomène d’interruption de soi ou de l’environnement dans la relation de l’individu à l’environnement, empêchant ainsi l’achèvement du processus en route et laissant l’individu dans un état de manque, de frustration et d’insatisfaction. Cet état provoque des problèmes psychologiques et affectifs car si un besoin reste insatisfait, la tension ne peut se décharger. Une Gestalt inachevée est la trace d’un conflit passé.
    La thérapie part du principe que l’individu a des besoins vitaux (manger, boire…) ainsi que d’autres besoins (relationnels et sociaux) tout aussi fondamentaux pour son équilibre. Une Gestalt est considérée achevée, lorsque son cycle conduit par le passage à l’acte à la satisfaction* du besoin, c’est-à-dire à la décharge* de la tension, selon le schéma suivant :
    besoin ? tension ? décharge - satisfaction - détente
    Pour Perls, les situations, les scénarios inachevés restent actifs dans le présent, alors qu’une situation passée, mais qui a pu terminer son processus, s’intègre. Ces Gestalts inachevées seraient pour lui une des causes de la névrose. Pour la Gestalt-thérapie, le présent est la conséquence du passé qui continue de s’exprimer au travers des comportements présents. Elle ne cherche pas à explorer le passé en s’interrogeant sur le pourquoi mais à comprendre comment l’individu se limite dans ses actes, dans la réalisation de ses buts…
    Lors de la thérapie le patient sera amené à résoudre des problèmes actuels liés au passé en expérimentant au présent les situations inachevées afin de les intégrer. Cette thérapie lui permettra de prendre conscience de ses ressources internes, d’acquérir une autonomie interne, une indépendance, de prendre l’initiative et la responsabilité de ses choix de vie, de ses relations. L’objectif est de permettre à l’individu de se libérer de ses blocages synonymes de souffrance et de retrouver son unité, son harmonie.
    La Gestalt thérapie peut être classée dans les thérapies humanistes et holistiques. Cette thérapie propose une expérience au présent des situations inachevées par le mono drame et le psychodrame*. Le sujet est invité à se mettre dans la peau du ou des personnages impliqués dans la situation. Parfois, il incarne des parties de son propre Moi. Il met en scène la situation restée inachevée. Il prend ainsi conscience de ce qui se passe pour lui au niveau corporel, mental, affectif et du processus en cours. L’accent est mis sur « l’ici et maintenant ». Les prises de conscience qui en découlent, permettent à l’individu de réaliser comment il maintient l’illusion de ses blocages et de son impuissance alors qu’en fait la réalité est tout autre et qu’il dispose d’un potentiel beaucoup plus vaste. Le but est d’achever les Gestalts restées en suspens et d’aider le client à identifier ses besoins réels. Le thérapeute veillera à ce que le sujet parle au présent et à la première personne du singulier. Cette technique le ramène à la réalité. Ces expériences répétées vont permettre à l’individu de mieux se connaître, de renforcer sa confiance en lui, d’établir une relation harmonieuse à lui-même et aux autres.
    La Gestalt-thérapie est un outil utilisé par de nombreux thérapeutes en association à d’autres techniques. Les séances peuvent être individuelles ou se dérouler dans un travail de groupe. Le groupe favorise le psychodrame.

    Groddeck (Georges)

    Médecin allemand (1866-1934), Georges Groddeck est indissociable de la psychanalyse, et se situe pourtant en marge de cette discipline, sur un plan théorique comme personnel. Freud lui-même lui reconnaît les qualités d’un grand analyste, bien que les points de vue des deux hommes divergent, voire soient diamétralement opposés.
    Groddeck n’est pas pour autant un dissident farouchement divergent de Freud, mais pose plutôt un point de vue original sur la métapsychologie, qui ne va pas toujours dans le sens freudien.
    À la suite de sa rencontre avec Freud et la psychanalyse, Groddeck est rapidement comme en parallèle au mouvement psychanalytique de l’époque, s’appuyant sur des données cliniques très personnelles, son œuvre se remarque essentiellement par rapport à sa vision particulière du somatique, tenant compte de l’importance du corps en tant que vecteur de la psychée, mais aussi à propos de sa conception du ça, dont Freud s’inspirera.
    Georges Groddeck est en ce sens un personnage à la fois incontournable et controversé du mouvement psychanalytique.

    Groupe de psychothérapie

    La thérapie de groupe recoupe diverses méthodes, très différentes les unes des autres. Dans tous les cas, il s’agit de traiter la souffrance psychique, pathologique, par un travail thérapeutique commun à un certain nombre d’individus.
    La présence du groupe offre une mise en situation du réel, où se trouve favorisé le jeu des identifications, amenant une certaine dynamique.
    Dans les thérapies où prévaut la verbalisation, l’interaction entre les individus mène à une certaine compréhension de la problématique posée et de soi-même : le groupe constitue une sorte de micro-société, ou famille, où s’organisent différentes scènes de vie, de façon volontaire ou improvisée. Le récit d’une personne va susciter chez une autre des réactions affectives dans la mesure où lui-même a vécu quelque chose de similaire, ou faisant appel à une situation singulière chargée d’affects.
    La communication est un outil de travail essentiel dans les thérapies comme la PNL* (programmation neurolinguistique), l’AT (analyse transactionnelle*) ou la Gestalt* par exemple.
    Mais il existe quantité d’autres thérapies dont les outils de travail varient : la musique, le modelage, la peinture ou bien le corps propre (les postures dans la bio-énergie, relaxation respiration dans le Rebirth*, les cris dans la Thérapie primale*…). À la différence de la psychanalyse*, discipline fondamentalement intime, la psychothérapie* se situe dans « l’ici et maintenant » et recherche moins la compréhension des causes profondes du problème posé qu’une appréhension du problème tel qu’il est posé, afin d’y proposer une solution possible. Ainsi, la psychothérapie de groupe peut permettre d’obtenir, en fonction de la problématique du sujet, des résultats rapides, comme la disparition des symptômes.
    Parfois, l’origine du symptôme, qui n’a pas été décelée, peut continuer à opérer, sur un autre mode, amenant une nouvelle problématique. Dans ce cas, un travail d’analyse, plus approfondi, peut s’avérer nécessaire.

    Génital/Génitalité

    La génitalité, que l’on trouve plutôt sous le terme d’amour génital dans la littérature psychanalytique, correspond à l’aboutissement du développement psychosexuel de l’individu. Elle est
    donc le résultat de la somme des expériences psychosexuelles fantasmatiques et réelles. Elle est, en ce sens, totalement personnelle et intime.
    Elle implique le dépassement des conflits majeurs dont le complexe d’Œdipe* constitue le point culminant dans la théorie freudienne. Il y a aptitude à unir le courant tendre et le courant
    sensuel dans la relation amoureuse, l’autre est considéré comme sujet et non plus seulement comme objet narcissique ou permettant de combler ses propres manques.
    Difficile à appréhender, la notion de génitalité, plus qu’elle ne se définit, ne s’envisage que par tout ce qu’elle n’est pas : elle suppose une capacité à aimer qui ne serait pas entravée
    par des conflits inconscients, maintenant l’individu dans un rapport à l’autre figé sur un mode en deçà de la phase génitale. Il ne s’agit donc pas d’une relation narcissique (relation
    miroir, besoin de l’autre, fixation orale), ni une relation de type anale (dominant/dominé) ou encore fixée au stade phallique (l’un étant le phallus de l’autre, au sens où il le valorise)
    ou encore une relation de type œdipienne (l’autre étant le substitut du père ou de la mère). Le sujet est libre, individué, il n’est ni dans la dépendance ni dans le contrôle.
    La génitalité implique en ce sens une certaine maturité qui ne peut être atteinte qu’à l’âge adulte, prenant en compte à la fois l’achèvement de la maturité sexuelle organique (stade
    génital atteint) et une maturité affective dans le rapport à l’objet.
    Il ne s’agit pas d’une norme à atteindre, mais plutôt d’un cheminement personnel, menant le sujet à un renforcement du moi*, et à une pleine aptitude à en utiliser les capacités.

h

    Habitus

    Présente dans la philosophie d’Aristote sous le terme d’hexis, reprise par St-Thomas d’Aquin sous le vocable d’habitus, il appar-tient à Pierre Bourdieu de l’avoir réactivé en lui donnant une dimension nouvelle, plus dialectique, plus complexe et se voulant plus opératoire.
    Notion centrale de la sociologie de Bourdieu, l’habitus apparaît comme étant le fruit d’une histoire individuelle et collective, mais aussi d’une trajectoire sociale durant lesquelles schèmes de référence, manières d’être et d’agir se sont construits, délimités dans l’espace-temps et intégrés dans nos têtes.
    Produit des institutions familiale et scolaire, des appartenances socioprofessionnelles et de classes sociales, l’habitus constitue un principe de conduite intégré ; principe qui pour inconscient qu’il soit, génère des comportements et des attitudes conscientes qui reflètent les choix des individus et leurs positions dans la société.
    Notion aux acceptions déterministes à première vue, l’habitus constitue néanmoins un générateur de conduites nouvelles qui ne vont jamais à la rupture radicale avec les schèmes socialisants de référence. Cette continuité dans le mouvement donne à la notion d’habitus toute sa dimension opératoire voulue par Bourdieu.
    Du point de vue de la psychanalyse, la notion d’habitus soulève la question de la liberté du sujet, de son autonomie. Elle nous interroge sur la place du Moi par rapport à la société entière, au surmoi.
    Aussi, il convient de sonder les habitus, de procéder par distanciation-conscientisation dans le but de frayer un chemin au devenir du sujet.

    Haine

    Si la haine se positionne par définition comme l’opposé de l’amour, il serait sans doute plus exact de la considérer comme son pendant. En effet, il n’est pas de haine sans amour ni d’amour sans haine. Seulement parfois, l’un des deux inhibe totalement l’autre, si bien que l’objet qui fut, ne serait-ce que l’espace d’un instant, aimé, peut devenir tout à coup ou peu à peu, haï. De même, sur un plan inconscient, l’objet aimé peut être parallèlement haï. La haine, dans ce cas, ne s’exprime pas ou s’exprime peu, de façon épisodique ou ponctuelle.
    En définitive, la haine est un sentiment hostile inné, commun à tous. Au même titre que l’amour, nous sommes tous enclins à ressentir la haine exprimée par l’agressivité ou la violence en général.
    Le tout petit enfant peut se montrer très tôt agressif, destructeur envers un simple jouet, par exemple, ce qui constitue déjà un mode d’expression du sentiment de haine. En outre, elle se constitue aussi, de même que la peur, comme un système de protection contre l’objet reconnu comme dangereux ou considéré comme tel.
    L’important reste sans doute de ne pas être dupe de l’origine de la haine, manipulée par des processus inconscients : pourquoi déteste-t-on parfois d’emblée une personne, un lieu, un objet, sans aucune raison objective ? Les éléments qui motivent dès lors ce rejet agressif ne peuvent que faire appel à des éléments issus des tréfonds de l’inconscient.

    Hallucination

    C’est une perception sensorielle en l’absence de stimulus extérieur mais dont le sujet croit fermement en l’existence. Cette perception peut toucher tous les sens, parfois même plusieurs en même temps.
    Si la plupart du temps l’hallucination signe l’entrée en psychose* du jeune adulte il existe toutefois des hallucinations liées à d’autres pathologies ou troubles. Il en est ainsi du membre fantôme dont le sujet a été amputé mais dans lequel il continue à ressentir des douleurs et autres sensations. Il s’agit toutefois plus d’un souvenir que d’une hallucination.
    Ou encore, bien qu’il y ait une origine physiologique, les hallucinations auditives et/ou visuelles ressenties par l’hypertendu (bourdonnements d’oreille, perception de mouches volantes par exemple) et celles provoquées par un désordre neurologique, l’in-gestion de substances toxiques (médicaments, alcool, drogues…).
    Jacques Lacan* explique l’hallucination psychotique par la forclusion*.

    Hétérosexualité

    La personne hétérosexuelle est celle qui éprouve une appétence* sexuelle envers une autre personne de sexe opposé. L’hétérosexualité est la pratique sexuelle la plus répandue dans les sociétés modernes, et provient d’un choix d’objet acquis dès l’enfance. Or, c’est le complexe d’Œdipe* qui est déterminant dans l’orientation sexuelle du jeune enfant : c’est pendant cette période que le petit garçon éprouve du désir pour sa mère et de la haine pour son rival paternel ; de même, la petite fille s’éprend de son père et tente d’écarter sa mère. Ce choix d’objet* infantile qui a lieu au cours de la phase phallique, connaît une recrudescence pendant la puberté : le jeune adolescent accédant au stade génital, dépasse alors l’auto-érotisme* infantile et réalise ses investissements et ses identifications œdipiennes. C’est une étape essentielle, non seulement dans le choix sexuel, mais aussi dans la structuration de la personnalité* de l’adulte.
    Le choix hétérosexuel peut être déterminé de façon névrotique d’après Freud, en rapport avec le complexe d’Œdipe et en liaison avec la théorie de la séduction*. Mais, du fait de la bisexualité* constitutionnelle inhérente originellement à tout être, les identifications* moïques postérieures au complexe d’Œdipe peuvent être modifiées dans le choix définitif : hétérosexuel ou homosexuel. Freud avait remarqué en outre que l’hétérosexualité était souvent dominante chez le sujet qui, dans son enfance, avait déjà vécu une période où l’homosexualité* était perçue positivement, ou qui avait déjà eu des tendances homosexuelles. À l’inverse, il se peut que les images infantiles insatisfaisantes, défaillantes ou absentes du père, de la mère ou de leur substitut, ne le détournent du choix d’objet opposé à son sexe et l’incitent à rechercher un partenaire de même sexe.
    De nos jours, on constate que l’identité sexuelle adulte paraît souvent hésitante, mal assurée et sujette à de constantes remises en question tant chez la femme que chez l’homme (cas d’hermaphrodisme, d’androgynie, de transsexualisme, névroses sexuelles…). Ainsi, l’hétérosexualité n’est pas considérée comme définitivement acquise chez certains sujets, preuve soit du refoulement massif de leur homosexualité soit de leur dualité ambivalente sexuelle.

    Homosexualité

    L’homosexualité désigne un comportement et une pratique sexuelle qui se manifestent par une appétence du sujet vers une personne de même sexe. On peut distinguer différents types d’homosexualité, selon qu’elle est assumée dès la période pubertaire, qu’elle est vécue névrotiquement dans la culpabilité et le secret, ou qu’elle est pratiquée parallèlement à une activité hétérosexuelle.
    D’autre part, on différencie l’homosexualité manifeste, celle qui est réalisée par le sujet, de l’homosexualité latente, présente mais non exprimée. Dans tous les cas de figure, il est patent que le choix d’objet homosexuel s’enracine dans l’enfance, délibérément lié aux conflits du complexe d’Œdipe*.
    Ainsi Freud assigne à l’émergence de l’appétence homosexuelle masculine la présence d’une mère phallique face à un père défaillant, soumis ou absent dans l’histoire infantile du sujet. De même, Freud distinguant parmi les homosexuels ceux qui se prennent pour unique objet d’amour de ceux qui font le choix du père, il assimile l’homosexualité davantage à une perversité qu’à une perversion*. Cependant, il ne la considère pas comme une pathologie*, c’est seulement « une variation de la fonction sexuelle », affirme-t-il. En effet, l’homosexuel cherche à réaliser un composé masculin et féminin, ce qui amène Freud à établir une étiologie* particulière de l’homosexualité : le choix d’objet* narcissique, résultante d’une fixation* libidinale à la mère et d’une forte angoisse de castration, est prévalent car l’homosexuel « s’aime ainsi lui-même en aimant l’autre comme sa mère l’a aimé » (sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la para-noïa* et l’homosexualité). Ferenczi innova en créant le terme d’« homoérotisme » pour désigner la satisfaction érotique provenant d’un objet de même sexe, équivalent de la notion d’homosexualité.
    Enfin, un principe général semble d’après Freud régir l’orientation sexuelle de tous les êtres : ainsi, il atteste que l’attirance d’un sujet pour un sexe révèle toujours un penchant antérieur pour l’autre sexe, qu’il a dépassé avec succès. Le seul lien que Freud ait établi avec la pathologie concerne dans certains cas, des rapports parfois importants existant entre la paranoïa et l’homosexualité, car le paranoïaque lutte vainement contre son homosexualité latente qu’il assimile à une persécution anti-narcissique. Finalement, la seule solution pour l’analyste, consistera à inciter l’homosexuel qui suit une cure à s’acheminer progressivement vers une reconnaissance de la bisexualité* qui sommeille en lui.

    Humour

    L’humour est cette capacité humaine à traiter la réalité sous un angle spirituel, parfois ironique. Freud, lui-même attaché à cette constante de la culture juive qu’est l’humour et grand amateur de bons mots (Witz), a collecté dans un ouvrage (Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, 1905) nombre d’entre eux et analysé le jeu de mots comme une production de l’inconscient qui révèle, à l’instar du rêve, un travail sur le langage rempli de signifiant.
    L’effet désinhibiteur de l’humour facilite justement une transgression tolérée, engendrant par là un plaisir de la part de son auteur nécessitant aussi un plaisir réciproque et similaire dans son auditoire. Freud a remarqué que le sujet y a recours afin de faire ressortir d’une situation traumatisante les aspects qui portent le plus à en sourire voire à en rire. À ce titre, l’humour est considéré comme un mécanisme de défense* important, certainement l’un des plus matures. En effet, la qualité défensive de l’humour, essentiellement d’ordre économique, consiste à épargner au sujet les effets douloureux de circonstances traumatisantes (le sujet « sourit au milieu des larmes ») en employant le ton de la plaisanterie (par exemple, l’antiphrase est un procédé humoristique très courant), dans le but de réduire des tensions internes difficiles à supporter, conformément aux principes de plaisir-déplaisir. Contrairement à l’ironie, processus d’agression d’autrui, ou du comique, dont l’effet recherché est le rire chez l’autre, l’humour défensif n’a pas besoin d’un interlocuteur pour exister : personne ne se sent incité à faire part à un tiers de son propre plaisir humoristique.
    Dans ses premières études cliniques sur les hystériques, Freud parvint à isoler très tôt certains jeux de mots involontaires de la part de ses patients, mais qui paraissaient symptomatiques d’un désir inconscient de détourner l’angoisse. Freud explique le fonctionnement d’un tel mécanisme par le fait que le moi, récusant toute soumission à une réalité insupportable, se révolte en prenant le contre-pied de la souffrance par le recours à l’humour, qui se joue des circonstances pénibles, aidé en cela par un surmoi inhabituellement bienveillant et rassurant quant au degré de dangerosité très relatif de la situation concernée. L’humour est ainsi très salubre, « un don précieux et rare », qui s’apparente bien à la sublimation, autre mécanisme de défense génital, dans la mesure où il est capable de subjuguer le déplaisir ; à l’opposé d’ autres mécanismes défensifs, il ne s’appuie pas sur le refoulement, et donc n’engendre aucun risque pathologique ; davantage que le mot d’esprit jugé libérateur et salutaire, l’humour est « grandiose et exaltant » comme Freud le notait, en nous épargnant la souffrance, l’irritation, l’horreur ou le dégoût.
    Cependant, selon Lagache, l’utilisation de l’humour de façon trop fréquente en cure représente un caractère négatif. En effet, le patient qui dissimule ses difficultés et émotions derrière le masque de la plaisanterie permanente, c’est assurément la marque d’une résistance importante contre la verbalisation d’affects douloureux, mais aussi peut-être d’une tentative de séduction de l’analyste, voire d’un contrôle pervers de ce dernier. D’autre part, l’aspect essentiellement « génitalifère » (qui renferme un potentiel génital, qui est empreint de génitalité) de la pratique humoristique a entraîné certains analystes à utiliser ce mécanisme à des fins thérapeutiques et à l’inclure dans des séances de psychothérapie afin d’aider les patients à désamorcer l’hostilité du monde extérieur, et à dédramatiser leurs difficultés intrapsychiques. Enfin, l’humoriste, qui jouit d’un narcissisme triomphant, affirme derechef son invulnérabilité face à toute agression traumatisante aussitôt tournée en dérision. L’humour est un authentique garant d’une bonne santé psychique.

    Hypnose (voir aussi : Hystérie ; Charcot)

    État particulier, graduel entre l’éveil et le sommeil, induit par la suggestion ou la relaxation. Utilisée comme technique de soin et de pénétration du monde interne du patient en particulier dans les cas graves d’hystérie au XIXe (Jean Martin Charcot). Cette méthode fut abandonnée par Sigmund Freud* au profit de celle de la libre association*.

    Hypocondrie

    C’est l’une des névroses actuelles*, elle désigne l’état caractérisé par une crainte permanente, obsessionnelle chez le sujet, d’être atteint d’un mal organique grave. Les symptômes initiaux qu’il décrits sont toujours très complexes, difficiles à définir. L’hypo-condriaque n’a de cesse de consulter (comportement compulsif) les médecins les plus qualifiés sans jamais trouver le diagnostic satisfaisant qui calmera son anxiété. D’ailleurs, le désire-t-il vraiment, animé qu’il est de cette certitude d’être atteint d’un mal incompris ou méconnu ? Il scrute tous ses organes et ne recule devant aucune technique médicale voire chirurgicale digne de satisfaire sa quête. S’il semble puiser une certaine jouissance dans cette certitude de détenir le savoir sur son mal, ce « malade imaginaire » n’en demeure pas moins un être en souffrance.

    Hystérie (voir aussi : Névrose hystérique)

    Dans le domaine de la clinique, l’hystérie se présente sous différents aspects. D’une manière générale on parle d’hystérie lorsque des conflits psychiques inconscients se symbolisent sous la forme de symptômes physiques ou encore psychiques. L’hystérique utilise manifestement son corps comme un langage.
    L’hystérie apparaît principalement chez des sujets jeunes et se manifeste par une attitude générale faite de séduction, de manipulation de l’entourage, de manifestations émotives théâtrales (crises de nerfs, évanouissements, etc.), de tout ce qui peut attirer l’attention car la dépendance affective est grande, d’une forte intolérance à la frustration. Des troubles de la sexualité tels que l’impuissance et la frigidité sont également très présents.
    Les symptômes psychiques inhérents à l’hystérie touchent particulièrement la capacité mémorielle du sujet (en particulier des oublis relatifs à tout événement traumatisant) qui montre également une forte aptitude à la distraction. De tous ces aspects symptomatiques, certains sont particulièrement représentatifs d’une hystérie de conversion qui est une psychonévrose* : Une paralysie partielle ou totale plus ou moins durable, des troubles neurovégétatifs, des troubles sensoriels, le vaginisme, l’amnésie ou encore une inhibition intellectuelle affligeante en font partie. Quant à l’hystérie d’angoisse qui est également une psychonévrose, elle a un symptôme fondamental : la phobie.
    L’hystérie, de par son étymologie, fut considérée longtemps par la médecine comme une maladie typiquement féminine. Mais si l’on observe plus fréquemment l’hystérie chez la femme, cette maladie psychique peut aussi affecter l’homme. Freud eut lui-même beaucoup de mal à faire accepter à ses contemporains l’idée de la présence de phénomènes hystériques chez certains hommes.
    Le voyage d’étude qui lui permit dès 1885 d’observer auprès de Charcot* les phénomènes hystériques, engagea définitivement Sigmund Freud dans la voie de la psychopathologie. De ses observations sur les hystériques naîtra rapidement l’idée d’une sexualité infantile dont le rôle est essentiel dans la genèse des névroses et se dégageront les premières bases de la psychanalyse (Freud a analysé un cas d’hystérie à travers « le Cas Dora », dans Cinq psychanalyses).

i

    Idéal du moi

    Instance* psychique (dans le cadre de la seconde théorie de l’appareil psychique de Freud) qui est le résultat convergent de l’identification progressive aux parents idéalisés (ou à toute personne aimée, admirée ou modèles empruntés à un milieu social et culturel particulier) et du narcissisme primaire de l’enfant (l’enfant dans sa toute puissance narcissique étant lui même son propre idéal).
    Cette inst
    ance de la personnalité est donc consécutive à l’identification œdipienne. Elle constitue un modèle dynamique, une référence, permettant au moi de se comparer, et auquel l’enfant cherche à se conformer, lui permettant aussi de se dépasser. Il se distingue toutefois du surmoi* puisque le surmoi se forme à partir des interdits intériorisés (impératifs venant des représentants de l’autorité) et que l’idéal du moi se construit plutôt à partir des exigences intériorisées en liaison au sentiment d’amour (conseils pour répondre à l’attente des représentants de l’autorité).

    Idéalisation

    L’idéalisation est un mécanisme de défense* où l’objet* est surestimé, surinvesti de libido*. L’idéalisation n’est pas objective : le sujet investit sa libido du moi* dans un objet, lequel devient sur-valorisé.
    Ce mécanisme de défense est employé très tôt, il constitue la psychogenèse du sujet. C’est en effet une défense que le nourrisson emploie pour décharger ses pulsions de mort et de vie. Par le mécanisme de l’idéalisation du sein*, objet partiel, le nourrisson projette sur le sein ses pulsions de vie, c’est le bon sein*, ou ses pulsions de mort, c’est le mauvais sein*. Le mécanisme de l’idéalisation s’organise autour du clivage*, mécanisme qui permet à l’enfant d’aimer passionnément le bon sein ou de le détester lorsque celui-ci est ressenti comme mauvais sein.
    L’idéalisation évite au nourrisson la reconnaissance de l’ambivalence*, génératrice de culpabilité* car elle entraînerait la prise de conscience de ses pulsions destructives à l’égard du mauvais sein. Mais cette absence de culpabilité aura aussi son contre-coup. L’estime de soi sera très fortement touchée. Le sujet surestime l’objet, ce qui le rend assujetti et soumis à l’égard de son objet idéalisé car l’idéalisation se centre sur l’objet et non sur la pulsion.
    Le fait que l’idéalisation soit liée à l’objet et non à la pulsion est important ; en effet, l’énergie pulsionnelle est limitée : il y a inhibition* puisque la libido, celle du moi, surinvestit l’objet. Le moi perd donc son énergie nécessaire à la déviation pulsionnelle. C’est d’ailleurs la différence fondamentale entre l’idéalisation et la sublimation.
    La sublimation connaît le même principe d’existence que l’idéalisation, c’est-à-dire que ces deux mécanismes sont issus du même travail psychique : la pulsion est détachée et ré-orientée. Dans le cas de l’idéalisation, l’appauvrissement libidinal du moi au profit de l’objet est tel qu’il empêche la sublimation. Le moi se voit contraint, faute d’autonomie et de force, de projeter sa libido narcissique sur l’objet dont il dépend. Si le moi ne trouve pas le moyen de dépasser l’idéalisation, le devenir psychique du sujet en sera affecté.

    Identification

    On appelle identification un mécanisme de défense* essentiel à la construction psychique de l’individu. Ce processus apparaît dans les tous premiers temps de l’existence, on le dit alors processus d’identification primaire parce qu’à cette étape peu avancée de son évolution, l’enfant ne se différencie pas encore nettement d’avec sa mère.
    L’identification consiste à prendre pour modèle un sujet autre que soi afin d’en adopter le ou les comportements inconsciemment désirés et c’est en répétant ce processus que l’enfant va petit à petit construire sa personnalité.
    Cette construction évolutive dépend donc des choix d’identification qu’opère l’enfant. Durant cette évolution, l’enfant doit à un moment donné s’identifier au parent de même sexe que le sien. On pourrait illustrer cette période par la volonté remarquée chez le petit garçon de faire « comme papa » et chez la petite fille de faire « comme maman. » L’enfant doit donc s’identifier au parent de même sexe car la résolution de son complexe d’Œdipe* dépend de cette identification. En effet, d’une trop grande identification à la mère opérée par le garçon pourrait naître l’homosexualité, il en est de même pour une fille qui resterait trop attachée à son père.
    Il apparaît donc comme essentiel que le rôle du père et celui de la mère soient perçus quant à leur utilité et leur complémentarité.
    Il est à noter que, dans les différentes instances* psychiques de l’individu, se côtoient toutes sortes d’identifications qui peuvent se contrarier, s’opposer, être en conflit.

    Identification à l’agresseur

    Anna Freud crée cette formulation en 1936 pour préciser ce mécanisme de défense. Par cette identification l’individu qui, agressé, se sent en danger, adopte l’attitude de l’agresseur. Par exemple l’individu victime de violences verbales ou physiques de nature à le mettre en danger peut adopter l’attitude de son agresseur en adoptant son langage ou encore en l’imitant dans ses comportements. L’identification ainsi opérée lui permet de prendre la place de l’agresseur pour supprimer le danger.
    Ce mécanisme de défense se remarque également dans certains jeux d’enfants qui ont pour but de faire disparaître la peur en inversant les rôles de la victime et de l’agresseur.
    Ainsi pour un enfant, jouer le rôle de la sorcière permet de supprimer la peur que suscite en lui ce personnage. Par le biais de ce rôle, il en a la maîtrise, on peut parler alors d’identification projective*.

    Identification projective

    Processus par lequel l’individu s’imagine être totalement ou en partie à l’intérieur d’une autre personne et lui donne l’illusion d’un pouvoir, celui de la maîtrise de l’Autre, de son contrôle. Ce processus fantasmatique est source d’angoisse, il est caractéristique des états paranoïaques et schizophréniques.
    Mélanie Klein* emploie cette formulation dans le cas d’une projection*, donc d’un rejet de ce que le sujet perçoit comme mauvais en lui, qui instaure une relation d’objet agressive dans les premiers mois de sa vie. Elle concerne donc les relations d’objet* du petit enfant avant quatre mois, celui-ci projette de façon fantasmatique à l’intérieur de sa mère les parties clivées (clivage*) perçues en lui afin de lui nuire et de la contrôler de l’intérieur.

    Imaginaire (voir aussi : Imago ; Symbolique ; Stade du miroir)

    D’une manière générale, l’imaginaire désigne tout ce qui apparaît à la perception du sujet sous la forme d’une image qui vient se substituer à la réalité*. Ainsi l’apparence et l’illusion* sont des éléments imaginaires.
    En psychanalyse et plus exactement dans la théorie lacanienne, l’imaginaire est l’une des trois instances* de l’appareil psychique, plus précisément établi comme étant le lieu du moi*, les deux autres instances étant le symbolique (le surmoi*) et le réel (le ça*). Au sein de cette théorie, le processus imaginaire interprète les représentations inconscientes il opère, entre autres, par identification*.
    Après la période qualifiée par Lacan de « stade du miroir* » (vers 6 mois), l’enfant parvient à reconnaître comme sien le reflet dans le miroir. Grâce à celui-ci, il perçoit son image de l’extérieur et cette perception est confirmée par l’adulte qui désigne alors cette image par le prénom de l’enfant. Le stade du miroir marque donc le passage, par l’image de l’enfant désignée par un signifiant (le prénom), du spéculaire à l’imaginaire. En effet, par l’intermédiaire de l’imaginaire, l’enfant peut, face au miroir, rencontrer l’image de son corps comme lui étant propre, le signifiant lie alors l’imaginaire au langage et, par là-même à l’ordre symbolique.

    Imaginaire (voir aussi : Imago ; Symbolique ; Stade du miroir)

    D’une manière générale, l’imaginaire désigne tout ce qui apparaît à la perception du sujet sous la forme d’une image qui vient se substituer à la réalité*. Ainsi l’apparence et l’illusion* sont des éléments imaginaires.
    En psychanalyse et plus exactement dans la théorie lacanienne, l’imaginaire est l’une des trois instances* de l’appareil psychique, plus précisément établi comme étant le lieu du moi*, les deux autres instances étant le symbolique (le surmoi*) et le réel (le ça*). Au sein de cette théorie, le processus imaginaire interprète les représentations inconscientes il opère, entre autres, par identification*.
    Après la période qualifiée par Lacan de « stade du miroir* » (vers 6 mois), l’enfant parvient à reconnaître comme sien le reflet dans le miroir. Grâce à celui-ci, il perçoit son image de l’extérieur et cette perception est confirmée par l’adulte qui désigne alors cette image par le prénom de l’enfant. Le stade du miroir marque donc le passage, par l’image de l’enfant désignée par un signifiant (le prénom), du spéculaire à l’imaginaire. En effet, par l’intermédiaire de l’imaginaire, l’enfant peut, face au miroir, rencontrer l’image de son corps comme lui étant propre, le signifiant lie alors l’imaginaire au langage et, par là-même à l’ordre symbolique.

    Inceste (voir aussi : Tabou)

    Le terme inceste vient du latin « incestus » qui signifie impur. L’inceste définit une union sexuelle entre membres d’une même famille c’est-à-dire concernant des personnes ayant un lien de consanguinité. L’acte incestueux est un acte délictueux, répréhensible et interdit par la loi dans la plupart des civilisations depuis les temps les plus anciens (voir : : Civilisation/Culture) Le tabou de l’inceste apparaît comme un élément essentiel au maintient de la famille et, par conséquent, au maintient de la culture.

    Dans le cadre de cette définition, les notions d’union sexuelle et de lien de parenté sont à préciser :
    • L’union sexuelle sera étendue, au-delà de la pénétration sexuelle, à tout acte et à toute conduite sexuelle (attouchements, exhibitions, paroles obscènes…) perpétrés par une personne sur un membre de sa propre famille tels que son enfant, ses petits-enfants, son neveu, sa nièce, son frère, sa sœur etc. Mais :
    • La notion de lien de parenté s’élargit également, lorsqu’il est question d’inceste, avec la prise en compte des personnes qui gravitent autour de la famille, constituant son environnement relationnel car le jeune enfant discerne difficilement les liens familiaux des liens amicaux (par exemple : difficulté à établir une différence entre un ami intime à la famille et un oncle envers lesquels l’enfant voue souvent une même confiance et une tendresse de même nature).
    Les conséquences d’un inceste sont multiples et troublent gravement la vie de l’enfant et son développement identitaire. La blessure atteint son intégrité sexuelle et psychique si violemment qu’il s’enferme, le plus fréquemment, dans un total mutisme relatif à l’agression et utilise le déni*, ce mécanisme lui permettant de refouler une insupportable réalité. Cette attitude persiste à l’âge adulte ou sous forme d’addiction* ou de toute autre pathologie favorisant ce refoulement (obsessions*, phobies*…) et montrant une attitude autodestructrice. Les difficultés à vivre la sexualité peuvent prendre différentes formes tels un refus de tout acte sexuel, un acte sexuel insatisfaisant, une tendance masochiste dans la relation et parfois recours à la pratique de la prostitution.
    L’enfant victime d’abus sexuel connaît une forte culpabilité parce qu’il croit être responsable de la séduction qui a attiré son agresseur, c’est cette culpabilité qui l’empêche, en grande partie, de divulguer ce qui devient son secret. Dans certains cas, ce secret est si lourd à porter qu’il l’entraîne vers le suicide*. Il arrive que l’enfant parvienne à dire ce qu’il a subi, mais il est bien souvent ramené au silence (tenu au secret ou traité de menteur) par la famille qui fait prévaloir le sentiment de honte entraîné par une telle révélation sur le besoin d’aide nécessaire à l’enfant. Le non-dit s’installe alors favorisant la culpabilité chez l’enfant.
    Il est difficile pour le sujet victime d’inceste de se lier affectivement, il montre un manque de confiance en lui, ne peut faire confiance aux autres et craint l’autorité parce qu’elle représente l’agresseur (tendance à la soumission). Dans certains cas l’individu qui commet l’acte incestueux a lui-même été victime de cette agression qu’il reproduit.
    Il apparaît comme essentiel, pour la victime abusée, de parvenir à exprimer la nature de sa souffrance. Un entourage attentif peut y aider, mais dévoiler son secret le plus intime reste, pour le sujet, un acte extrêmement difficile qui demande beaucoup de courage et d’énergie.

    Inconscient (voir aussi : Appareil Psychique ; Topique)

    En démontrant l’existence d’un inconscient qui, en quelque sorte, régit l’individu malgré lui, Freud a bouleversé fondamentalement l’ensemble des connaissances sur l’homme
    L’inconscient est une partie de l’appareil psychique constituée principalement par le refoulé. Tous les éléments indésirables, pensées, souvenirs, émotions y sont mis à l’écart afin de protéger le système conscient* d’une trop forte tension qui entraînerait une souffrance susceptible de perturber l’équilibre psychique.
    L’inconscient est donc le lieu où le psychisme refoule tout ce qu’il ressent comme dangereux, c’est également le lieu où s’organisent les pulsions instinctives.
    La psychanalyse permet de rendre conscient ce qui était inconscient. Les éléments refoulés sont essentiellement des désirs de l’enfance et des désirs sexuels « consciemment » inacceptables pour l’individu qui veut les ignorer.
    Toutefois, même refoulés, ces éléments ont une vie qui leur est propre, ils restent chargés d’énergie pulsionnelle qui ne demande qu’à se décharger en remontant à la surface c’est-à-dire au conscient. Le Surmoi* intervient alors, c’est un système de censure qui empêche cette résurgence ou plus exactement qui la déforme, ne permettant qu’une expression partielle et réellement déguisée de ces éléments refoulés (voir : Processus primaire, refoulement et actes manqués, lapsus, névrose, oubli, rêve, symptôme).
    L’inconscient n’est régi que par le principe de plaisir*, il est indifférent à toute notion de temps, il ne tient compte ni de la réalité, ni de la logique et s’accommode tout à fait de la cohabitation, en son sein, d’éléments totalement contradictoires.

    Incorporation

    Littéralement intégrer dans un tout. En psychanalyse, il s’agit de prendre du plaisir à intégrer un objet* en soi, à l’assimiler tout en le détruisant. L’objet n’a toutefois pas entièrement disparu puisqu’il continuera à subsister à travers la personne qui l’a absorbé. L’incorporation renvoie bien évidemment au stade oral*, où le plaisir du petit enfant passe par l’ingestion de la nourriture source de bien-être, mais elle ne s’y cantonne pas. Elle touche aussi le stade anal* par exemple et peut passer par tous les autres organes sensoriels et les diverses cavités corporelles. Il s’agit du pendant physique à l’introjection*.

    Individuation

    Processus qui permet à un quelconque organisme de se différencier de ses semblables. Les descendants affirment leur individuation par rapport à leurs parents en se démarquant d’eux, en affichant leur singulière identité.
    L’individuation est aussi un concept psychanalytique que Margaret Mahler a analysé dans les années cinquante pour désigner un processus de séparation qui met fin à la relation fusionnelle entre la mère et l’enfant et ouvre la voie vers l’affirmation de l’être en tant qu’individu à part entière.
    Carl Jung* avait décelé dans l’individuation une manière de se libérer de contraintes inconscientes ainsi que d’injonctions normatives d’ordre collectif, afin d’apprendre à vivre de façon autonome et indépendante en perpétuant un processus de singularisation de l’individu par lui-même. Sa rupture avec Freud illustra à point nommé sa propre individuation d’avec son maître, en se séparant de lui et en réalisant sa propre théorie psychanalytique, la psychologie analytique*.

    Inhibition

    L’inhibition est une incapacité temporaire de certaines fonctions intellectuelles et/ou physiques le plus souvent due à un interdit affectif ou social (au XIXème siècle par exemple les femmes « respectables » se devaient de ne pas jouir, cela étant le lot des femmes de petite vertu ou manquant de moralité). Du fait de l’inhibition, la pulsion ne peut atteindre son but, elle doit prendre une voie détournée et si elle ne peut s’exprimer de façon satisfaisante naîtra alors la névrose*.

    Instinct

    L’instinct est une tendance programmée génétiquement (donc innée), une poussée d’énergie puissante, spontanée, directe, sorte de force primitive propre aux êtres vivants et spécifique de l’espèce. De nature animale et d’origine biologique, l’instinct pousse l’individu à agir sans avoir recours à l’expérience (théoriquement), ni à la réflexion, dans un but unique de survie. L’instinct est donc au service de nos besoins vitaux à l’échelle individuelle (boire, manger, dormir…) mais aussi à l’échelle de l’espèce (reproduction, perpétuité de l’espèce).
    Freud façonna tout d’abord une théorie des instincts très proche du modèle neurologique, comme résultat d’une stimulation au départ des zones érogènes (bouche, anus, organes génitaux) étendue ensuite par stimulation nerveuse à des endroits particuliers du corps où l’instinctuel trouverait un mode de décharge. Puis il portera son intérêt ailleurs vers la nature et l’activité du moi.

    Freud différencie l’instinct de la pulsion à plusieurs niveaux :
    • L’instinct appartient à l’histoire de l’espèce alors que la pulsion dépend de l’histoire individuelle.
    • Il exige une satisfaction dirigée et réelle à laquelle on ne peut se soustraire alors que la pulsion peut emprunter plusieurs trajets vers une satisfaction réelle ou hallucinatoire.
    • Il n’est pas au service du désir.
    De plus, l’instinct représenterait le noyau de l’inconscient*, berceau des fantasmes originaires, point de départ du pulsionnel. C’est ainsi que certaines désorganisations psychiques régressives feraient réapparaître l’instinctuel.
    Il semble donc que l’on ne peut vivre sans l’instinct, et la société dite évoluée (organisée, moraliste, gérée par l’apprentissage) a été obligée de réduire et maîtriser les instincts les plus primitifs (« sexualité déchaînée » ou « d’agression sauvage »), au profit du pulsionnel (régi par les différentes instances psychiques), pour justement rendre la vie en communauté possible. L’instinct participe donc à la genèse du psychisme : il apparaît à la base du besoin biologique d’où émergent progressivement par différentiation les différentes instances psychiques ultérieures. Son expression et sa participation seront ainsi regrédientes depuis le ça (réservoir des pulsions agissant en parallèle avec l’instinctuel et lieu psychique profond où s’articulent corps et esprit) jusqu’au moi (plus le moi est fort et moins l’instinctuel peut s’exprimer). Revenir à l’instinctuel serait donc de l’ordre de la régression.

    Introjection

    Très proche de l’identification*, l’introjection est un mécanisme qui s’oppose à la projection*. Il s’agit d’un processus de construction primaire par lequel le nourrisson se « remplit » de l’objet* extérieur avec lequel il est en relation (dans un premier temps, la mère) et les qualités de cet objet qui s’intègrent à la structure de son appareil psychique en construction. C’est sur cette relation première que se modèle la capacité à aimer du sujet : le moi* se construit en premier lieu par l’introjection de l’objet, qui peut être bon et mauvais, (bon lorsqu’il est gratifiant, mauvais lorsqu’il est frustrant).
    L’introjection constitue en ce sens l’un des modes de construction fantasmatique du petit enfant, (liée au fantasme* d’incorporation* durant la tétée) où il importe que prédomine le bon objet : si la frustration* est inhérente à la vie (elle est en ce sens constructive puisqu’elle met le sujet dans la réalité*), l’amour qui provient de l’objet et la façon dont il est reçu par le nourrisson, conditionnent la qualité de la relation future à tous les objets d’amour postérieurs à la relation mère/enfant, il en représente les fondations.
    Par la suite, l’introjection servira à la construction du surmoi, de l’idéal du moi. Elle participe progressivement à l’élaboration de l’appareil psychique*.
    C’est durant les phases précoces de construction que peut se créer le lit de pathologies narcissiques, de type psychotiques comme la maniaco-dépression (identification avec l’objet perdu introjecté) ou les états mélancoliques (voir : Maniaco-dépression et Mélancolie).
    Isolation

    Mécanisme de défense qui vient en aide au refoulement* lorsque celui-ci n’est plus assez efficace. Ce processus consiste en fait à isoler toute représentation, pensée ou encore tout comportement affectivement gênants, de telle sorte qu’ils se trouvent séparés de ce que vit ou pense l’individu, afin d’éviter l’angoisse*.
    On peut donc distinguer deux sens à l’isolation plus ou moins privilégiés selon les auteurs :
    • Mise à distance de l’affect lié à une représentation source de conflit (comme par exemple la froideur, la non expression d’affects suite au deuil d’un être cher)
    • Mise à distance de deux représentations ou manières d’agir en étroite relation mais relation en fait qui ne peut être vue sans angoisse.
    L’isolation est spécifique et caractéristique de la névrose obsessionnelle notamment dans la compulsion, la ritualisation et dans l’interruption systématique et artificielle d’une chaîne temporelle de pensées ou d’actions.
    Mais si l’on s’en tient au sens premier du mot isoler, isoler un corps c’est le mettre hors de contact avec un autre corps. Cette notion de contact corporel que l’on cherche à éviter renvoie alors directement à la notion de toucher ou de « tabou du toucher » pour Freud, qui est une façon archaïque de se défendre contre la pulsion*. D’ailleurs, les pulsions soumises à un interdit quelle que soit leur nature, ont un contact avec l’objet. Il y a relation symbolique selon Anna Freud* entre ces corps qui ne peuvent se toucher et ces pensées qui ne peuvent s’associer.

    Imago

    Le concept d’Imago apparaît chez Jung (Métamorphoses et symboles de la libido, 1911). Il s’agit d’un prototype inconscient élaboré à partir des premières relations familiales du petit
    enfant, ce prototype détermine la façon dont le sujet appréhendera autrui. Cet imago est formé par la projection* dans l’objet* d’une image qui lui confère une plus-value, le rendant ainsi
    parfois très différent de ce qu’il est à l’origine.

    Isolation

    Mécanisme de défense qui vient en aide au refoulement* lorsque celui-ci n’est plus assez efficace. Ce processus consiste en fait à isoler toute représentation, pensée ou encore tout
    comportement affectivement gênants, de telle sorte qu’ils se trouvent séparés de ce que vit ou pense l’individu, afin d’éviter l’angoisse*.
    On peut donc distinguer deux sens à l’isolation plus ou moins privilégiés selon les auteurs :
    • Mise à distance de l’affect lié à une représentation source de conflit (comme par exemple la froideur, la non expression d’affects suite au deuil d’un être cher)
    • Mise à distance de deux représentations ou manières d’agir en étroite relation mais relation en fait qui ne peut être vue sans angoisse.
    L’isolation est spécifique et caractéristique de la névrose obsessionnelle notamment dans la compulsion, la ritualisation et dans l’interruption systématique et artificielle d’une chaîne
    temporelle de pensées ou d’actions.
    Mais si l’on s’en tient au sens premier du mot isoler, isoler un corps c’est le mettre hors de contact avec un autre corps. Cette notion de contact corporel que l’on cherche à éviter
    renvoie alors directement à la notion de toucher ou de « tabou du toucher » pour Freud, qui est une façon archaïque de se défendre contre la pulsion*. D’ailleurs, les pulsions soumises à
    un interdit quelle que soit leur nature, ont un contact avec l’objet. Il y a relation symbolique selon Anna Freud* entre ces corps qui ne peuvent se toucher et ces pensées qui ne peuvent
    s’associer.

j

    Jones (Ernest)

    Médecin neurologue anglais (1879-1958) qui s’intéresse très tôt à l’œuvre de Freud dont il apprend la langue en étudiant L’Interprétation des rêves. C’est un jeune psychanalyste lorsqu’il rencontre Freud en 1908, leur amitié se confirmera jusqu’au décès de ce dernier. Il crée la Société Psychanalytique de Londres en 1913, celle-ci ne survivra pas aux désaccords théoriques opposant certains de ses membres (voir : Jung*). Il fonde alors la Société Britannique de Psychanalyse et participe activement aux activités de l’Association psychanalytique internationale. On lui doit également dès 1911, la fondation de l’Association Psychanalytique Américaine. Jones conçut également « …un Comité secret composé d’un petit groupe d’analystes dignes de confiance, unis par une étroite solidarité et une foi solide dans leur tâche » (Marthe Robert, La Révolution psychanalytique, Paris, éd. P.B.P., 2002, p.435) afin de protéger le mouvement psychanalytique dans son unité et de ne pas entraver le travail de Freud.
    Jones écrit beaucoup et dans divers domaines (anthropologie, mythologie, religion…). On retiendra le recueil consacré à diffé-rents travaux (écrits entre 1910 et 1947), réunis sous le titre Théorie et pratique de la psychanalyse (éd. Payot, Coll. « Désir » dirigée Par J.-D. Nasio ; août 1997) qui apportèrent beaucoup à la psychanalyse. Jones laisse également une importante biographie de Freud.

    Jung (Carl Gustav)

    Médecin (1875-1961),  né à Kesswil, en Suisse dans une famille de pasteur protestant. Très vite Jung s’intéresse à la psychanalyse, il collaborera avec Freud durant quelques années mais ses divergences conceptuelles telles que celle d’une énergie psychique neutre (libido non sexuelle) ou encore sa propre théorie de l’inconscient vont mettre fin à leur relation ainsi qu’à ses activités dans le mouvement psychanalytique. Le mouvement qu’il crée alors est dit de psychologie analytique*. Il est à l’origine de la notion d’archétypes (symboles de l’inconscient collectif). Ses travaux sont empreints d’un réel mysticisme, aspect qui, à lui seul, pose la différence d’avec le mouvement freudien.

k

    Klein (Mélanie)

    Mélanie Reizes (1882-1960) est née à Vienne dans une famille de confession juive. Elle se marie à Arthur Klein avec qui elle aura trois enfants. Elle vit à Budapest et y découvre Freud dont l’œuvre la passionne immédiatement.
    Mélanie Klein rencontre Sándor Ferenczi et entreprend avec lui, dès 1916, une psychanalyse qu’elle continue avec Karl Abraham lorsqu’elle s’installe en tant que psychanalyste à Berlin, ce dernier encourage vivement ses travaux sur la psychanalyse des enfants.
    C’est particulièrement sa technique utilisant le jeu lors d’analyses d’enfants qui la fera remarquer par l’épouse du psychanalyste James Strachey. Cette rencontre amènera Mélanie Klein à donner des conférences à Londres où, aidée par Jones, elle va s’établir définitivement dès 1926. Elle devient membre de la Société Britannique de Psychanalyse en 1927.
    Pour Mélanie Klein l’enfant possède, tout comme l’adulte, une réalité psychique que l’on peut découvrir dans ses comportements et attitudes dans les jeux, ces derniers étant analysés comme le sont les fantasmes? de l’adulte, le jeu devient langage, il est alors l’expression de l’inconscient. C’est notamment sur ce point qu’elle s’oppose à Anna Freud, pour qui la psychanalyse d’enfant ne peut suivre le modèle de celle de l’adulte.
    La théorie kleinienne est aujourd’hui plus enseignée que celle de Freud dans les pays anglo-saxons. Cette théorie octroie une importance majeure au concept de pulsion de mort? et s’élabore sur des conflits antérieurs aux conflits œdipiens. Mélanie Klein repère des phases (position schizo-paranoïde, position dépressive) dans les premiers mois de la vie ainsi que l’existence, dans cette même période, d’une instance surmoïque précoce. On lui doit également les notions d’identification projective, d’objet interne et de clivage du sein (voir : Bon sein/mauvais sein).
    Ses travaux mettent particulièrement en avant la relation à la mère, sa théorie et ses nombreuses expériences cliniques ont apporté beaucoup à l’approche psychologique relative à l’enfant ainsi qu’à l’étude des états psychotiques.

l

    Lacan (Jacques-Marie)

    Psychiatre et psychanalyste français (1901-1981) qui a entièrement repensé l’œuvre de Freud en l’enrichissant, initiant selon son mot un « retour à Freud » et proposant une approche structurale de l’inconscient.
    Né à Paris au début du siècle d’une famille bourgeoise catholique, il entreprit des études de psychiatrie, fréquenta les milieux surréalistes au point de subir leur influence dans ses premiers travaux. De même, lorsqu’il publie sa thèse de médecine sur La Psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité, en 1932, il reçoit nombre de louanges dont celles de ses amis surréalistes parmi lesquels figurent Dali, Nizan et Crevel, qui célèbrent celui qui interprète les productions inconscientes telles le rêve comme de véritables créations artistiques et qui affecte aussi au langage une fonction poétique signifiante. Vivement intéressé par la psychanalyse, il entra en analyse avec Lowenstein, psychanalyste berlinois, puis adhéra à la Société Psychanalytique de Paris (S.P.P.) en 1934. Il fit deux ans plus tard une brillante communication au Congrès Psychanalytique international de Marienbad sur le fameux « stade du miroir* » qui marqua son entrée dans l’histoire du mouvement psychanalytique mondial. Devenu analyste didacticien réputé, Lacan rompt avec la S.P.P en 1953 pour fonder en compagnie de Daniel Lagache et Françoise Dolto la Société française de Psychanalyse (S.F.P.). Enfin, après la dissolution de celle-ci, il créa seul en 1964 l’École Freudienne de Paris (E.F.P.) qui devint un centre de recherche et de conférence important qui attira beaucoup de chercheurs, philosophes, ethnologues tels Lévi-Strauss, Jakobson, Benveniste…
    En s’appuyant sur la tradition philosophique de Heidegger, les travaux linguistiques de Saussure, et les recherches ethnologiques de Lévi-Strauss, Lacan renouvela entièrement la théorie freudienne grâce à l’élaboration de plusieurs concepts contenant une nouvelle terminologie clinique, parfois empreinte de formules mathématiques (voir : Sexuation*, Forclusion*, Mathème, Nœud borroméen…)
    Ainsi, la trilogie lacanienne comprenant « le symbolique, l’imaginaire, et le réel » (S.I.R.) dominée par le primat du symbolique sur les deux autres catégories, est considérée par certains comme une nouvelle topique, qui fut réorganisée plus tard en R.S.I., où le réel devint alors dominant. Ce fut au cours de nombreux « séminaires » dispensés à l’hôpital Sainte Anne à Paris, transcrits et publiés par son gendre Jacques-Alain Miller, que Lacan développa ses théories pendant une dizaine d’années, les plus fructueuses selon ses partisans (1953-1963). L’enseignement du « maître » offrit un essor considérable à la famille psychanalytique française et donna naissance à un courant de pensée spécifique : le lacanisme*.
    Ensuite, Lacan poursuivit son « séminaire » à l’ École Normale Supérieure de la rue d’ Ulm, où il conquit toute l’intelligentsia philosophique française (Althusser, Foucault, Deleuze) et une grande partie de la jeunesse intellectuelle des années 60. Après avoir fondé une collection, « Champ freudien », aux éditions du Seuil, il publie une compilation de ses cours sous le titre Écrits en 1966, qui remportent un succès inattendu, malgré des textes ardus voire illisibles. Ce qui rend souvent hermétique et parfois ingrate la pensée de Lacan est cette accumulation de termes ésotériques, cette surabondance de néologismes et un emploi fréquent d’expressions à double sens qui peuvent dérouter voire repousser le novice. Certains l’ont accablé à cause de cette incohérence cultivée érigée en système de communication, d’autres l’ont adulé tel un génie qui a su refondre la psychanalyse dans le creuset du structuralisme et de la linguistique.
    « L’inconscient est structuré comme un langage » est une phrase-clé de son enseignement théorisant le décryptage des productions inconscientes infiltrées dans son champ d’expression, la parole. De même, quand Lacan déclare que « l’inconscient est le discours de l’Autre », il entend que le désir, clé de voûte de l’inconscient, est toujours désir de l’Autre, et le « parlêtre » existe grâce à la castration.
    On peut regretter d’un tel penseur qu’il n’ait jamais livré ses propres rêves à l’interprétation, qu’il n’ait fait aucun cas de toutes les cures qu’il a menées en tant qu’analyste et qu’il n’ait pas jugé utile de faire part de sa propre analyse : la clinique lacanienne a résisté à l’auto-analyse et n’a fait que réinterpréter les travaux des autres y compris Freud. Enfin, après l’échec de l’application d’un nouveau type d’analyse didactique, appelé « la passe », Lacan dissout l’EFP en 1980, contesté par nombre de ses disciples. Jusqu’à la fin de sa vie il tentera, en vain, d’attribuer à la psychanalyse le statut de science exacte à partir des recherches logiques de ses concepts comme les mathèmes ou les nœuds borroméens. Un sentiment d’échec et d’inachèvement de ses objectifs traverse la dernière période de sa vie, qui le laissent amer, blessé et circonspect quant à l’utilité même de l’analyse, vécue alors comme « une plaie…la dernière forme de démence sociale ».
    Principaux ouvrages :
    Écrits, Paris, Seuil, 1966
    Le Séminaire, Paris, Seuil, 1973-1995 (plusieurs tomes).

    Lacanisme

    Courant de pensée provenant des théories et concepts développés par Lacan*. Ce mouvement psychanalytique né à partir de 1953, se développa au sein de l’École Freudienne de Paris créée par Lacan en 1964 et gagna une stature internationale dans les années 60. Mais, après le décès de Lacan en 1981, le lacanisme fut dispersé en une multitude de groupuscules et d’écoles dans le monde entier. Lacan, en désirant opérer un « retour à Freud* », a effectué une application littérale des textes freudiens, adoptant finalement une position très orthodoxe du freudisme.
    Le lacanisme adhère de prime abord à la théorie freudienne métapsychologique. Cependant il en diffère par un système de pensée qui a non seulement modifié la clinique freudienne en créant de nouveaux concepts mais qui a aussi institué une technique analytique de la cure radicalement distincte de la didactique de Freud. En outre, le lacanisme revêt l’avantage d’avoir développé la clinique des psychoses, dont l’origine a été mise en rapport avec la symbolique, ainsi que la recherche sur la paranoïa. Enfin, il a inventé une théorie du sujet et de l’être, le « parlêtre », au sein de la métapsychologie, et s’est servi de la linguistique pour décoder l’inconscient. Le lacanisme se veut le seul et unique héritier du freudisme, dans la mesure où il a renouvelé en la modernisant la pensée de Freud.
    Mais, en 1964, l’I.P.A. (International Psychoanalytical Association), qui revendique au niveau mondial la fidélité à l’héritage freudien, exclut le courant lacanien qui se disait seul représentant de la légitimité freudienne.
    À présent, le mouvement lacanien est surtout implanté en France ainsi que dans quelques pays européens et aux États-Unis. Il regroupe dans l’hexagone une cinquantaine de groupes et d’écoles, dont Jacques-Alain Miller, gendre de Lacan et transcripteur de ses œuvres, est la figure de proue et aussi le dirigeant de l’Association Mondiale de Psychanalyse (A.M.P.), nébuleuse lacanienne internationale.
    Lapsus
    Erreur de langage que le sujet commet malgré lui. On parle de lapsus linguae pour une faute orale (omission, interversion, confusion, etc.) et de lapsus calami en présence d’une erreur par l’écrit. Il n’est en rien dû à un manque de connaissance, il qualifie uniquement des erreurs de langage que l’individu ne fait pas habituellement.
    Comme tout acte manqué*, le lapsus est révélateur d’un conflit entre la volonté consciente et un désir inconscient. Dans bien des cas, il exprime le contraire de ce que l’individu voulait dire mais celui-ci n’est pas toujours prêt à en admettre une interprétation pourtant évidente.
    Le lapsus peut également rester incompréhensible et insensé au premier abord, il a alors une signification plus complexe (voir : : condensation) et ne peut être interprété à la lettre.

    Latence

    La période de latence, aussi appelée phase de latence, est la période de développement de la vie sexuelle de l’enfant qui se situe entre 6 et 12 ans environ, soit après la fin du complexe d’Œdipe* jusqu’avant l’avènement de la puberté. Pendant cette période tous les acquis de la sexualité infantile* des phases précédentes semblent tomber dans le refoulement le plus total. D’après Freud, il y aurait un arrêt voire une régression des pulsions infantiles, dû à un sentiment d’incapacité à satisfaire ses désirs œdipiens et aussi à une prédétermination du développement psychosexuel* de l’enfant. Ainsi, au cours de la période de latence, on assiste à une désexualisation des relations objectales ainsi que des affects, les pulsions sexuelles sont considérablement réduites ou converties en tendresse. C’est la période pendant laquelle se mettent en place des mécanismes de défense* importants (refoulement*, formation réactionnelle*, sublimation*) qui permettent à l’enfant de construire son moi, en accédant à une plus grande autonomie, et son surmoi*, en intériorisant les interdits parentaux.
    Pour Freud, que la période de latence soit massive ou complètement absente peut occasionner de graves conséquences voire de sérieux problèmes dans le développement du futur homme. Selon lui, la sublimation (orientation des pulsions sexuelles vers d’autres buts, notamment artistiques) qui se fait jour au cours de cette phase constitue un apport capital dans l’élaboration psychique de l’individu.

    Libido

    Énergie psychique qui sous-tend tout ce qui concerne l’amour dans son sens psychosexuel le plus large (de soi-même, des autres, de l’objet, d’idées, etc.). Indéfinie quant à sa quantité et fondamentalement sexuelle de par son caractère, la libido est au service de la pulsion, elle en représente son aspect psychique. Elle est instinct de vie au service de la satisfaction et l’édification de la personnalité va dépendre de la façon dont elle aura pu s’épanouir face aux conflits que font naître les interdits.
    La libido s’organise particulièrement autour d’une zone érogène* à chacun des stades* que connaît l’évolution de l’enfant. Il arrive qu’elle investisse un stade plus qu’un autre, on parle alors de fixation* ou encore qu’elle procède à une régression* vers un stade inférieur dans le cas d’un Œdipe résolu de manière insatisfaisante. Lorsque le Moi lutte contre ce désir de régression, la névrose apparaît comme transformation pathologique de la libido.
    Dans la phase archaïque de l’auto-érotisme, les tendances sexuelles sont comme libres et autonomes et trouvent satisfaction dans le propre corps de l’individu. Lorsque le Moi est constitué, ces tendances se concentrent sur celui-ci, on parle alors d’une libido narcissique. Ce n’est que dans un troisième temps qu’elle se transforme en libido objectale lorsque l’enfant fait ses premiers choix amoureux vers des objets extérieurs.

    Libre association

    La libre association est une des règles fondamentales de la psychanalyse qui, posée dès le début de la relation analytique, va donner à celle-ci son intention de libre communication. La mise au point de cette méthode permis à Sigmund Freud d’abandonner la technique de l’hypnose*.
    La libre association invite le sujet à dire spontanément tout ce qui lui vient à l’esprit sans aucune autocensure, sans retenue, sans honte ni préjugé. Le patient doit oser verbaliser toutes ses idées et émotions sans exception, quand bien même et surtout si elles lui apparaissent repoussantes, inintéressantes, voire culpabilisantes. Les pensées ainsi associées et verbalisées constituent l’essentiel du matériel de travail durant les séances psychanalytiques. L’absence de concentration dont fera preuve l’individu permettra un abaissement des résistances. Freud a exploité cette technique pour la première fois avec ses patientes hystériques qui lui ont indiqué clairement cette voie en 1895.
    Le choix des associations, le fait qu’elles apparaissent à la conscience, est un processus défensif propre à chaque individu, il est donc lourd de significations et de symboles, d’éléments inconscients et de résistances utiles au thérapeute.
    Partant du principe que, dans le cadre analytique, la pensée de l’individu conduit vers ce qui est représentatif du refoulé, la libre association devient une chaîne significative d’éléments qui laisse percevoir à l’analyste la nature de la demande du sujet. En effet, malgré une apparente incohérence, les associations effectuées ne sont pas le fruit du hasard, elles expriment de façon plus ou moins allusive (selon l’intensité de la résistance* mise en place), la nature du refoulé* et permettent aux défenses inconscientes de se dévoiler.
    Comme pour le rêve, plusieurs chaînes de contextes différents peuvent apparaître dans le discours associatif de l’individu, elles forment alors un complexe* et les endroits où elles se recoupent sont des points nodaux.

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    Maniaco-dépression (voir aussi : Psychose maniaco-dépressive)

    Forme de psychose caractérisée par des troubles de l’humeur importants au cours desquels le sujet vit en alternance des épisodes maniaques, et des épisodes dépressifs, avec parfois entre les deux, une certaine stabilité.
    Durant la phase maniaque, le sujet est hyperactif, euphorique, excessivement gai et optimiste, avec un sentiment d’invincibilité et de toute puissance.
    Durant la phase dépressive, on assiste à une sorte d’anéantissement du moi : le sujet est d’humeur morbide, triste, désespérée, souffrant moralement comme physiquement parfois. Il est écrasé par le poids d’une culpabilité diffuse, s’accablant d’auto reproches. Durant cette période, le risque de suicide est important, car il y a expression d’un processus de destruction sadique par auto-agression.
    C’est durant la phase archaïque de structuration que s’établit le rapport à l’objet/mère, d’abord sur un mode fusionnel, puis en tant que deux entités distinctes. La découverte de cette séparation au sens symbolique, combinée à une intense activité fantasmatique servant à la construction du sujet, se solde par une phase dépressive. Normalement surmontée, elle ouvre au nourrisson de nouveaux horizons (découverte du monde ailleurs que dans l’objet/mère). Mais parfois, il y a impossibilité d’accepter cette perte, et fixation à cet état de la phase orale, et aux affects morbides qui en découlent (angoisse, tristesse, colère, agressivité, sadisme, etc.) Le sujet peut évoluer dans sa construction, mais il persiste en lui une blessure jamais refermée, et à chaque nouvelle perte réelle ou fantasmée, il se retrouve confronté au même processus d’enlisement. Cette blessure archaïque peut générer un état mélancolique classique de façon permanente, accompagné d’un fort sentiment d’auto-dépréciation, d’auto-agression (les reproches que s’adresse le sujet sont en réalité inconsciemment adressés à l’objet décevant, auquel il s’est identifié).
    Mais parfois, on assiste à une sorte de rédemption du sujet, qui paraît guéri, il a l’illusion d’être libéré de l’objet perdu. Il en ressort triomphant, et adopte des comportements radicalement opposés à ceux qu’il manifestait jusqu’ici : il est dans un état d’excitation extrême. Il s’agit de la phase maniaque. En réalité, le sujet souffre toujours de cette béance inscrite en lui, mais se situe à l’autre pôle de sa maladie (on parle d’ailleurs de maladie bipolaire).
    La maniaco-dépression est parfois d’autant plus difficile à définir qu’elle peut ne présenter aucune régularité dans l’alternance des états maniaques et dépressifs, elle peut ne se présenter que sous la forme d’une succession d’états maniaques, entrecoupés d’état stables, ou uniquement dépressifs, avec des épisodes stables : à partir de la structure mélancolique, se dessine tout une palette de possibilités d’expressions de la maladie.

    Masculin/Féminin ou Masculinité/Féminité

    Couples d’opposés centrés sur des différences sexuelles fonda-mentales qui caractérisent l’homme et la femme dans leur spécificité biologique. Freud y ajoute aussi des différences entremêlées, d’ordre psychologique et sociologique qui ne peuvent prêter à aucune équivalence dans les deux sexes. De plus, il a quelque peu remis en question dans la psychologie traditionnelle ces notions de masculin et de féminin, leur préférant au début l’opposition entre activité et passivité. Dans la phase prégénitale, c’est le couple actif/passif* puis le couple phallique/castré qui prévalent sur l’opposition masculin/féminin, ce n’est qu’à la période pubertaire que l’enfant s’identifie pleinement à son sexe*.
    Or, étant donné qu’il n’attribue pas d’antagonisme psychique fondamental entre l’homme et la femme, Freud défend la thèse de la bisexualité* chez tous les humains. D’après lui, chaque être refoule dans son inconscient un conflit inexprimé entre des tendances masculines et féminines. Ainsi, les attitudes féminines passives, comme le masochisme, sont présentes chez l’homme au même titre que le désir de dominer l’autre et l’envie du pénis* font partie intégrante de la sexualité féminine : ces diverses motions pulsionnelles refoulées existent autant dans un sexe que dans l’autre. Selon lui, la masculinité et la féminité pures, totales, ne sont concevables dans aucune acception, qu’elle soit biologique ou psychologique.
    Par contre, Freud concède quelques particularités très masculines, telles la libido*, l’activité, la névrose de contrainte, le sadisme, alors que les singularités féminines restent l’angoisse*, l’intuition, la passivité*, l’hystérie* et le masochisme*. Mais, en définitive, l’inconscient de l’homme et celui de la femme ne peuvent pas être fondamentalement différents, pour Freud, la bisexualité psychologique de tout être fait éclater toute tentative de nomenclature respective des sexes masculin et féminin. Enfin, on pourrait ajouter que l’enfant perçoit très jeune l’opposition masculin/féminin chez tous les membres de sa famille, qu’ils soient parents, frères ou sœurs, grands-parents, oncles ou tantes, cousins…, lui permettant de réaliser des identifications précoces, marque d’un héritage transgénérationnel* capital.

    Masochisme

    Voir : Sadisme et Sadomasochisme

    Masturbation (voir aussi : Auto-érotisme)

    La masturbation est une pratique qui consiste à obtenir le plaisir sexuel par l’excitation des parties génitales. C’est une activité, dans un premier temps, auto-érotique normale à laquelle se livrent tous les enfants dans leur développement psychosexuel. Elle n’est pathologique que pratiquée de manière compulsive chez l’enfant, ou si elle est exclusive dans une sexualité adulte.
    Cette pratique auto-érotique marque la découverte intérieure de l’exploration de son corps. La masturbation apaise les tensions psychiques et physiques de l’enfant. Toutes les mesures d’interdiction et de menace de la part des adultes à l’encontre de l’enfant, créent une profonde culpabilité, l’idée que c’est sale, honteux.
    L’intervention des parents n’est souhaitable que lorsque l’enfant pratique la masturbation en public, il sera alors nécessaire de lui expliquer que c’est de l’ordre du privé, de l’intime.
    L’enfant y renoncera dans un développement plus ou moins normal de manière partielle ou totale aux environs de sept ans, puisque la pré-puberté est une période où l’érotisme est en sommeil pendant laquelle l’enfant investit d’autres choses que son corps : amis, école, sport, etc.
    Maternel

    Sentiment ou disposition naturelle propre à une mère. L’attachement de la mère à sa progéniture semble lié à un instinct prolongeant la grossesse et l’accouchement : la maternité qui promeut la femme dans son nouveau rôle de mère. L’instinct maternel désigne un amour dont les composantes sont naturelles, profondes et inconscientes. Il peut subir des dysfonctionnement pathologiques : ainsi, l’instinct devient exalté chez la mère anxieuse, surprotectrice, c’est le type même de la mère phallique* entretenant l’immaturité de sa progéniture ; il est plutôt affaibli chez la femme narcissique, immature, puérile, plus soucieuse de sa beauté physique et de son attirance sexuelle que de son rôle de mère ; enfin, l’instinct est perverti chez la femme victime de troubles mentaux, ou qui a subi un traumatisme infantile. Le comportement maternel est non seulement issu de l’instinct de la mère mais il est aussi hérité d’une culture et d’un environnement particuliers. De même, l’identification infantile à sa propre mère est primordiale dans le choix d’attitude de la future mère vis-à-vis de son enfant.
    La relation mère-enfant est capitale, reposant au départ sur une dyade éminemment fusionnelle, dans laquelle le père a du mal à s’immiscer. René Spitz a démontré qu’il y avait une corrélation étroite entre certains types de comportement maternel et les pathologies du nourrisson (voir : Hospitalisme). En effet, la mère représente pour l’enfant un objet d’amour originel unique et infini qui, au fil des âges, subit des modifications. Dès la naissance, la mère est associée par le nourrisson au sein, objet qui lui apporte la satisfaction pulsionnelle majeure. Le sein maternel est vécu dans la position schizo-paranoïde comme un objet partiel, clivé en deux entités opposées : le bon sein* et le mauvais sein. La notion de mère « suffisamment bonne » (good-enough mother) créé par Donald Winnicott*, désigne une mère « acceptable » qui accompagne les demandes de l’enfant pour que celui-ci s’en accommode. Néanmoins, le sevrage maternel constitue une des premières expériences douloureuses de castration pour le nourrisson. L’attachement préœdipien à la mère se change pour la petite fille en attrait pour le père. Plus tard, le dénouement du complexe d’Œdipe consacre la séparation mère-enfant.
    Il est à noter que, de nos jours, de plus en plus de pères ont un comportement maternel vis-à-vis de leur progéniture ; en effet, on assiste à une phallicisation des femmes-mères qui sont déjà engagées dans un processus de conquête de bastions masculins dans tous les secteurs de la vie sociale, politique, économique et culturelle ; ne laissant aux hommes que la possibilité de s’investir dans des rôles ou des tâches traditionnellement dévolues aux femmes…

    Mauvais objet

    Dès les premiers temps de la vie, les fondations du rapport à l’objet (à l’autre) s’élaborent selon deux ressentis bien distincts et opposés : le bien-être, sensation de plénitude et de satisfaction, dispensé par un bon objet gratifiant (correspond à la réponse positive et immédiate de la mère face à la demande du nourrisson), et l’agressivité, l’angoisse et la colère produites par la frustration (dispensée par un mauvais objet parce que frustrant, corres-pondant à l’attente du sein lorsque le nourrisson a faim, à l’absence momentanée de la mère, ou à tout autre source d’insatisfaction).
    C’est sur ce prototype, expériences de l’amour et de la haine, que se structure le rapport à l’autre, appréhendé en tant que bon ou mauvais objet, ou bon et mauvais à la fois. Dans un premier temps, le petit enfant ne peut concevoir l’objet qu’en terme de bon ou mauvais objet, en fonction de la satisfaction qu’il lui apporte (mode clivé), puis peu à peu, il va admettre qu’un seul et même objet peut être à la fois bon et mauvais (mode ambivalent, où l’enfant reconnaît que c’est bien la même mère qui est tantôt gratifiante tantôt frustrante).
    Ainsi, tout objet frustrant est considéré comme haïssable. Si la frustration est inhérente à la réalité de la vie, elle n’est supportée que dans une certaine mesure par le nourrisson : c’est dans la progression de sa construction que le frustrant devient acceptable, voire de moins en moins frustrant, et même constructif, puisque c’est du manque et du conflit que naît la créativité. Pourtant, il est essentiel que le bon objet soit retenu comme prédominant par rapport au mauvais, (introjection du bon objet), car si les frustrations sont trop importantes, si les soins sont absents (carences affectives) ou destructeurs (prodigués avec agressivité), l’enfant se remplit du mauvais objet, il est construit voire confondu avec lui, et le rapport à l’autre s’élabore sur la base d’un objet de référence mauvais, dangereux et néfaste.

    Mauvais sein

    Voir : Bon sein/Mauvais sein

    Mécanisme de défense

    Processus psychologique inconscient* qui se met en place automatiquement et provisoirement pour répondre à une situation perçue par la personne, comme une menace pour son équilibre ou son intégrité.
    Par exemple pour pallier l’angoisse générée par un souvenir trop douloureux ou par des pulsions inacceptables pour notre conscience, le mécanisme de défense mis en place sera de refouler hors de la conscience ce qui nous angoisse. Le refoulement* est un mécanisme fondamental qui préserve inconsciemment l’individu d’un conflit* pénible à vivre consciemment. Dans certains cas, on pourra alors observer des amnésies de défense* telles que les trous de mémoire, les lapsus* ou encore les actes manqués*.
    C’est donc une stratégie adaptative qui se retrouve chez n’importe quel individu.
    Ces mécanismes sont en fait des moyens de défense du moi* utilisés aussi bien dans un fonctionnement psychique normal (ils interviennent dans le processus de maturation psychique depuis les premiers échanges de l’enfant avec l’extérieur) que dans le cas de troubles psychopathologiques. Ils sont divers et complexes et peuvent même se combiner, alterner, ou encore évoluer au cours de notre vie et notamment au cours de la thérapie.
    Néanmoins les mécanismes de défense n’offrent qu’une solution partielle car ils ne permettent pas de résoudre complètement un problème mais plutôt d’y échapper.
    De plus, ainsi répétés, ils sont très coûteux en énergie pour l’organisme. D’ailleurs c’est lorsque ces mécanismes sont plus coûteux en énergie que la chose contre laquelle ils sont censés nous protéger qu’il y a risque de basculer dans la névrose* voire dans la psychose*.
    Un travail psychanalytique permet alors de renforcer le moi en mettant à bas notamment ces mécanismes de défense, mais aussi de permettre la résolution des conflits notamment par la sublimation*.

    Mélancolie (voir aussi : Dépression ; et : Psychose maniaco-dépressive)

    Cette psychose se caractérise par une grave dépression qui se traduit par une grande tristesse, du désespoir, des regrets, du dégoût… Des idées pessimistes préoccupent le sujet qui connaît un ennui morbide et une grande douleur morale. Son mal est profond car il ne vit que dans la conscience de son malheur. Tout cela l’accable, le plonge dans un état de torpeur et réduit considérablement, voire totalement, ses activités intellectuelles et physiques.
    Le risque de suicide est très présent chez le mélancolique qui a un besoin démesuré d’affection et d’estime. Lorsque l’anxiété domine chez le sujet, celui-ci est alors fortement tourmenté et vit en permanence dans la peur d’une catastrophe imminente.
    Le sujet mélancolique ne connaît pas l’origine de son mal, il pense l’avoir toujours connu et l’incapacité dans laquelle il se trouve d’envisager le futur ou plutôt cette faculté de n’entrevoir celui-ci qu’à l’image du passé, le plonge dans d’incessantes ruminations morbides relatives au temps passé, au malheur et au mal.

    Métaphore paternelle

    La métaphore simple est un procédé de langage qui consiste à substituer un signifiant à un autre. Lacan* d’ailleurs la définit parfaitement par l’expression « Un mot pour un autre ». Un bon exemple est fourni dans le jeu du Fort-Da* rapporté par Freud où le jeune enfant utilise la métaphore de la bobine pour symboliser sa mère, transposant le rapport alternant la présence et l’absence de la mère dans un jeu lorsqu’il la fait disparaître « au loin » (fort) et réapparaître « là » (da) au gré de son désir.
    Ce jeu du Fort-Da permet dans un second temps à l’enfant de saisir que la relation alternant présence et absence est causée par le désir de la mère pour le phallus incarné par le père, identifié aussi comme le représentant de la loi. Lacan dénommera cette métaphore paternelle « Nom-du-Père*» qui intervient alors comme un nouveau signifiant, remplaçant celui du phallus*.

    Métapsychologie

    Freud est à l’origine de ce terme, utilisé pour désigner l’étude approfondie du psychisme, de façon abstraite et théorique, d’après ses propres concepts fondamentaux.
    La métapsychologie se différencie de la psychologie classique, en ce sens où elle propose une représentation théorique de la vie psychique, organisée selon trois points de vue : dynamique, topique et économique. Cette représentation est à la source même de la méthode psychanalytique.

    Moi

    Il constitue l’une des trois instances psychiques (ça – moi – surmoi) de la deuxième topique.
    Il représente la partie la plus adaptée du sujet, la plus aboutie. Il se construit à partir du ça, puis devient une entité réellement autonome, séparée du ça. Il a pour tâche de composer en permanence entre les désirs du ça, les exigences du surmoi, et la réalité extérieure. Il trouve des solutions de compromis, visant l’abaissement des tensions crées par les conflits internes. Il est en grande partie conscient, mais une partie se trouve dans l’inconscient : ce sont les processus stratégiques de compromis, appelés mécanismes de défense (refoulement, déplacement, fantasme, déni, etc.).
    Trop de mécanismes de défense mènent à des symptômes ou conduites pathologiques : ces mécanismes étant imparfaits et souvent inadaptés, la partie pulsionnelle (désirante) insatisfaite toujours grandissante doit pouvoir se décharger, elle s’exprime alors par le symptôme. Le moi, dans ce cas, n’a pas trouvé meilleure issue.
    La psychanalyse se donne pour tâche la conscientisation des conflits, des désirs inconscients contrariés, de façon à diminuer les mécanismes de défense pathogènes : la conscientisation désamorce les processus de défense employés jusque-là par le moi inconscient. Le moi conscient, dégagé des phénomènes de défense inconscients, récupère de l’énergie. Un moi faible ou affaibli amène le plus souvent à des difficultés ou l’impossibilité à s’adapter aux exigences de la vie. Il est alors sujet à des attitudes dépressives, conduites autodestructrices, addictives, masochistes, etc. Plus le sujet conscientise, plus le moi est fortifié. Les sujets ayant un moi fort sont les plus adaptés, les plus autonomes et individués.

    Moi idéal

    On ne retrouve pas chez Freud de distinction dans les concepts de moi idéal et d’Idéal du moi* mais certains auteurs les ont différenciés.
    Le moi idéal serait archaïque et donc formé bien antérieurement et essentiellement sur le mode narcissique infantile (liaison avec le sentiment de toute puissance), si bien que Jacques Lacan situe son origine au stade du miroir*.

    Moi-peau

    Notion élaborée par le psychanalyste français Didier Anzieu en 1985, intermédiaire entre la métaphore et le concept. D’après lui, le moi enveloppe l’appareil psychique à l’image de la peau qui enveloppe le corps. Il considère que l’enveloppe psychique primaire est essentiellement tactile, et correspond à ce qu’il a nommé le « Moi-peau ». Ainsi, on peut retrouver dans le moi les principales fonctions de la peau comme l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, le pare-excitation*, le soutien de l’excitation sexuelle… Le Moi-peau s’enrichit grâce aux diverses enveloppes sensori-motrices qui s’emboîtent les unes dans les autres. Anzieu a développé son concept d’enveloppe psychique, le Moi-peau, à partir de la notion freudienne d’enveloppe du Moi-corps et des travaux de W.Bion* sur la relation contenant-contenu.

    Musicothérapie

    La musicothérapie est une forme de psychothérapie relationnelle qui utilise la musique, ou plus justement le son, dans le cadre d’un accompagnement ponctuel du sujet en difficulté (ce dernier contribuant activement à la thérapie).
    Qu’il puisse être dit musical de part sa structure mélodieuse ou qu’il consiste en des rythmes particuliers, l’élément son ne laisse jamais indifférent. Il touche l’être et sa sensibilité au plus profond. La musique lui parle… et la pratique musicale lui permet d’ex-primer. En effet, parce qu’elle touche ses émotions, il arrive que la technique musicale permette au sujet une communication alors que celle-ci s’était avérée jusqu’alors impossible.
    La musicothérapie est l’objet d’une élaboration sérieuse de la part de médecins, de musiciens et de spécialistes du son qui étudient sa portée tant psychique que physiologique. Elle est utilisée dans des domaines variés. Ainsi, si elle permet une réelle relation thérapeutique (soit par la pratique active d’un instrument par le sujet, soit par l’écoute de sons choisis spécifiquement), l’emploi de sons et de musiques (non moins sélectionnés) est fréquemment fait dans certains lieux où ils contribue à la création d’une atmosphère de détente. C’est le cas dans certains blocs opératoires mais aussi dans des centres de rééducation (physique, orthophonique …).

    Mythomanie / Mythomane

    Terme créé en 1905 par Dupré pour désigner une tendance pathologique plus ou moins consciente à l’affabulation et au mensonge. Selon Freud, la fabulation correspond à la fois à une mise en doute et aussi à une surestimation des images parentales, qui débouche sur un clivage du moi. L’enfant à la période prépubertaire a recours à des fantasmes* répondant à des éléments combinant l’érotisme et l’ambition. C’est le fameux roman familial* qu’il échafaude à partir d’intrigues réelles et d’histoires fantasmées. D’après Abraham, l’enfant, frustré de l’affection de ses parents opère un repli narcissique et utilise des stratagèmes mythomaniaques pour inciter son entourage à l’aimer pour davantage le décevoir par la suite.
    Chez l’adulte, le syndrome mythomaniaque est toujours associé voire dépassé par d’autres traits de caractère dénotant un déséquilibre psychique. Ainsi la mythomanie est très présente chez les psychopathes*, et en constitue parfois un mode d’action permanent. Un des aspects les plus patents de cette façon d’être est la sursignification concernant le sujet-même à l’aide de fables mêlées à des faits réels enjolivés. Le mythomane a constamment recours à cette surabondance de significations pour exister. Sa fabulation romanesque du vécu peut atteindre le pseudo-délire ou inclure des délires de persécution*, de jalousie*, ou évoluer vers la mégalomanie* et le fantastique. Cette mise en scène d’une vie idéalisée est un alibi engendrant une personne fictive dont le moi est une pure fabulation. Ce besoin d’affabulation permanente répond à un désir de séduction dont le sujet sait en tirer le maximum.
    Néanmoins, le mythomane est poursuivi par la crainte constante d’être découvert : s’il est démasqué, il choisit la fuite pour narrer ses fables à d’autres, voire le suicide raté qui lui permet de renaître en s’octroyant une autre identité pour inventer d’autres mensonges… Le mythomane vit dans l’illusion perpétuelle qu’un miracle va se produire : celui de son mensonge devenu enfin réalité.
    Le comportement mythomaniaque chez l’hystérique se traduit par le recours à la fable à connotation sexuelle afin de lui permettre de s’insérer dans une sexualité virtuelle. Chez le pervers, le mensonge n’est pas une fin en soi mais un moyen de parvenir à nuire voire à détruire la victime qu’il a ciblée. Enfin, le mythomane peut exercer en groupe organisé en vue d’un gain souvent financier (escrocs, voleurs, charlatans …) et verser dans la délinquance. Il est en général difficile de mener une thérapie face à ce type de pathologie car le mythomane, soit prend peur devant la dénégation du thérapeute et se réfugie dans le mensonge, soit devient trop familier avec le thérapeute qui a commis l’erreur de feindre de le croire et s’est fait ainsi son complice. Le mieux est de n’accorder qu’une écoute volontairement ambiguë à tout ce qui paraît fabulé, et n’ aborder que ce qui semble certain, seul moyen de ne pas être dupe et de discréditer l’attitude mythomaniaque. Helen Deutsch* et Wilhelm Steckel* ont mis en évidence dans leurs travaux l’importance du dédoublement de la personnalité dans la structure mythomaniaque qui navigue constamment entre le fantasme et la réalité.

    Maternel

    Sentiment ou disposition naturelle propre à une mère. L’attachement de la mère à sa progéniture semble lié à un instinct prolongeant la grossesse et l’accouchement : la maternité qui
    promeut la femme dans son nouveau rôle de mère. L’instinct maternel désigne un amour dont les composantes sont naturelles, profondes et inconscientes. Il peut subir des dysfonctionnement
    pathologiques : ainsi, l’instinct devient exalté chez la mère anxieuse, surprotectrice, c’est le type même de la mère phallique* entretenant l’immaturité de sa progéniture ; il est plutôt
    affaibli chez la femme narcissique, immature, puérile, plus soucieuse de sa beauté physique et de son attirance sexuelle que de son rôle de mère ; enfin, l’instinct est perverti chez la
    femme victime de troubles mentaux, ou qui a subi un traumatisme infantile. Le comportement maternel est non seulement issu de l’instinct de la mère mais il est aussi hérité d’une culture
    et d’un environnement particuliers. De même, l’identification infantile à sa propre mère est primordiale dans le choix d’attitude de la future mère vis-à-vis de son enfant.
    La relation mère-enfant est capitale, reposant au départ sur une dyade éminemment fusionnelle, dans laquelle le père a du mal à s’immiscer. René Spitz a démontré qu’il y avait une
    corrélation étroite entre certains types de comportement maternel et les pathologies du nourrisson (voir : Hospitalisme). En effet, la mère représente pour l’enfant un objet d’amour
    originel unique et infini qui, au fil des âges, subit des modifications. Dès la naissance, la mère est associée par le nourrisson au sein, objet qui lui apporte la satisfaction
    pulsionnelle majeure. Le sein maternel est vécu dans la position schizo-paranoïde comme un objet partiel, clivé en deux entités opposées : le bon sein* et le mauvais sein. La notion de
    mère « suffisamment bonne » (good-enough mother) créé par Donald Winnicott*, désigne une mère « acceptable » qui accompagne les demandes de l’enfant pour que celui-ci s’en accommode.
    Néanmoins, le sevrage maternel constitue une des premières expériences douloureuses de castration pour le nourrisson. L’attachement préœdipien à la mère se change pour la petite fille en
    attrait pour le père. Plus tard, le dénouement du complexe d’Œdipe consacre la séparation mère-enfant.
    Il est à noter que, de nos jours, de plus en plus de pères ont un comportement maternel vis-à-vis de leur progéniture ; en effet, on assiste à une phallicisation des femmes-mères qui sont
    déjà engagées dans un processus de conquête de bastions masculins dans tous les secteurs de la vie sociale, politique, économique et culturelle ; ne laissant aux hommes que la possibilité
    de s’investir dans des rôles ou des tâches traditionnellement dévolues aux femmes…

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    Narcisse

    On retrouve le mythe de Narcisse dans de nombreuses versions de la mythologie grecque. Toutes sont différentes suivant l’attirance du narrateur à privilégier plus ou moins certains aspects. C’est néanmoins la version très vivante des Métamorphoses d’Ovide qui retient le mieux notre mémoire : Narcisse, fils du dieu-fleuve Céphise et de la nymphe Liriopé, est doté d’une beauté exceptionnelle. Dès sa naissance, le devin Tirésias consulté par sa mère, prédit que l’enfant vivra vieux s’il arrive à ne jamais voir son propre visage.
    Devenu adulte et doté de toute la puissance de sa séduction, Narcisse attire malgré lui hommes et femmes auxquels il reste totalement insensible et indifférent. Allant jusqu’à mépriser l’amour de la nymphe Echo, celle-ci, consumée par la douleur finit par se pétrifier pour ne laisser qu’un son. La colère des dieux ne tarda pas et à ceux qui criaient vengeance, la déesse Némésis, punissant la démesure et condamnant l’excès, apporta son aide.
    Narcisse fut poussé un jour de chasse et de grande chaleur, à se désaltérer à une source limpide. C’est alors qu’il aperçut son reflet et devint amoureux fou de son image. Entré dans une telle langueur et imperturbable dans sa passivité, il fut ainsi détruit par l’amour qu’il se portait à lui-même. La légende dit qu’il fut finalement métamorphosé en une fleur portant désormais son nom et aimant pousser près des points d’eau.
    Dans la littérature, c’est ainsi que Narcisse représente symboliquement l’amour de soi, et qu’il a servi dans l’observation psychanalytique de ce comportement (refusant de se tourner vers autrui et de s’investir ailleurs), à produire le terme de Narcissisme*.

    Narcissisme

    Ce concept freudien fait référence à Narcisse*, figure de la mythologie grecque, amoureux de son image, pour désigner l’amour de soi, de sa propre personne de manière excessive.
    Même si ce terme fut déjà prononcé auparavant par Paul Näcke en 1899, Freud prononça pour la première fois le terme de « narcissisme » en 1910 pour désigner cet investissement particulier de la libido sur la personne elle-même notamment dans le cadre de ses théories sur l’homosexualité. En réponse à de nombreux débats, il cherchera à élaborer une véritable théorie du narcissisme, et durant 25 ans il apportera des précisions à ce concept au fur et à mesure qu’il élaborera la fonction du moi.
    Cette notion, fondamentale en psychanalyse pour la compréhension de certains processus, n’en est pas moins complexe.
    L’amour de soi exclusif sous-entend que l’objet investi par l’énergie psychique (ou libido) est le moi (libido du moi), au détriment du monde extérieur et de la réalité (libido d’objet).
    Aussi l’énergie psychique étant limitée, l’investissement par la libido balance entre ces deux pôles : l’un est plus ou moins favorisé au détriment de l’un ou de l’autre.
    Le narcissisme englobe de ce fait l’ensemble des processus qui permettent à la libido d’investir le moi ainsi que les effets de cet investissement.
    L’élaboration freudienne a tout d’abord distingué trois stades se succédant dans le temps, pour décrire le développement du narcissisme chez l’individu : l’autoérotisme*, le narcissisme primaire* et le narcissisme secondaire.

    - Autoérotisme dans le sens d’une satisfaction, d’une jouissance qu’une partie du corps prend sur elle-même, puisque l’enfant nouveau-né ne peut appréhender son corps comme une unité mais seulement en partie. Ces parties du corps deviennent alors autant de territoires pulsionnels « partiels » indépendants des uns des autres et investis comme objets, cherchant chacune pour soi, leur satisfaction sur le corps propre.

    - Narcissisme primaire dans le sens où chez l’enfant l’investis-sement de la réalité ne s’étant pas mis en place (la différentiation de l’enfant par rapport au monde extérieur n’est pas nette), l’investissement de la libido se fait sur son corps en tant qu’objet d’amour unique.

    - Narcissisme secondaire dans le sens où la libido ne s’investit plus comme précédemment dans les objets extérieurs (bien que l’enfant se structurant, ait acquis à ce stade de développement la capacité de le faire), mais se reporte sur le moi (amour de soi qui est le résultat d’expériences avec l’objet c’est-à-dire d’introjection et d’identification à l’objet). C’est le narcissisme du moi (réglé par l’idéal du moi) qui dans les cas extrêmes d’investissement de la libido sur le moi et donc de retrait de tous les objets extérieurs, peut conduire à la psychose.

    Puis Freud apportera quelques modifications à cette vision distinctive, notamment en ne renvoyant plus le narcissisme primaire à un moment du développement de l’enfant mais au contraire comme une entité économique s’exprimant depuis les premiers temps de l’individu (archétype de la vie intra-utérine) et depuis lors, de manière continue dans notre inconscient. De ce fait le narcissisme constituera un état et non un stade qui se voudrait un instant particulier de l’évolution. Freud effacera ainsi toute distinction entre l’autoérotisme et le narcissisme.
    Toutefois, la localisation du narcissisme originaire en rapport avec l’élaboration du moi demeurant confuse, c’est plus tard que Lacan* situera son origine avant le stade du miroir* : ce moment où l’enfant capte son image dans le miroir, et où il y a reconnaissance de soi et de l’autre (plus particulièrement la mère) qui a été un miroir fondamental pour l’image qu’a l’enfant de lui-même et constitutif de son moi.
    Françoise Dolto* apportera à cette théorie une réflexion sur le rôle du langage maternel. Cette communication parolière, quelle qu’elle soit, constitue un moment privilégié, fixant déjà « l’image du corps » qu’a l’enfant de lui-même au-delà de toute perception visuelle ; et instaure un état de satisfaction centré sur le désir plus que sur le besoin. Ainsi le langage joue alors un rôle de médiateur, de liaison, entre le moi et le semblable. Ces circuits pré-établis et toujours les mêmes (définis par Freud comme un système de frayage), biologiques ou psychiques sont ceux empruntés par l’énergie de l’individu. De leur cohésion, de leur maintien, constituant de ce fait le narcissisme, dépendrait alors le moi de chacun.
    Le narcissisme est donc nécessaire à l’évolution de l’individu et participe à sa constitution depuis l’anarchie des pulsions partielles jusqu’au choix d’objet, mais il peut devenir pathologique quand il exclut tout investissement objectal.

    Narcissisme primaire (voir aussi : Narcissisme)

    Chez l’enfant, état où l’amour de soi est entièrement autosuffisant, et où donc sa libido* (issue du ça) est totalement investie sur lui-même, lui valant les qualificatifs d’état « anobjectal » et « indifférencié ». Freud tentera même d’élaborer les rapports (forts contestés aujourd’hui) existants entre narcissisme primaire et l’état autistique initial du nourrisson.
    Mais la notion de narcissisme primaire varie selon les auteurs, qu’il s’agisse de sa description ou encore de sa situation chronologique (mouvement difficile à situer dans l’évolution de l’individu), et certains vont même jusqu’à en discuter l’existence.
    La relation d’objet* est notamment discutée par Mélanie Klein* qui avance l’existence de relations d’objet chez le nourrisson. Elle contestera également la notion de stade narcissique qui, selon elle, n’est pas approprié quand on observe des retours de la libido sur les objets intériorisés. Elle préfèrera le terme d’état narcissique.

    Neurasthénie

    Névrose classée par Freud dans les névroses actuelles*. Souvent associée à la névrose d’angoisse, la neurasthénie propre, se caractérise par un état morbide et des troubles fonctionnels. Son origine est due essentiellement à des troubles somatiques* : onanisme (voir : Masturbation) immodéré ou pollutions spontanées constituant un traumatisme* infantile. De nos jours ce terme n’est plus très usité, on lui préfère celui de mélancolie*.

    Neuroleptique

    Les neuroleptiques sont des médicaments psychotropes qui se caractérisent par leur activité thérapeutique dans les psychoses.
    Les neuroleptiques ou antipsychotiques sont tous des antagoniques dopaminergiques actifs au niveau du système nerveux central. Les neuroleptiques manquent de spécificité et perturbent le fonctionnement d’autres récepteurs : récepteurs muscariniques (effets atropiniques), récepteurs alpha-adrénergiques (effets hypotenseurs), récepteurs H1 de l’histamine (effets sédatifs). Certains effets latéraux sont dus à ce manque de spécificité.
    Les effets secondaires des neuroleptiques sont : les effets sédatifs, les effets endocriniens, l’action anti-émétique, les effets extra-pyramidaux, les dyskinésies, sont communs à tous les anti-psychotiques. Le mécanisme de la prise de poids est mal élucidé mais cet effet est fréquent avec tous les antipsychotiques. L’hypotension ortho-statique est à la fois due au blocage alpha et à un effet vasodilatateur direct. Elle est surtout liée à la prise des phénothiazines ou de la clozapine. Les effets anticholinergiques (troubles visuels, bouche sèche, constipation, rétention urinaire, tachycardie, confusion) sont très marqués avec les phénothiazines et la clozapine.

    Les principaux neuroleptiques :

    Ils sont tous d’origine synthétique et peuvent se diviser en groupes chimiques :
    Les phénothiazines dont le chef de file reste la chlorpromazine (Largactil®). Les butyrophénones, le chef de file est l’halopéridol (Haldol®). Les benzamides dont le chef de file est le sulpiride (Dogmatil®). Les thioxanthènes (Fluanxol®). Formules chimiques diverses des nouveaux antipsychotiques « atypiques » (Risperdal®, Zyprexa®).

    Neutralité (voir aussi : Cadre ; Cure psychanalytique ; Empathie)

    La neutralité est une des qualités requises essentielles à la cure analytique. Le psychanalyste* se doit, à l’égard de l’analysant*, de faire preuve d’une « neutralité bienveillante ». Très tôt, Freud dégage du travail analytique cette notion indispensable au bon déroulement de la cure en effet, dès ses Études sur l’hystérie, il souligne l’importance du rôle de l’analyste et des fonctions empathiques de celui-ci.
    L’analyste ne doit pas être sous le joug de valeurs ou règles morales, quelles que soient ces valeurs : celles-ci seraient réductrices et entacheraient la relation transférentielle, base du travail thérapeutique.
    L’analyste, dans le cadre analytique, doit donc faire tomber au préalable ses propres a priori, ses propres limites, sa fierté. Cela se caractérise, concrètement, par l’absence de prise de position quant aux conflits* du sujet*, l’analyste ne « désire » pas pour son patient. Il ne doit pas transmettre au patient ce qui lui semble juste mais se consacrer exclusivement aux intérêts de celui-ci.
    Sur la fonction interprétative de l’analyste, la neutralité s’adapte selon les situations : dans les cas de psychose, par exemple, l’analyste peut avoir recours à une neutralité moindre, « jouant » parfois la fonction transférentielle de la mère. Cette situation est l’exception qui confirme la règle, l’analyste doit faire preuve, dans les cas d’analyse classique d’une neutralité, d’une objectivité ressentie par l’analysant : celle-ci permettra de rassurer le patient et secondairement, le transfert sera rendu possible. C’est la raison pour laquelle Freud donne parmi les conditions requises à la pratique de la psychanalyse l’obligation du futur psychanalyste d’être lui-même analysé. D’autre part, lors de son analyse que l’on appelle didactique, il fera tomber ses propres limites afin de s’orienter le plus près possible d’une véritable neutralité : c’est l’ « objectivité bienveillante », ou empathie.

    Névrose

    Affection mentale qui apparaît chez un individu suite à des frustrations* et des conflits* psychiques inconscients qui n’ont trouvé, pour leur résolution, qu’un compromis insatisfaisant (voir : compromis, refoulement, mécanismes de défense). Le conflit névrotique, qui trouve son origine dans la vie infantile, est au centre de la théorie psychanalytique, la névrose révèle ce conflit par le symptôme*.
    Le névrosé est conscient de son mal être, de sa différence et c’est une des raisons qui fait de lui un être difficilement enclin au bonheur avec des difficultés relationnelles affectives et sociales bien présentes. Les symptômes psychologiques dont il se plaint mais qu’il ne parvient pas à expliquer entraînent souvent des troubles corporels tels que fatigue, douleurs physiques non liées à une réelle atteinte organique, difficultés sexuelles, irritabilité, troubles du sommeil, sujet à l’angoisse, etc. Bien qu’il ne soit pas totalement marginalisé par son état parce qu’il a appris à vivre tant bien que mal avec celui-ci, le névrosé sera considéré par son entourage comme quelqu’un qui ne profite pas totalement de la vie, difficile à comprendre, tourmenté et c’est bien ainsi qu’il se perçoit lui-même.
    S’il a fait, en quelque sorte, le choix inconscient de la névrose afin de chasser l’angoisse, celle-ci réapparaît dès qu’il doit faire face à des situations inattendues, réfléchir trop intensément, prendre des décisions etc. On aura bien compris que si la névrose ne désocialise pas véritablement l’individu, elle est un frein certain pour son épanouissement personnel.
    On retrouve principalement le terme névrose dans trois groupes distincts que la théorie psychanalytique permet de définir : les névroses traumatiques*, les névroses actuelles* et les psychonévroses*.

    Névrose actuelle

    La névrose actuelle est le résultat de certains troubles du fonctionnement sexuel qui n’appartiennent pas au passé du sujet mais qui concernent sa vie actuelle. Si ces troubles sont bien d’ordre sexuel comme dans la psychonévrose, la névrose actuelle se différencie totalement de cette dernière par ces mêmes symptômes, ceux-ci appartenant au domaine somatique et non à celui du psychisme.
    La névrose actuelle naîtra principalement dans le cas d’une excitation sexuelle interne qui ne trouve pas de décharge ou lorsque celle-ci reste insatisfaisante entraînant des perturbations dans bien des domaines tels que celui du sommeil, du relationnel ou encore des aptitudes physiques, elle peut également entraîner de l’anxiété, un manque d’intérêt, de l’ennui et des sentiments d’infériorité.
    La névrose d’angoisse*, la neurasthénie* et l’hypocondrie* sont des névroses actuelles. Les symptômes n’étant pas de nature symbolique*, la névrose actuelle ne relève pas de la psychanalyse. Toutefois, il arrive que ces mêmes symptômes cachent des conflits beaucoup plus anciens, la névrose actuelle peut donc se superposer à une psychonévrose et entraver le travail de la psychanalyse (une psychothérapie* est d’ailleurs plus indiquée) mais elle est surtout, dans bien des cas, annonciatrice d’une psychonévrose.

    Névrose de transfert

    C’est ainsi que l’on désigne également les psychonévroses* car ces dernières peuvent être traitées par l’intermédiaire du transfert* dans le cadre d’une psychanalyse. La névrose de transfert s’établit au travers de la relation du sujet avec son analyste, elle est intimement liée au conflit qui a initié la névrose infantile* qu’elle va révéler. La névrose de transfert est donc indispensable au travail analytique dans la mesure où elle est révélatrice de la névrose initiale qu’elle rend accessible.
    L’analyse et la dissolution de cette dernière entraînent la résolution de la problématique pour laquelle le sujet a consulté.

    Névrose d’abandon (voir aussi : Abandon ; Abandonnique)

    La névrose d’abandon prend sa source à l’époque préœdipienne chez un enfant qui percevrait une absence d’amour pour lui de la part de sa mère (à ne pas confondre avec l’hospitalisme* consécutif à une réelle séparation d’avec la mère.).
    Ce manque entraîne des troubles de nature à entraver la construction du moi* de l’enfant, figé en quelque sorte à ce stade où le désir de fusion reste fort. Tout cela a pour conséquence majeure une profonde et continuelle insécurité affective.
    Adulte, l’abandonnique* ne peut s’individuer car le faire serait pour lui vivre sans l’Autre. L’idée de séparation reste chose impossible et laisse apparaître en lui l’angoisse tant son insécurité affective est grande. Le sujet abandonnique peut également montrer de l’agressivité en réaction à la frustration car manquer de quelque chose lui est intolérable.
    Il est sans cesse à la recherche d’amour, de fusion dans le but de se rassurer et pour cela, il peut donner beaucoup de lui-même jusqu’à une réelle dévalorisation de sa personne dans des comportements qui peuvent aller jusqu’au masochisme*.

    Névrose d’angoisse

    Type de névrose qui est à classer parmi les névroses actuelles* car elle est sans objet* bien défini. Elle trouve son origine dans un excès d’excitation sexuelle dans la vie actuelle du sujet, excès se manifestant directement en symptôme*.
    Elle se caractérise, plus particulièrement chez la femme, par une attitude dévoilant une anxiété sous jacente prête à se révéler, sans raison plausible et à tout moment, sous forme de manifestations physiques diverses (cardio-vasculaires, respiratoires, digestives, génito-urinaires, neurologiques…). On retiendra donc que la névrose d’angoisse est directement liée à des facteurs exogènes et qu’elle survient chez un sujet qui, n’étant pas en mesure de sublimer* l’excitation sexuelle, utilise la voie de la somatisation sans passer par le psychisme.

    Névrose d’échec (voir aussi : Complexe d’Œdipe)

    Ce terme est utilisé lorsqu’il apparaît, de façon évidente chez un individu, une aptitude systématique à échouer alors qu’il est prêt à obtenir quelque chose qu’il souhaite ardemment ou bien encore lorsqu’il ne parvient pas à assumer le bénéfice d’une réussite.
    C’est à René Laforgue* que nous devons ce terme qu’il a développé dans de nombreux travaux, avant lui Sigmund Freud* avait déjà observé ce phénomène particulier qu’il relia au complexe d’Œdipe et qui procèderait de la façon suivante :
    Le désir conscient de succès de l’individu est lié, dans son inconscient au fantasme* d’un autre désir plus archaïque qu’il a connu dans la période œdipienne, cet interdit indicible que fut son désir inconscient de meurtre sur le parent de même sexe que lui afin de réaliser l’inceste. Pour être épargné de la castration qu’un tel acte entraînerait, le petit garçon renonce à son désir. Cependant, avec la croyance d’une possible castration, est née une angoisse et plus celle-ci aura été importante, plus le complexe de castration* qui en résulte sera puissant. Le surmoi condamne alors tout ce qui peut ramener l’individu au scénario œdipien (tendances affectives, sexuelles, désir de vaincre) entraînant une forte culpabilité que l’individu va éviter en utilisant un comportement de fuite.
    En résumé, le désir de succès qui ramène l’individu au désir inconscient œdipien, entraîne avec lui une forte culpabilité qui ne disparaîtra qu’avec sa propre mise en échec. Le sujet dit en névrose d’échec procède de l’autopunition car inconsciemment, il se sent en faute et un coupable ne méritant pas le succès, plus le désir conscient de réussir sera puissant, plus l’échec annihilera une possible réussite.

    Névrose familiale

    Sorte de tableau psychique familial inconscient composé de l’interaction des diverses névroses individuelles au sein d’une famille. Dans une thérapie d’enfant, la névrose familiale va quelquefois permettre au thérapeute de resituer l’enfant par rapport à la perception inconsciente qu’a ce dernier de son entourage (relativement à la loi parentale, aux règles familiales, etc.) et de percevoir dans quelle mesure celle-ci (la névrose familiale) a une part de responsabilité au regard des éléments qui ont amené les troubles névrotiques chez l’enfant.
    Si le thérapeute ne néglige pas cette part de responsabilité de la névrose familiale, l’intérêt qu’il lui portera sera tout de même relatif aux besoins de la cure. C’est un instrument supplémentaire utile à l’approche de l’inconscient du jeune patient.

    Névrose hystérique

    Elle se caractérise par divers symptômes corporels ou psychiques, polymorphes qui sont la conséquence de conflits psychiques inconscients. Dans la névrose hystérique, l’expression de la maladie se fait donc essentiellement par le corps au travers de troubles neurologiques mais également sous forme de troubles psychiques (voir : Hystérie.) La personnalité hystérique est essentiellement caractérisée par le souci constant de plaire, de séduire, d’attirer l’attention. Pour ce faire, le sujet exagère sous forme de théâtralisme l’expression de ses émotions, il semble en faire toujours trop. Une demande affective très importante le rend dépendant de l’Autre avec qui il instaure une relation superficielle, faussée dès le départ par les ‘’manœuvres’’ séductrices inconscientes utilisées (adaptation de ses opinions en fonction des opinions d’autrui, apparats physiques excessifs, érotisation des rapports en général, mythomanie etc.).
    Tous ces aspects contribuent à rendre la personne hystérique instable, égocentrique, fortement conditionnée par le milieu dans lequel elle vit, évitant toute frustration et, parce que dans toute situation pouvant l’affecter elle utilise de façon massive le refoulement*, l’hystérique s’épargne toute angoisse de façon désarmante.
    Névrose infantile

    La névrose infantile est bien souvent à l’origine de la névrose chez l’adulte. L’enfant, à un moment donné, doit dépasser le plus correctement possible son désir œdipien, il doit renoncer. De la qualité de résolution de cette étape va dépendre l’aptitude qu’il aura plus tard à satisfaire ses désirs tout en acceptant la réalité et les interdits.
    Durant cette période où la sexualité infantile est à son point culminant, l’enfant vit fortement ce conflit inconscient (amour pour l’un des parents, haine envers l’autre) jusqu’à ce que la peur de la castration et la mise en place du surmoi* le détournent du complexe d’Œdipe.*
    Le refoulement* massif qui s’opère alors va permettre de repousser dans l’inconscient les représentations d’un désir incestueux par trop culpabilisant. Mais le refoulement, comme tous les mécanismes de défenses* est un processus incomplet, il laissera dans son sillage les traces d’un sentiment de culpabilité accentué par la présence du surmoi.
    La névrose infantile naît de ces lacunes, entre autres celle d’un refoulement imparfait et de l’incapacité à faire totalement ce premier deuil indispensable.
    La psychonévrose qui apparaît chez l’adulte (voir : Retour du refoulé, et : Refoulement ), est intimement liée à la névrose infantile par la nature de son conflit (voir : Névrose de transfert).
    L’évolution de l’enfant se fait au travers de nombreuses transformations qui sont autant d’étapes propices au remaniement de sa personnalité ainsi, en présence de névroses infantiles décelées tôt, un traitement psychothérapeutique sera efficace dans bien des cas.

    Névrose narcissique

    Alors que Freud utilise ce terme dans un premier temps pour désigner les psychoses* et les différencier des névroses de transfert*, il semblerait qu’aujourd’hui, ce mot soit plutôt assimilé à des états-limites (voir : borderline*.)
    Freud dissocie la névrose narcissique de la névrose de transfert parce qu’elle procède d’une régression au cours de laquelle la libido du sujet va se retirer du monde extérieur et se fixer sur le Moi c’est pourquoi, dans ce type d’affection, la relation analytique ne peut se faire, le sujet étant incapable d’établir un transfert*. Il résiste fortement par une sorte d’absence, une réelle indifférence au monde qui l’entoure, il en est de même face à la présence de l’analyste.
    Depuis, certains psychanalystes apportent à cette définition une nuance qui n’est pas sans importance car elle concerne la capacité au transfert du névrosé narcissique. Selon eux, cette capacité qui certes est excessivement réduite reste tout de même existante mais le transfert est alors de type tout à fait archaïque et, le repli libidinal en soi ramenant le sujet à l’état de confusion entre sujet et objet (qui ne font qu’un), l’approche reste extrêmement délicate.
    Le névrosé narcissique n’a pas conscience d’une réalité psychique et toute tentative faîte dans le but de changer cet état semble rester vaine dans la mesure où ce système de défense dans lequel il s’est réfugié lui permet d’évacuer instantanément toute espèce d’angoisse.

    Névrose obsessionnelle

    Cette psychonévrose* est caractérisée par la présence de symptômes compulsionnels et de pensées obsédantes. Le sujet se sent contraint, obligé d’effectuer certains actes, certains gestes sur lesquels il n’a aucune maîtrise. Des pensées gênantes et incongrues surviennent sans cesse et le poussent à des rituels parfois bien complexes dont le but inconscient est de réduire une trop forte angoisse qui va ressurgir dès qu’une excitation rappellera une fonction sexuelle initiale.
    L’obsessionnel consacre une grande partie de son énergie psychique (et de son temps !) à repousser ces idées qui l’assaillent et à effectuer par superstition les rituels qu’il s’impose.
    On peut dire qu’en apparence ce sont ses symptômes (défenses obsédantes) qui le font souffrir et le privent de liberté mais ces symptômes se sont mis en place dans le but de restreindre les fonctions de son ça* jusqu’à le séparer totalement de son moi* tant il redoute une quelconque résurgence dont il ne sait absolument rien. Le symptôme serait le côté visible des efforts fournis par le moi (dans toutes les instances* qu’il occupe) contre l’angoisse que fait naître l’appréhension du retour du refoulé. Il a pour rôle de détourner le sujet de la pulsion sexuelle* originelle refoulée.
    Les associations qu’utilise le sujet ne servent que son cérémonial, elles sont déroutantes car elles sont établies pour empêcher le cheminement vers l’inconscient et servir à l’isolement du moi.
    L’obsessionnel s’attache à son symptôme, celui-ci devient indispensable car son moi a besoin de lui. Il va donc lui porter de plus en plus d’intérêt ; cet intérêt grandissant va lier le symptôme au moi et finalement donner à celui-ci une certaine jouissance. Mais comme il refuse tout plaisir, à cette jouissance l’obsessionnel va opposer des impératifs de plus en plus complexes et inaccessibles, il tend ainsi à annuler tout désir. Le surmoi* du sujet est favorisé par la méfiance grandissante d’un moi sans cesse sur ses gardes, il en devient plus rigoureux et interdit encore et toujours plus, soumettant le moi et provoquant la culpabilité.
    Car bien que l’obsessionnel n’ait pas de perception inconsciente donc, pas le ‘’sentiment’’ d’une culpabilité due au souvenir d’un refoulé archaïque, son surmoi est tellement présent et accablant qu’il devient en lui-même la preuve d’une culpabilité dont le sujet ne peut, bien évidemment pas connaître l’origine (lire Freud à ce sujet : « Remarques sur un cas de névrose obsessionnelles : L’Homme aux rats », dans Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1999).
    Névrose phobique (voir aussi : Phobie)
    La névrose phobique est une psychonévrose qui se caractérise par la peur intense et irraisonnée qu’éprouve un individu face à un objet donné dit phobique.
    L’objet phobique va permettre à l’individu de re-lier une forte angoisse libre (la névrose phobique est dite secondaire à une hystérie d’angoisse.). Ainsi canalisée à nouveau, l’angoisse ne réapparaîtra qu’en présence de l’objet phobique qui a donc le pouvoir de matérialiser un élément interne redouté appartenant au domaine de l’inconscient.
    Le choix inconscient que va faire l’individu d’un objet phobique plutôt que d’un autre va entraîner un manque de liberté plus ou moins important pour celui-ci. En effet, plus l’objet sera commun à son quotidien, plus la marge de sa liberté d’action en sera réduite. (Une névrose phobique rendue célèbre par Freud fut celle du petit Hans : « Analyse d’une phobie chez un petit garçon de cinq ans : Le petit Hans » dans Cinq Psychanalyses, Paris, PUF, 1999).

    Névrose traumatique

    Concerne un individu qui ne peut gérer un puissant choc émotionnel suite à une excitation exogène soudaine. Par exemple un sujet assiste à un attentat (excitation exogène) et se trouve dans l’incapacité psychique de maîtriser la puissante émotion qui l’assaille. Les névroses traumatiques sont souvent liées à la notion de mort et leur évolution dépend du terrain psychologique de l’individu et de son histoire.
    L’individu peut être victime de flashs post traumatiques. Ce phénomène par lequel l’événement traumatisant réapparaît à la conscience de façon fréquente vise la maîtrise du conflit, cela peut prendre également la forme d’un mauvais rêve récurrent où l’individu revit sans cesse l’instant du trauma. La névrose traumatique peut aussi entraîner des symptômes psychonévrotiques de type : obsession grandissante, culpabilité (dans le cas de névrose du survivant), phobie et plus rarement conversion hystérique.
    Le traitement des névroses traumatiques les plus graves consiste essentiellement en une mise au repos des centres nerveux supérieurs par une cure de sommeil suivie par une psychothérapie de soutien.
    Nirvâna

    Nom du Père

    Concept créé par Lacan* en 1956 pour désigner le signifiant de la fonction paternelle. Il ne s’agit pas du patronyme du père mais de cette fonction paternelle qui a été intériorisée par l’enfant. Ainsi, le père en donnant son nom à l’enfant représente la loi à ses yeux ; la fonction paternelle est une dénomination permettant à l’enfant d’acquérir son identité, tout en le privant du pouvoir de la mère, ce qui favorise l’éclosion de l’idéal du moi*. Le Nom du Père incarne toute expression symbolique produite par la mère ou l’enfant qui soit capable de représenter l’instance paternelle de la loi interdisant l’inceste. D’autre part, l’enfant perçoit ce nom comme une métaphore d’un objet paternel inconnu désiré par sa mère. De ce fait, le Nom du Père est le produit de cette métaphore paternelle* qui exprime le désir de l’enfant croisé par celui de la mère. Enfin, le père est non seulement la figure emblématique de la loi mais aussi celui qui père-met (permet) l’expression du désir.
    Le Nom du Père reste un concept fondamental en psychanalyse car le patient recherche toujours dans la cure ce qui peut régir son destin : il tente de comprendre la façon dont il doit s’accorder avec son désir. Si le signifiant du Nom du Père n’est pas symboliquement réalisé, l’enfant ne est incapable de se structurer, et dès lors aboutit à la psychose*. Lacan dénomma cette dérive la forclusion* du Nom du Père. Cette théorie lacanienne fait écho au thème de la paternité que Freud évoqua souvent en démontrant que la psychanalyse provenait en partie d’un sentiment de déclin de l’imago paternelle et symbolisait en quelque sorte une tentative de réhabilitation de la paternité*. Lacan a lui-même souffert de sérieuses défaillances de la part de son père, ainsi que de l’impos-sibilité, sous l’Occupation, de déclarer légalement à l’état-civil un enfant naturel qu’il avait eu avec la femme de Georges Bataille.

    Normalité

    La normalité n’est pas une notion globale mais propre à chaque individu. C’est un sentiment d’équilibre que chaque être ressent en fonction de son vécu, de son expérience* et qui va lui permettre de vivre le quotidien sans trop de difficulté vis-à-vis des multiples situations rencontrées au cours de son existence.
    Rester le même dans le temps face aux différentes personnes qui nous entourent. Accepter d’être sans se comparer à l’autre. Vivre dans l’action et non pas dans un monde imaginaire lié au passé.
    L’être « normal » doit être le créateur de son présent mais aussi de son avenir. La normalité ne peut être détachée de la réalité, c’est donc accepter ses désirs et ses manques sans pour autant tomber dans la souffrance mais c’est également accepter les règles de la vie.

    Neutralité (voir aussi : Cadre ; Cure psychanalytique ; Empathie)

    La neutralité est une des qualités requises essentielles à la cure analytique. Le psychanalyste* se doit, à l’égard de l’analysant*, de faire preuve d’une « neutralité bienveillante ».
    Très tôt, Freud dégage du travail analytique cette notion indispensable au bon déroulement de la cure en effet, dès ses Études sur l’hystérie, il souligne l’importance du rôle de
    l’analyste et des fonctions empathiques de celui-ci.
    L’analyste ne doit pas être sous le joug de valeurs ou règles morales, quelles que soient ces valeurs : celles-ci seraient réductrices et entacheraient la relation transférentielle, base
    du travail thérapeutique.
    L’analyste, dans le cadre analytique, doit donc faire tomber au préalable ses propres a priori, ses propres limites, sa fierté. Cela se caractérise, concrètement, par l’absence de prise de
    position quant aux conflits* du sujet*, l’analyste ne « désire » pas pour son patient. Il ne doit pas transmettre au patient ce qui lui semble juste mais se consacrer exclusivement aux
    intérêts de celui-ci.
    Sur la fonction interprétative de l’analyste, la neutralité s’adapte selon les situations : dans les cas de psychose, par exemple, l’analyste peut avoir recours à une neutralité moindre, «
    jouant » parfois la fonction transférentielle de la mère. Cette situation est l’exception qui confirme la règle, l’analyste doit faire preuve, dans les cas d’analyse classique d’une
    neutralité, d’une objectivité ressentie par l’analysant : celle-ci permettra de rassurer le patient et secondairement, le transfert sera rendu possible. C’est la raison pour laquelle Freud
    donne parmi les conditions requises à la pratique de la psychanalyse l’obligation du futur psychanalyste d’être lui-même analysé. D’autre part, lors de son analyse que l’on appelle
    didactique, il fera tomber ses propres limites afin de s’orienter le plus près possible d’une véritable neutralité : c’est l’ « objectivité bienveillante », ou empathie.

    Nirvâna

    Voir : Principe de Nirvâna

    Névrose infantile

    La névrose infantile est bien souvent à l’origine de la névrose chez l’adulte. L’enfant, à un moment donné, doit dépasser le plus correctement possible son désir œdipien, il doit renoncer.
    De la qualité de résolution de cette étape va dépendre l’aptitude qu’il aura plus tard à satisfaire ses désirs tout en acceptant la réalité et les interdits.
    Durant cette période où la sexualité infantile est à son point culminant, l’enfant vit fortement ce conflit inconscient (amour pour l’un des parents, haine envers l’autre) jusqu’à ce que
    la peur de la castration et la mise en place du surmoi* le détournent du complexe d’Œdipe.*
    Le refoulement* massif qui s’opère alors va permettre de repousser dans l’inconscient les représentations d’un désir incestueux par trop culpabilisant. Mais le refoulement, comme tous les
    mécanismes de défenses* est un processus incomplet, il laissera dans son sillage les traces d’un sentiment de culpabilité accentué par la présence du surmoi.
    La névrose infantile naît de ces lacunes, entre autres celle d’un refoulement imparfait et de l’incapacité à faire totalement ce premier deuil indispensable.
    La psychonévrose qui apparaît chez l’adulte (voir : Retour du refoulé, et : Refoulement ), est intimement liée à la névrose infantile par la nature de son conflit (voir : Névrose de
    transfert).
    L’évolution de l’enfant se fait au travers de nombreuses transformations qui sont autant d’étapes propices au remaniement de sa personnalité ainsi, en présence de névroses infantiles
    décelées tôt, un traitement psychothérapeutique sera efficace dans bien des cas.

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    Objet

    Pour comprendre la notion d’objet en psychanalyse, il faut quitter son sens habituel réduit à « chose » et le concevoir comme une personne.
    C’est ce vers quoi tout être humain se tourne dans sa relation à l’autre. Cet objet peut être une personne totale ou bien une partie d’elle ; et il peut être aussi bien réel que fantasmé, idéalisé.
    On appelle ainsi la personne qu’on aime « objet d’amour ».
    Ce concept d’objet est inséparable de la vie pulsionnelle, car il « est ce en quoi ou par quoi la pulsion peut atteindre son but » (voir Métapsychologie*). C’est le moyen par lequel la pulsion se satisfait.

    Objet (choix d’)

    Certaines personnes ou parties d’elles sont susceptibles de nous procurer du plaisir mais au fond est-ce que nous choisissons ?
    Selon Freud, l’identification est le stade préliminaire du choix d’objet. Conformément à la phase orale ou cannibalique du développement de la libido, chacun passe par cette expérience de vouloir s’incorporer l’objet. Ainsi, à ce stade oral, l’objet est en correspondance avec la pulsion d’autoconservation, ce qui nourrit ; il est aussi le support de tous les fantasmes oraux (l’envie de dévorer le sein par exemple) sous l’influence de la pulsion orale.
    Le développement psychosexuel est long et à chaque stade se constituent des empreintes à notre insu. L’objet pulsionnel, au bout du parcourt, c’est-à-dire à la puberté, devient un véritable choix d’objet sur la personne totale. Il est marqué par l’histoire infantile de chacun. Il est souvent le combiné de traits singuliers passés.
    En vérité, cette élection de l’objet d’amour est plus proche d’une reconnaissance non consciente – ce que nous reconnaissons et aimons dans l’Autre est déjà en nous.
    Freud dans « Pour introduire le narcissisme » a décrit deux grands types de choix d’objet : le choix par étayage et le choix narcissique. Selon le premier modèle, par étayage, l’objet d’amour est élu sur le prototype des figures parentales (la femme qui nourrit ou l’homme qui protège). Les pulsions sexuelles se sont « soumises » aux pulsions d’autoconservation parce que les premières satisfactions sexuelles ont été associées aux personnes qui nous ont nourris et protégés durant l’enfance. Ainsi l’objet sexuellement satisfaisant est celui qui rassure et qui protège.
    Dans le second modèle, le choix d’objet narcissique, comme son nom l’indique, se fonde sur la relation du sujet à sa propre personne. On aime l’autre parce qu’il est semblable à soi idéalement ou partiellement. Sur ce modèle, il arrive aussi que le sujet restaure son unité perdue quand son amour symbolise la personne (la mère) qui a été une partie de lui.

    Objet (relation d’)

    Dans la conception freudienne, cette expression détermine les modalités fantasmatiques que nous développons face au monde extérieur et qui orientent nos choix d’objets. Aussi, la relation du sujet à l’objet n’est pas figée mais conçue dans une perspective développementale selon les réaménagements successifs de la vie pulsionnelle et sexuelle. Les stades prégénitaux de la libido* décrits par Freud aménagent tous un mode original de relations d’objets. Par exemple, à la pulsion orale, va correspondre la satisfaction de ce qui nourrit, mais l’analyse des fantasmes de ce stade oral révèle que l’incorporation ne se limite pas à des objets d’alimentation, les autres objets susceptibles de procurer ce plaisir définissant alors la « relation d’objet orale ».
    D’autres auteurs, démarqués de Freud comme K. Abraham ou M. Klein, décrivent d’autres types de relations objectales, dans une perspective non plus libidinale mais structurale de l’activité fantasmatique précoce. La notion de position* remplace celle de stade* et les relations sont vécues comme étant « bonnes » ou « mauvaises » par rapport aux objets. Dans cette théorie ce n’est plus le moi* qui est clivé (voir : Clivage) mais l’objet.

    Objet interne

    Il s’agit de la représentation d’un objet qui prend à l’intérieur de soi la même réalité qu’un objet extérieur. Les objets internes sont conçus sur des images et des fantasmes à partir d’objets externes (personnes ou parties d’elles) par le mécanisme de l’introjection*.
    Dans le sens kleinien, introjecter signifie le passage fantasmatique d’un objet « bon » ou « mauvais », total ou partiel à l’intérieur du sujet.

    Objet partiel

    Ce type d’objet est appelé partiel pour le différencier de l’objet d’amour total (reconnu en tant que personne propre). Il désigne la partie du corps, réelle ou fantasmée, qui assure la satisfaction instinctuelle : le sujet aime l’objet partiel uniquement en fonction de ses besoins.
    Pour comprendre, il nous faut revenir à l’auto-érotisme de l’enfance, période au cours de laquelle les pulsions sexuelles sont dites partielles parce que leur satisfaction concerne une zone érogène déterminée (plaisir sur place, plaisir d’organe). Les parties du corps qui font l’objet de ces pulsions partielles sont principalement le sein, les fèces, et le pénis. Freud, dans les Trois Essais sur la théorie sexuelle, distingue ces objets comme étant spécifiquement investis

    Objet perdu

    C’est la perte de l’objet d’amour qu’elle soit voulue parce que l’on n’aime plus, ou subie quand on est quitté ou séparé dans la mort. Cet abandon* n’est jamais facile à traverser parce qu’il est douloureux (voir Douleur). L’épreuve de la réalité nous rappelle que l’objet aimé n’est plus, et nous « dicte » de retirer toute la libido* des liens qui la retiennent à cet objet. C’est le travail du deuil*.
    Objet primaire (voir aussi : Primaire/objet)
    C’est le sein* que l’on nomme objet primaire dans les trois premiers mois de la vie et qui établit la première relation d’objet du bébé. Véritable support aux fantasmes, l’objet partiel qui nourrit et procure le plaisir de la succion, il est ainsi le premier lieu sur lequel les pulsions orales libidinales et orales destructrices se mettent en action.
    Cette première relation est vécue de façon omnipotente, le sein faisant parti du nourrisson grâce à un procédé hallucinatoire pour le protéger de l’angoisse de persécution qui l’assaille dès la naissance.
    Selon la théorie des phantasmes de M. Klein, le sein se décline tantôt en « bon objet » quand il apaise les tensions, tantôt en « mauvais objet » quand il frustre l’enfant.

    Objet transitionnel (voir aussi : Doudou)

    C’est un terme que le psychanalyste anglais Donald Woods Winnicott* a introduit en 1951 pour expliquer le moyen par lequel le très jeune enfant va passer peu à peu d’un état fantasmatique d’unité avec la mère, à un état où il peut se reconnaître séparé et l’accepter.
    Pour faire cette transition, l’enfant va élire un jouet, une peluche, ou aussi bien ritualiser le mode de séparation (l’incontournable histoire avant de s’endormir par exemple). L’objet transitionnel reste très important longtemps et aménage progressivement le passage d’une relation orale à la mère à une relation objectale.
    Son rôle est aussi de protéger l’enfant contre l’angoisse de séparation* quand se présente la différenciation moi* et le non-moi.

    Obsession (voir aussi : Névrose obsessionnelle et Surmoi)

    On qualifie d’obsession des pensées, des idées qui assaillent le sujet en dépit de sa volonté*. L’obsession revêt différentes formes : du sujet très scrupuleux aux calculs algébriques les plus poussés ou encore les obsessions répondant à une impulsion, l’obsessionnel met souvent en place un rite conjuratoire lui évitant le passage à l’acte* dans l’obsession impulsive.
    À la différence de la phobie* où l’état d’angoisse* est évité par l’absence de contact direct avec l’objet* phobique, l’angoisse chez l’obsessionnel est quasi permanente du fait de son incapacité à se soustraire à l’idée obsédante.
    Une autre caractéristique de l’obsessionnel est la reconnaissance de l’absurdité de la pensée, le sujet est conscient que l’ angoisse est trop forte par rapport à ce qu’elle devrait être mais il ne trouve pas les moyens de diminuer l’anxiété*.
    La névrose obsessionnelle est la conséquence d’un refus surmoïque, suite à la prise de plaisir lors d’un événement sexuel (pas dans le sens génital mais dans le sens de la sexualité infantile). Le processus de l’obsession se déroule comme suit : un désir émane de l’inconscient*, il passe la censure* de l’inconscient au préconscient* puis celle du préconscient au conscient*. Ces censures font que le désir sera refusé, la pulsion* se déchargera donc par l’obsession. On peut affirmer que dans son obsession, le sujet contient son désir refoulé.
    Très souvent, l’obsession réagit par formation réactionnelle*, c’est-à-dire qu’elle s’exprime par l’inverse du désir initial. Par exemple, le désir de saleté donnera un obsessionnel maniaque de la propreté. La formation réactionnelle soulage l’inconscient sous une forme inverse au désir originel ainsi, le sujet ne « voit » pas son vrai désir.

    Oedipe

    Voir : Complexe d’Œdipe.

    Oedipe (mythe d’)

    Pour décrire la relation particulière entre l’enfant et ses parents dans cette période, Freud va se servir d’un modèle de la mythologie grecque antique, le mythe d’Œdipe, dont voici un résumé :
    Laïos, roi de Thèbes, avait épousé Jocaste. Averti par un oracle qu’il serait un jour tué par son fils, Laïos porta l’enfant que venait de lui donner Jocaste sur le Cithéron, et lui perça les deux pieds qu’il attacha solidement. Ainsi pensait-il s’en débarrasser mais un berger découvrit l’enfant qui fut adopté par Polybe, roi de Corinthe. Devenu grand, Œdipe eut par un oracle la révélation de sa destinée. Il s’exila alors de ceux qu’il considérait comme ses véritables parents. Sur la route, il se prit de querelle avec un inconnu et le tua. Il s’agissait de son père, Laïos. En parvenant à Thèbes, il battu le Sphinx, monstre qui dévastait la ville. En récompense, il épousa Jocaste. Voulant venger la mort du roi, il découvrit qu’il en était l’assassin et donc, le fils de Jocaste. La terrible prophétie s’était donc réalisée. Jocaste se pend de honte et de désespoir, et Œdipe se crève les yeux puis s’exile accompagné de sa fille Antigone.

    Olfactothérapie®

    Il s’agit d’une méthode déposée d’harmonisation par les odeurs. C’est une technique rapide et efficace qui utilise les odeurs de certaines huiles essentielles bien particulière pour la prospection de la psyché profonde, elle privilégie l’émotion associée au souvenir.
    En effet, l’odorat est un sens privilégié pour accéder à l’émotionnel et à l’inconscient. La voie de l’odeur, par son trajet neuronal exceptionnel, court-circuite le mental. En s’adressant directement au cerveau archaïque, l’olfactothérapie® explore facilement cette bibliothèque des émotions et des souvenirs. Le message inconscient, universel et chargé de certaines odeurs, est un archétype.
    Onirique (voir aussi : Rêve)
    Durant le sommeil, pendant la phase dite paradoxale, l’individu connaît une activité onirique c’est-à-dire que c’est au cours de cette phase qu’il rêve. Par onirique, on qualifie l’ensemble de toutes les productions imaginaires concernant le sommeil (rêve? ou cauchemar?).
    Mais le domaine onirique englobe également des productions imaginaires dans la phase d’éveil tels que certains délires hallucinatoires chez l’hystérique (voir : Hystérie) ainsi que les productions émanant du rêve éveillé? en psychanalyse.

    Oralité

    Le stade* oral est le premier stade prégénital de l’évolution sexuelle et psychique d’un individu. Lorsqu’à ce stade la libido investie est amenée à être retardée, et qu’il y a de ce fait difficulté au dépassement de ce stade, on dit qu’il y a fixation au stade oral, que l’individu a fixé en oralité. Ce qui implique qu’il aura tendance à régresser à ce même stade afin de se rassurer lorsque, devenu adulte, il se trouvera confronté à des difficultés qui lui paraîtront insurmontables.
    Le caractère de celui qui a fixé en oralité ressemble à celui du nourrisson que l’on allaite et qui est persuadé que le sein, qu’il a tant désiré et fantasmé, finit par arriver comme preuve à la toute puissance de sa pensée (voir : Pensée magique).
    Être en oralité revient donc à penser (panser !) qu’on a été dépossédé provisoirement d’une faculté de toute puissance qui ne manquera pas de nous être restituée. L’oral est sans doute dans l’attente, le regret et l’insatisfaction permanents.
    L’oral se nourrit de fantasmes et de rêves. Il fait des projets qui n’aboutissent pas la plupart du temps et les contingences matérielles sont difficiles à gérer pour lui.
    Une fixation à ce stade peut se traduire par le choix du métier (cuisinier par exemple), un rapport à l’alimentation perturbé (boulimie), une addiction à l’alcool ou la cigarette ou bien encore les drogues dites dures (le produit que l’on s’injecte symbolisant l’incorporation du lait que l’on recevait). Le principal mécanisme de défense de l’oral est le clivage bon sein/mauvais sein* qui a tendance à s’exprimer dans une relation du « tout ou rien » car la relation mère/nourrisson est caractérisée par les sensations d’apaisement/frustration que l’enfant perçoit.

    Organisation (de la libido/libidinale/prégénitale/génitale)

    Le concept d’organisation en psychanalyse recouvre plusieurs notions qui font toutes référence au développement de la libido*. La sexualité humaine traverse différentes périodes groupées en organisation. On distingue l’organisation de la libido, ou libidinale, l’organisation prégénitale ainsi que l’organisation génitale.
    Freud avait remarqué que l’enfant, au cours de son évolution, était animé par des pulsions partielles* indépendantes et anarchiques qui tendaient toutes vers la satisfaction. Il eut donc l’idée de classer et répertorier ces diverses étapes de la sexualité infantile dans différentes organisations. D’après Freud, la libido de l’enfant est organisée au sein de divers stades* successifs et évolutifs, appelés stades libidinaux, qui caractérisent le développement psychosexuel infantile. L’organisation de la libido de l’enfant correspond en fait à un mode de fonctionnement spécifique de sa sexualité dont les critères varient selon les âges.
    Ainsi, chaque enfant traverse différents stades libidinaux, dont chacun constitue une organisation prégénitale particulière : les pulsions partielles y sont différemment unifiées au sein d’une activité sexuelle liée à une zone érogène déterminée, et d’une relation d’objet spéciale. Freud découvrit successivement l’organisation anale, où les tendances sadiques-anales se révélèrent dans l’activité bivalente de la défécation (rétention/expulsion), l’organisation orale, où la zone buccale concentrait toute l’activité sexuelle du nourrisson, et enfin, l’organisation phallique, dominée par le primat de l’organe sexuel masculin. Ensuite, il classa ces diverses organisations prégénitales selon un ordre chronologique allant de la première enfance jusqu’à la période prépubertaire et les détermina dans les différents stades de l’évolution psychosexuelle de l’enfant. La dernière phase se déroulant dès l’âge de la puberté consacra le cheminement vers une sexualité de type adulte : c’est l’organisation génitale, ultime étape du développement libidinal de l’homme.

    Originaire/Scène primitive

    Voir : Scène primitive originaire

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    P.N.L.

    La programmation neurolinguistique est née en 1973, lorsque le linguiste John Grinder et le mathématicien Richard Bandler, tous deux docteurs en psychologie, se consacrèrent à l’étude de l’excellence en communication.
    À l’origine Grinder et Bandler orientent leurs recherches principalement vers le domaine de la thérapie, la question étant de comprendre comment certains thérapeutes obtenaient de meilleurs résultats par rapport à la plupart de leurs confrères. C’est ainsi qu’ils ont approché certains d’entre eux avec une caméra. Parmi eux des psychologues, des psychiatres, des psychanalystes, des linguistiques et des anthropologues tels que Frits Perls (Gestalt-thérapie), Virginia Satir (Thérapies familiales), Milton Erickson (Hypnose thérapeutique), Paul Watzlawick (Théories des systèmes et de la thérapie), Noam Chomsky (Structure de surface et structure profonde), Edward Hal (Proxémique, l’espace et le temps).
    Suite à leurs premières observations il s’avéra rapidement que les résultats supérieurs à la normale obtenus par ces thérapeutes ne dépendaient pas tant de leur savoir théorique que de leur pratique.
    Partant de ce constat, ils décident de modéliser l’excellence afin de pouvoir la reproduire et mettent au point un certain nombre d’outils auxquels ils donnent le nom de Programmation Neurolinguistique définie comme une thérapie du changement.
    Aujourd’hui la « P.N.L. » est utilisée dans de nombreux domaines tels que la thérapie, le coaching du sport de haut niveau, la communication, le management, etc. Elle a donné un ensemble d’outils permettant d’accéder aux changements.
    La P.N.L. n’est pas une nouvelle thérapie, elle est un modèle, elle recherche comment nous parvenons à réussir l’excellence et non le pourquoi analytique de nos échecs. Elle s’interroge de la façon suivante : P : Comment les individus se programment-t-ils pour réussir ? N : Comment leur cerveau stocke-t-il les séquences de leurs programmes ? L : Comment, avec le langage, codent-ils leurs programmes et comment les restituent-ils ?
    La P.N.L. ne porte aucun jugement de valeur, n’effectue aucune interprétation à propos d’un comportement, elle constate que ce comportement exprime certaines croyances et qu’il obéit à des programmes et stratégies.
    La P.N.L. ne donne pas de recette pour deviner les pensées. En revanche, elle a développé un ensemble de stratégies permettant de coder et reproduire les comportements les mieux adaptés.

    Pourquoi « P.N.L. » ?
    Programmation : parce que l’individu se programme, tout au long de son existence, en mettant en place des façons de penser, de ressentir et de se comporter faces aux multiples situations de la vie. Neuro : parce que chaque individu possède un cerveau et un système nerveux, qu’il est capable de percevoir son environnement, de penser et de ressentir et sélectionner ses comportements.
    Linguistique : parce que le langage d’une personne reflète sa façon de penser, son discours est riche en informations sur la manière dont elle construit son expérience du monde.
    Le conscient et l’inconscient en P.N.L. : le conscient n’est que la partie émergée de notre système nerveux la majorité de nos comportements se déroulent de façon inconsciente donc automatique. Par exemple, lorsque nous passons d’un véhicule avec une boite de vitesses manuelles à un véhicule avec une boite-automatique, il nous arrivent d’essayer de passer les vitesses manuellement, cela dure le temps de perdre nos automatismes inconscients. Un apprentissage conscient est nécessaire pour repasser à un nouvel inconscient automatique.

    La philosophie de la P.N.L.
    Elle est de permettre à l’individu un meilleur accomplissement de lui-même, par une utilisation plus importante de ses ressources personnelles.
    Elle a pour postulats de base :
    • Chaque être est unique.
    • Nous butons sur des limites qui ne sont pas les nôtres mais sur la vision que nous avons de nos limites.
    • Mieux vaut savoir comment « ça marche » plutôt que pourquoi ça ne marche pas.
    • Chacun possède en lui les capacités d’acquérir les ressources nécessaires pour évoluer.
    • La P.N.L. fournit des modèles d’additions de choix.
    • Le sens du message que nous donnons nous est fourni par le sens de la réponse de nos interlocuteurs.
    • Notre vision du monde n’est pas le monde et la construction de notre réalité se fait par des filtres :
    - Filtres neurologiques. L’univers tel qu’il nous apparaît résulte des structures propres à notre cerveau.
    - Filtres culturels. La vision du monde des peuples d’Afrique du sud n’est pas la même que celle des Esquimaux, la culture, les valeurs et le langage sont différents.
    - Filtres personnels. Le milieu dans lequel nous avons vécu, l’éducation que nous avons reçue de nos parents influencent notre vision du monde.
    La base de la P.N.L. propose trois systèmes « VAKO » qui per-mettent de recevoir, stocker, rechercher et restituer les informations venant de l’extérieur.
    Le système de perception « VAKO externe » renvoie au cinq sens par lequel nous captons les informations
    V=visuel
    A= auditif
    K= kinesthésique
    O= odorat, auquel on peut ajouter : G= goût
    Le système de représentation « VAKO interne » renvoie à la manière de recréer mentalement une expérience.
    Le système conducteur est le système qui permet à l’individu d’avoir accès à ses représentations internes, le mouvement de ses yeux et les mots du « VAKO » qu’il emploie, indiquent son système conducteur.
    L’intervenant en P.N.L. (Thérapeute, formateur, Coach) agit sur le « VAKO » de son interlocuteur par :
    - Calibrage en observant finement le comportement de son interlocuteur de façon à déterminer l’état de la personne.
    - Synchronisation en renvoyant en miroir certains comporte-ments inconscients de son interlocuteur (gestes, postures, ton de la voix etc.).
    - Ancrage en associant un état interne avec un comportement externe, l’ancrage est un déclencheur qui produit une réponse automatique et involontaire (à la télévision au moment où le lion attrape la biche, je zappe sur une autre chaîne).
    - Activation de ressources en faisant évoquer et fixer des expé-riences de références à son interlocuteur.

    Paranoïa/paranoïde

    C’est une forme de psychose* dans laquelle le sujet s’éloigne de la réalité par un délire systématisé, parfois proche de la folie. Dans sa manifestation classique, le paranoïaque reste néanmoins maître de ses capacités intellectuelles, il reste intégré dans la société et il excelle dans l’interprétation.
    Les formes de délire généralement rencontrées sont la persécution, la jalousie, l’illusion d’être aimé par quelqu’un (érotomanie*), ou encore la surestimation de soi (délire des grandeurs).
    La paranoïa reste toujours difficile à classer dans la nosographie psychiatrique selon les écoles et les auteurs, car elle est apparentée tantôt à la schizophrénie, tantôt à la démence précoce.
    Pour Freud, l’intérêt de cette déviance psychique s’est porté sur son interprétation psychanalytique : la paranoïa est une psychose* intellectuelle qui s’origine dans un trouble affectif, et le conflit* donne ainsi toute la puissance aux idées délirantes. Pour lui, c’est un procédé pathologique de défense au même titre que l’hystérie* ou la névrose obsessionnelle*.
    De quoi se défend le sujet paranoïaque ? Et qu’est-ce qui le prédispose à ce moyen de défense ?
    Le système délirant du paranoïaque le préserve de l’homosexualité qu’il nie, refoule et rejette au dehors par le mécanisme de la projection*. La prédisposition à la paranoïa s’explique par la fixation du sujet au stade narcissique (autoérotisme*), lorsque dans la psychogenèse de la libido les pulsions sexuelles partielles s’unifient dans le corps pour permettre ensuite l’orientation de la satisfaction vers un objet extérieur. Dans le développement « normal » de la libido, cette transition passe on pourrait dire, d’une identification à son corps propre (au soi) à une identification d’objet hétérosexuel (différent de soi).
    Chez le paranoïaque, ce changement ne s’opère pas ; l’objet satisfaisant étant celui qui lui ressemble (de même sexe) et il y reste fixé. À cette orientation libidinale s’ajoute ce que Freud nomme « le complexe paternel » : le manque d’intégration de la fonction symbolique* du Père qui prive le sujet paranoïaque de toute approche de nature phallique. Le système délirant et constant dans la paranoïa permet ainsi de protéger la structuration psychique du sujet et de suppléer à la symbolique manquante. La persécution* ressentie est projetée au dehors et attribuée à l’autre.
    Cette conception de la paranoïa la distingue ainsi du délire paranoïaque rencontré dans la schizophrénie ou d’autres formes de démence.
    Le terme paranoïde est plus couramment utilisé en référence au concept kleinien de position paranoïde-schizoïde dans laquelle le nourrisson se sent persécuté par le mauvais sein : on retrouve le mécanisme de la projection.

    Pare-excitation (voir aussi : Perception-conscience)

    Terme introduit par S. Freud qui conçoit le pare-excitation comme un filtre mis au service de notre constitution biologique pour parer à des excitations exogènes* si fortes qu’elles ne pourraient être ensuite déchargées (voir : Décharge). Autrement dit, l’organisme serait revêtu d’une « enveloppe protectrice » destinée à le protéger contre les excitations en provenance du monde extérieur.
    Le phénomène de pare-excitation s’inscrit dans une conception topique*, mais plus qu’une localité corporelle, il consiste surtout en une fonction, celle de préserver l’équilibre psychique de l’individu en filtrant sa perception de la réalité extérieure. Une perception trop brutale d’excitations exogènes violentes crée un traumatisme*.

    Passage à l’acte

    La notion de passage à l’acte a été d’abord employée dans la clinique psychiatrique pour désigner la survenue d’une action violente et imprévue chez un patient sous la forme d’une agression contre soi-même (suicide) ou à l’encontre d’autrui (viol, crime, délit…). Le passage à l’acte est caractéristique d’un mode de fonctionnement dominé par le processus primaire où le Moi, tantôt affaibli par des frustrations, tantôt propulsé par des fantasmes d’omnipotence, décharge massivement dans un acte imprévu et irréfléchi toute l’agressivité* qu’il avait refoulée. Freud avait utilisé le terme d’agieren, traduit par l’expression « mettre en acte », pour qualifier les motions pulsionnelles* réactivées par l’analyse que le patient réalisait hors du cadre analytique ; le patient traduisant alors en actes ce qu’il a enfoui dans son inconscient*, il fuit la verbalisation de souvenirs refoulés et se soustrait ainsi au transfert.
    Freud proposait de substituer à la névrose dont souffrait le patient une réelle névrose de transfert* pour le conduire à exprimer les situations émotionnelles refoulées. Le but recherché étant de favoriser par l’évocation des souvenirs pendant la cure*, la manifestation d’émotions fortes au cours d’une relation transférentielle avec l’analyste (phénomène de l’ acting out*), et désamorcer ainsi le processus qui consiste à mettre en acte, en dehors du contrôle analytique, des conflits visant à satisfaire des pulsions* ou des fantasmes* inexprimés.
    Lacan* comparait le passage à l’acte à une action impossible à symboliser, où le sujet sombrait dans une situation de rupture intégrale, s’identifiant à un objet exclu de tout cadre symbolique, et provoquant de ce fait un « saut dans le vide », comme une défenestration, un acte suicidaire inconscient. Selon lui, l’acting out est différent du passage à l’acte car il signifie une demande de symbolisation impossible, exprimée par la mise en acte d’un rejet violent au cours d’un transfert* anarchique pour fuir l’angoisse du non-dit de l’autre ; l’analyste apparaît alors impuissant à canaliser l’impulsivité agressive du patient face aux débordements du retour du refoulé.
    On n’a pas manqué de reconnaître dans le passage à l’acte une défaillance totale de l’élaboration psychique, ou un symptôme d’alexithymie*, par le fait qu’il échappe à la fois à la verbalisation et à la mentalisation. D’après Bergeret, chez les patients « borderline* », le passage à l’acte provient de graves carences dans les identifications primaires, et chez les adolescents, il est le produit de pulsions subites irrépressibles qui abolissent l’angoisse d’une façon immédiate et irrévocable, où le Moi s’effondre brutalement et croit se réapproprier la dominance de la réalité en accomplissant un acte suicidaire.
    De nos jours, certains psychanalystes tendent à utiliser indifféremment le vocable d’acting out pour notifier un passage à l’acte du patient qu’il soit en situation analytique ou non. Il est aussi à noter que l’analyste ne doit pas profiter de son statut pour instituer des relations sexuelles avec ses patients : il doit savoir faire preuve de neutralité* et respecter la règle d’abstinence* qui constitue le fondement intangible de tout acte psychanalytique.

    Passivité - Activité/passivité (voir aussi : Actif/passif)

    La notion de passivité en psychanalyse* ne se conçoit pas sans son antonyme, l’activité. Freud avait l’habitude de traiter certaines notions en couples d’opposés, tels le couple masculin-féminin*, celui du « phallique-castré », ou celui du sadisme*-masochisme*.
    L’activité est donc inséparable de son contraire, la passivité elles forment toutes les deux une polarité d’ordre biologique, les deux autres polarités dominantes, selon Freud, étant celles du « moi-monde extérieur » et du « plaisir-déplaisir ». Le couple actif-passif constitue donc une opposition primordiale dans le psychisme de l’être humain. Ces deux pôles antagonistes et complémentaires que sont l’activité et la passivité forment deux composantes essentielles de la vie pulsionnelle.
    Cette opposition apparaît d’ailleurs dès le stade sadique-anal* où la musculature des sphincters*, associée à la pulsion d’emprise, en constitue l’élément actif, et où la muqueuse rectale et intestinale représente l’élément passif. En outre, Freud relia le pôle de l’activité au sadisme et celui de la passivité à l’érotisme anal. De plus, Karl Abraham* distingua dans le stade sadique-anal deux phases comportementales diamétralement opposées, dans lesquelles les pulsions sadiques s’expriment tantôt par la destruction de l’objet* tantôt par son contrôle absolu, et l’érotisme anal passif se manifeste par l’évacuation ou par la rétention des fèces*.
    La passivité, au même titre que l’activité, renvoie en fait au fonctionnement de la pulsion* conçue comme « un morceau d’activité », mais dont la satisfaction peut parfois être atteinte grâce au « retournement de l’activité vers la passivité ». Il n’y a pas, d’après Freud, des pulsions actives et des pulsions passives, mais c’est le but même de ces pulsions qui revêt un caractère soit actif, soit passif.
    Si l’on veut aborder séparément la passivité, on retrouve ce but pulsionnel dans l’exhibitionnisme, où la personne jouit du regard concupiscent de l’autre, et aussi dans le masochisme*, où la personne jouit d’être avilie. En fait, on s’aperçoit que la personnalité masochiste n’existe que dans la mesure où il trouve son opposé complémentaire, le sadique. En effet, au niveau fantasmatique comme dans son comportement, la personne masochiste n’assouvit vraiment sa pulsion que si elle est en contact avec une personne sadique.
    Autant le couple actif-passif est inséparable, autant le couple sadisme-masochisme fait partie de la même réalité psychique jusqu’à former un ensemble cohérent et complémentaire : le sado-masochisme.
    Enfin, si Freud a souvent assimilé les couples d’opposés actif-passif et masculin-féminin, il n’en a pas moins averti de se garder d’associer l’activité à la masculinité et la passivité à la féminité vers la fin de sa vie, quoiqu’il ait effectivement relié dans sa clinique et sa théorie psychosexuelle ce qui est passif à ce qui est féminin, châtré et masochiste… Néanmoins, on retiendra essentiellement que Freud considéra l’activité et la passivité comme des « caractères fondamentaux…constitutifs de la sexualité en général » (S. Freud, Trois essais sur la théorie sexuelle)

    Paternité / Père


    La paternité désigne à la fois le fait d’être père et le lien juridique unissant le père à son enfant. Par extension, ce terme recouvre la notion de créateur ou d’auteur. Dans la théorie freudienne, la paternité occupe une place prépondérante quant à l’organisation génitale de l’individu qui, s’identifiant au père originaire, éprouve en fin de compte le désir de devenir père à son tour. La paternité dévolue un rôle majeur au père qui, au sein d’une relation triangulaire avec la mère et l’enfant, participe à l’élaboration du complexe d’Œdipe*, contribuant ainsi à structurer l’identité de l’enfant.

    « Si tu veux être le digne fils de ton père, va falloir progresser.
    Moi, à ton âge, je savais déjà faire mes lacets… »

    Objet d’identification primaire, le père est considéré plus tard par son fils comme un rival car il désire s’approprier sa mère, objet d’amour primaire. Chez la fille, le père n’est choisi comme nouvel objet d’amour qu’au terme d’une longue histoire d’amour avec sa mère.
    Le père, selon Lacan*, incarne trois différents types qui chacun dépend de la fonction exercée. Le « père réel » représente le père concret, géniteur, qui occupe une place majeure dans la réalité familiale ; il est aussi le père qui initie son fils à être un futur père en lui démontrant qu’il détient l’accès au désir grâce à la possession du pénis, siège de sa virilité. « Le père symbolique » illustre la promulgation de la loi, l’interdit incestueux ; il se réfère aussi au père mythique de la horde primitive, éliminé par ses fils. Enfin, « le père imaginaire » détenteur du pouvoir suprême et extrême de la castration, est supposé avoir privé la mère du phallus symbolique auquel l’enfant s’est identifié. Cette frustration maternelle est censée amener l’enfant à considérer sa propre castration. La fonction castrante du père est en fait structurante de l’idéal du moi et du surmoi.

    Pathologie

    C’est le domaine de la maladie, en opposition à celui de la « normalité ». Sous ce terme, on regroupe l’étude des maladies, leur description et les manifestations morbides.
    La frontière entre le normal et le pathologique est parfois floue ; on admet cependant que tout fonctionnement qui commence à restreindre ou invalider la vie du sujet (la phobie par exemple) est pathologique.

    Pathologie bipolaire

    Voir : Bipolaire et Maniaco-dépression

    Pédophilie

    Littéralement « l’amour des enfants ». Si l’étymologie semble anodine (n’est-il pas normal d’aimer les enfants ?) le terme lui-même l’est beaucoup moins puisqu’il désigne l’attirance sexuelle envers les enfants.
    La pédophilie est une perversion* sexuelle, l’individu ne peut tirer sa jouissance que de l’observation de représentation d’actes sexuels mettant en scène des enfants ou la soumission des enfants à ses propres caprices sexuels. La psychanalyse remet en question la notion de pathologie dans le cas d’un pédophile pervers (la majorité des cas), celui-ci a parfaitement conscience du caractère illégal et traumatique de son acte, il en retire sa jouissance, il est au-dessus des lois, il dicte sa propre loi.
    N’oublions pas le processus d’identification à l’agresseur, notamment dans les cas d’inceste*, le sujet a été victime d’un inceste dans son enfance et a intégré le schéma amour = sexe : « mon père (oncle, mère, grand-père, etc.) m’aimait et me l’a prouvé en ayant des relations sexuelles avec moi, même si je me souviens que ça n’était pas agréable, je dois donc prouver mon amour à mes enfants de la même façon ; c’est normal le père l’a fait ; il m’a montré l’exemple ». Ce pédophile-là n’est pas forcément pervers, il a introjecté la perversité du parent agresseur et la perpétue (voir : Introjection).
    Un acte de pédophilie occasionnel peut apparaître dans certaines névroses, psychoses ou état de misère sexuelle (absence d’autres partenaires sexuels à proximité et urgence de la pulsion*).

    Pénis

    En psychanalyse le pénis se distingue du phallus (symbolique) par sa réalité anatomique d’organe masculin de la copulation.
    C’est au stade phallique qu’apparaît une problématique liée au pénis : l’enfant constate alors l’absence ou la présence de pénis, ce pénis qui représente en fait la puissance, la complétude. Ce stade étant grandement narcissique, l‘intérêt de l’enfant tourne alors autour de la possession du pénis (pour Freud, objet partiel* détachable fantasmatiquement) et non pas de son usage.
    C’est donc au cours de la période œdipienne que la petite fille qui a découvert la différence des sexes, va en découvrir également les conséquences. Cette différence est vécue comme un manque, une véritable castration infligeant une blessure narcissique. Elle va alors développer une « envie du pénis » et cette problématique œdipienne la conduira notamment à désirer un enfant du père tel un pénis intériorisé (substitut du pénis manquant) et donc un enfant à signification phallique.

    Perception-Conscience (Pc-Cs)

    Dans la théorie métapsychologique freudienne, la conscience* est l’émanation d’un système appelé « perception-conscience ».
    Ce dernier diffère des deux autres systèmes que forment l’inconscient* et le préconscient* par le fait qu’il ne conserve aucune trace mnésique* d’excitations. D’un point de vue topique, le système perception-conscience se trouve à la périphérie de l’appareil psychique*, entre le pare-excitation* et les deux autres systèmes évoqués ci-dessus. Il advint même que Freud associât cette fonction Pc-Cs au système préconscient (Pcs) pour déterminer un système dénommé préconscient-conscient (Pcs-Cs). Cette situation à la fois médiane et périphérique du système Pc-Cs amena d’ailleurs Freud à considérer ce système comme le « noyau du moi », tant est que la conscience appartenant au moi agit comme un médiateur
    La caractéristique économique d’un tel système est une énergie libre, capable de surinvestir des éléments perçus, ainsi que la nécessité d’une attention soutenue entraînant le « devenir conscient », l’accès à la conscience.
    Enfin, la conscience est déterminante dans la dynamique du conflit, où elle perçoit et hiérarchise des qualités de plaisir-déplaisir, ainsi que dans celle de la cure où le travail de perlaboration* et d’interprétation de l’analyste ne sont pas malgré tout des facteurs de conscientisation induisant automatiquement des modifications structurales chez le patient.

    Période de latence

    Voir : Latence

    Persona (voir aussi : As if ; Personnalité)

    Évoquer la persona d’un individu, c’est se référer à ses compor-tements face aux exigences de la vie quotidienne. À l’origine, ce vocable désignait un masque représentatif du rôle tenu par le comédien. C’est à Jung* que nous devons l’utilisation de ce terme en référence aux comportements que l’individu utilise dans la société dans laquelle il évolue. La persona est fabriquée sur des compromis, elle n’est qu’apparence et n’est pas révélatrice de la réalité psychique de l’individu.
    Ainsi, l’individuation d’un sujet va conduire celui-ci à abandonner bon nombre des artifices utiles à la persona afin de dégager et de révéler par des attitudes plus « vraies » la réalité de son être profond.

    Perversion

    Le modèle freudien de la sexualité est génital, c’est-à-dire que la relation sexuelle dite normale a pour but de parvenir à l’orgasme par le coït génital entre deux adultes de sexes opposés. Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, on dira qu’il y a perversion :
    • Soit par déviation de la pulsion sexuelle par rapport à l’objet sexuel (relation avec une personne de même sexe, pédophilie, zoophilie, fétichisme, etc.)
    • Soit perversion par rapport au but sexuel c’est-à-dire que le but n’est pas le coït mais une autre partie du corps. Le voyeurisme est en ce sens une perversion par rapport au but sexuel.
    Il n’y a perversion que dans la mesure où l’orgasme est atteint uniquement par le biais d’un comportement sexuel non génital.
    Lorsqu’il n’y a pas déviation de la pulsion par rapport à l’objet ou au but, Freud ne donne pas au terme perversion un sens péjoratif ou morbide, la perversion étant alors un élément parmi d’autres dans la construction psychique de l’individu. Ainsi, lorsqu’il dit de l’enfant qu’il est un pervers polymorphe, Freud tient compte de cette incapacité dans laquelle est celui-ci de concevoir le but génital de la sexualité, il ne connaît pas ce que sera l’aboutissement de son évolution sexuelle. L’enfant ne connaît que les activités incomplètes, sans but génital, de ses pulsions prégénitales (voir : Pulsion partielle).
    Mais si l’une ou plusieurs de ces pulsions prégénitales traversent l’adolescence sans subir les transformations de la puberté, ce sera au détriment des autres pulsions. Il y aura alors ou refoulement de ces pulsions partielles et cela donnera naissance à la névrose, ou perversion parce qu’elles deviendront indispensables à l’obtention du plaisir sexuel.
    On retrouve toutefois la présence des pulsions partielles dans la relation sexuelle génitale, au travers par exemple des préliminaires qui, eux, serviront un but génital.

    Phallus

    Ce terme hérité de l’antiquité gréco-romaine désigne le membre viril en érection ; il était dans la mythologie l’emblème de la reproduction et de la fertilité.
    En psychanalyse, on différencie le pénis*, qui représente l’organe mâle en tant que réalité anatomique, du phallus qui, par contre, désigne la valeur symbolique incarnée par le pénis.
    Cette distinction plutôt récente dans le monde psychanalytique contemporain, était beaucoup moins marquée du temps de Freud qui n’y attachait pas un importance extrême. Selon lui, le stade phallique* correspondait à un stade de l’évolution libidinale de l’enfant qui était capital car il instaurait le primat du phallus comme seul mode d’organisation de la libido* tant chez la fille que chez le garçon. En effet, à cette époque, l’enfant perçoit l’être dans un rapport de possession ou de manque du pénis : c’est la vision du monde selon le couple d’opposés phallique-châtré. Mais le phallus détient la capacité d’être détachable de l’enveloppe corporelle ; symbole universel de virilité assimilée à la puissance et à l’autorité, le phallus représente donc un objet partiel*, susceptible d’être détaché ou transformé : ceci est d’ailleurs illustré par les fameuses « équations symboliques » que Freud établit pour démontrer le caractère interchangeable des divers éléments qui les composent (pénis =fèces =sein =bébé = cadeau …).
    Ce stade qui est en étroite corrélation avec le complexe de castration*, est aussi déterminant dans le développement du complexe d’Œdipe*. La valeur symbolique du phallus résulte donc d’une problématique du sujet face à lui-même et aux autres, qui décide alors de prendre en charge son propre sexe. L’envie du pénis chez la petite fille, au-delà d’un désir du père comme objet d’amour, représente une réelle tentative de s’arroger le phallus paternel. De même, les expressions « femme phallique » et « mère phallique* » représentent une image fantasmatique de la femme et de la mère, chacune pourvue d’un phallus ou l’ayant capturé et conservé dans son for intérieur pendant le coït*.
    Chez Lacan*, le phallus est un signifiant du désir qui contient une représentation imaginaire et symbolique du pénis. Si la mère et son bébé sont tous deux dans le désir d’être le phallus de l’autre, le phallus apparaît aussi comme le signifiant d’une soumission d’autrui pour permettre au sujet d’accéder à la jouissance. En fait, la problématique lacanienne réside essentiellement dans les alternatives consistant à être ou avoir le phallus, soit à ne pas être le phallus ou en être dépourvu, rejoignant en cela l’éternelle interrogation shakespearienne de l’homme sur la Terre.

    Phantasme

    Voir : Fantasme

    Phase

    Voir : Stade

    Phobie

    Du grec Phobos (effroi), la phobie est une peur intense, obsédante, angoissante éprouvée dans des circonstances déterminées. Les phobies font partie de la mémoire collective de l’humanité à une époque où les animaux, la nature, représentaient une menace réelle pour l’homme.
    Tout être humain a ses petites phobies, peur des insectes, des serpents, elles ne présentent pas un caractère pathologique tant qu’elles ne gênent pas l’évolution de l’individu. Elles apparaissent dans la petite enfance et lorsqu’elles deviennent invalidantes (phobies scolaires, phobies sociales, agoraphobie), elles sont un sérieux handicap ne permettant plus de mener une vie « normale. »
    La phobie se manifeste par une attaque panique devant un objet, un animal, un espace (agoraphobie : peur du vide et de l’espace, claustrophobie : peur d’être enfermé, éreutophobie : peur de rougir, etc.).
    Il serait donc souhaitable, quand ces phobies ne cèdent pas à un processus naturel d’évolution psychique, de saisir ce que ces traits ont de névrotiques, de la souffrance qu’ils engendrent chez l’enfant et de la nécessité d’une observation voire d’un suivi thérapeutique.

    Plaisir (voir aussi : Déplaisir ; Principe de plaisir)

    Si le terme déplaisir fait référence à la sensation physique désagréable provoquée par une augmentation de tension sous l’influence de la vie pulsionnelle (la sensation de froid par exemple, va générer un accroissement de l’excitation interne provoquant ainsi le sentiment de déplaisir), notre vie est bien menée par la recherche du plaisir, le principe de plaisir s’attache avant tout à nous éviter le déplaisir.
    On pourrait dire, en définitive, que nous sommes tous, tout au moins dans un premier temps, guidés par la recherche exclusive du plaisir. Dès le plus jeune âge, au-delà du seul besoin physiologique et vital de se nourrir, c’est aussi le plaisir que réclame le nourrisson par ses pleurs grandissants : le petit enfant ressent un intense plaisir lors de la tétée et recherche sans cesse à retrouver la volupté de ce moment, comme par exemple en suçant son pouce. L’essentiel du plaisir du nourrisson passe, durant cette période, par les plaisirs de la bouche.
    Peu à peu, le plaisir ne se limite plus au seul plaisir oral, mais s’étend à des domaines de plus en plus vastes, comme le plaisir de visiter un musée, etc.
    La psychanalyse étaye l’ensemble de sa théorie sur le plaisir sexuel comme moteur de l’activité psychique humaine, puisque nous savons depuis Freud qu’il existe une sexualité infantile. Elle est certes différente de la sexualité adulte mais se présente très tôt sous les traits d’une recherche de satisfactions, de plaisir.
    Le plaisir correspond donc à la satisfaction des désirs, et sa recherche est universelle et intemporelle. Mais ce qui différencie le petit enfant de l’adulte, c’est que ce dernier, issu d’une longue période de maturation, n’est désormais plus guidé par la seule recherche du plaisir, il sait désormais tenir compte des réalités de la vie : il tient compte des restrictions, des lois. Il a appris, au fil du temps, que le plaisir ne peut être obtenu à tout prix, que certaines règles régissent la vie en société, notamment le respect des autres.
    Cependant, l’obtention du plaisir est garant d’un équilibre psychologique : une frustration excessive du plaisir, notamment sexuel, amène à des processus pathologiques, car l’homme est ainsi fait qu’il ne peut vivre sans aucun plaisir.

    Position dépressive

    Expression créée par Mélanie Klein* en 1934 pour désigner un mode de relation à l’objet qui fait suite à la position paranoïde* (ou persécutive). La position dépressive apparaît entre le quatrième et le huitième mois chez le nourrisson, puis disparaît complètement mais peut être réactivée plus tard dans les périodes de deuil ou les états dépressifs. Elle procède d’une angoisse* dite dépressive relative à l’état de l’objet interne endommagé ou détruit par sa propre agressivité et accrue par un fort sentiment de culpabilité. Cette position permet au bébé d’introjecter un objet interne* suffisamment bon pour surmonter la position paranoïde précédente issue de la perte de la mère en tant qu’objet partiel. Au fur et à mesure du développement de cette position, les processus de clivage*, de projection*, et d’idéalisation* diminuent, laissant le moi intérioriser le bon objet nourricier.
    Si le nourrisson ne parvient pas à cet âge à considérer sa mère comme un objet total, et choisit de fonctionner sur un mode de clivage entre le bon et le mauvais objet, il risque fort d’évoluer vers la psychose* (paranoïa* ou dépression*). Cependant, s’il arrive à dépasser cet état de destruction du moi au moyen de la position dépressive, il franchit un cap essentiel dans le processus de fixation de la névrose ou de la psychose. La position dépressive représente pour le bébé le moyen de contrôler ses objets internes et externes, de réaliser des activités de symbolisation*, voire de réparer l’objet interne endommagé par l’agressivité* (présage d’une future capacité à sublimer). Si cette expérience se révèle douloureuse pour le nourrisson, elle n’en est pas moins salutaire car elle ouvre la voie vers une meilleure conscientisation de la réalité des objets extérieurs et une pacification des fantasmes destructeurs.

    Position paranoïde-schizoïde ou schizo-paranoïde

    Expression utilisée par Mélanie Klein* dans ses derniers écrits qui précise et développe le vocable de position paranoïde* qu’elle avait créé auparavant. La position paranoïde-schizoïde se distingue de la précédente par le fait que le moi a recours à des mécanismes de défense* comme le clivage* ( l’objet partiel* représenté par le sein maternel est divisé en deux objets : le bon sein* et le mauvais sein*) l’introjection ( du bon objet gratifie et rassure l’enfant contre l’angoisse* de persécution ; celle du mauvais objet est un facteur de destruction interne très puissant) ainsi que la projection*, le déni* et l’idéalisation*. Dans la conception kleinienne, le dépassement de la position « paranoïde-schizoïde » dépend en grande partie de la puissance des pulsions libidinales face aux pulsions agressives ; elle est immédiatement antérieure à la position dépressive*.

    Préconscient (voir aussi : Appareil Psychique et : Topique)

    C’est l’un des constituants de la première topique freudienne. C’est un lieu situé entre le conscient et l’inconscient, il est constitué de connaissances, de souvenirs, d’informations diverses. Si ces éléments préconscients ne sont pas présents à la conscience immédiate (pas conscients d’un point de vue topique), ils restent accessibles dès que le conscient a besoin d’y faire appel. Le préconscient sert alors de banque de données de faits psychiques latents. À l’aide d’une censure qui le sépare de l’inconscient, le préconscient filtre les éléments inconscients qui voudraient s’imposer au champ de la conscience, il protège ainsi le conscient. Il joue également ce rôle protecteur lorsque, à l’inverse, il permet le passage de certains souvenirs conscients vers l’inconscient. Il existe également une censure entre le préconscient et le conscient, celle-ci a plus exactement pour rôle la sélection d’éléments. Par exemple le mécanisme de l’attention sera facilité par cette censure qui tiendra hors du conscient des éléments trop perturbateurs à une nécessaire concentration.

    Prégénital

    C’est un terme qui fait référence aux stades oral, anal et phallique, (précédant le stade génital dans l’évolution normale de l’organisation de la libido) et donc à la sexualité de l’enfant qui n’est pas celle de l’adulte (puisque non génitale).

    Préœdipien

    C’est un terme qui fait référence aux phases prégénitales (voir :  Prégénital) du développement psychoaffectif de l’enfant et donc avant l’entrée dans le complexe d’Œdipe.

    Primaire [narcissisme]

    Voir : Narcissisme ; et : Narcissisme primaire

    Primaire/objet (voir aussi : Objet primaire, Bon sein et Pulsion du moi)

    C’est l’objet par lequel le bébé va connaître une toute première relation. Le sein est représentatif de ce premier objet qui est également la mère. La première forme d’amour qu’il va alors ressentir dépendra de sa relation avec cet objet primaire, on parle alors d’amour objectal primaire.
    Avant de faire la découverte de l’objet en tant qu’Autre, l’enfant est dans un sentiment de fusion* avec sa mère (il pense ne faire qu’un avec elle), c’est ce que l’on appelle l’identification primaire*.

    Principe de constance (voir aussi : Pulsion)

    Terme qui définit la tendance qu’a l’appareil psychique à réduire toute excitation à un seuil minima. Ce phénomène réducteur permet une autorégulation, il sert le maintien de l’état de tension à un niveau constant. La décharge par l’organisme du trop de tension et l’évitement de tout élément qui  ferait croître celle-ci amènent cette constance.

    Principe de Nirvâna

    Ce principe sert à décrire un état de quiétude dans lequel l’excitation psychique d’une personne est ramenée à zéro.
    Le terme nirvâna est originaire de la religion bouddhique et s’est répandu en Occident par la philosophie d’Arthur Schopenhauer (1788-1860). L’expression est encore reprise par Freud à la psychanalyste anglaise Barbara Low dans Au-delà du principe de plaisir en 1920, pour signifier l’extinction du désir humain et la suppression de la tension d’excitation interne d’une personne. Ce principe de nirvâna est très proche de la signification du principe de constance* qui maintient également l’abaissement des tensions. Freud les différencie en rapprochant l’état de nirvâna à la pulsion de mort* tandis que l’état de constance se rattache au principe de plaisir*.

    Principe de plaisir (voir aussi : Plaisir/Déplaisir)

    Le psychique tend vers un but : la recherche de plaisir. L’individu va donc pour cela éviter tout ce qui peut lui amener du déplaisir. Toutefois, le principe de plaisir se trouve rapidement confronté au principe de réalité* auquel il est assujetti car tous les désirs ne peuvent être satisfaits immédiatement. Pour répondre au principe de plaisir (principe primitif), l’individu devra trouver des moyens détournés qui tiendront compte de la réalité qui l’entoure, satisfaisant au principe de réalité (principe d’adaptation).

    Principe de réalité

    Voir : Réalité

    Processus primaire, processus secondaire

    Ces deux expressions créées par Freud désignent les deux principaux modes de fonctionnement de l’appareil psychique*. Ils sont à la fois opposés et complémentaires pour réaliser l’équilibre de la vie psychique. Le « processus psychique primaire » caractéristique du système inconscient, adopte une circulation libre de l’énergie psychique*, investit les représentations du désir jusqu’à l’hallucination, et sert  essentiellement le principe de plaisir*. Par contre, le « processus psychique secondaire » caractéristique du système préconscient-conscient, développe une énergie dite liée, s’écoulant d’une manière contrôlée, où les investissements du moi* sont plus stables, mettant en place un système de régulation au service du principe de réalité*. Ainsi, selon Freud, le rêve obéit-il à des mécanismes comme la condensation ou le déplacement qui illustrent bien un mode de fonctionnement propre à l’inconscient appelé processus primaire où l’énergie du désir, la libido, circule librement, capable de réinvestir de façon hallucinatoire le souvenir de la satisfaction. D’autre part, le processus secondaire et sa fonction de régulation du processus primaire, grâce à une énergie maîtrisée faisant intervenir le moi, permet alors le développement et l’exercice de la pensée.

    Projection

    Par ce mécanisme de défense*, l’individu attribue à quelqu’un d’autre les pulsions qu’il a en lui mais qu’il n’accepte pas. Comme tous les mécanismes de défense, la projection est un processus inconscient qui intervient lorsque l’individu n’admet pas avoir tel trait de caractère (ou telle émotion) parce que celui-ci est inacceptable pour lui, il le projette donc sur autrui. De cette façon, il peut par exemple trouver chez l’Autre des sentiments hostiles à son égard alors qu’en réalité ces sentiments sont en lui mais les reconnaître entraînerait une trop grande culpabilité ainsi, pour pouvoir s’autoriser à haïr l’Autre, il doit d’abord se dire que l’Autre le hait. Le racisme est un phénomène issu du processus de projection de sentiments tels que la haine, le mépris ou encore l’intolérance. Dans le domaine de la psychopathologie, la projection est le mécanisme de défense caractéristique de la paranoïa.

    Psy

    Qu’est ce qu’un « psy » ? La planète « psy » se partage en quatre grands professionnels dans lesquels il faut savoir distinguer : le psychologue*, le psychothérapeute*, le psychiatre* et le psychanalyste*.

    Psychanalyse (voir aussi : S. Freud)

    La psychanalyse est une théorie créée par Sigmund Freud en 1900, celle de l’inconscient qui, bien que caché, agit chez l’individu de façon autonome, et influence ses choix, actes, paroles, pensées...
    C’est aussi une thérapie qui contribue à traiter des problèmes psychologiques ; par la verbalisation, la parole et la technique dite de la « libre association* » (accepter de dire tout ce qu’il nous vient à l’esprit), le patient va peu à peu se libérer de l’emprise de son inconscient dans le but de choisir et de ne plus subir.
    Les règles sont précises : le patient est allongé sur un divan, tournant le dos au psychanalyste, laissant libre cours à ses pensées, c’est le cadre*.

    Psychanalyse sauvage

    La psychanalyse sauvage est une expression tirée du récit d’une patiente de Freud, qui se plaint du conseil qu’un médecin lui avait donné : divorcée, son médecin s’appuyant sur la psychanalyse (ou du moins sur des généralités non étudiées), lui conseilla de reprendre sa relation avec son mari et de pratiquer l’activité masturbatoire ou encore de devenir volage. Ce récit permettra à Freud d’édicter les principes de la pratique analytique : recevoir l’enseignement de la théorie analytique et faire une analyse didactique.
    L’histoire du médecin prodiguant des conseils quant aux pratiques sexuelles de sa patiente est un exemple dénonçant la pratique de la psychanalyse sauvage. Ici, le médecin réduit la sexualité aux rapports sexuels, à l’échange corporel, sans tenir compte de l’histoire de la patiente, de ses symptômes, de l’influence de ses propos sur elle. Tout cela est contraire à la déontologie psychanalytique.
    Afin d’exercer et dans le but de soutenir le patient dans son histoire, son passé, son présent et le futur à venir, le psychanalyste doit avoir reçu l’enseignement de la théorie et de la pratique analytique, en plus de sa propre analyse. Toute personne, médecin ou non, ne peut-être considérée comme psychanalyste si toutes ces conditions n’ont pas été remplies et validées au préalable.

    Psychanalyste / Analyste (voir aussi : Psychanalyse)

    Le psychanalyste se différencie du psychologue, du psycho-thérapeute ou du psychiatre, de par son cursus de formation comprenant nécessairement l’aboutissement de sa propre cure psychanalytique*. Il est formé sur les plans théorique et analytique. Il réunit donc ces deux caractéristiques : d’une part, il a étudié la théorie de la psychanalyse, dans une école privée ou à l’université, selon laquelle l’être humain est dirigé par l’inconscient et les pulsions sexuelles ; d’autre part, il a suivi lui-même une analyse (appelée analyse didactique*) chez un psychanalyste.
    L’analyste, selon Freud, tient essentiellement un rôle d’écoute à la fois neutre et bienveillante, et d’interprétations ponctuelles. Par les phénomènes de la libre association et du transfert, l’analysant revit son histoire, et ainsi, verbalise les phénomènes inconscients qui s’y rapportent. L’analyste accompagne l’analysant dans la mise à jour de ces représentations inconscientes souvent jusque là refoulées. Pour lui, il est important de prendre le temps d’analyser l’histoire de l’individu pour pouvoir en tirer de nouvelles conclusions qui vont positivement interagir sur son présent.
    On peut aller voir un psychanalyste pour toutes sortes de raisons : pour un problème existentiel ou pour nous aider à faire le deuil d’une personne, d’une situation, faire un simple point sur sa vie, se faire accompagner lors d’un passage de la vie difficile comme par exemple un divorce car, pour le psychanalyste, le passé (l’enfance, l’adolescence) est intimement lié aux difficultés ou aux réussites du présent. Ainsi, pour lui, l’enfant qui s’est senti choyé aura plus de facilités une fois adulte à affronter les conflits.
    Il pose d’emblée le cadre analytique, dont la règle fondamentale est la technique de la libre association. Les autres règles concernant le rythme, la durée et le coût des séances, restent propres à chaque analyste. Certains psychanalystes parlent peu, d’autres préfèrent une technique plus active en suscitant plus fréquemment le dialogue avec leur patient…
    Ils exercent en cabinet et sont souvent membres d’une fédération, association ou société de psychanalyse.
    Psychiatre

    Le psychiatre est un médecin qui a étudié à l’université les maladies psychiques, c’est le seul habilité à prescrire des médicaments (neuroleptiques, anxiolytiques, etc.) afin de lutter contre les symptômes de la dépression ou de la psychose par exemple.
    Il est donc le seul à pouvoir délivrer une feuille de soins per-mettant le remboursement des visites.
    Psychodrame (voir aussi : Catharsis)
    Le psychodrame est une psychothérapie* créée par le psychologue américain Jacob Moreno dans les années 30 (Jacob Moreno fit ses études de médecine et de psychologie à Vienne et s’établit aux États-Unis en 1925). Le psychodrame amène à la compréhension des attitudes comportementales que l’individu a avec ses semblables, en mettant en scène dans un jeu dramatique libre et sans aucune censure, les problèmes relationnels que celui-ci rencontre.
    Le thérapeute qui conduit le psychodrame provoque une mise en scène des conflits que connaît le patient dans son quotidien et les rôles spontanés que ce dernier va jouer ont pour but de le libérer de ses attitudes sociales conflictuelles et de lui apprendre les nouveaux comportements qui favoriseront une meilleure relation avec autrui.
    Dans le cadre d’une préparation à certaines situations, le psychodrame devient alors « jeu de rôle » et peut être utilisé comme méthode éducative en mettant en scène, par exemple, un entretien professionnel redouté. L’individu se prépare à cette situation donnée par l’apprentissage de certains comportements nécessaires à la réussite de son projet.
    Cet apprentissage de comportements fait du psychodrame une psychothérapie de surface qui peut toutefois, dans certains cas, permettre une rééducation de la personnalité.
    Le psychodrame s’adresse à des personnes qui souffrent de contrariétés relationnelles plus ou moins profondes mais qui sont résistantes à tout processus analytique, il s’adresse aussi à certaines problématiques de l’enfant, celui-ci s’adaptant très bien aux mises en situation du psychodrame.
    On peut noter que le théâtre analytique, qui va apparaître dans la période de l’après-guerre, utilise le psychodrame mais sa tendance est analytique (analyse des mécanismes de défenses, de la symbolisation, etc.).
    La psychanalyse, avec le scénario essentiel qui se déroule pendant la période œdipienne, montre que l’esprit du psychodrame est présent dans la pensée freudienne : l’analyse des jeux en tant que représentatifs de la pensée de l’enfant en est une preuve amenée par Mélanie Klein en particulier.

    Psychologue

    Il a étudié pendant cinq ans le comportement humain à l’université. Il pourra vous proposer des entretiens psychologiques seul ou en famille, faire passer différents tests de niveaux de personnalité, aux adultes ou aux enfants ; on peut facilement le rencontrer dans des institutions (hôpitaux, centres médicaux psychopédagogiques ou planning familial) ou encore en cabinet et dans certains cas, bien que n’étant pas médecins, leurs consultations peuvent être remboursées.
    Psychonévrose (voir aussi : Névrose de transfert)
    Le terme de psychonévrose n’est pas synonyme de névrose car il n’inclut pas les névroses traumatiques* et les névroses actuelles*.
    Les psychonévroses les plus courantes sont l’hystérie*, l’hystérie de conversion, l’hystérie d’angoisse et la névrose obsessionnelle*.

    Psychopathe (voir aussi : Psychose)

    La personne dite psychopathe est atteinte de troubles de la personnalité l’amenant à des agissements antisociaux, aux conséquences fatales (tel que le passage à l’acte), sans culpabilité apparente. Le psychopathe se vit comme quelqu’un d’important et de puissant qui mérite une reconnaissance sans borne et doit susciter l’admiration des autres. Pour entretenir cette structure, il agit en despote et cherche à soumettre l’Autre à sa volonté en le manipulant par la séduction, le mensonge, etc. qu’il pratique aisément avec une grande capacité à convaincre accompagnée toutefois d’une peur de la trahison fondamentale chez lui. L’impulsivité, l’incapacité à profiter de l’expérience passée (il vit uniquement dans le présent), le besoin de satisfaction immédiate, le passage à l’acte répété, l’absence de sens moral (guidé par une loi punitive), les perversions principalement sexuelles sont d’autres traits caractérisant le psychopathe qui est, de plus, bien souvent sujet aux addictions (alcool, drogues, etc.)
    S’il existe des traitements qui permettent aujourd’hui le maintien de certains psychopathes dans la vie sociale (les moins conscients, plus délirants se soumettent plus aisément à des contrôles réguliers) parce qu’il a été possible, pour le psychiatre, d’évaluer le risque réel qu’ils représentent pour autrui, les plus dangereux d’entres eux ne sont capables d’aucune réinsertion bien que ces derniers soient plus lucides et montrent, au premier abord, une attitude socialement plus acceptable. Ils s’attaquent pourtant par des actes criminels tels que des attentats aux mœurs, calomnies et autres délinquances à la personne morale d’autrui ainsi qu’à sa personne physique par homicide, crime sadique, meurtres en série.

    Psychopathologie

    Par son étymologie, c’est l’ « étude des souffrances de l’âme ». La psychopathologie est une science ou une discipline qui a trois préoccupations principales, la guérison du malade, la recherche transdisciplinaire et la formation du thérapeute. Elle étudie pour cela les dysfonctionnements mentaux et en tire des déductions théoriques. Ces études permettront de comprendre et d’expliquer les mécanismes anormaux d’une personne, d’un groupe ou même d’une institution. Suivant le cas étudié, les méthodes de traitement envisagées par la psychopathologie peuvent profondément varier.
    Autrefois considérée comme une entité floue entre la psychiatrie et la psychologie, la psychopathologie est aujourd’hui une discipline à part entière.
    Sa démarche scientifique reste extrêmement riche, ce qui la rend particulièrement intéressante.

    Psychose

    La psychose est une affection mentale qui altère profondément la personnalité d’un individu. Elle se caractérise par des symptômes (dits psychotiques) tels que des idées délirantes et/ou des hallucinations de toutes natures, compromettant gravement la vie sociale et nécessitant des soins spécifiques en milieu hospitalier de façon périodique voire permanente dans les cas les plus sérieux. Les sujets atteints de ces troubles montrent une grande dépendance affective et ceux dont l’état permet une vie sociale nécessitent un suivi et un accompagnement permanents.
    L’individu peut s’exprimer agressivement par des actes violents et des désirs de meurtre. Il n’est pas ou que très peu conscient de ses troubles et n’a pas le sens de la réalité.
    La métapsychologie explique cette incapacité d’adaptation à la réalité par une inaptitude au refoulement dans laquelle se trouve le sujet. La faiblesse ou l’absence de ce mécanisme de défense* cède la place à un ça* puissant qui tend à affaiblir le surmoi* et à envahir le moi*, ce dernier en devient alors totalement inadapté à la réalité.

    Psychose maniaco-dépressive (voir aussi : Maniaco-dépression)

    Psychose où alternent, dans des phases de durée très variable selon les individus, des états d’excitations de type maniaque avec des états dépressifs de type mélancolique.
    Cette psychose peut également apparaître sous un seul de ces deux états, c’est-à-dire soit surviennent uniquement des accès de type maniaque soit uniquement des accès de type mélancolique.
    L’individu atteint de psychose maniaco-dépressive est, durant la phase dépressive, anxieux, chargé de culpabilité, il ressasse le passé et semble dépassé par le temps qui s’écoule, il connaît des moments de profonde dépression qui entraînent une grande souffrance morale et réduisent ses activités tant psychiques que physiques. De la même façon, il peut connaître un accès de manie et entrer dans une phase totalement opposée à la phase mélancolique où il va se montrer avide de tout : idées, événements, personnes, il est alors littéralement exalté et cela peut l’amener, dans les crises les plus aiguës, jusqu’à la mégalomanie. Mais cet intérêt pour tout ne se fixe sur rien de particulier et au final, si le sentiment de culpabilité semble disparaître de cette phase et si le sujet montre un moi* plus fort, il ne résout en rien la problématique qu’il exprime par la mélancolie.
    Dans certains cas, ces phases sont séparées par des périodes où l’individu mène une existence d’une apparente normalité qui rend possible une approche psychothérapeutique. Celle-ci reste tout de même délicate, elle tient particulièrement compte de la difficulté de prévoir les rechutes (de plus en plus fréquentes) et du risque omniprésent de suicide.
    Si la psychose maniaco-dépressive apparaît plutôt à l’âge adulte, elle s’enracine dès les premiers mois de la vie par une fixation* au stade sadique/oral* qui donne à l’individu le sentiment d’avoir perdu la moitié de lui-même et le laisse dans l’incapacité de faire le deuil de l’objet perdu*.
    Psychosomatique (voir aussi : Homéostasie)

    Le corps dit tout haut ce que l’être vit tout bas. Un instant d’existence mal vécu par des émotions intenses, des conflits, des blocages, des inhibitions, des ressentiments va laisser une empreinte dans le corps, une douleur, une trace biologique. Les empreintes émotionnelles répétées dans la biologie nourrissent le mal-être et la maladie. Le corps porte l’expérience de l’existence et il s’en imprègne et en garde une trace.

    Psychothérapeute

    Le psychothérapeute est détenteur d’une technique qui lui est propre afin de pallier les problèmes actuels et vous aider à en atténuer les symptômes dans votre quotidien afin de mieux vivre. Chacun doit trouver celui qui lui convient le mieux.
    Il existe actuellement en France et dans le monde une multitude de psychothérapies, de la Sophrologie* à la relaxation, de la Gestalt* à l’Art thérapie* ou de la P.N.L.* à l’Hypnose*, le choix est aussi vaste que varié.
    Les psychothérapeutes sont parfois regroupés en associations, fédérations, institutions et il convient de bien se renseigner sur le cursus suivi par le thérapeute ainsi que sur l’organisme duquel il dépend (en effet, il y a de tout, du pire au plus efficace).

    Psychothérapie de groupe

    Voir : Groupe de psychothérapie

    Pulsion

    Poussée d’énergie puissante, une excitation* endogène* (différente de l’instinct*), propre à tout individu et à laquelle on ne peut se soustraire.
    À la source (point d’ancrage) de la pulsion se trouvent deux pôles (somatiques et psychiques) créant une excitation soit relative à des besoins vitaux (boire, manger…), soit relative à l’ensemble des désirs. Dans le cas où la pulsion prend son origine au niveau somatique, elle deviendra psychique dans son trajet (de la source au but). En fait, la pulsion génère pour l’organisme un état de tension tel, que l’individu est poussé à s’investir dans quelque chose de précis (l’objet) afin de parvenir à la satisfaction (le but) de ce besoin ou désir. Il y a alors décharge* et donc l’état de tension peut enfin s’abaisser.
    Si la tension générée par la pulsion ne peut être déchargée, elle est refoulée jusqu’à un certain point car arrivé à saturation cela peut devenir pathologique. Il existe cependant des processus spontanés et naturels d’évacuation du trop plein de tensions, qui sont les « voies d’allègement automatiques de l’inconscient », tels que le rêve, les lapsus, les actes manqués, les somatisations, ou encore le fantasme chez l’enfant.
    Si chez une même personne, deux pulsions entrent en compétition (le même objet reçoit deux pulsions), il y a alors conflit* : se posent alors un problème de choix (par exemple avoir faim et soif en même temps) ou un problème d’ambivalence plaisir/déplaisir (par exemple je n’obtiendrais satisfaction par la possession de l’objet que contre un prix à payer).

    Pulsion de mort (voir aussi : Pulsion ; Pulsion de vie)

    Ce terme au premier abord fait penser à l’autodestruction, à l’agression sur la personne propre. En fait c’est un terme paradoxal puisque le mot pulsion sous-entend un mouvement vital de satisfaction. Freud l’oppose en fait à la pulsion de vie (qui tend à l’inverse à l’épanouissement, au développement) et désigne la pulsion de mort par le terme de Thanatos. Celle-ci est d’ailleurs plutôt tournée vers la régression. C’est une force tendant à rétablir un état antérieur afin de réduire complètement les tensions (comme pour rejoindre un état anorganique, inanimé) proche de l’anéantissement, de l’état de mort. Elle agit de manière répétitive, et en deux temps : tout d’abord vers soi (comme tendance à l’autodestruction, la souffrance, retrouvée dans le masochisme) puis elle se dirige vers l’extérieur (Freud la nomme alors pulsion d’agression quand son but est la destruction de l’objet, et dans certains cas pulsion de destruction).
    La pulsion de mort, comme la pulsion de vie qui la contre-balance, est une tendance fondamentale de tout être vivant puisque cette manifestation des attitudes morbides ou agressives se retrouve dans le développement de l’individu à différents degrés sous la forme notamment du sadisme et du masochisme. Pour l’équilibre de l’individu, il est donc important qu’elle ne prenne pas le dessus.

    Pulsion partielle

    Freud introduit cette notion en 1905 dans son livre Trois essais sur la théorie de la sexualité. Les pulsions partielles sont des éléments de pulsion qui fonctionnent d’abord indépendamment (primat des pulsions partielles dans les phases prégénitales), avec une source et un but spécifiques,  pour s’unir ensuite afin de s’organiser.

    Pulsion sexuelle

    Freud utilise ce terme dans sa première théorie des pulsions en opposition aux pulsions d’autoconservation. Les pulsions sexuelles ne se réduisent pas à l’activité sexuelle comme leur nom peut le laisser entendre. Elles sont étroitement liées à la notion de désir et elles sont orientées vers la recherche de plaisir, de bien-être, de bonheur et de jouissance. Elle sont de ce fait, essentiellement dominées par le principe de plaisir* et sont sous-tendues écono-miquement par une énergie sexuelle : la libido*. Ces aspirations non vitales distinguent l’homme de l’animal qui n’est lui, géré dans la nature, que par ses pulsions de conservation, son instinct.
    Chez l’enfant les pulsions sexuelles ne sont pas unifiées. Elles se trouvent sous la forme d’un ensemble de pulsions partielles*, liées à des zones corporelles précises (voir : Érogène) et accompagnées d’activités somatiques (d’autoconservation) sur lesquelles elles s’étayent. Elles empruntent donc à la fois la source et leur objet. Par exemple dans le cas où le nourrisson tète pour se nourrir (besoin vital somatique) et prend plaisir à téter (satisfaction par la succion), la zone érogène est la bouche (les lèvres), et la pulsion partielle « érotisée » (dite sexuelle car liée au plaisir) est étayée par la pulsion d’autoconservation (la faim). Dans un second temps, cette pulsion partielle va se séparer de l’objet d’étayage. Elle évolue et devient alors autonome pour fonctionner (fonctionnement dit autoérotique). Elle pourra alors trouver son unité et son organi-sation ultérieurement dans la satisfaction (après la puberté au stade génital), et la fonction de reproduction.
    Les pulsions sexuelles ont quatre possibilités pour être satisfaites, totalement ou partiellement :
    - le retournement sur la personne propre* (la libido se retire des objets extérieurs pour investir le moi qui devient alors objet d’amour : c’est la libido du moi ou libido narcissique) ;
    - le renversement de la pulsion en son contraire (amour /haine…) ;
    - le refoulement* dont elle est l’objet privilégié ;
    - la sublimation*.

    Père

    Voir : Paternité

    Psychiatre

    Le psychiatre est un médecin qui a étudié à l’université les maladies psychiques, c’est le seul habilité à prescrire des médicaments (neuroleptiques, anxiolytiques, etc.) afin de lutter
    contre les symptômes de la dépression ou de la psychose par exemple.
    Il est donc le seul à pouvoir délivrer une feuille de soins per-mettant le remboursement des visites.
    Psychodrame (voir aussi : Catharsis)
    Le psychodrame est une psychothérapie* créée par le psychologue américain Jacob Moreno dans les années 30 (Jacob Moreno fit ses études de médecine et de psychologie à Vienne et s’établit
    aux États-Unis en 1925). Le psychodrame amène à la compréhension des attitudes comportementales que l’individu a avec ses semblables, en mettant en scène dans un jeu dramatique libre et
    sans aucune censure, les problèmes relationnels que celui-ci rencontre.
    Le thérapeute qui conduit le psychodrame provoque une mise en scène des conflits que connaît le patient dans son quotidien et les rôles spontanés que ce dernier va jouer ont pour but de le
    libérer de ses attitudes sociales conflictuelles et de lui apprendre les nouveaux comportements qui favoriseront une meilleure relation avec autrui.
    Dans le cadre d’une préparation à certaines situations, le psychodrame devient alors « jeu de rôle » et peut être utilisé comme méthode éducative en mettant en scène, par exemple, un
    entretien professionnel redouté. L’individu se prépare à cette situation donnée par l’apprentissage de certains comportements nécessaires à la réussite de son projet.
    Cet apprentissage de comportements fait du psychodrame une psychothérapie de surface qui peut toutefois, dans certains cas, permettre une rééducation de la personnalité.
    Le psychodrame s’adresse à des personnes qui souffrent de contrariétés relationnelles plus ou moins profondes mais qui sont résistantes à tout processus analytique, il s’adresse aussi à
    certaines problématiques de l’enfant, celui-ci s’adaptant très bien aux mises en situation du psychodrame.
    On peut noter que le théâtre analytique, qui va apparaître dans la période de l’après-guerre, utilise le psychodrame mais sa tendance est analytique (analyse des mécanismes de défenses, de
    la symbolisation, etc.).
    La psychanalyse, avec le scénario essentiel qui se déroule pendant la période œdipienne, montre que l’esprit du psychodrame est présent dans la pensée freudienne : l’analyse des jeux en
    tant que représentatifs de la pensée de l’enfant en est une preuve amenée par Mélanie Klein en particulier.

    Pulsion du moi

    Freud dans sa première théorie des pulsions, désigne les pulsions du moi comme synonymes des pulsions d’autoconservation et s’opposant aux pulsions sexuelles. Elles visent à conserver à
    la fois l’individu dans son unité biologique (boire, manger…) et dans sa phylogenèse à savoir la continuité de l’espèce (instincts de reproduction).
    De plus, au contraire des pulsions sexuelles qui fonctionnent selon le principe de plaisir et qui sont étroitement liées aux fantasmes, les pulsions du moi sont régies par le principe de
    réalité puisqu’elles ne peuvent se satisfaire que d’un objet réel et non pas fantasmatique.

r

    Rank (Otto)

    Docteur en philosophie (1884-1939), né à Vienne, il est secrétaire de la société psychanalytique de Vienne de 1910 à 1915. Il fut très proche de Freud. Une partie de ses recherches portera sur la relation du mythe* et des fantasmes* régressifs. En 1924 Il publie un ouvrage qui traite du traumatisme de la naissance* : première expérience de l’angoisse, mais aussi la source et le modèle de cet affect qui serait au centre de la formation du moi*.
    En rejetant les aspects sexuels du conflit psychique* et en préconisant des techniques d’analyses courtes, O. Rank fut sérieusement critiqué par Freud et ses disciples. Après un séjour de 8 ans à Paris, il émigra aux États-Unis et mourut en 1939 la même année que Freud.

    Rationalisation

    C’est un procédé très commun, conscient et raisonné (s’appuyant sur la logique et la morale de l’individu et de solides appuis culturels) qui permet de justifier une action, une attitude, un sentiment et dont la véritable motivation est inconsciente.
    La rationalisation a donc une fonction défensive mais accompagnant le plus souvent le symptôme, la compulsion défensive ou la formation réactionnelle, elle agit en fait comme un masque, un camouflage secondaire des différents éléments constituant le conflit défensif sans aller à l’encontre directement de la satisfaction pulsionnelle, ce qui ne lui permet pas d’appartenir à part entière aux mécanismes de défense. Par exemple un individu peut se défendre de nettoyages compulsifs pour des raisons d’hygiène.
    La rationalisation dans le champ vaste de ses applications se retrouve aussi dans le délire, comme un besoin d’expliquer, de justifier les sentiments développés. Proche de l’intellectualisation, elle s’en distingue pourtant nettement.

    Réalité (adaptation à la)

    L’adaptation à la réalité est un processus indispensable à l’évolution psychique de l’individu qui va devoir, à un certain moment, s’adapter à son environnement, faire avec la réalité*. L’adaptation à la réalité concerne donc son développement et va mettre en confrontation les exigences externes au sujet (les réalités de la vie, ses impératifs) avec ses exigences internes, au cours des différentes expériences qu’il va rencontrer.
    L’individu qui fait preuve d’une bonne adaptation à la réalité a su, lors de son expérience de la frustration*, trouver les bons compromis*. Le nourrisson n’est aucunement adapté à la réalité car il ne distingue pas ses fantasmes des perceptions extérieures.

    Réalité (principe de)

    Le principe de réalité impose au principe de plaisir* un ajustement par rapport aux réalités du monde extérieur. De sa plus petite enfance jusqu’à son statut d’adulte, l’individu va devoir s’adapter à la réalité tout en trouvant les moyens de satisfaire son incessante quête de plaisir mais c’est au final le principe de réalité qu’il fera prévaloir sur le principe de plaisir.

    Réalité (voir aussi : Principe de réalité)

    Ce terme réunit toute espèce d’élément appartenant au monde du réel, tout ce qui existe effectivement, tout ce qui est concret et vérifiable.
    L’individu durant son évolution psychique doit rapidement apprendre à « faire avec » la réalité du monde qui l’entoure. Il va devoir se soumettre à des exigences et à des règles humaines mais aussi à des lois naturelles issues de certaines exigences incontournables de la nature. Un individu conscient accepte la réalité, il s’y adapte (voir aussi :Adaptation à la réalité).
    Les délires avec hallucinations visuelles ou auditives montrent, dans la psychose un désinvestissement du monde de la réalité, l’individu est soumis à son inconscient, il n’a pas le sens de la réalité et ne peut s’y adapter.

    Rebirth (de l'anglais, « renaissance »)

    Son fondateur, dans les années 70, est Léonard Orr. La théorie de celui-ci, comme celle d’Otto Rank*, accorde une grande importance au vécu de naissance. Le principe du Rebirth repose sur l’hyperventilation. Cette respiration spécifique, provoquée au départ par une respiration volontaire, profonde, sans pause entre l’expir et l’inspir, amène une hyper oxygénation. Cette respiration n’a rien d’exceptionnel, d’ailleurs certaines personnes l’utilisent spontanément. Cette technique favorise la régression* par une détente profonde. Lors de la régression, le patient va explorer les peurs*, les souffrances et les traumatismes* qu’il a enregistrés et qui le conditionnent dans l’actuel. Par le lâcher prise, il laisse venir les sensations, les souvenirs engrammés, source de ses conflits. Il peut ainsi revivre, pour s’en libérer, les événements passés sous forme de visions, de sons, de sensations et de ressentis…
    Cette thérapie permettrait notamment de revivre le traumatisme natal, voire même fœtal.
    Le Rebirth se pratique en individuel ou en groupe, en cabinet ou en piscine. L’élément eau favorise la régression par sa similitude avec les conditions de naissance. En fin de séance, un échange verbal est proposé par le thérapeute au patient, lui permettant de mettre des mots sur ce qu’il a vécu et ainsi de faire le lien avec son histoire et de l’intégrer.

    Refoulement

    Le refoulement est une stratégie de défense du psychisme qui se met en place au début de la période de latence* (puisque qu’il nécessite que le moi* et le ça* ne soient plus confondus) après la résolution du complexe d’Œdipe*. Grandement utilisé par tout un chacun, il accompagne bon nombre d’autres mécanismes de défense* et il occupe également une place centrale pour la compréhension des névroses (car malgré son rôle protecteur, ses effets peuvent s’avérer nocifs).
    Pour Freud, le refoulement est un processus qui, lorsque certaines pulsions ou désirs sont inacceptables pour la conscience de l’individu (et qu’ils risquent de procurer du déplaisir par leur satisfaction), permet de les rejeter dans l’inconscient. De ce fait, tout ce qui peut être gênant ou douloureux ou réprimé (par désaccord avec notre surmoi*), qu’il s’agisse de situations, d’affects, de contenus ou de représentations (le refoulement ne traitant pas de la pulsion elle-même), sera maintenu hors du champ de la conscience grâce au refoulement : c’est le refoulé*.
    Le refoulement agit donc de façon sélective et intentionnelle (l’intention de protéger) mais il n’est pas sans limite.
    Ce mécanisme de défense répond en fait à un conflit* : le conflit entre le principe de plaisir* (dominé par ses exigences de satisfaction immédiate du désir) et le principe de réalité* (qui réfrène les élans du désir). Si bien que le refoulement apparaît comme nécessaire à la vie sociale et au développement normal de l’individu, puisqu’il protège notamment son moi dans ses relations avec les autres.
    Toutefois, le refoulement n’est jamais définitif et complet. Le refoulé gardant son potentiel dynamique (une pulsion cherchera toujours un moyen pour se décharger), il cherchera sans cesse à s’exprimer d’une façon ou d’une autre et à s’infiltrer dans le champ de la conscience. Cela se manifestera alors de façon anodine avec les rêves, les lapsus, les trous de mémoire, les actes manqués… appelés amnésies de défense.
    Seulement le refoulement est économiquement très coûteux en énergie et le maintien du refoulé dans l’inconscient demande un grand effort au moi. L’individu peut normalement y faire face sans s’épuiser. Cependant, tout est question de quantité (l’inconscient goIrgé de pulsions peut risquer la saturation) et d’état de vulnérabilité de la personne.
    La pathologie s’installe alors lorsque le refoulement est beaucoup plus coûteux en énergie que la chose contre laquelle il est censé nous protéger.
    Dans le cas de personnes névrosées (donc au potentiel énergétique affaibli), l’énergie est gaspillée et mobilisée à lutter contre ces pulsions indésirables qui, sous forme de rejetons* toujours actifs, trouvent un autre moyen détourné et indirect d’assouvissement (une satisfaction compensatoire) mettant finalement en échec le refoulement (ou le rendant insuffisant) : c’est ce que Freud nomme « le retour du refoulé » et qui peut avoir des conséquences pathologiques. Cette résurgence angoissante provoque alors déplaisir et souffrance de manière plus ou moins excessive selon le degré de persistance.
    Dans la vie active de l’individu, cela se manifeste par des blocages face à certaines situations angoissantes, qui mettent la personne en échec et l’empêchent d’avancer. C’est ainsi que le retour du refoulé va être à nouveau refoulé et que, ce processus permanent épuisant l’individu (chaque nouvelle étape lui coûtant en énergie), va permettre à la névrose de s’installer.
    Pour Freud, c’est ainsi que le refoulement agirait en trois temps :
    • tout d’abord un « refoulement originaire » : sorte de noyau premier du refoulement (une formation inconsciente elle-même non attirée par une autre mais attirant par la suite les éléments à refouler) portant sur les représentants inconscients de la pulsion qui restent ainsi figés suite à une fixation.
    • puis le « refoulement proprement dit » ou « refoulement d’après-coup ».
    • et le « retour du refoulé ».
    Il arrive aussi que par le biais de la somatisation*, le corps souffre pour éviter la souffrance psychique due au retour du refoulé trop systématique ou à une réactualisation brutale d’un problème ancien qui empêche un nouveau refoulement.
    Le refoulement est à la base notamment de la névrose hystérique (avec l’amnésie hystérique qui fait que l’on ne se souvient pas) et de la névrose obsessionnelle (avec l’isolation obsessionnelle qui fait que l’on met de côté).
    Le but de la psychanalyse sera alors de faire ressurgir dans le champ de la conscience les représentations (pensées, images, souvenirs…) refoulées et donc de suivre un mouvement opposé.

    Régression

    Pour Anna Freud*, c’est un mécanisme de défense qui est un des premiers à être utilisé par le moi car sa mise en place ne dépend pas du stade de développement mais coïncide plutôt avec l’apparition des conflits pulsionnels.
    La régression est un mouvement rétrograde (total ou partiel) et transitoire, vers un stade du développement psychoaffectif antérieur (dit « précoce » et donc moins mâture), après une évolution normale.
    Elle s’observe notamment quand les pulsions entrent en conflit et que la réalité impose alors une frustration. Par exemple chez l’enfant il y a souvent apparition de conduites régressives (énurésie, boire au biberon, babiller…) lors de la naissance d’un cadet. C’est en quelque sorte ici un temps préparatoire et un recul pour mieux avancer et progresser ensuite. Autrement dit l’enfant désinvestit un objet pour pouvoir se retrouver lui-même et mieux repartir.
    Passagère et peu intense dans le développement normal, la régression se veut donc structurante (concept majeur dans la formation des caractères). Mais elle peut s’avérer pathologique si elle est suivie par exemple d’une fixation (c’est un concept majeur dans l’étiologie des pathologies mentales).
    La notion de régression apparaît dans L’Interprétation des rêves de Freud. Il la présente alors comme un moyen de transformer les pensées du rêve en images sensorielles (liées aux désirs premiers) et de satisfaire l’individu par réapparition de l’hallucination primaire. C’est pour cela que pour Freud le rêve a toujours un pied dans l’actuel (ce dont on se souvient au réveil) et dans l’infantile (le désir caché).
    Il distingue trois formes régressives étroitement liées :
    • la régression topique : c’est une excitation de l’appareil psychique, qui interrompt sa succession orientée et progrédiente de ses systèmes pour leur donner une autre direction (en sens inverse).
    • la régression temporelle : elle est mue par le désir. C’est par exemple un retour à un plaisir infantile (retour de la libido à un stade de développement dépassé où elle avait trouvé une gratification). Mais ce peut être un retour à un stade marquant en bien ou en mal, à certaines relations d’objets ou à certaines identifications…
    • la régression formelle : elle explique pourquoi on retrouve certains traits infantiles (modes caractéristiques d’attitudes, d’expression et de comportements de l’enfant) chez l’adulte.

    Reik (Theodor)

    Issu d’une famille juive hongroise, Theodor Reik (1888-1969), alors étudiant en philosophie, est introduit en 1910 dans la Société Psychanalytique de Vienne par Sigmund Freud* qui avait apprécié son étude sur Gustave Flaubert. C’est à la psychanalyse qu’il consacre la thèse qui lui permet d’accéder au doctorat en 1911. Il fait, dans un premier temps, une analyse avec Karl Abraham*. Celle-ci est payée par Freud qui l’aide financièrement jusqu’à ce qu’il professe en tant que psychanalyste. Il participe, en tant que soldat autrichien, à la première guerre mondiale et entreprend une analyse avec Freud à son retour de celle-ci. La Société Psychanalytique de Vienne (dont il sera secrétaire en 1924) le prime pour la qualité de son travail scientifique en 1918.
    En 1925, Théodor Reik est mis en procès pour exercice illégal de la médecine parce qu’il pratique la psychanalyse alors qu’il n’est pas médecin. Freud le soutient en écrivant La question de l’analyse profane qui défend le caractère laïc de la psychanalyse. Ce procès devient rapidement une affaire qui fait grand bruit et divise la communauté freudienne internationale avec d’un côté les partisans d’une psychanalyse médicale et de l’autre ceux d’une psychanalyse « laïque ».
    L’œuvre de Reik concerne principalement la psychanalyse appliquée, l’anthropologie, mais il consacre également de nombreux écrits à l’art, la littérature et la musique dont il est passionné.

    Relation d’objet

    Voir : Objet

    Répétition

    Voir : Compulsion de répétition

    Résistance

    Le terme de résistance regroupe tous les moyens mis en œuvre par l’analysant* au cours de la psychanalyse*, afin de s’opposer à la mise à jour de sa vérité inconsciente. Ce mécanisme témoigne de la crainte de perte d’intégrité qu’éprouve le moi* qui se sent mis en danger par le travail de la cure. La résistance permet de cerner le conflit. Plus le sujet s’approchera du  noyau originel, plus la résistance se développera, elle sera exacerbée jusqu’à être mise à découvert. Les résistances sont repérées par l’analyste* (dans le comportement, les attitudes et les propos de l’analysant qui enfreint, par exemple, la règle fondamentale* ), elles sont ensuite communiquées au patient. Ce n’est pas la verbalisation mais bien l’analyse de la résistance qui aide l’analysant à résoudre le conflit, c’est le travail de perlaboration*.

    Rétention-expulsion (voir aussi : Stade anal/sadique anal)

    Le terme rétention-expulsion concerne le deuxième stade de l’évolution libidinale de l’enfant dans la phase antéœdipienne (voir : Complexe d’Œdipe).
    Après le stade oral*, l’enfant accède au stade anal. À cette période de son développement (entre 2 et 3 ans), l’organisation de la libido* n’est pas encore génitale (voir : Génital), on dit qu’elle est sous le primat de la zone érogène anale. L’anus devient alors zone érogène* primordiale, les fèces* prennent une valeur symbolique* et la défécation avec le choix désormais possible de retenir ou d’expulser la matière fécale, sources essentielles de plaisir.
    C’est en effet à cette période que l’enfant commence à maîtriser ses sphincters* et que va être possible l’intégration, pour lui, de la notion d’objet, il comprend alors ce pouvoir qui est désormais le sien de donner par l’expulsion ou de conserver par la rétention. Par l’expulsion les fèces deviennent objet « non moi » (objet externe) ; elles demeurent objet « moi » (objet interne) par la rétention. Par le phénomène de rétention, où la volonté d’opposition de l’enfant peut s’exprimer, les pulsions dîtes sadiques apparaissent c’est pourquoi S. Freud dira ce stade « sadique-anal ».

    Rêve (voir aussi : Contenu latent ; Contenu manifeste)

    Il existe des mecanismes dont le but est de soulager l'inconscient des tensions refoulées qu’il a accumulées. S. Freud nous dit de l’une d’entre elles qu’elle est « …la voie royale qui mène à la connaissance de l’inconscient dans la vie psychique» (S. Freud, L’Interprétation des rêves, Paris, PUF, 1999, p.517) : c’est précisément de l’interprétation du rêve dont il s’agit.
    Pourquoi rêve-t-on ?
    De nombreux désirs sont refoulés vers l’inconscient parce que réprimés par notre morale. Mais même rejetés ainsi, ils n’en restent pas moins très actifs dans le système psychique. Lorsqu’il y a trop d’éléments refoulés, l’inconscient cherche donc un moyen d’en « décharger » le surplus. Par la voie du rêve, il trouve un compromis acceptable. Si l’individu rêve, c’est donc par nécessité d’assouvir un désir inconscient inavouable, par besoin d’expression de certains désirs.
    En réalité le rêve est un processus complexe et rusé car il permet de rendre conscients des éléments inconscients et ce de façon si détournée, que la conscience ne les reconnaît pas directement : les images du rêve déguisent ces désirs inconscients, les expriment en les rendant méconnaissables (voir aussi : Condensation, et : Déplacement).
    Le rêve paraît souvent absurde car le contenu que le rêveur peut exprimer dans un récit n’est que la représentation transformée d’un désir. Ce désir aurait été trop culpabilisant s’il avait été exprimé directement. Dès lors le compromis (le rêve dans le cas présent) permet d’évacuer sans culpabilité. Par exemple, une employée éprouve beaucoup d’agressivité envers son patron par qui elle estime être exploitée. Elle rêve qu’elle met le feu à l’entreprise pour laquelle elle travaille. Ainsi, pas de passage à l’acte dans la réalité donc, la culpabilité est évitée mais, à travers le rêve, elle a pu laisser s’exprimer son agressivité.
    Si le rêve accomplit bien son œuvre (en quelque sorte s’il parvient à dissimuler correctement son but), le rêveur pourra vivre ses désirs inassouvis à l’aide d’images transformées et associées de telle façon qu’elles lui paraîtront dénuées de sens ou porteuses de tout autre chose qui restera parfaitement acceptable pour lui.

    Rêve éveillé

    Robert Desoille est à l’origine de ce procédé qui consiste, pour le patient, à laisser aller son imaginaire tout en exprimant verbalement ce qu’images et fantasmes qui lui apparaissent suscitent en émotions et sentiments. Le sujet est amené à développer largement cette création onirique principalement en formulant les associations qu’il opère entre les différentes images.
    Dans certains cas, cette méthode peut être dirigée par le thérapeute qui propose alors une situation de départ (par exemple : vous marchez dans la campagne, que voyez-vous ?). Comme pour une rêverie solitaire, l’individu va utiliser l’espace imaginaire. Toutefois, le rêve éveillé se pratiquant dans le cadre d’une relation avec un thérapeute, la production imaginaire est verbalisée permettant un abord de l’inconscient (il faut néanmoins noter ici la prépondérance de l’élaboration secondaire) et apportant matière à interprétation.

    Réel

    Le réel est censé représenter ce qui est de l’ordre de la réalité* et s’oppose au rêve*, à l’illusion* ou à l’imagination. La psychanalyse freudienne distingue bien la réalité matérielle,
    extérieure et conscientisée, de la réalité psychique qui désigne les désirs inconscients de l’individu. Non seulement les processus inconscients ne prennent pas en compte la réalité
    extérieure, mais aussi ils la remplacent par une réalité psychique qui est associée au fantasme*, comme dans la scène de la séduction* où les traumas peuvent être également fantasmés.
    Cependant, Freud admet que le fantasme n’apparaît pas ex nihilo car il est toujours lié à une réalité issue d’une scène infantile ( la scène de séduction ou la scène originaire), ou
    associé à des traces mnésiques* d’expériences réelles vécues dans l’entourage ou bien dans le cours de l’histoire de l’humanité et transmises par les générations précédentes. Si, dans un
    premier temps, Freud a défini la réalité comme le versant externe de la frustration, puisque le fantasme supplée la satisfaction pulsionnelle, il affirma l’impossibilité de retrouver le
    réel, puisque, par essence l’objet du désir est l’objet perdu.
    Dans la théorie lacanienne, le réel constitue l’élément dominant d’une structure tridimensionnelle qui comporte aussi l’imaginaire* et le symbolique* pour former la trilogie R.S.I. (« le
    Réel, le Symbolique, l’Imaginaire »). Lacan affecte au réel, en plus de sa dimension freudienne de réalité psychique, une autre réalité impossible à symboliser, « un reste » inaccessible à
    la pensée humaine. Le réel, inséparablement noué par un rapport au symbolique et à l’imaginaire, n’est plus cette représentation du monde extérieur incarnée par la réalité, mais surgit là
    où le sujet ne peut l’appréhender car il est expulsé de la réalité par le symbolique. L’irruption du réel dans le symbolique se manifeste alors par l’hallucination et le délire. Le réel
    n’étant alors constitué que de signifiants forclos du symbolique, le sujet le confond avec un autre monde, celui de la psychose, et s’y exprime par des hallucinations et des délires
    intempestifs. Pour peu que la fonction paternelle ait été récusée, les signifiants de la castration réapparaîtront dans le réel du sujet sous une forme délirante.
    L’élaboration d’une science du réel s’imposa alors à Lacan qui découvrit que le réel se trouvait à l’origine du doute, préalable obligé de toute démarche scientifique. D’ailleurs, pour
    lui, le sexe féminin qui renvoie le sujet à un réel impossible à symboliser est précisément l’illustration d’un doute propice à la découverte scientifique.
    Enfin, quand Lacan soutient que « l’impossible c’est le réel » cela sous-tend alors qu’ « il n’y a pas de rapport sexuel », son impossibilité étant soumise à l’angoisse de castration.
    Ainsi, la place prépondérante qu’il attribua au réel dans le triptyque R.S.I. témoigne bien du rôle moteur qu’il accomplit au sein de la structure qui le noue au symbolique et à
    l’imaginaire.

    Règle fondamentale

    C’est le principe de base qui prévaut au bon déroulement du travail psychanalytique, consistant à appliquer la méthode de libre association* pendant les séances de la cure*. Après s’être
    débarrassé des premiers errements de la suggestion hypnotique, Freud institua cette règle pour inviter le patient à « dire ce qui lui vient à l’esprit, même si cela lui paraît futile,
    absurde ou déplaisant », comme il le préconisait.
    Cette règle incite donc l’analysé à exprimer ce qu’il pense et ce qui l’émeut, en l’encourageant à ne pas omettre tout ce qui peut lui sembler désagréable, illogique, inutile ou non
    pertinent. Même si les idées qui se présentent à l’esprit du patient s’enchaînent sans liaison apparente, leur énonciation permet une voie d’accès privilégiée à l’inconscient. Ce mode de
    communication à l’analyste d’idées qui surgissent spontanément dans l’esprit de l’analysé, ne peut que favoriser l’apparition de productions inconscientes dans son discours.
    À cet égard, si la règle fondamentale est l’élément principal qui structure la relation analytique, les difficultés que le patient éprouve à effectuer des associations sont la
    manifestation de résistances tout aussi intéressantes à analyser ; ainsi, toute critique émise à l’encontre de la règle, toute transgression, tout oubli, ou tout détournement de celle-ci
    visant à la rendre inapplicable (technique d’expression dite du « coq-à-l’âne », ou inspirée du langage surréaliste, volontairement incohérent) reflètent de fortes réticences de la part du
    patient à accepter le travail psychanalytique, qu’il interprète alors comme une tentative de contrôle.
    Qu’elle soit respectée ou bafouée, la règle fondamentale contribue à établir en toute circonstance une relation transférentielle. En abolissant la censure surmoïque, la règle permet aux
    souvenirs refoulés d’accéder au conscient, placé sous l’égide du principe de plaisir*. Malgré tout, le patient aura dépassé l’angoisse de ses conflits intrapsychiques en osant les énoncer,
    marque de sa capacité à évoquer le déplaisir. Lacan soutenait d’ailleurs à ce propos que la parole du patient apparemment libérée mais incontrôlée, peut se révéler d’autant plus honteuse
    et pénible qu’elle est prononcée sous les auspices de la vérité et de la sincérité.
    En fait, davantage qu’une méthode proposée à l’analysant pour accéder à son inconscient, la règle fondamentale s’affirme comme une authentique formulation d’une demande à l’autre tout en
    favorisant la régression. De nos jours, certains analystes récusent cette règle qu’ils qualifient de dépassée, superflue, voire anti-analytique, car elle aliène le patient à un principe
    non dérogatoire et contraignant qui est susceptible d’étouffer la spontanéité de la parole au lieu de la libérer, alors que l’analysant y gagnerait plus en découvrant lui-même les règles
    du jeu analytique.

    Rejeton (voir aussi : Refoulement ; Pulsion ; Dynamique)

    « Le refoulement n’empêche pas le représentant de la pulsion de persister dans l’inconscient, de continuer à s’organiser, de former des rejetons et d’établir des liaisons. » (S. Freud,
    Métapsychologie, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 1999, p.49).
    Le terme rejeton apparaît dans le texte freudien pour désigner des éléments du refoulé* qui ont tendance à resurgir à la conscience* sous forme de rejetons avant de subir à nouveau un
    refoulement dit secondaire. La persistance de ces rejetons du refoulé et leur tendance montrent l’activité incessante de l’inconscient dans sa poussée vers la conscience.

    Retournement sur la personne propre (voir aussi : Instinct et pulsion)

    Avec le refoulement*, la sublimation* et le renversement dans son contraire, le retournement sur la personne propre est l’une des transformations possibles que puisse opérer la pulsion (le
    retournement sur la personne propre concerne l’objet vers lequel se dirige la pulsion, le renversement dans son contraire concerne le but de la pulsion).
    Après s’être détachée de l’objet, la pulsion peut donc se retourner sur la personne propre. On remarque ce processus dans la névrose obsessionnelle* où œuvre le masochisme moral. Dans
    cette névrose où les exigences du surmoi* (dit alors surmoi sadique) sont dirigées sur le moi*, le masochisme moral est entretenu par retournement du sadisme de l’individu sur sa personne
    propre. Sigmund Freud écrit à propos du mélancolique :
    « La torture que s’inflige le mélancolique et qui, indubitablement, lui procure de la jouissance, représente, tout comme le phénomène correspondant dans la névrose obsessionnelle, la
    satisfaction de tendances sadiques et haineuses qui, visant un objet, ont subi de cette façon un retournement sur la personne propre » (S. Freud, « Deuil et mélancolie », in
    Métapsychologie, Paris, Gallimard, collection « Folio Essais », 1999, p.159-160).

s

    Sadisme

    Souvent cité ensemble, le couple pervers « sado-maso » a fait couler beaucoup d’encre… Le sadique prenant son plaisir dans la souffrance de l’autre et son corollaire, le « maso » dont le plaisir est de souffrir lui-même.
    On appelle le sadique du nom du marquis de Sade, écrivain qui fit des descriptions dans ses ouvrages, des pratiques visant à infliger à un partenaire sexuel, une souffrance physique (coup, blessure, flagellation) ou morale (humiliation.)
    Les « psy » pensent que le sadisme est issu des forces d’agressivité orientées vers l’extérieur, vers les autres. Ensuite, si elles se retournent contre la personne (par culpabilité ou moralité) elles deviennent de l’auto sadisme ou masochisme. Une même personne peut donc présenter les deux tendances, masochiste et sadique.
    Le plaisir de souffrir ou cette complaisance à se prendre pour une victime que nous connaissons tous plus ou moins, serait du à une culpabilité venue très tôt chez le petit enfant, tout à fait inconsciente, devant les sentiments ambivalents éprouvés tels que l’amour pour sa mère quand elle est présente et la haine dès qu’il ne la voit plus et la croit perdue.

    Sadomasochisme (voir aussi : Sadisme)

    Expression composée de deux manifestations de la vie pulsionnelle, le sadisme* et le masochisme*, caractérisant un couple d’opposés fondamentaux à l’image de l’activité et de la passivité*. Chez un même individu, les deux composantes de cette affection peuvent coexister comme Freud considère que ce couple d’opposés est non seulement indissociable dans ses manifestations mais aussi dépasse la notion de perversion* originaire, pour former dans sa dimension à la fois active et passive la dualité de la vie sexuelle.
    Pour Freud, le masochisme correspond à un renversement de la pulsion active en passivité ainsi qu’à un retournement de cette pulsion contre la personne propre : le masochisme est en fait « un sadisme retourné », qui a été refoulé par le sentiment de culpabilité. De la même façon, le sadisme sexuel n’est qu’un retournement de la pulsion masochique. Dans ces retournements pulsionnels, l’élément primordial est finalement le rôle que joue l’identification* fantasmatique à l’autre : ainsi, pour ce qui est du sadisme « en infligeant (des douleurs) à d’autres, on jouit masochiquement dans l’identification avec l’objet qui souffre », et dans le masochisme, la personne change aussi d’objet puisqu’en souffrant, elle jouit de façon sadique de s’identifier à l’autre, auteur de ses souffrances.
    Dans l’organisation prégénitale de l’enfant, le sado-masochisme apparaît initialement de façon exemplaire dans les stades sadique-anal* et oral-cannibalique*. D’autre part, le couple sadisme-masochisme se retrouve dans le conflit intrasubjectif opposant le Surmoi* sadique, comme dans l’autopunition, au Moi* masochique, comme dans le masochisme moral. À ce propos, Freud associa souvent le sadisme à l’activité et à la masculinité alors qu’il relia le masochisme à la passivité et à la féminité. De même, en introduisant la notion de pulsion de mort et celle d’Eros*, il établit le lien libidinal du sado-masochisme et reconnaît au sadisme ainsi qu’au masochisme un caractère érogène.
    En sexologie, le terme de sado-masochisme révèle les deux aspects opposés et complémentaires que représentent ces deux perversions réunies en une seule combinaison perverse. En psychanalyse moderne, le sado-masochisme est reconnu comme une réalité agissant dans les relations interpersonnelles du type dominant-dominé, voire persécuté-persécuteur, ainsi que dans le conflit intrapsychique où le phénomène de la demande peut être interprété comme un rapport sado-masochique dans la mesure où elle s’oppose au pouvoir. En tout état de cause, sadisme et masochisme sont les deux aspects à la fois opposés mais complémentaires d’une même réalité combinée dans le vocable de sado-masochisme.

    Scène primitive ou Scène originaire

    C’est la scène de relations sexuelles entre les parents telle que l’enfant l’a réellement vue, conçue (d’après indices) ou fantasmée. Non comprise, elle est de plus interprétée par l’enfant comme un acte de violence (de la part du père), voire un acte sadomasochiste (de viol de la mère par le père). Elle peut être alors une expérience traumatisante à un stade précoce du développement de l’enfant (alors que l’enfant partage encore la chambre de ses parents).
    Si génératrice d’angoisse, elle a un rôle non négligeable dans la genèse des névroses, c’est aussi, contradictoirement, une réponse à ce que cherche l’enfant quant au problème de l’origine de l’individu.
    Mélanie Klein* se différenciera de la conception freudienne en accordant un grande importance aux projections de l’enfant (fantasmes projectifs) qui selon elle, sont à l’origine de la conception déformée qu’a l’enfant de la réalité, et qui sont en fait le reflet de ses propres pulsions et donc de ses désirs (par exemple, le père comme la mère peuvent être vécus comme des éléments dangereux). Aussi, elle concevra plutôt le terme de « figure du parent combiné » pour désigner le fantasme infantile de la scène primitive.

    Schizophrénie

    La schizophrénie est une maladie universelle. Elle s’apparente à un groupe de psychoses (aux côtés de la paranoïa et de la psychose maniaco-dépressive) et son évolution peut être chronique ou rythmique (de façon continue) comme arythmique (par poussées).
    Elle a surtout été décrite au début du XXè siècle (ce terme a été inventé par Bleuler en 1909) mais Philippe Pinel en faisait déjà état un siècle auparavant.
    Les premières descriptions cliniques véritables ont d’abord fait apparaître le terme de démence précoce : la paternité chronologique en revient alors à B.A. Morel et les travaux repris en parallèle par Émile Kraepelin ont conduit à ce que ce dernier présente cette maladie comme unique en son genre et sous trois formes cliniques :
    • Hébéphrénique, caractérisée par un état apathique, d’indif-férence au monde extérieur et de repli sur soi.
    • Catatonique, caractérisée par un dysfonctionnement au niveau moteur mais aussi un état de stupeur et de négativisme.
    • Paranoïde, caractérisée par le délire et les hallucinations.
    Mais Kraepelin s’opposant à la « psychoanalyse », comme recherche de la cause des symptômes, fut par la suite critiqué vivement par Freud et Pierre Janet, en ce qui concerne justement les causes qu’il proposait à la maladie, sa classification et son caractère évolutif qu’il attribuait à elle seule (c’est-à-dire comme discriminatif de la démence précoce).
    Sur ce, Eugène Bleuler appliqua en 1911 l’analyse psychologique, (alors à ses tout débuts), à la démence précoce. Il en forgera le terme de schizophrénie dont les racines grecques signifient « fendre, séparer » et « esprit ». De plus il ne se limitera pas à décrire la structure psychologique des symptômes mais il en expliquera le contenu. Il proposera ainsi une classification selon deux grands groupes de symptômes : un premier groupe avec les symptômes fondamentaux (autrement dit caractéristiques de la maladie) et accessoires (se produisant ou pas, subjectifs et communs à d’autres affections, et donc n’entrant pas dans le diagnostic) ; et un deuxième, avec les symptômes primaires et secondaires.
    Premier groupe :
    • les symptômes fondamentaux qui sont présents chez tous les schizophrènes : troubles de l’association (comme rupture de contact avec le monde extérieur), pensée et affectivité fragmentées (comme retrait de la réalité), mais aussi pensée et comportement particuliers qu’il nomme autisme…
    • les symptômes accessoires qui se produisent ou pas mais qui, plus subjectives, n’entrent pas dans le diagnostic (par exemple les délires, hallucinations…)
    Second groupe :
    • les symptômes primaires (les plus importants)
    • les symptômes secondaires (en partie fruits de la combinaison de l’action des symptômes primaires et de facteurs pathogènes ou fruits de tentatives d’adaptation à ceux-ci…)
    La schizophrénie serait alors définie ainsi : le psychisme perdant son unité et sa stabilité au profit de la dissociation (coupure avec la réalité) et à l’encontre des capacités associatives (sans référence ni relation à l’autre), la personnalité de l’individu se trouve de ce fait destructurée ce qui l’amène à des incohérences mentales et comportementales.
    Pour Freud, le terme de paraphrénie sera préféré à celui de schizophrénie pour des raisons psychodynamiques, amenant de ce fait une nouvelle définition : c’est une névrose narcissique (au même titre que les psychoses maniaco-dépressives et paranoïaques) en liaison directe avec le refoulement. Autrement dit, la libido qui investissait l’objet premier, se retire alors (par le biais du refoulement) des personnes et du monde extérieur, et ce détachement de l’objet favorise alors une accumulation de la libido au niveau du moi, libido qui va y rester (fixation prédisposante à la maladie). La schizophrénie se distingue alors de la paranoïa par le destin du retour du refoulé : celui-ci n’utilise pas la projection mais l’hallucination et le délire, qui sont en fait une tentative de reconstruction des premiers investissements objectaux par la libido (mettant au premier plan le narcissisme primaire) et qui s’apparentent à une tentative de guérison.
    D’après la deuxième topique freudienne, la psychose relèverait d’un conflit entre le moi et le monde extérieur, aboutissant à la perte de la réalité (la forclusion, par rejet du symbolique, amènera à la substitution de la réalité).
    Jung refusera de réduire l’origine des conflits psychiques à la libido et il fera reposer la personnalité de l’individu sur son affectivité (ses comportements en devenant alors les symptômes). De plus, dans le cas de la schizophrénie plusieurs symptômes seraient en fait la reproduction d’archétypes appartenant à notre inconscient collectif et la perte de la réalité ne serait pas liée à l’accumulation de la libido mais serait en fait une trace de ce monde archaïque exprimée sous la forme d’un monde imaginaire.
    M. Klein, en décrivant la position schizoparanoïde et la position dépressive comme appartenant à un nouveau modèle topique du psychisme, elle placera processus dissociatifs, délires et dépression, comme mécanismes de défense primitifs communs à tous les êtres humains ; et lèvera aussi de ce fait la barrière entre névrose et psychose. C’est alors qu’on peut dire qu’il y a basculement dans la psychose lorsque l’individu qui n’a pas dépassé ses angoisses psychotiques archaïques, régresse à ce même stade.
    Plus tard Winnicott* dans la lignée des travaux de M. Klein, mettra l’accent sur la faillite de l’environnement dans l’étiologie de cette maladie, c’est-à-dire une séparation de la mère trop tôt (rupture de la liaison), qui ne permet pas à l’enfant de lui substituer un bon objet et qui ainsi le fixe à la position schizo-paranoïde. Il donnera alors toute son importance à l’objet transitionnel qui doit accompagner l’enfant dans l’acquisition de son indépendance.
    Les successeurs de Bleuler et de Freud ne manqueront pas d’entrevoir d’autres visions psychanalytiques de la schizophrénie, mais ces divergences ne discuteront pas le caractère spécifique de « dissociation ». Plus tard même, les avancées biotechnologiques et médicales permettront d’identifier les aspects génétiques de la maladie et d’observer le cerveau dans son activité schizophrénique, mais cela n’est pas sans risque : celui de faire naître une approche très réductionniste de la maladie puisque l’individu n’est plus perçu dans sa totalité (physique et mentale) mais avant tout biologique. De plus, même si la schizophrénie possède aujourd’hui une nosologie détaillée et une compréhension des symptômes avancée, l’explication psychodynamique semble la plus appropriée.

    Sein

    Voir : Bon sein/Mauvais sein

    Self

    Voir : Faux self/Vrai self

    Sexe

    Ensemble de caractères et de fonctions permettant d’établir une distinction fondamentale entre des individus par rapport à leur identité sexuelle. Ce dimorphisme d’origine sexuelle a aussi une implication psychologique différente entre le masculin* et le féminin*. Aussi parle-t-on aujourd’hui davantage de différences liées à l’identité sexuelle que de différences de sexe proprement dites. Cette différenciation entre les sexes masculin et féminin semble universelle et permanente dans toutes les cultures humaines et aux différentes périodes de l’histoire de l’humanité. Elle est en fait constitutive non seulement de l’identité personnelle mais aussi de la pensée et de la société humaines.
    L’enfant perçoit une différence de sexe entre son père et sa mère assez précocement. Dans tous les stades* prégénitaux, l’enfant est sous l’emprise de pulsions sexuelles d’origines diverses ; mais ce n’est qu’au stade phallique qu’il commence à intégrer la notion de sexe, sachant qu’il n’y a qu’un organe génital, l’organe mâle, propre à jouer un rôle : ainsi, la constatation de visu soit de la présence d’un sexe chez le petit garçon, soit de l’absence totale de sexe chez la petite fille, incite l’enfant à concevoir un monde en opposition phallique-châtré (ceux qui ont le phallus et celles qui ne l’ont pas). Néanmoins, la petite fille, tente de combler sa frustration en suscitant une envie du pénis*.
    Le complexe d’Œdipe, qui est concomitant de la phase phallique, joue un rôle central chez les deux sexes en produisant l’identification au phallus tout en préparant l’accès à la génitalité. Lacan a désigné sous le vocable de « sexuation » la façon inconsciente dont les deux sexes se reconnaissent tout en se différenciant.
    En effet, le phallus, signifiant du désir, est aussi signifiant de la castration. Or, dans l’inconscient, la question de la différence des sexes reste entière, au-delà des disparités biologiques. Ainsi, le choix fondamental de l’objet sexuel adopté par tout individu, n’est peut être pas définitif et irréversible pour tous : le changement d’objet, qu’il soit homosexuel, hétérosexuel, ou bisexuel, peut avoir lieu, tout comme le rejet de son propre sexe (qui, à l’extrême peut entraîner le désir d’en changer au moyen de mutilations castratrices) ce qui témoigne encore de nos jours de l’incom-plétude de la sexuation humaine.

    Sexologie

    Discipline très controversée. Historiquement, elle apparaît vers 1920. Pour certains psychanalystes par exemple, une science de la sexualité ne peut être construite et représentée au travers d’une sexologie. Pour de nombreux médecins, elle ne peut qu’appartenir à une branche très spécifique de la médecine.
    Mais pour beaucoup d’autres personnes la sexologie est avant tout une discipline à part entière, complète et indépendante.
    Quoiqu’il en soit, la sexologie reste essentiellement une science descriptive, une science de l’observation objective des comportements sexuels.
    Dégagée de toute pression moralisatrice, elle s’appuie sur de multiples disciplines par des approches neurologiques, endocrinologiques, anatomiques, physiologiques, psy-chiatriques, anthropologiques, sociologiques, psychologiques, voire psychanalytiques.
    Alfred Kinsey (1894–1956) participera longuement à l’évolution de la sexologie grâce à une enquête approfondie.
    Néanmoins, une grande avancée fut faite par les études modernes en laboratoire grâce à William Masters et Virginia Johnson (méthode étho-clinique).

    Sexologue

    Étude moderne parce que récente (XXè siècle), la sexologie fait l’approche des comportements sexuels au travers du désir et de la pratique sexuelle.
    Le sexologue est donc le thérapeute qui aide l’individu (ou le couple) dans tous les problèmes que celui-ci peut rencontrer dans sa sexualité. L’analyse de ses désirs et pratiques sexuelles aura pour but de comprendre les comportements, d’en dégager les origines et ainsi d’apporter le « mieux-être » souhaité dans une vie sexuelle plus épanouissante.

    Sexothérapie analytique

    Définie par Claire et Robert Gellman, cette psychothérapie brève d’orientation psychanalytique vise essentiellement le dépassement du symptôme sexuel.
    Néanmoins, l’essentiel du cadre analytique restera préservé comme la libre association, l’utilisation de l’outil transférentiel et l’analyse contre-transférentielle.
    L’interprétation par contre n’est pas toujours indiquée et restera mesurée toujours en relation avec la résolution du symptôme.
    En fait, le résultat escompté est une conscientisation des processus symboliques censurés, la compréhension croissante du patient sur l’origine de ces blocages sous le regard déculpabilisant du thérapeute et une résolution progressive de la problématique.
    Sexualité
    Chez l’humain, elle désigne tout ce qui a trait aux éléments morphologiques qui font qu’il est reconnu comme sexué.
    Donc, lorsque l’on parle de sexualité chez l’être humain, c’est souvent pour faire référence à la relation physique, aux organes génitaux ou encore à la procréation.
    Une personne a des besoins physiologiques sexuels. Elle éprouvera, pour satisfaire ces besoins, le désir de s’accoupler avec une autre personne. Quel que soit le but final (évacuation de tensions sexuelles organiques, recherche de plaisir, désir de procréer ou tout cela à la fois) on pourra dire que cela rentre dans le domaine de la sexualité.
    Mais le concept de sexualité a été élargi par S. Freud qui dégage, entre autres, une sexualité chez l’enfant (découverte fondamentale pour la psychanalyse).
    Bien entendu, la sexualité infantile n’a rien de comparable avec celle de l’adulte mais très tôt, le petit enfant éprouve du plaisir (par la succion, les caresses de sa mère, etc.) il va donc être à la recherche de satisfactions diverses.
    Cette quête va bien sûr subir de multiples transformations au fur et à mesure qu’il évoluera car il se trouvera dans l’obligation d’adapter ses désirs à la réalité qui l’entoure. Elle n’en est pas moins essentielle pour son développement psychique, par la recherche de satisfaction, l’enfant montre son désir de vivre.

    Sexualité infantile

    Voir : Sexualité

    Somatisation

    Du grec Soma, le « corps », la somatisation, dans le domaine de la sophrologie* c’est :
    • Négativement, la traduction d’un conflit psychique en affection physiologique.
    • Positivement, la répercussion intentionnelle des vibrations sonores orientées vers des organes fragilisés ou endommagés pour une plus rapide régénérescence des cellules.

    Sophrologie

    Terme créé par le Pr. Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre orienté par l’École de Psychiatrie Phénoménologique et Existentielle, pour désigner une méthode scientifique qu’il a conçue pour l’étude de la conscience et pour maîtriser l’équilibre corps-esprit, avec des procédés vivantiels qui lui sont propres et originaux.

    Source de la pulsion

    La source de la pulsion est l’origine de la pulsion, c’est-à-dire son lieu de départ (partie du corps où prend naissance l’excitation) ainsi que les facteurs qui la déclenchent (qu’ils soient d’origine interne ou externe, organique ou psychique). À cela s’ajoute une dimension énergétique : l’énergie psychique* qualitativement et quantitativement investie.

    Souvenir

    Le souvenir est une image que notre mémoire a retenu dans le passé et qui surgit à nouveau à notre esprit de façon volontaire ou non. Synonyme de réminiscence, le terme de souvenir en psychologie est utilisé pour désigner une manifestation consciente qui relève de la mémoire déclarative, mais dont les limites sont plus floues et vastes que les notions de représentation, d’information mémorisée ou de trace mnésique*.
    En psychanalyse, Freud emploie d’abord le terme de souvenir pour définir la représentation consciente d’images du passé. Mais la scène de la séduction*, et ses études sur les névroses l’amenèrent à considérer l’aspect inconscient du souvenir qui devient alors une « trace mnésique », expression technique désignant un souvenir de nature inconsciente. Ainsi, il opposa d’emblée souvenir conscient à trace mnésique inconsciente, car le souvenir du traumatisme est refoulé de la conscience du sujet, n’en subsiste que son symptôme ou son symbole mnésique. Cependant le souvenir qui rappelle une émotion vécue dans le passé, est apte à provoquer l’activation de « chaînes mnésiques », révélant la valeur associative de la mémoire, qui sont si précieuses dans la technique de l’association libre* propice au travail de la cure* analytique.

    Stade (libidinal/psychosexuel)

    On appelle « stade » une étape du développement psychosexuel* de l’enfant qui est en général caractérisé par une organisation spécifique de la libido liée à une zone érogène déterminée ainsi que par la prépondérance d’un mode particulier de relation d’objet.
    En psychanalyse, la notion de stade est étroitement liée à une phase de l’évolution libidinale. D’ailleurs, on s’accorde à employer aussi les termes de « phase » ou de « position » pour désigner l’équivalent du mot « stade ».
    Les différents stades constitutifs de la psychosexualité de l’enfant sont en fait des moments-clés de l’organisation libidinale du futur homme. À chaque stade prégénital correspond une activité sexuelle particulière qui est associée à un zone érogène et défini par une relation objectale spécifique. Ce fut d’abord dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité que Freud mit en place les bases de sa théorie des stades de la libido, qui fut modifiée ultérieurement et subdivisée en stades prégénitaux (oral, anal, phallique) précédant l’avènement du stade génital. Karl Abraham* ajouta à ces types d’organisation des relations d’objet spécifiques (voir : Stade oral-cannibalique et : Stade Sadique-anal).
    De même, la contribution de Mélanie Klein* à la théorie freudienne des stades libidinaux fut tout à fait originale préférant le terme de « position » pour définir les deux phases du développement psychosexuel infantile du premier âge (voir : Position dépressive*, Position paranoïde*). Plus récemment, cette notion de stade a été reprise par divers mouvements de psychologie (Baldwin, Piaget, Wallon) pour rendre compte des différentes étapes de l’évolution de l’enfant sur un plan somatique, physiologique et comportemental.

    Stade anal

    Le stade anal est la deuxième étape de l’évolution libidinale du nourrisson. Il advient après le stade oral*, à partir de la deuxième année et se prolonge jusqu’à trois voire quatre ans. Pendant ce stade, la zone érogène* qui prévaut est la zone anale, et la relation d’objet qui s’instaure est essentiellement liée à la fonction physiologique de la défécation et de la symbolique des fèces* (équivalence entre les selles, le cadeau et l’argent).
    Freud mit en évidence des couples conflictuels dans cette période d’organisation prégénitale : expulsion-rétention*, activité-passivité (voir : Actif/passif), sadisme-masochisme. Ainsi, il établit une correspondance entre l’activité anale et la pulsion sadique d’une part, la passivité et la pulsion érotique anale d’autre part. Le sadisme* et l’érotisme* anal associés aux notions d’activité et de passivité traduisent l’aspect bipolaire de la fonction anale qui étaye à son tour une pulsion partielle d’emprise liée à la musculature du sphincter* ainsi qu’une autre pulsion partielle, la passivité, liée à la muqueuse anale. C’est à cause de ces pulsions que Freud décida de désigner ce stade sadique-anal.
    Karl Abraham distingua deux phases opposées dans le stade sadique-anal : la première est une phase précoce, dite d’expulsion puisque les matières fécales sont évacuées, la pulsion sadique étant liée à la destruction des fèces ; la deuxième tardive, dite de rétention correspond à une conservation des selles, la pulsion masochique réside dans la retenue des fèces et leur contrôle. De cette façon, l’enfant commence à intégrer la notion d’objet partiel dans l’utilisation des selles à des fins généreuses (symbolique de la défécation comme une offrande à la mère) ou conflictuelles, agressives (symbolique de la rétention des matières comme une opposition à la mère). Le stade sadique-anal est donc bien une phase d’ambivalence* maximale dans laquelle les fèces ont une valeur de bon ou de mauvais objet selon que l’enfant décide de les expulser pour gratifier sa mère ou de les retenir pour la frustrer.

    Stade du miroir

    Expression créée par Lacan* en 1936 désignant une période infantile comprise entre six et dix-huit mois au cours de laquelle l’enfant construit son moi en s’identifiant à sa propre image reflétée par le miroir. Le stade du miroir intervient après la période « schizoïde » de Mélanie Klein* ; il consacre en somme l’avènement d’une conscience narcissique chez l’enfant. En fait, ce dernier a aussi besoin que sa mère fasse état de la reconnaissance de sa propre image dans le miroir pour qu’il se l’approprie à son tour : cette perception visuelle doublée de la reconnaissance maternelle fonderont les prémisses de  l’idéal du moi*.

    Stade génital (voir aussi : Stade)

    Ultime stade du développement psychosexuel* de l’enfant où la zone génitale prévaut, apparaissant après la période de latence*, au moment de la puberté. Le stade génital est aussi répertorié sous le vocable équivalent de l’organisation génitale que certains utilisent pour caractériser la deuxième période de ce stade, la phase phallique étant considérée comme la première période de l’organisation génitale infantile.
    D’autres considèrent ce stade comme seul représentatif de l’organisation génitale, la phase phallique faisant partie des stades d’organisation prégénitales. Il y aurait donc selon les uns, une organisation génitale infantile, prépubertaire, avant la période de latence, appelée « phase phallique », et d’après d’autres une organisation génitale pubertaire, voire postpubertaire, faisant suite à la période de latence, dénommée « stade génital ».
    À l’origine, Freud avait conçu l’organisation génitale en deux temps, séparés par la période de latence, d’abord la « phase génitale infantile phallique » et ensuite la « phase génitale » initiée à la puberté. Mais plus tard, il réserva le terme d’organisation génitale à la période pubertaire, et affecta à la phase phallique un rang de stade au sein des organisations prégénitales. Il voulait ainsi affirmer dans ce dernier stade du développement psychosexuel le primat de la zone génitale et l’accession de l’adolescent à une sexualité de type adulte, parachevant une libido post-pubertaire et rassemblant les pulsions partielles et dépasser ainsi la sexualité infantile du « pervers polymorphe ».

    Stade phallique, stade urétral

    C’est le troisième stade d’organisation de la libido* infantile, postérieur aux stades oral et sadique-anal, au cours duquel les pulsions sont régies par la prédominance de la zone génitale. Or, au stade phallique, entre trois et cinq ans environ, l’enfant, qu’il soit fille ou garçon, ne connaît que l’organe sexuel masculin comme organe génital selon Freud. Ce stade prégénital est basé sur la constatation par l’enfant de la différence anatomique entre les sexes : présence d’un pénis chez le garçon, absence de pénis chez la fille.
    Cette période correspond au développement ainsi qu’au déclin du complexe d’Œdipe*, pendant lequel l’angoisse de castration s’empare du petit garçon qui, néanmoins, attribue à son pénis un pouvoir phallique dont la petite fille est dépourvue. L’opposition « activité-passivité » du stade anal se prolonge tout en se modifiant en couple d’opposés « phallique-châtré » (ou « phallique-castré »). Chez la petite fille, l’organisation phallique est différente : la découverte de l’absence d’un organe sexuel externe identique à celui du petit garçon détermine en elle une envie du pénis* qu’elle focalise chez le père, nouvel objet d’amour, la mère étant alors haïe puisqu’elle ne l’a pas dotée d’un pénis. Tant chez le garçon que chez la fille, le pénis est investi comme un organe incarnant la puissance : un phallus mythique omnipotent.
    Le stade urétral constitue un stade à part entière, contemporain du stade phallique, que certains incluent voire confondent avec ce dernier. La zone érogène prévalente en est l’urètre, le plaisir urétral provenant à la fois de l’excrétion (la miction) et de la rétention (voir analogie avec le stade anal*) grâce au contrôle du sphincter* vésical, comporte une double dimension, l’une auto-érotique, l’autre objectale (fantasme d’uriner sur autrui). Ce plaisir mictionnel renferme aussi une double signification : phallique-active et passive. Ensuite, la curiosité de l’enfant se déplace vers les différences anatomiques essentiellement sexuelles, et contribue à transformer le stade urétral en un stade phallique à part entière.

    Stades oral, oral-cannibalique, sadique-oral

    Le stade oral est le premier stade* de l’organisation* libidinale prégénitale qui est caractérisé par l’instauration de la zone bucco-labiale comme première zone érogène* et par le plaisir procuré par l’incorporation de nourriture liquide (lait maternel ou maternisé), élément déterminant de la première relation d’objet*.
    C’est en 1915 que Freud énonce l’existence du premier stade de la sexualité* infantile sous le nom de « stade oral ». La source de cette pulsion* sexuelle est la sphère orale, l’objet en est l’alimentation associée au sein ou au biberon qui la fournit, et son but repose sur l’incorporation.
    Selon Karl Abraham, le stade oral peut être divisé en deux phases successives : la première qu’il nomme « stade oral précoce » comprend les six premiers mois pendant lesquels le bébé découvre le plaisir de la succion ; c’est un stade qualifié de préambivalent car le sein y est seulement investi de façon très positive. Un deuxième stade apparu dans le deuxième semestre, se déroule simultanément avec la poussée dentaire, c’est le « stade sadique-oral » appelé aussi « stade oral-cannibalique ». Au cours de ce deuxième stade, le bébé éprouve le désir de mordre mais aussi l’angoisse de détruire l’objet aimé (le sein) : c’est le début de l’ambivalence de l’incorporation*, car le plaisir de la morsure est soudain confronté à la crainte d’être mordu soi-même, voire dévoré.
    Mélanie Klein développa la théorie d’Abraham en déterminant deux phases essentielles dans la première année du nourrisson : la position schizo-paranoïde* et la position dépressive* qui établissent chacune une relation d’objet* spécifique.
    Selon René Spitz, le stade oral se subdivise en trois périodes marquant chacune une étape de la relation objectale : jusqu’à trois mois, il y a un « stade préobjectal » dominé par une non-différenciation entre le bébé et sa mère, suivi par un « stade de l’objet précurseur » entre trois et huit mois où une relation à l’objet semble s’esquisser, et finit par le « stade de l’objet libidinal » entre huit et quinze mois pendant lequel la mère est reconnue comme une personne à part entière.

    Sublimation

    S’il peut sembler au premier abord, que l’on sait de quoi il s’agit à travers la philosophie ou la chimie, le terme de sublimation n’en est pas moins difficile à définir sur le plan métapsychologique. Si bien qu’aujourd’hui encore, le débat entre de nombreux auteurs pour en expliquer le mécanisme, semble loin d’être clos. Déjà tout au long de l’œuvre freudienne, cette notion a subi beaucoup de modifications. Freud en parlera comme d’une défense du moi et il accordera deux sens à ce type particulier de destin pulsionnel :
    Habituellement la sublimation est une façon de détourner l’énergie des pulsions sexuelles (la libido*) vers des activités acceptables pour la morale et valorisées par la société, telles que : l’art, la littérature ou toute forme de création, d’activité de l’esprit rejoignant le domaine culturel. Ce sont en fait des objets plus proches des intérêts du surmoi*. Dans ce cas, la pulsion sexuelle* (d’origine prégénitale) est ainsi doublement détournée : d’abord de son objet* puis de son but* primitif. La réalisation devenue non sexuelle aboutit finalement à une satisfaction* (puisque perçue comme positive et créatrice socialement), évitant tout conflit* ou frustration* et donc tout refoulement*. Le plaisir est ainsi pris ailleurs sans risque répressif du surmoi et donc sans nuire au moi* de l’individu.
    C’est ainsi que dans l’art, par exemple, une partie de la libido pourra être satisfaite sans répression moraliste, mais aussi permettre d’en atténuer une intensité excessive.
    Mais Freud envisagera une autre forme de destin pulsionnel dans la sublimation. Dans ce cas, la pulsion est toujours détournée de son but et exploitée à d’autres fins que la sexualité (pulsion désexualisée) mais elle n’est pas détournée de son objet. Par exemple une personne désirée sexuellement au départ deviendra ensuite (par renoncement mais tout aussi intensément) l’objet d’une tendre amitié.
    Cette notion peut apparaître finalement comme humanisante. C’est ainsi qu’elle est aussi importante lors de l’analyse puisqu’elle est la voie privilégiée de la résolution des conflits.

    Sujet (voir aussi : Objet, Stade du miroir et Nom du Père)

    Dans un sens large, on appelle sujet, en psychanalyse, la personne que l’on est en train de considérer (en tenant compte de son vécu et de ses comportements) afin de la situer dans sa relation aux divers objets (ex : le sein) mais aussi dans sa relation aux autres personnes qui prennent alors également le statut d’objet.
    Etre sujet est aussi une condition (la condition de sujet) qui se met en place à un certain moment de l’évolution psychique. Le sujet sera alors celui qui accède à son identité* propre, qui tient compte de la réalité et qui est pleinement l’acteur de sa vie.
    Dans la théorie psychanalytique, l’époque dite du Stade du miroir* est cruciale car il s’y joue un processus fondamental par lequel l’enfant cesse de s’identifier au corps de sa mère et, par l’accès au monde du père (via le Nom du père comme porteur de la Loi), il va pouvoir entreprendre la construction de son identité personnelle.
    Par ce processus, le monde imaginaire dans lequel il n’était que l’unique objet de désir, cède la place au monde du symbolique qui va lui permettre l’accès au statut de sujet qui désire. Freud dit de l’enfant qu’il passe de l’état de pervers polymorphe à l’état de sujet et qu’en devenant sujet, il entre dans la loi.

    Supervision ou Psychanalyse sous contrôle

    C’est une des règles fondamentales de l’analyste afin de parfaire son analyse didactique. Une supervision ou psychanalyse sous contrôle consiste à ce qu’un analyste, surtout à ses débuts mais aussi dans sa pratique analytique, se rende régulièrement chez un superviseur. Le superviseur est un psychanalyste* lui aussi en exercice depuis plusieurs années et la fédération à laquelle il est rattaché lui a donné le statut de superviseur aux vues de son expérience de psychanalyste.
    Le psychanalyste supervisé traite, en séance de supervision, la cure qu’il mène avec son ou ses premiers patients. La supervision a pour but de soutenir le psychanalyste dans son exercice. Elle permet au psychanalyste débutant d’analyser et de mieux interpréter le contenu des cures qu’il mène, de repérer les résistances du patient et de gérer le transfert* et contre-transfert* inhérents à toute cure analytique. Il ne s’agit pas de vérifier les compétences de l’analyste mais plutôt d’aider celui-ci à comprendre voire à réduire les manifestations contre-transférentielles pour pouvoir les utiliser dans le travail analytique avec le patient.
    Même si le psychanalyste est habilité, de par son expérience ana-lytique (apprentissage de la théorie, analyse didactique, dépas-sement de ses défenses…) à exercer, c’est une obligation pour lui de souscrire à ce régime. La supervision est généralement obliga-toire durant une période de deux ans mais les psychanalystes y retournent régulièrement pour s’assurer la gestion, de leurs trans-ferts et contre-transferts, indispensable à la pratique analytique.

    Surmoi

    Il est l’une des trois instances psychiques constituant la deuxième topique (ça – moi – surmoi). Son rôle est celui de la censure : il filtre les informations, représentations (désirs, émotions…) circulant du ça vers le moi et inversement.
    Les pulsions inacceptables sont rejetées par le moi sous l’influence du surmoi : ce sont par exemple les désirs de mort, ou des désirs incestueux.
    On trouve l’influence de différentes formes de surmoi, au cours du développement psychosexuel de l’enfant à l’adulte.
    Pour Freud le surmoi est l’héritier du complexe d’Œdipe, c’est-à-dire qu’il est le résultat de l’introjection du surmoi parental idéalisé (la morale, la loi, dont l’interdit de l’inceste). Il fait désormais partie intégrante de la personnalité du sujet. Mais d’autres auteurs, comme Mélanie Klein, ont considéré l’existence d’un surmoi pré œdipien. De façon générale, on peut considérer que le surmoi préœdipien est un surmoi prohibitif, qui provient de l’extérieur : c’est le « non » des parents, menaçant d’une punition réelle ou fantasmée par l’enfant.
    Enfin, on trouve également l’influence d’un surmoi sociétal, représentant l’ensemble des lois sociales dictées par l’éducation. Il est cependant très souvent transmis par les parents (par la façon dont les parents considèrent les lois sociales), mais aussi par l’ensemble des éducateurs.
    Ceux-ci étant de plus en plus nombreux et de plus en plus tôt présents dans la vie de l’enfant, (crèches, écoles, apprentissage de valeurs sociales par les médias…), ils jouent un rôle non négligeable. La culpabilité est le prix à payer pour l’existence du surmoi. Il constitue le garant d’une vie en société possible (tous les désirs du ça ne sont pas permis), réfrénant par l’intermédiaire des différentes stratégies du moi (mécanismes de défense, mécanismes de régulation de l’inconscient), les désirs interdits.
    L’ensemble des lois humaines est édicté par l’influence du surmoi, obligeant le moi à s’adapter à la réalité de la vie malgré les désirs parfois inacceptables du ça : il se comporte comme le juge, le censeur de l’appareil psychique.
    Les désirs contrariés par le surmoi doivent trouver d’autres voies de décharge, de satisfaction, le moyen idéal étant le mécanisme de la sublimation.
    Mais le processus de sublimation n’étant pas toujours possible, il est des cas où le surmoi, nécessaire à la vie sociale, est cependant trop puissant, trop sévère, trop prohibitif. Le sujet qui en souffre a tendance à s’interdire l’accession au plaisir, relatif à un, plusieurs ou la quasi-totalité des domaines, pour des motifs inconscients. L’excédent et l’accumulation de pulsions contrariées non ou mal déchargées mènent à des conduites pathologiques. Les névroses ont pour origines des conflits intra-psychiques liés au pouvoir d’un surmoi trop puissant, n’ayant pas permis une négociation suffisamment épanouissante entre les désirs inconscients et les modalités d’adaptation du moi à la réalité.
    Dans les formes les plus négatives, l’influence du surmoi aboutit à des conduites de type masochistes (autopunition), agressives (autodestructrices), amenant souvent à un refus de guérir. L’absence ou l’insuffisance du surmoi amène à des pathologies de type pervers, comme le sadisme (agression, destruction de l’autre).

    Symbolique [La] (voir aussi : Symbole)

    La symbolique, pour S. Freud, représente l’ensemble des symboles dont la signification reste invariable. La symbolique universelle est faîte de symboles dont la signification est commune à tous les individus. Il existe également une symbolique individuelle car un symbole peut être une œuvre particulière à un individu et donc lui être spécifique (voir : Formation réactionnelle/ substitutive symbolique).
    Freud a beaucoup écrit sur la symbolique du rêve mais aussi sur celle des productions culturelles. Chaque civilisation, chaque culture à sa propre symbolique de même que chaque religion. La symbolique religieuse est abondante, elle reste très présente dans le domaine culturel actuel et l’on peut constater la place qu’elle occupe dans le cadre de la pratique analytique, même dans le cas d’un sujet issu d’un milieu incroyant. Ce dernier aspect souligne l’empreinte laissée par la symbolique religieuse, sur une culture donnée, au travers des temps.

    Symbolique [Le] (voir aussi : Symbolisation ; Nom du père)

    Pour Jacques Lacan*, le symbolique, le réel et l’imaginaire sont les trois principales instances* de la subjectivité humaine. Le symbolique lacanien est constitutif du sujet, la psychanalyse en fait donc une approche structurale car cette conception ne considère plus essentiellement le lien qui unit le symbole avec l’objet qu’il signifie (pour Lacan, cet aspect devient alors secondaire), les symboles deviennent des signifiants autonomes et forment l’ordre symbolique constitué par le langage. Le symbolique, nous dit Lacan dans ses Écrits, est un système qui structure l’individu avant qu’il vienne au monde et qui le régit dans tous les actes de sa vie.
    C’est grâce au symbolique qu’existe le monde des choses puisque l’on sait que le réel du concept lacanien n’est pas le monde de la réalité* (c’est le symbolique qui produit l’objet), mais bien le monde de tout ce qui ne peut être ni su, ni énoncé. Tout ce qui est donné pour « existant » ne peut donc être reconnu comme tel que par la fonction symbolique.

    Symbolisation (voir aussi : Symbole ; Symbolique ; Nom du père)

    De la capacité qu’a un individu à symboliser va dépendre son aptitude à la sublimation*. Pour l’enfant, accéder à la symbolisation, c’est sortir de la relation imaginaire qu’il a avec sa mère. Cette relation n’a pas d’avenir car elle représente un monde clos où toute relation avec l’extérieur reste impossible. Il s’agit donc pour l’enfant (qui se croit menacé par la castration*) d’attribuer le phallus* au père et de renoncer à la mère. C’est pourquoi, alors qu’il pose l’interdit de l’inceste (pivot du Complexe d’Œdipe*) comme loi symbolique incontournable, le parent va, dans un même temps, apprendre à l’enfant qu’il existe d’autres solutions pour jouir. La capacité à symboliser ouvre à l’enfant une voie indispensable à sa construction psychique, cette voie, par la culture et le langage, le guide vers le monde de la réalité.

    Symptôme

    C’est un phénomène perceptible qui révèle un processus caché. Envisagé en terme de conflit, le symptôme peut-être conçu comme la réaction de l’organisme à un agent pathogène.
    La psychanalyse a montré que le symptôme issu d’un conflit a toujours un sens et une finalité. Parfois, il représente la réalisation de deux désirs contradictoires, il constitue un langage destiné à l’Autre autant qu’à soi. Ce phénomène est attaché à l’histoire de l’individu, il forme non le signe d’une maladie mais l’expression d’un conflit inconscient. Ajoutons que la psychanalyse ne cherche pas à éradiquer le symptôme.
    Par exemple, dans le cas e l’énurésie (pipi au lit), la guérison, si toutefois elle a lieu, sera la conséquence d’un travail en profondeur car par le symptôme, le patient exprime ce qu’il ne peut pas dire avec des mots. Ce qui renvoie toujours à son histoire personnelle, à sa singularité, chaque symptôme est donc unique.
    Pour éradiquer le symptôme, il faut en identifier la cause et l’origine dans le vécu de l’individu.
    Syndrome
    Ensemble de symptômes non spécifiques. Un syndrome ne permet pas à lui seul de déterminer une maladie.
    Le syndrome de la personnalité connu sous le nom de « machiavélisme » est utilisé pour désigner l’attitude de certains individus dotés d’une grand aptitude à dominer des situations interpersonnelles déterminées.
    La peur* peut provoquer des syndromes aigus de tremblements ou de perte de la parole ou être assimilée à une apparente tranquillité.
    Le syndrome hypocondriaque (voir : Hypocondrie) se caractérise par une préoccupation chronique de maladies diverses.
    Le stress*, syndrome générale d’adaptation* dont les mécanismes se situent au niveau du système nerveux, endocrinien et immunitaire.

    Substitution

    Au premier abord, la substitution est un terme qui renvoie à l’idée de remplacement ou d’échange provisoire de quelque chose par une autre, identique ou ayant la même utilité : le
    substitut.
    En psychanalyse et donc au niveau psychique, la substitution est un moyen de défense du moi. Elle consiste alors à remplacer (avant le refoulement*), une représentation, une pensée ou un
    objet souvent inatteignables et sources de conflit* pour le moi par un substitut.
    D’un point de vue économique*, la substitution intervient en fait pour apaiser les tensions sous tendues par la libido* : la satisfaction est alors illusoirement remplacée par une autre
    mais le besoin ou le désir, c’est-à-dire les pulsions frustrées, restent les mêmes. C’est en cela que la substitution ne peut offrir qu’une solution provisoire.
    De plus, au niveau symbolique* on peut voir que le symptôme* et le substitut sont liés par une chaîne associative faisant intervenir également les processus de condensation et de
    déplacement.

t

    Tabou

    Terme d’origine polynésienne qui qualifie ce qui est « sacré et interdit ». Il a été importé par le capitaine Cook, au XVIIIè siècle, relatant ses expéditions dans l’océan Pacifique.
    Freud trouva cette expression fort intéressante pour son ambivalence et l’appliqua à la psychanalyse afin de désigner à la fois ce qui représente la pureté, la virginité (le sentiment du sacré) et ce qui participe de l’impureté, l’immoralité (l’interdit) voire le danger de la transgression pour celui qui la commet (menace de castration*).
    À partir de données anthropologiques, ce fut dans son livre Totem et Tabou, publié en 1912-13, qu’il explicita ce terme par l’expression de « terreur sacrée », le rattachant à la notion kantienne d’ « impératif catégorique » dont l’action contraignante exclut « toute motivation consciente ». De la sorte, le tabou majeur, celui de l’interdit de l’inceste, reflète l’ambivalence des sentiments de l’homme, partagé entre son désir d’enfreindre la règle suprême et la crainte du passage à l’acte. Freud démontra que le tabou représentait la plus ancienne forme de conscience morale, bien antérieur à tout sentiment religieux, et contribuait à l’instauration de la socialisation de l’individu, bien que le désir de transgresser restât fort dans l’inconscient humain. D’autre part, il associa l’existence des tabous à celle du totémisme, qui consacrait comme valeur suprême un objet ou un animal fétiche présidant à la vie des hommes primitifs, et qui édictait les interdits de la tribu ou du clan.
    Freud établit aussi une concordance historique entre les deux tabous fondamentaux du totémisme, que sont le meurtre du totem et le rapport sexuel avec les membres du même clan totémique, et les deux désirs inconscients du complexe d’Œdipe* : tuer le père pour coucher avec la mère. Le tabou est donc intrinsèquement lié au totem, annonciateurs des lois exogamiques et des préceptes religieux. Ils constituent d’après Freud les deux principaux éléments fondateurs de la morale et de la civilisation modernes. Enfin, on peut estimer que le meurtre du père* de la horde primitive*, acte symbolique et terrible, a instauré l’avènement de l’histoire de la pensée critique.

    Thanatos

    Voir : Pulsion de mort

    Thérapie familiale

    Méthode de psychothérapie collective destinée à traiter la problématique psychique d’un sujet en partant de son histoire familiale et en intégrant des membres de la famille dans le traitement.
    Le procédé analytique redonne une place particulière à la verbalisation, créant un espace où l’une et l’autre partie parlent (patient-famille face au thérapeute).
    Le thérapeute sert alors de tiers pour dénouer une situation de conflits et affirmer l’identité du patient face à la structure familiale normative ou bien pathogène.
    Le mode d’intervention du thérapeute définit les différentes formes de traitement : interprétatif, de soutien ou suggestif.

    Thérapies psycho-corporelles

    Thérapies qui privilégient les techniques centrées sur le corps pour accéder aux souvenirs douloureux refoulés. Concernant le domaine psychologique (non médical), on peut distinguer deux grands courants : L’un favorise, comme technique d’investigation pour accéder à l’inconscient, la verbalisation (c’est le cas notamment de la psychanalyse et des thérapies qui s’en sont inspirées), l’autre propose le corps comme moyen d’exploration.
    Toutes visent le même but mais par des techniques différentes. Cependant, il faut préciser que leur champ d’application est parfois diffèrent. Elles s’appuient sur la théorie du « corps-mémoire ». Selon cette approche, le corps garde en mémoire la trace de son vécu, de ses expériences par ses tensions, sa forme et sa structure. Les sentiments, les émotions non exprimés au cours du développement de l’individu , se logent et s’impriment dans celui-ci, créant ainsi des tensions pouvant devenir chroniques. Ces tensions sont à l’origine de nombreux maux.
    Lors des séances, le patient est amené, par des techniques spécifiques, à revivre et à exprimer les émotions refoulées liées à des événements passés ou actuels, pour libérer les tensions et favoriser la circulation énergétique par le relâchement corporel. Ces thérapies s’inscrivent dans le courant humaniste. Elles favorisent l’étude du comportement (poussant le sujet à s’interroger plus sur le comment que sur le pourquoi, comme c’est le cas de la psychanalyse qui elle, axe sa recherche sur l’introspection).
    Certains thérapeutes associent leur savoir psychanalytique, médical ou autre, aux techniques corporelles dans leur pratique. Des thérapies corporelles ou à médiation corporelle sont nées de l’association de théories et pratiques venues de tous horizons et de cultures différentes. Ces thérapies se présentent sous diverses appellations. Elles offrent un large panel à toute personne désireuse d’entreprendre une thérapie ou une formation. Certaines écoles, dans leur enseignement, proposent l’étude de différentes techniques, d’autres sont plus spécifiques tels que le travail sur la posture, les attitudes, la voix, le souffle… Le thérapeute assiste et guide le patient, il peut utiliser une ou plusieurs de ces méthodes et un temps de parole est généralement prévu hors de la séance.
    Ces thérapies visent le développement de la conscience corporelle, de la gestion du stress, et une meilleure connaissance de soi. Elles vont aider le sujet à devenir autonome, à unifier le corps et l’esprit, à renforcer son énergie de vie, à établir une relation satisfaisante avec son environnement et les autres.
    Depuis les découvertes de Freud, se sont développées et continuent de se développer de nouvelles thérapies de développement personnel.

    Tic

    Le tic se traduit par une contraction musculaire répétitive, localisée précisément dans le corps, et incontrôlable. Il se manifeste plus particulièrement sous le coup de l’émotion.
    Il constitue un système de décharge d’une tension liée à un conflit psychique inconscient : le tic permet d’évacuer malgré soi physiquement, une tension qui est, elle, psychique, émotionnelle. On trouve ce type de symptôme essentiellement chez l’enfant, mais il peut persister à l’âge adulte.
    Le tic exprime souvent des tendances agressives qui n’ont pas pu s’extérioriser autrement : un enfant, par exemple, extrêmement jaloux de son petit frère, va être pris d’incessants battements de pieds lorsqu’il est en colère. L’acte inconsciemment désiré serait alors « donner des coups de pieds », mais sur le plan conscient, seul le battement du pied est exprimé, dissocié du désir inconscient.
    Le tic réapparaîtra chaque fois que le sentiment de colère sera ressenti, il exprime des désirs agressifs, mais aussi sexuels ou culpabilisants de façon générale, parce que condamnables dans l’esprit du sujet.
    La mise en évidence, par la parole ou par le jeu, du conflit à l’origine du tic, permet d’éliminer ce symptôme qui n’a dès lors plus lieu d’être : il aura été exprimé autrement, lors d’une thérapie.

    TOC

    Il s’agit d’un Trouble Obsessionnel Compulsif. Celui qui en souffre est atteint de névrose obsessionnelle ou présente une personnalité à tendance nettement obsessionnelle. Ce type de symptôme peut être, en fonction de son intensité, particulièrement inhibant, parce qu’il peut paralyser la vie sociale du sujet. Ce n’est cependant pas toujours le cas.
    Le Toc consiste en une répétition irrépressible d’un même rituel, d’un acte ou d’une pensée. En réalité, l’individu ne peut pas faire autrement que de répéter cet acte ou pensée, car s’il y dérogeait une seule fois, l’angoisse dont il souffre deviendrait insupportable.
    Cet état trouve son origine dans un conflit inconscient antérieur, générateur d’angoisse, et dont la seule échappatoire réside dans la présence du Toc : l’angoisse psychique se trouve évacuée par un acte physique. Par exemple, le sujet qui se lave compulsivement les mains plusieurs dizaines de fois par jour, tente de parer à l’angoisse d’avoir les mains souillées, angoisse elle-même générée par un élément inconscient culpabilisant, comme par exemple, une activité masturbatoire infantile refoulée.

    Topique

    Une topique est un lieu psychique. Le concept de « topique » induit que l’appareil psychique s’organise à partir de différents systèmes ayant chacun des fonctions. Ces systèmes sont séparés, distincts les uns des autres et chacun est régi par ses propres lois. Sigmund Freud définit deux topiques.
    La première topique (1900) où il apparaît que le psychisme est dirigé par trois instances :
    -Le conscient* est le lieu qui nous rattache au monde extérieur, il assure le lien entre l’inconscient et le préconscient et le monde extérieur. Il est le lieu de perception et dispose d’une énergie qu’il déplace librement. Il est protégé des chocs trop violents par un pare-excitation*.
    -Le préconscient* est le système qui se situe entre le conscient et l’inconscient. Les informations allant de l’inconscient au conscient passe d’abord par le préconscient. Celui-ci opère une « sélection » de ces informations et les censure avant de les accepter. Il les censurera de nouveau pour les laisser accéder au conscient. Il stocke également des informations susceptibles d’être utilisées par le conscient ou en instance de devenir inconscientes.
    Ces deux systèmes sont régis par le principe de réalité*.
    -L’inconscient* est constitué d’éléments refoulés. Il est régi par le principe de plaisir* et ignore la temporalité. Il obéit au processus primaire et fonctionne par des mécanismes tels que la condensation* et le déplacement*. Les rejetons* de l’inconscient cherche à accéder à la conscience, c’est le « retour du refoulé », mais la censure du passage de l’inconscient au préconscient opère, doublée de la censure du préconscient au conscient : L’expression de ce refoulé se traduit alors par les symptômes*, les actes manqués*, les lapsus*, les rêves*.

    Limité par la première topique, Freud définit une seconde topique en 1920, celle-ci se divise en trois instances :
    -Le ça* est la partie la plus archaïque de notre personnalité. Il regroupe nos besoins vitaux tels que boire, manger… C’est sur une partie du ça que le moi se construit. Le ça est régi par le principe de plaisir, il n’obéit donc à aucune valeur, il est le réservoir de l’énergie pulsionnelle et n’a aucun contact avec l’extérieur.
    -Le moi* apparaît dés que l’instance du ça répond à une première frustration. Ce sera la base du moi. Jusqu’à l’Œdipe*, on peut dire que le moi est en évolution dynamique. Le stade* oral permettra à l’enfant de construire les bases de son moi, de différencier le moi du non-moi. Une fois les bases du moi posées, solides, l’enfant accédera à l’analité (qui confirmera la notion moi et non-moi) puis au stade phallique ; ce n’est qu’après l’Œdipe que le surmoi sera introjecté, le moi sera alors investi de toutes les lois qui régissent son fonctionnement.
    -Le surmoi* dans la conception freudienne, est l’héritier direct du complexe d’Œdipe. Le surmoi se structure à partir de l’introjection* des images parentales idéalisées. C’est dans le Surmoi qu’est introjecté l’interdit de l’inceste affirmé lors du complexe d’Œdipe. Toutes les valeurs inculquées seront dans le surmoi : morale, religion…
    Le Surmoi a donc valeur de juge : la culpabilité* est une conséquence de l’instance surmoïque.
    Pour définir la seconde topique par rapport à la première, on peut dire que la totalité du ça est dans l’inconscient, le conscient regroupe une partie du surmoi mais la plus grande partie du conscient est constitué du moi. Le moi a également une partie dans l’inconscient, ce sont ses défenses (voir : Défense). La plus grande partie du surmoi est inconsciente.

    Toxicomanie (voir aussi : Addiction)

    C’est une dépendance à une ou plusieurs substances psychoactives (drogues, alcool, médicaments etc.)
    La toxicomanie révèle un comportement d’autodestruction régi par la pulsion de mort*. Le sujet incorpore des substances toxiques qui vont détruire sa vie sociale et sa santé par un suicide* lent.
    Une importante fixation* au stade oral* semble être à l’origine de la toxicomanie, appuyée par un éclatement de l’image, une non cohérence, au stade du miroir* et un environnement affectif non propice au bon développement du narcissisme*. Le sujet se réfugie dans la drogue pour anesthésier sa mauvaise image de soi (tout en l’accentuant du fait de sa déchéance) et/ou pour tuer en lui le mauvais objet qu’il a pu introjecter mais ce mauvais objet faisant maintenant partie intégrante de lui, il doit se tuer aussi pour l’atteindre.

    Transactionnelle

    Voir : Analyse transactionnelle

    Transfert

    Le transfert est un processus par lequel le sujet, au cours de la cure analytique, projette sur son analyste et ressent pour lui des sentiments qu’il a déjà éprouvé dans son enfance au cours de certaines situations qu’il reproduit dans le cadre analytique.
    Freud remarque très tôt l’importance du transfert. Dans la méthode cathartique et les traitements par hypnose, procédés utilisés antérieurement et abandonnés au profit de la psychanalyse, il constate déjà l’importance de la relation médecin-patient : le patient progresse quand un climat de confiance et d’intérêt à l’égard du médecin est présent.
    Le principe est le même dans la cure. Après quelques séances, une fois que le processus analytique est enclenché, le patient reporte sur son analyste ses sentiments inconscients et ce dernier lui propose une interprétation. Les interprétations permettront au patient d’associer. Le rôle de l’analyse prend alors tout son sens, la verbalisation se révèle salvatrice et permet la mise à jour du conflit.
    Les conflits se dévoilent donc grâce au transfert, ils sont interprétés, communiqués au patient et celui-ci pourra alors être en mesure de décharger tous les sentiments qui y étaient liés.
    Le transfert négatif est constitué des sentiments très hostiles qui risquent d’entraver fortement le déroulement de la cure, voire de la rendre impossible.
    Le transfert permet donc que se rejoue le conflit mais sa portée réellement structurante réside dans le fait que par ce moyen, la situation psychique conflictuelle dont souffre le sujet peut se rejouer avec des points de vue dynamique et économique différents permettant au patient d’utiliser toutes ses capacités psychiques pour aboutir à une résolution du conflit.

    Transitionnel (espace, aire)

    L’espace transitionnel, appelé aussi aire transitionnelle, est un concept créé par le psychanalyste et pédiatre britannique, D. W. Winnicott*. Il désigne une zone intermédiaire, une troisième zone, située entre le « moi » et le « non-moi », entre le subjectif et la perception objective, une aire médiane d’expérience « entre le pouce et l’ours en peluche », dans laquelle le bébé expérimente une relation à l’objet transitionnel*.
    C’est précisément dans cet espace transitionnel que la créativité primaire de l’enfant s’exprime, à l’image du jeu, première activité créatrice, fondement préalable de toute vie culturelle de l’adulte. Bien qu’elle participe du domaine de l’illusion, cette troisième zone intermédiaire d’expérimentation ne procédant d’une réalité ni intérieure, ni extérieure, reste primordiale, d’après Winnicott, dans le cheminement psychique du nourrisson.

    Traumatisme de la naissance

    Le Traumatisme de la naissance est une étude réalisée en 1924 par Otto Rank. À partir de faits énoncés par Freud dans L’interprétation des rêves affirmant que la naissance est la première angoisse* et en constitue donc le prototype, Rank élabore une théorie selon laquelle dans cette expérience physiologique de la naissance se trouverait l’origine de l’inconscient. Selon sa pensée, la vie fantasmatique de l’enfant trouverait sa source dans la lutte contre le trauma de la naissance, il y rattache également les conflits propres à la castration et à l’Œdipe. Il relie des symptômes hystériques, phobiques, paranoïaques à la vie intra-utérine et à l’angoisse de la naissance.
    Otto Rank considère que la fin d’une cure reproduit le traumatisme de la naissance, ce qui alimente les fantasmes de « seconde naissance » du patient, en réponse à l’angoisse que cela suscite.
    Freud, s’il reconnaît le prototype de l’angoisse dans le traumatisme de la naissance, ne soutient pas pour autant la théorie de Rank, il rejette l’idée selon laquelle ce traumatisme et l’incapacité du sujet à décharger l’angoisse poseraient les bases d’un développement psychique névrotique. Il y voit plutôt l’origine du besoin d’être aimé causée par un facteur biologique qui est la prématuration de l’homme à sa naissance, l’angoisse propre à la naissance marque la première angoisse et l’investissement sur la mère, gratifiante, car satisfaisant les besoins. L’enfant, innocent et incapable de satisfaire ses besoins, se tournera vers la mère et par cette expérience, le besoin d’amour, inhérent à la nature humaine, sera posé définitivement.
    L’ acharnement de Rank à vouloir rattacher toutes les angoisses au traumatisme de la naissance lui a valu d’être rejeté de la communauté analytique mais sa théorie reste intéressante dans le cadre des études de la relation mère-enfant et particulièrement dans les comportements pathologiques du nouveau-né.

v

    Verbalisation

    Communément, c’est l’action de s’exprimer par la parole.
    La psychanalyse est le lieu royal de la verbalisation en ce sens où tout le travail peut être effectué à partir de ce qui est dit ou non-dit. Mettre des mots sur des sentiments, expliquer l’indicible, cristalliser un ressenti par des paroles, choisir un terme plutôt qu’un autre pour faire émerger à la conscience un affect enfoui, transformer ce qui est par essence non-oral en mots, tel est la tentative thérapeutique de l’outil psychanalytique.

    Volonté

    Ce concept suscite différentes définitions aux variables multiples. Dans l’usage courant, la volonté équivaut à désir ou action.
    En psychologie, le mot volonté est employé en tant que faculté d’un individu et caractérise son esprit de décision, la maîtrise de ses émotions et sa ténacité consciente quant au but à atteindre. Toute activité humaine porte la marque de la volonté.
    D’un point de vue éthique on parlera de « bonne volonté » ou de « mauvaise volonté » selon le degré d’intention ou de complaisance à faire le bien.
    Dans le domaine philosophique, volonté implique représentation, raison, intention et conscience dans la réalisation de l’acte ou du non acte sans aucune intervention extérieure.
    Les différents courants philosophiques ont défini la volonté par rapport à ce qu’elle n’était pas. Comme par exemple : volonté et obstination, volonté et habitude, volonté et réflexe conditionnel, volonté et désir.
    En psychanalyse, par contre, le concept de volonté n’existe pas, Freud l’a utilisé sous une forme négative pour décrire un symptôme* de névrose*, comme la neurasthénie* ou l’hystérie*. La volonté, est englobée dans l’activité psychique de l’individu, définie par la théorie conflictuelle des pulsions, qui sont déterminées par : la source, l’objet et le but mais qui sont, elles, inconscientes. La cure psychanalytique repose sur la compréhension des mécanismes qui régissent l’inconscient* d’un individu.

    Voyeurisme

    Perversion* sexuelle qui constitue à surprendre, regarder les ébats ou parties sexuelles d’autrui. Cette tendance est néanmoins normale dans le développement psychosexuel de l’enfant, pulsion dérivée d’ailleurs à ce stade plus de la scopophilie que de la perversion. Le voyeur prend plaisir à épier tout ce qui est en rapport avec la sexualité, sans pour autant avoir recours systématiquement à la masturbation, car le mécanisme de fantasmatisation est tel chez lui, qu’il peut remplacer (mais pas toujours) la jouissance physique.
    Il n’est pas rare que cette perversion s’associe à une autre qu’est l’exhibitionnisme (voir : couple d’opposés) c’est-à-dire que le voyeur aime aussi s’exhiber dans une attitude moins active cette fois si l’on peut considérer que celui qui s’exhibe, se montre dans le seul but de voir les organes de l’autre à son tour (voir « les trois théories sur la sexualité de S.Freud à ce sujet).

w

    Winnicott (Donald Woods)

    Pédiatre britannique (1896-1971), il développa entre autres les notions d’objet transitionnel* (relation de l’enfant à l’objet) et d’espace transitionnel de Holding (maintien de l’enfant).
    Président de la Société de Psychanalyse britannique de 1956 à 1959 et de 1965 à 1968. Héritier dans l’abord des psychoses de S. Ferenczi* et M. Klein* il fut un des rares médecins à critiquer l’emploi des électrochocs.

y

    Yoga

    Signifie entraînement, sa racine sanscrite Yug signifie atteler, unir. Fondé au 2ème siècle av. J.C. par un sage hindou, Patanjali.
    C’est une voie spirituelle, une discipline du corps et de l’esprit utilisant les énergies de l’homme pour un déconditionnement physique et mental permettant la libération par la transcendance de l’humain à l’accession à un être spirituel (purusha) émergeant du corps matériel (prakriti) écartelé et dispersé (faire émerger Purusha de Prakriti). Cet être spirituel dans sa pureté et son originalité pourra réaliser l’union avec l’Absolu, l’union du Soi (conscience profonde) individuelle avec le Soi universel. Les exercices physiques par les postures (asanas), le travail sur la respiration (pranayama), la domestication des cinq sens mènent à la méditation Dhyana et la contemplation Samadhi.

z

    Zen

    Les pratiques du zen sont extrêmement intéressantes pour l’étude de la conscience. Elles se pratiquent en posture assise, tonique (importance de l’attitude), les mains sur le Hara (ventre), centre de gravité du corps et point de convergence de l’énergie vitale activée par la respiration abdominale et entraîne un léger balancement du corps, pour atteindre Zazen qui veut dire ne plus penser.

    Zone érogène

    Voir : Érogène

    Zoophilie (voir aussi : Perversion)

    Communément il s’agit de la relation sexuelle avec des animaux. Ce terme peut toutefois qualifier aussi un fort attachement aux animaux sans qu’il y ait de relations sexuelles.
    C’est une perversion sexuelle si l’objet du désir est constamment l’animal, si l’excitation ou orgasme ne peut être obtenu que par le biais de l’animal. Une zoophilie occasionnelle et non exclusive peut toutefois être observée dans certains cas de névroses ou de psychoses, voire de misère sexuelle (absence totale de partenaire sexuel). Il peut s’agir dans ce dernier cas d’un pis aller pour éviter un passage à l’acte homosexuel, incestueux ou pédophile ne correspondant pas à un désir de l’objet (le sujet n’a pas une personnalité homosexuelle, incestueuse ou pédophile mais subit une pression extrême de la pulsion).
    La zoophilie est admise dans certains pays (la Suède) ou interdite dans la plupart des autres (re-interdite en France depuis le 9 mars 2004). Mais, malgré cette interdiction, il existe une certaine complaisance. Les textes religieux, appliqués à la lettre au Moyen Age, préconisent la mort pour les deux partenaires.
    Dans les mythologies, en revanche, la zoophilie est assez fréquente (les mythes de Léda et Zeus, Pasiphaé et le grand taureau blanc de Minos…) voire même dans certains contes de fées comme par exemple celui dans lequel la jeune fille embrasse le crapaud.